LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



jeudi 8 décembre 2011

Délocaliser pour les nuls

ci joint un texte piqué dans le blog attali -quand il avait sa commission-
voyez le cynisme
64. Le samedi 29 septembre 2007 à 22:56, par Leon
Réponse aux critiques « des délocalisations et des responsables-coupables présumés ».
Je me présente :
Mon nom est Léon, DERMAYERS Léon, je suis Allemand mais de mère Française, j’avais 8 ans en mai 1945 et je me rappelle des bombardements de ce printemps 45. – Ceux sont mes souvenirs principaux de mon enfance, des souvenirs de fin du monde, de l’apocalypse, de la vision d’un enfant sur de nombreux trépas violents dans l’effondrement de l’immeuble.
Puis ce ne fut pas la fin, et la vie a repris, ainsi que la frénésie de construire, de bâtir toujours plus, d’oublier cette guerre, d’avoir été à l’Ouest plutôt qu’à l’Est. – Vivre dans la joie. -
Après les trente « glorieuses » j’ai démarré « l’expatriation », la découverte d’autres mondes.
Dans une équipe de vente d’infrastructure industrielle en Iran au et Moyen Orient.
L’entreprise ayant eu quelques difficultés de non-paiement, je me retrouve à 52 ans sans emploi
Après quelques échecs d’embauches (déjà trop vieux), un Bâtisseur d’Empire dans l’équipement automobile, visionnaire et en avance sur tous ses concurrents, ma confié une mission fort lucrative que j’ai mené d’abord avec professionnalisme puis avec « passion ».
- Il m’avait surtout embauché pour la connaissance des langues étrangères -
J’étais devenu un des premiers « délocalisateurs » à la suite de la chute du mur de Berlin.
Pour devenir un « bourreau efficace », il fallut d’abord être une « victime bien consciente de la nature humaine ».
- C’était mon cas, et cela été très utile -
Mais pour répondre aux nombreuses critiques, je ne pense pas faire parti des gens qui manquent de courage, bien au contraire, surtout à fréquenter de si « nombreux lâches » qu’ils soient diplômés ou non.
Je vais donc vous compter l’histoire d’un « Système », vu par un qui était fortement impliqué (moi-même) puisque j’ai organisé la fermeture de 8 usines en Europe Occidentale, soit 1100 emplois, mais j’ai aussi contribué à la croissance de 12 usines à l’Est Hongrie, Tchéquie, Pologne, Ukraine, Émirats, Turquie, Mexique, Chine, Afrique du Sud, puis Roumanie, Inde, Brésil soit la création de 3000 emplois et plus aujourd’hui.
Et je n’ai pas l’intention d’avoir des remords ni des regrets, j’ai fait un métier, et je ne me suis pas embarrassé de considérations métaphysiques ou philosophiques.
Certes mon salaire pour cette prestation était à la hauteur de mes talents qui s’affinaient au fil du temps.
Les pleutres, les sans-courages c’étaient les employés des entreprises-cibles dans leur grande majorité, des victimes-nés pour la plupart.
Eh oui, comme disais un de vos « blogeurs » : 10 % de collabos, 80 % de majorité silencieuse ( si silencieuse que je n’ai jamais su s’il y avait un seul courageux dans le tas) et 10 % de rebelles pour qui j’avais finalement le plus d’estime, car ils tentèrent de vaines résistances.
Résistances réprimandées par mes subordonnés si obéissants, qu’ils anticipèrent des actions sans que j’eusse seulement à les exprimer ni oralement, ni clairement !
Le plus surprenant, j’ai pratiqué cela dans 4 pays différents avec toujours une résistance faible mais identique d’un site à l’autre, avec peut-être une particulière mollesse en Allemagne.
En résumé : Tous les 18 mois fermer un site industriel de production en silence mais dans les délais, faire envoyer la production vers un pays ou les gens sont peu rémunérés, donc accroître sensiblement les marges bénéficiaires. – C’est pourtant un but simple et compréhensif : gagner de l’argent « Viel, gut und schnell » -
Voici la « Méthode » :
1) Être nommé pompeusement par le « patron de la holding » : CEO de l’entreprise cible.
2) Vite distinguer les employés des catégories extrêmes : les collaborateurs et les rebelles
3) Promouvoir les collabos, ménager un peu les rebelles au début, puis les laissez aux mains des directeurs si obéissants.
4) Communiquer : expliquer la situation économique, mondialisation, coût concurrence, marchés émergeants, Joint-Venture, croissance à deux chiffres, nouveaux besoins, etc.…Bla-bla ….
5) Choisir soigneusement les employés intéressés par un voyage, une découverte vers un pays lointain : de préférences des « petits chefs ». Les amener vers le pays « d’accueil ».(Ils deviennent importants, cela faisait longtemps que personne n’avait finalement observé leur qualité.)
6) Placer les quelques rebelles ayant survécus aux « purges » vers les fonctions commerciales avec des ambitions de croissance telles qu’ils se réjouiront bientôt de produire dans les « Low Costs ».
7) Faire envoyer progressivement une production partielle déficitaire, puis une autre moins déficitaire etc..
8) Transformer le site de production en « Center of Competence », cela donne de l’importance au Directeur Général promu et favorise le transfert.
9) Annoncer un déficit chronique du site de production, le provoquer si nécessaire.
10) Réduire l’effectif par tranche de 15 %, avec la complicité des 85 % momentanément encore en place.. « Kleinmutigkeit der Leute »
10 bis) Réitérer ceci tous les 4 à 6 mois
11) Lorsqu’il n’y a plus de production, fermer la « boutique », car un nouveau COC a été mis en place sur le site de production d’accueil. Les Tchèques ayant une grande tradition industrielle, ils se sont finalement vite adaptés à produire, innover et à développer. – Ils travaillent plus et coûtent moins chers -
12) Déplacer les quelques commerciaux restant vers un site de taille réduite, et vendre le site à des promoteurs immobiliers. – The End -
- En Europe, l’Allemagne l’a initié, la France a suivi le mouvement. -
Voici en 12 points, les grandes lignes d’une délocalisation réussie.
Coût : de 6 mois à 10 mois de masse salariale annuelle + frais liés aux transports et déménagements – vente des terrains de constructions.
Gain une marge bénéficiaire remontée de 2 à 35 points soit un retour d’investissement (ROI ) inférieur à 18 mois.
Ceci est valable si vous les premiers à le faire et si vous êtes leste.
Ceux qui arrivent après les autres peuvent se retrouver rapidement en posture plus délicate et si le processus de délocalisation s’éternise, le « Return Of Inversement » peut se rallonger dangereusement.
Donc n’est pas « Délocalisateur qui veut », c’est un métier ou la connaissance de la psychologie humaine est primordiale. C’est la gestion de la décroissance d’un lieu et de la croissance d’un autre lieu.
Bien sûr, j’ai été décrié, mais finalement si peu et surtout rarement en face.
J’ai eu droit à tous les surnoms, « Le Bosch », en France, « Joé » : allusion à Joé Dalton dans Lucky Luke, Le « Ballafré » ma cicatrice au visage d’avril 1945, « Terminator », « Exterminator », « Délocalisator » , « Special winner, serial killer », « Louis de Funès » en Allemagne seulement parce que je parlait aussi le Français, etc…. Mais tout cela m’était égal.
J’étais un élément d’un « Système », et je comprenais les motivations de mon « Employeur » qui s’est adapté à la croissance d’un monde en mouvement, qui pensait sincèrement maintenir son empire par la construction de sites de production dans les pays émergeants, et qui avait au fond moins d’empathie pour ses trop « gâtés » compatriotes d’Allemagne que pour les populations d’Asie.
Et il avait compris que dans ce système, il fallait jouer en premier et rapidement.
La responsabilité de ce « Système » est collective. :
La « classe économique dirigeante » : pour un maintient de ses Empires ( un Empire par définition est vaste, et la terre est finalement si petite, – moins d’un jour de voyage d’un endroit à n’importe quel autre – )
La « classe politique » : pour préserver une illusion d’un maintient du niveau de vie à leurs électeurs. – repousser le problème dans le temps, comme votre « Louis XV ».
Les « consommateurs-électeurs » qui recherchent le meilleur rapport qualité-coût.
Et moi bien sûr, qui était doué pour être un acteur de ce « Système »e, – ne soyons donc pas modeste -, qui a vécu très confortablement, qui a goûté la bonne chaire dans tous ses aspects, qui pourra mourir sereinement car si j’ai connu l’enfer des bombes dans ma prime jeunesse, j’ai connu une fin paradisiaque, égoïstement certes, et avec une pointe de cynisme, mais c’était si exaltant.
Dans votre littérature j’ai retenu deux choses que je cite :
Élie Wiesel : Il y a des bons et des mauvais partout, ce qui est dangereux c’est l’indifférence de la grande masse qui laisse faire.
Et
Les riches sont cyniques … et …. les pauvres sont résignés et pour cause.
Ou encore une troisième sur notre sujet :
Le « Système » des délocalisations ressemble à la vente pyramidale, quelques gros bénéficiaires audacieux et lestes et beaucoup de « Loosers » qui subissent individuellement et dans l’isolement ». Avec la participation de la « lâcheté du plus grand nombre, qui s’accrochent à juste encore survivre quelques temps »
- Rajoutez encore un régime de terreur dû à une situation de guerre qui s’enlise, et vous imaginez ce que cela peut produire. – Rien de neuf sous le soleil, après tout
Requête :
Ce qui m’intéresserait, c’est de vous rencontrer, vous, les 43 membres de votre commission.
J’ai lu vos CV, des parcours fort intéressants, une belle équipe, peut-être un peu éloigné du terrain, trop habitué aux conforts attribués aux « Élites » .
J’ai eu affaire à tant de personnages et d’en comprendre leurs mécanismes, leurs vrais motivations, leurs peurs profondes si bien dissimulées, que je pourrais faire la synthèse des résultats de votre commission avant même que vous les synthétisés. Cela dépend de vos natures profondes ( si vous êtes courageux et sincères ou si …)
C’est aussi cela le talent du « Delocalisator ».
Je vous laisse mon adresse e-mail et me tient à votre disposition.
Je sais que la probabilité de cette rencontre est très faible, et c’est dans la « normalité humaine ».
En fait pendant mes missions, j’ai promu tellement de monde à des rôles de direction « Geschäftführer », « Plant Manager » « Diretor da manufatura » « Président Directeur Général», que j’ai une connaissance approfondie de la nature des plus ambitieux.
Plusieurs années après la fermeture de leurs sites, ils sont restés amicaux avec moi, et me souhaitent une « Bonne Année » et même un « Joyeux Anniversaire ». – Les niais ! -
Mes « victimes sans grades» se sont retournées parfois contre les cadres collaborateurs, jamais contre moi.
Comme votre plus célèbre des Français d’aujourd’hui, je disais la vérité dès le départ, et il est vrai que beaucoup ne voulaient tout simplement pas entendre la vérité.
- C’est quand même extraordinaire -
Im letzten Monat war ich in einer Fabrik im Osten, und ich habe gehört, was ein Franzose über eurem neuen Präsidenten erzählt hat zu die Mitarbeitern.
„Unser Präsident ist der französische …. Leon DERMEYERS“ – Ist daß nicht wunderbar ? –
Bis bald, vielleicht !
Maintenant, je suis cependant conscient d’un emballement du « système » et de ses funestes conséquences possibles.
C’est aussi pour cela que j’ai eu beaucoup plus de respect pour les « Rebelles » et ceci très rapidement, dès le début de ma carrière d’ « Exterminator ».
- Mais est-ce surprenant ? -

mardi 6 décembre 2011

L'insurrection qui vient est déjà là


Puisque la situation en Grèce n'est pas suivi par "les journalistes" (territoire irradié comme en Islande...), c'est "le Grec", Dimitri, un gars, qui en parle le mieux.
La boule est lancée, les jeux sont ouverts.
Qui va ramasser la mise? Ou on casse le jeu avant qu'il ne nous casse.

samedi 3 décembre 2011

De quoi le zombie est-il le nom ?

On avait choisi le zombie pour illustrer une conscience en transition entre deux paradigmes. A l'image d'une époque en décomposition, l'archétype du zombie illustre symboliquement le phénomène. Mais il n'illustre pas encore la matérialité des faits: un zombie, ça bouffe. Et ça bouffe en particulier ceux qui sont responsables de son état, les mangeurs de futur, les TINA (There Is No Alternative).
John NADA
***
lepoint.fr
La pancarte est glissée au milieu de la foule putréfiée et gémissante qui boitille dans les rues ensoleillées de Mexico. "J'ai été à la Chambre des députés, je n'ai pas trouvé de cerveaux." Le 26 novembre, avec 10 000 participants, la capitale mexicaine battait le record mondial des "zombie walks", ces marches de morts-vivants grimés à la perfection qui, depuis une dizaine d'années, s'organisent sur les cinq continents avec un succès croissant. 



 En même temps que la rue, le zombie a gagné la littérature, le cinéma, la télévision. La série Walking Dead a ainsi battu des records d'audience ; le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires et sa World War Z vient d'être adaptée au cinéma, avec Brad Pitt en star des survivants. Hors genre, La route de Cormac McCarthy, plus difficile, mais à peine moins populaire, suivait en 2005 la marche sans fin d'un père et de son fils dans un monde post-apocalyptique, peuplé de rares survivants acculés au cannibalisme.

 

Risques

Pas de cerveau à dégoter à l'Assemblée mexicaine ? Au-delà de la plaisanterie, l'avertissement donne du grain à moudre aux observateurs, pour qui le "mouvement zombie" a résolument quitté le club des geeks et autres fans de George Romero pour devenir contestataire et politique. En octobre, un cortège de morts-vivants rejoignait ainsi les Indignés de Wall Street ; quelques mois plus tôt, en juin, les étudiants du Chili manifestaient contre leurs conditions d'éducation en habits de déterrés.
"Le zombie est d'abord un symbole de l'anarchie, qui menace de bouleverser l'ordre établi", estime Anne Billson, critique de cinéma au Guardian et experte du genre, pour qui le mort-vivant peut par ailleurs "figurer toute section de la société, qui, pour des raisons sociales ou politiques, peut être dépersonnalisée". Les morts-vivants représenteraient, tour à tour et au choix, les pauvres, les réfugiés, les hooligans ou les traders. D'autres vont plus loin, et n'hésitent pas à voir dans la goule le symbole d'un prolétariat dont les classes dirigeantes auraient absorbé la substance vitale. Là où le vampire exhibe son aristocratique pâleur et plante ses crocs raffinés dans le cou des jeunes filles de bonne famille, les morts-vivants sont, quelle qu'ait été leur existence, ramenés à une condition commune et traînent tout uniment un corps mort et un cerveau infecté.
La comparaison marxisante ne tient cependant qu'à moitié, estime Vincent Paris, professeur de sociologie au Cégep de Saint-Laurent, au Québec : "Le prolétaire revendique, il est en mouvement, il est chargé d'espérances ; le zombie est un mort qui erre, et qui ne veut rien d'autre que de la chair humaine... N'ayant pas de conscience, il ne peut par définition être aliéné." Le phénomène est dès lors moins politique que social et doit, estime le chercheur, être remarqué d'abord en vertu de sa dimension "inclusive", "intégratrice" : les marches mêlent aujourd'hui tous les âges et tous les milieux sociaux. Par ailleurs, analyse Vincent Paris, les "zombie walks" mettent en scène la thématique du "risque", qui, du sida à la grippe A en passant par le nucléaire, hante nos sociétés et pèse également sur tous leurs membres.

samedi 26 novembre 2011

La piraterie contemporaine

Le DG de Dexia s'en prend aux "pirates" de la zone euro 

Le directeur général de Dexia accuse les spéculateurs de tout faire pour provoquer un défaut sur les dettes souveraines, une pratique qu'il compare à la piraterie du XVIIe siècle.

Pierre Mariani a dû solliciter une aide publique pour la banque qu'il dirige, affectée par la forte dépréciation de ses avoirs en dette souveraine.
Lors d'un séminaire qui se tenait vendredi à Bruxelles, il s'en est pris aux spéculateurs qui achètent des assurances contre un défaut souverain puis tentent de provoquer ce même défaut.
Selon lui, ces personnes qui achètent ces assurances financent des "pirates" qui leur permettront ensuite de faire beaucoup d'argent en cas de défaut.
Ce mécanisme s'apparente, d'après Pierre Mariani, à une pratique que le roi d'Angleterre avait interdit au 17e siècle, à savoir l'assurance à nu de cargaisons. Certains souscrivaient ces assurances, sans avoir la moindre part dans les navires qui transportaient ces cargaisons, et payaient des pirates pour les couler, a-t-il expliqué.

AGENCE REUTERS

 

jeudi 17 novembre 2011

Le club des incorruptibles


Nuhu Ribadu au Nigéria, Fabio de Pasquale en Italie, Helen Garlic en Grande-Bretagne et Juan Carlos Cubillo au Costa-Rica sont des magistrats spécialisés dans la lutte anti-corruption. Leurs enquêtes longues, difficiles, voire périlleuses (corruptions liées à l'exploitation pétrolière, affaires Berlusconi, scandale de British Aerospace...), demandent ténacité et sang froid. Ils font partie du Network, ce réseau international d'entraide crée par Eva Joly en 2005, réunissant une vingtaine d'entre eux à travers le monde. Filmés au plus près, ils témoignent ici de leur métier, des dossiers dont ils ont la charge, de leur sentiment de solitude, des pressions et des menaces dont ils peuvent faire l'objet. Leurs paroles, placées sous le signe de la justice et de l'éthique, éclairent d'une franche lumière le sens du mot "corruption" à l'échelle des puissants.

jeudi 10 novembre 2011

LA DETTE - THOMAS SANKARA

« Il y a 23 ans, le 29 juillet 1987, Thomas Sankara (alors président du Burkina Faso) plaidait déjà pour la mise en place d’un front uni contre la dette : « La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. (…) Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. (…) Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme au casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils perdent au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. (…) Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. »
le lien complet :

mercredi 9 novembre 2011

ZOMBIE MIX

LA CRISE, L'ARNAQUE: UNE STRATÉGIE DU CHOC

Mario Calabresi, un journaliste de La Stampa: « Je lui demande s’il se sent cerné et mis à la porte par les bourses, par l’Europe, par les spéculateurs, si – comme l’a dit l’un des siens – on se trouve face à un coup d’état des marchés »
Silvio Berlusconi: « La vérité c’est que cette pression c’est une grande opportunité, les marchés nous poussent à faire les réformes que nous ne sommes jamais arrivés à faire, cette libéralisation que j’avais toujours inscrite dans mon programme mais qui avait rencontré mille résistances. Nous ne devons pas vivre cela comme une contrainte mais comme une occasion  »
Ma traduction risquant de ne pas rendre toutes les nuances de l’expression voici la version originale : Gli chiedo se si sente messo in un angolo e fatto fuori dalle Borse, dall’Europa, dalla speculazione, se – come ha detto qualcuno dei suoi – siamo di fronte ad un «golpe dei mercati».
«A dire la verità questa pressione è una grande opportunità, i mercati ci spingono a fare le riforme che non siamo mai riusciti a fare, quelle liberalizzazioni che avevo sempre messo nel mio programma ma che avevano trovato mille resistenze. Non la dobbiamo vivere come un’imposizione ma come un’occasione».

lundi 7 novembre 2011

Commentaire sur le "Gigantisme financier..."

Sur le fond, il y aurait sans doute un parallèle à faire entre la virtualisation de l’économie et celle de l’informatique: Fut un temps, l’accès à la couche matérielle de l’ordinateur permettait à l’utilisateur malveillant de faire griller les circuits électroniques directement en modifiant les tensions/intensités d’entrée ou de sortie des composants.
Le modèle logique en couches (la virtualisation) a permis dans une large mesure de pallier à cette faille. Néanmoins un virus, bien qu’il ne puisse plus vraiment accéder au plus bas niveau comme le faisait à l’époque Tchernobyl, peut encore néanmoins submerger l’ordinateur d’instructions jusqu’à le bloquer complètement en exploitant la presque totalité de ses ressources.

dimanche 6 novembre 2011

Réflexion sur le gigantisme financier par Jean Claude Werrebrouck (II/II)

« Le caractère disproportionné des activités financières mérite une explication », écrit l’économiste Jean Claude Werrebrouck, qui expose leur « logique [de] croissance sans limite », et considère qu’elle est, en occident, « la manifestation empirique, de la continuation d’un fordisme épuisé avec d’autres moyens. » Continuation qui a également permis l’émergence de « la présente forme du politique, forme humble se cachant sous l’expression de simple "gouvernance" », selon une trajectoire analysée dans ce deuxième volet.

samedi 5 novembre 2011

Réflexion sur le gigantisme financier, par Jean Claude Werrebrouck (I/II)


Loin de seulement professionnaliser et sécuriser l’activité d’intermédiation, les myriades de produits conçus à jet continu par les réseaux de la finance mondiale : titrisation, démultipliée parfois au carré ou au cube, couvertures, dérivés, indices synthétiques, etc... ne relèvent plus des fonctions canoniques de l’allocation du capital et de la gestion du risque. L’emprise croissante d’un système financier aujourd’hui autonomisé, gouverné par sa propre dynamique - une « pièce détachée du système social » selon Alain Touraine - surdétermine désormais l’activité économique, tout en lui procurant une interface de virtualité déréalisante et déstructurante, qui a suscité et engendré un enchevêtrement d’endettement insoutenable. Jean Claude Werrebrouck analyse ici ces processus de financiarisation généralisée et leurs conséquences.

Ce qu’on appelle financiarisation est un processus de séparation, de mise à distance, ou d’éloignement vis à vis des contraintes de l’économie réelle. C’est que l’échange marchand, outil indispensable de la division du travail, reste dans une économie non financiarisée trop soumis aux contraintes du réel. L’investissement matériel, assujetti au processus de création de valeur ajoutée à partir de ces éléments très physiques que sont les équipements, les matières premières etc., est une répression temporaire de l’échange marchand : l’investisseur doit attendre, parfois très longtemps, la création de valeur ajoutée avant la mise sur le marché de ce qui est crée. Avec tous les risques associés à l’opération.

mardi 1 novembre 2011

L'économiste Frédéric Lordon soutient l'occupation de la Défense


Frédéric Lordon (1962) est économiste, directeur de recherches au CNRS, et membre du collectif Les Economistes Atterrés. http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html Sa vision globale et hétérodoxe de l’économie et de la société est basée sur des principe de philosophie spinoziste,la rigueur scientifique et l’engagement moral. Figure incontournable du débat économique français, il s’inscrit en faux contre la doxa de la pensée unique. Il est l’auteur d’une douzaine de monographies, qui se saisissent d’un vaste éventail de thèmes dont ceux des crises économiques, de la psychologie du capitalisme, du principe souveraineté. Il tient son blog sur le site du Monde Diplomatique « La Pompe à Phynance ». http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance- La totalité de ses articles sont disponibles sur son site. http://www.fredericlordon.fr. et de nombreuses conférences sur dailymotion. http://www.dailymotion.com/relevance/search/fr%C3%A9d%C3%A9ric+lordon/1#hp-h-9

lundi 31 octobre 2011

Enfumages: la règle d'or

Tout le monde parle doctement de la « règle d’or », de ces fameux 3% du PIB qu’il ne faut absolument pas outrepasser.
Mais comment ce fatidique 3% a été calculé, sur la base de quelles analyses macroéconomiques ?
J’ai trouvé cette explication sur Wiki à propos du traité de Maastricht :
En juin 1981, alors qu’il était chargé de mission à la Direction du Budget du ministère des Finances, l’économiste Guy Abeille raconte[4] avoir été mandaté avec son chef de bureau de l’époque Roland de Villepin d’établir un critère économique utilisable par le Président Mitterrand dans ses discours. Faute de mieux, Abeille et Villepin proposent alors ce critère relativement simple basé sur un ratio déficit/PIB qui, du propre aveu d’Abeille, « ne mesure rien » et sur une norme (3%) qui « n’a pas d’autre fondement que celui des circonstances » (le déficit budgétaire de l’époque atteint déjà presque 2% du PIB)[5].
Si c’est cela que l’on veut nous imposer, retournons-nous vers le code pénal pour abus de confiance et escroquerie.

Commentaire sur "Leur logique et la nôtre"

Mais si l’on considère la seule dette publique, d’où provient donc son déséquilibre budgétaire qui n’a fait que s’accentuer au fil des trente dernières années ? [...] mécanismes fiscaux très orientés qui ont été à l’origine de la baisse des recettes publiques. [...]. La présentation qui est aujourd’hui faite d’un Etat vivant au dessus de ses moyens est non seulement sommaire, elle est tendancieuse. D’où l’intérêt d’une analyse des causes de l’augmentation des déficits publics, afin de contester les fondements de remèdes présentés comme inévitables et d’en présenter d’autres.
Je me permets de couper dans le paragraphe pour mieux mettre en exergue l’extrait qui me tient à coeur.
Merci, François Leclerc. Cette analyse est absente de tous les médias, de tous les débats politiques. On se focalise uniquement sur la crise, sur 2008 et 2010-2011. Et chaque fois, on oublie – c’est bien plus commode – de mentionner comment on a vidé, siphonné peu à peu les caisses de l’état et de la sécu, très méticuleusement, et ce depuis des dizaines d’années.
Tout cela est le résultat de politiques pudiquement intitulées de « soutien à l’emploi » ou « soutien aux entreprises ». A savoir : des mécanismes de réduction / exonération de cotisations sociales (abusivement et de manière inacceptable, désignées sous le terme trompeur de « charges sociales »), de mécanismes de réduction de l’impôt sur les sociétés et autres moyens d’évasion fiscale légaux, votés par un législateur à la botte de gouvernements soit complices et serviles, soit ayant plié l’échine et abandonné face à des lobbies (le MEDEF en France, la FEB chez nous, l’UCM, etc.) auxquels l’état a offert sur un plateau d’argent le statut de quasi toute puissance sous la forme de « on doit les aider, ce sont eux qui font la richesse ».
Les états, contrairement à ce qui est dit, ont donc été très bien gérés, simplement, ils l’ont été dans un objectif et un seul : faire basculer l’équilibre de redistribution des richesses, et réorienter le flux vers un petit sous-ensemble de classes sociales, quel qu’en soit le prix (mieux : pour les politiques de droite, vider l’état de sa substance est un objectif de base : revenir à un état uniquement basé sur ses fonctions régaliennes, au service de l’ordre établi, docn des puissants). Le pire, là-dedans, c’est que des gouvernements de gauche ont participé à ce pillage lent, patient et organisé, cédant à de soit-disant « lois de l’économie », comme si l’économie était une science exacte telle la physique (et encore, quand on étudie la physique un peu sérieusement, on voit apparaître les approximations et compagnie, et on peut donc légitimement se poser des questions quant au qualificatif « exacte ») – sachant que ces sciences dites exactes sont d’abord et avant tout empiriques, et donc sujettes à bouleversements complets si l’expérience vient contredire les lois et équations précédemment perçues comme étant le socle immuable de la science en question.
Il faut donc d’abord renverser les raisonnements fallacieux tenus par les grands apôtres de la pensée unique, qui se déclinent pour l’instant sur tous les médias. Il faut rétablir la réalité. Ré-expliquer les mécanismes de fonctionnement d’un état, comment il se finance, quels sont les équilibres nécessaires à un fonctionnement sain. Retracer l’histoire ensuite, et montrer comment tout cela a lentement glissé vers la situation de crise d’aujourd’hui, comment des politiques délibérées – qui n’ont quasi jamais rempli les objectifs affichés et utilisés pour les justifier – ont organisé et géré le vol légal de la richesse produite au profit des plus puissants et des plus riches.
Il faut déculpabiliser les gens, auxquels on serine de JT en JT, d’édition du Monde en édition du Monde « on a trop dépensé pour l’état providence » (bref, on a trop dépensé pour vous, citoyens, vous avez bien trop profité, vous êtes bien trop bien surtout par rapport au reste du monde –> prétexte justifiant le nivellement par le bas) ou encore « il va falloir être raisonnable et se serrer la ceinture », « il faut dire la vérité aux gens, on doit rétablir l’équilibre » (sous-entendu que c’est « les gens » qui en ont profité, du déséquilibre). C’est faux.
On le dit dans les assemblées syndicales. On l’écrit et on l’explique dans des brochures parues sur le net, distribuées dans les entreprises (mais qui peut forcer les gens à les lire ? Pas moi). Et pendant ce temps, les femmes et hommes politiques de droite et les lobbies patronaux se succèdent sur les plateaux TV avec une agressivité sans pareille pour dénoncer les « dépenses honteuses de l’état », « les chômeurs profiteurs », tandis que les femmes et hommes politiques de gauche écoutent, murmurent un mot, et au final demeurent inaudibles, comme s’ils avaient honte, ou peur…
En tout cas, plus la crise et l’impasse se creusent, et plus les tenants de cette pensée unique qui ne sert qu’une petite minorité de la population s’arcboutent sur leurs positions. Plus ils donnent de la voix, et plus on leur donne des espaces pour asséner leurs « vérités » aux gens. Peut-être est-ce l’élément qui fera s’écrouler le tout plus vite. Peut-être pas. Mais quand tout s’écroule, personne ne peut prévoir ce qui sortira des décombres. L’histoire de l’humanité, en tout cas, ne me donne pas beaucoup d’espoir que ce qui émerge des ruines soit meilleur, au contraire. Fascisme, extrême-droite, dictature autoritaire, terreur… Ces risques sont de plus en plus grands.

LEUR LOGIQUE ET LA NÔTRE, par François Leclerc

Plus la dette nous submerge, moins l’on sait quoi faire d’elle ! Ce qui devrait inciter à se poser deux questions toutes simples et liées entre elles : pourquoi a-t-elle pris cette ampleur et comment peut-on s’en débarrasser, puisque l’on ne parvient pas à la rembourser ?
Une remarque préliminaire s’impose : dette publique et dette privée sont tellement enchevêtrées qu’elles devraient être prises en compte sans les distinguer. Montrer du doigt la première et escamoter la seconde, c’est désigner une victime sacrificielle, afin de présenter comme inévitable une rigueur budgétaire destinée à restreindre prioritairement les prestations de l’Etat providence et ses domaines d’intervention, ainsi que de pratiquer des réformes structurelles.
Mais si l’on considère la seule dette publique, d’où provient donc son déséquilibre budgétaire qui n’a fait que s’accentuer au fil des trente dernières années ? Une fois pris en compte l’impact important sur les dépenses que les plans de relance engagés depuis le début de la crise ont représentés, on peut estimer celui des mécanismes fiscaux très orientés qui ont été à l’origine de la baisse des recettes publiques. Doit également être ajoutée à la dette sa charge financière, qui croît au fil de son refinancement. Tout ceci soustrait, la vision que l’on peut avoir de la dette en sort changée. La présentation qui est aujourd’hui faite d’un Etat vivant au dessus de ses moyens est non seulement sommaire, elle est tendancieuse. D’où l’intérêt d’une analyse des causes de l’augmentation des déficits publics, afin de contester les fondements de remèdes présentés comme inévitables et d’en présenter d’autres.
Si le montant de la dette est connu, le coût de son remboursement ne l’est pas. Il ne se mesure pas uniquement en termes financiers mais aussi en coût social, une grandeur que l’on n’a pas l’habitude d’intégrer dans le calcul économique. Les plans de rigueur budgétaire qui se multiplient ont en commun de plonger progressivement dans la précarité des pans entiers de la société et d’accentuer sa polarisation. Ils induisent aussi un ralentissement de l’activité économique, qui diminue encore les recettes fiscales de l’Etat. Créant une spirale descendante qui annonce de longues années de récession et d’austérité.
Cette politique peut-elle aboutir ? Rien n’est moins sûr, si l’on considère la profondeur du trou qu’il faut combler et la nécessité de prêter assistance à des Etats qui ne peuvent plus rembourser leurs dettes, même en multipliant les mesures de rigueur budgétaire. Car leurs besoins financiers cumulés potentiels sont tels que l’Europe ne dispose pas des moyens d’assurer son propre sauvetage. Ce qui la conduit, comme on vient de le constater, à rechercher d’autres soutiens financiers.
Les mécanismes qui sont à l’étude ont un objectif en commun : soustraire des griffes du marché les Etats qui sont tombés dans le trou ainsi que ceux qui pourraient prochainement les y rejoindre. Leur accorder des taux préférentiels pour refinancer leur dette et étaler son remboursement afin d’éviter des défauts atteignant le système financier. Et ne pas renouveler de restructuration de dette. Sans en avoir les moyens, les Etats cherchent à jouer le rôle de prêteurs en dernier ressort, puisque celui-ci n’est plus dévolu que marginalement à leur banque centrale commune. Ne pouvant assumer leur propre risque, vu son ampleur, ils cherchent donc à le faire assumer par d’autres.
A ce sujet, José Manuel Barroso et Herman van Rompuy viennent de faire un appel du pied discret aux membres du G20 en leur adressant une lettre commune. « Nous allons mettre en oeuvre ces mesures de manière rigoureuse et en temps utile, et nous sommes certains qu’elles contribueront à une résolution rapide de la crise. Cependant, le fait que nous, Européens, remplissions notre rôle ne suffira pas à assurer une reprise mondiale et une croissance équilibrée. Il demeure nécessaire que l’ensemble des partenaires du G20 agissent de façon conjointe dans un esprit de responsabilité commune et en poursuivant un objectif commun ».
En effet, il s’agit de réunir quelque mille milliards d’euros pour abonder le principal fonds de sauvetage européen, si ce n’est plus, et les premiers contacts pris avec les dirigeants chinois montrent que cela ne va pas être une mince affaire. Tout le monde est donc sollicité pour mettre au pot, FMI compris, ce qui implique l’accord des Américains.
La vérité est triste à dire, et encore plus à admettre, mais la restructuration de la dette grecque, pour laquelle il a fallu s’y reprendre à deux fois, pourrait faire école. Le Portugal est un client sérieux pour en bénéficier et, l’élan pris, pourquoi s’arrêter là ? José Manuel Barroso vient de déclarer que la seconde décote grecque est « unique et exceptionnelle », mais Charles Dallara l’avait déjà affirmé lors de la négociation de la précédente ! Après tout, pourquoi certains pays bénéficieraient-ils d’une remise de peine et d’autres en seraient exclus ?
Il existe donc une autre logique que celle du refinancement hasardeux de la dette, qui a longtemps été niée avant d’être reconnue du bout des doigts. Certes, elle implique de reconstituer les fonds propres des banques au fur et à mesure qu’elle est engagée. Dans le cas de la nouvelle décote grecque, des fonds publics vont déjà devoir être mobilisés pour remettre à flot certaines banques, mais leur emploi va être limité car il pose immédiatement le délicat problème des conditions qui devraient les accompagner. Les banques ne veulent pas en entendre parler et les Etats ne peuvent plus en écarter le principe.
En poursuivant cette logique et en la généralisant, à quoi aboutirait-on ? A la création sur fonds publics de good banks récupérant les dépôts et les actifs sains des banques actuelles – qui deviendraient des bad banks – afin de laisser leurs actionnaires en tête à tête avec ce qui subsisterait de leurs actifs, dont les titres de la dette souveraine après décote. Ce serait la conséquence ultime d’une restructuration d’ensemble de la dette publique, en guise d’épilogue un juste transfert financier inverse…
L’argent reviendrait ainsi à l’endroit où il est nécessaire.

dimanche 30 octobre 2011

I'm here to chew bubblegum...


Qui aurait pu prévoir le mouvement Occupy wall street et sa propagation au sein de petites et grandes villes à la manière de fleurs sauvages ?
John Carpenter, aurait pu et il l’a fait.

Il y a presque un quart de siècle le maitre de la terreur des soirs de drague (Halloween, The Thing), écrit et réalisa They Live (film dans son intégralité), un film qui décrivait l’ère Reagan comme une cataclysmique invasion alien. Dans l’une des fabuleuses scènes séminales du film, un bidonville du tiers monde se reflète, le long de l’autoroute, sur les sinistres gratte-ciels entrepreneuriaux aux façades de miroirs du quartier de Bunker Hill.

They live demeure le chef d’œuvre de subversion de Carpenter. Peu de ceux qui l’ont vu peuvent avoir oublié sa description de banquiers milliardaires, de médiacrates malfaisants et de leur pouvoir glacé et zombiesque sur une classe populaire américaine pulvérisée, vivant dans des tentes plantées à flanc de coteaux caillouteux et mendiant des emplois. C’est à partir de cette situation d’égalité négative face au désespoir et à l’absence de toit, et grâce aux lunettes noires magiques trouvées par l’énigmatique Nada (interprété par « Rowdy » Roddy Piper), que le prolétariat finit par construire une unité interraciale, et par décrypter les mensonges subliminaux du capitalisme and se mettre en colère.
Très en colère.

Oui je sais, je vais un peu vite. Le mouvement « Occupy the world » cherche encore ses lunettes magiques (programmes, revendications, stratégies etc.) et sa colère s’exprime encore à un degré gandhien. Mais, comme le montre la vision de Carpenter, expulsez assez d’américains de leurs maisons et licenciez-en un nombre suffisant (ou du moins tourmentez des dizaines de millions d’entre-eux avec cette possibilité) et quelque chose de nouveau et d’important va commencer à se trainer vers Goldman et Sachs. Et contrairement au mouvement « Tea Party », ce quelque chose n’est, jusqu’ici, pas doté de fils de marionnette.

En 1965, alors que j’avais juste 18 ans et que j’étais élu national du SDS, j’ai organisé un sit-in à la Chase Manhattan Bank, après le massacre de manifestants pacifiques, pour attirer l’attention sur son rôle de financeur clef de l’Afrique du Sud en tant que « partenaires de l’apartheid ». C’était la première manifestation de cette génération à Wall Street, et 41 personnes furent embarquées par la police de New-York.

L’un des éléments les plus importants du soulèvement actuel est le simple fait qu’il s’agit d’une occupation de rue et que le mouvement a créé un lien d’identification existentiel avec les sans-abris (bien que, franchement ma génération, formée par le mouvement des civils rights, aurait d’abord pensé à occuper l’intérieur des bâtiments et attendu que la police les mette à la porte ; aujourd’hui les flics préfèrent les bombes lacrymo et les « techniques de contrainte par la douleur »). Je pense qu’envahir les gratte-ciel est une formidable idée mais pour une étape ultérieure de la lutte. Le génie d’ “occupy wall-street », pour le moment, est que le mouvement a libéré certains des mètres carrés de terrain les plus chers au monde et qu’il transformé une place privatisée en un espace public magnétique, catalyseur de protestation.

Notre sit-in d’il y a 46 ans était un raid de guérilla ; la présente opération est le siège de Wall Street par les Lilliputiens. C’est également le triomphe du principe supposément archaïque du face à face, de l’organisation dialogique. Les médias sociaux sont importants mais pas omnipotents. L’auto-organisation militante – soit la cristallisation à partir de discussions libres—prospère encore dans les espaces publics urbains contemporains. Autrement dit, la plupart de nos discours sur internet prêchent des convaincus ; même des méga-sites comme MoveOn.org sont branchés sur le réseau des déjà convertis à la cause ou tout du moins sur celui de leur base démographique.

De la même manière, ces occupations sont des paratonnerres qui attirent avant tout les Démocrates radicaux exclus et méprisés, mais il apparait qu’ils brisent également les barrières générationnelles, offrant le terrain commun nécessaire au dialogue et à l’échange d’analyse entre, par exemple, des enseignants quarantenaires menacés professionnellement et de jeunes étudiants de troisième cycle précarisés.

Plus fondamentalement, les camps sont devenus des lieux symboliques propices à la réparation des divisions internes qui déchirent la coalition du new deal née dans les années Nixon. Ainsi que l’analysait Jon Wiener sur son blog accueilli sur www.TheNation.com, un blog dont l’intelligence ne se dément jamais : “les ouvriers et les hippies — ensemble, enfin.”

Effectivement. Qui ne serait ému de voir Richard Trumka, le président du AFL-CIO, qui avait fait venir les mineurs de son syndicat à Wall-street en 1989 au moment de leur grève amère mais finalement victorieuse contre la Pittson Coal company, demander aux costauds, hommes comme femmes, de son organisation de « venir protéger » le Parc Zucotti contre une attaque imminente de la police de New-York ?

Il est vrai que les vieux militants de gauche radicale dans mon genre sont prompts à reconnaitre dans chaque nouveau-né le messie ; mais cet enfant, « occupy wall-street », nait coiffé. Je pense que nous sommes témoins de la renaissance de ces qualités morales qui ont défini de manière si caractéristique les immigrants et les grévistes de la grande dépression, la génération de mes parents : je parle d’une solidarité et une compassion spontanées et larges fondées sur une éthique dangereusement égalitaire. Une éthique qui dicte de s’arrêter pour prendre en voiture une famille qui fait du stop. De ne jamais briser une grève même lorsque le loyer est en souffrance. De partager sa dernière cigarette avec un étranger. De voler du lait quand vos enfants en manquait et d’en donner la moitié aux petits d’à coté— ce que ma propre mère a fait de manière répétée en 1936. Une éthique qui dicte d’écouter attentivement les gens profondément silencieux qui ont tout perdu sauf leur dignité. De cultiver la générosité du « nous ».

Ce que je veux dire, je crois, est que je suis extrêmement impressionné par les gens qui se sont joints aux occupations pour les défendre malgré les importantes différences d’âge, de classe sociale et de race. Mais pareillement, je suis en adoration devant les gosses courageux qui sont prêts à faire face à l’hiver et à rester dans les rues glacées comme leurs frères et sœurs sans-abris. Retour à la stratégie cependant : quel est le prochain maillon de la chaine (au sens que donnait Lénine à cette expression) qu’il faut attraper ? Dans quelle mesure est-il impératif que les fleurs sauvages tiennent une réunion unitaire, adoptent des revendications programmatiques, et conséquemment se mettent sur le terrain des enchères politiques pour les élections de 2012 ? Obama et les Démocrates vont avoir désespérément besoin de leur énergie et de leur authenticité. Mais il est peu probable que les occupants offrent leur extraordinaire processus d’organisation autonome à la vente.
Personnellement, je penche du coté de la position d’ultra-gauche et de ses impératifs évidents.
Tout d’abord : rendre visible la douleur des 99% ; faire le procès de Wall Street. Faire venir Harrisburg, Loredo, Riverside, Camden, Flint, Gallup, et Holly Springs au centre-ville de New-York. Organiser une confrontation entre les prédateurs et leurs victimes — un procès national du meurtre de masse économique.

Deuxièmement continuer à démocratiser et occuper de manière productive l’espace public (voir l’initiative « reclaim the commons »). Le militant de la première heure originaire du Bronx Mark Naison a proposé un plan audacieux pour transformer les espaces abandonné et en ruines de New-York en espaces de ressources (jardins, campements, espaces de jeu) pour les sans-toits et les sans-emplois. Les manifestants d’Occupy de tout le pays savent désormais ce que c’est que d’être sans-abri et sous le coup d’une interdiction de dormir dans les parcs ou sous une tente. Autant de raisons de briser les verrous et de réduire les barrières qui séparent l’espace inusité des besoins humains urgents.

Troisièmement, rester concentrés sur le véritable objectif. La question essentielle n’est pas une augmentation de l’imposition des riches ou celle d’une meilleure régulation du système bancaire. C’est celle de la démocratie économique : le droit des gens ordinaires de prendre de macro-décisions sur les investissements sociaux, les taux d’intérêts, les transferts de capitaux, la création d’emploi, et le réchauffement climatique. Si le débat ne porte pas sur le pouvoir économique, il est hors de propos.

Quatrièmement, le mouvement doit survivre à l’hiver pour combattre le pouvoir au printemps prochain. Il fait froid dans la rue en janvier. Bloomberg et tous les autres maires et responsables locaux comptent sur un hiver difficile pour défaire les manifestations. Il est donc important de renforcer les manifestations durant les longues vacances de noël. Enfilez vos parkas.

Enfin, nous devons nous calmer— le tour que peuvent prendre les manifestations actuelles est totalement imprévisible. Mais lorsque l’on construit des paratonnerres, il ne faut pas s’étonner si l’électricité finit par sauter.

Des banquiers, récemment interviewés dans le New York Times, prétendent que les manifestations d’Occupy ne sont guère plus qu’une nuisance produite par une analyse simpliste de la Finance. Ils devraient être plus prudents. En effet, ils devraient probablement trembler devant l’image de la charrette des condamnés. Depuis 1987, les africains-américains ont perdu plus de la moitié de leurs patrimoine ; la perte patrimoniale des latinos s’élève à l’incroyable taux de 75%. Depuis 2000, les Etats-Unis ont perdu 5,5 millions d’emplois dans l’industrie, ont vu 42 000 usines fermer et, depuis cette date, toute une génération de diplômés de l’enseignement supérieur est touchée par le plus haut pourcentage de déclassement de l’histoire des Etats-Unis. Brisez le rêve américain et le people vont vous le faire sérieusement payer. Comme l’explique Nada à ses imprudents assaillants dans le formidable film de Carpenter : “Je suis venu ici pour mâcher du chewing-gum et casser des gueules… et je suis à court de chewing-gum. »


Traduit de l’anglais par Samira Ouardi - revue Mouvements.
Le texte a été initialement publié sur le site de la Los Angeles Review of Books :
http://lareviewofbooks.org/post/117...

samedi 29 octobre 2011

ILS MARCHENT SUR LA TÊTE

Demander leur aide aux pays émergents, Chine en tête, est un symbole fort des nouveaux rapports de force mondiaux. En procédant ainsi, les dirigeants européens viennent de mettre en évidence qu’ils n’ont pas les moyens de refinancer l’endettement de l’Europe, puisque c’est la stratégie qu’ils poursuivent envers et contre tout.
Quand certains d’entre eux récusent cette voie, c’est pour se réfugier dans une autre fuite en avant, en préconisant que la BCE éponge la dette en créant de la monnaie, afin que tout puisse repartir comme si de rien n’était, à des aménagements mineurs près.
Or, la planète n’a pas changé d’axe, mais le monde si ! Les pays de l’OCDE doivent céder le pas devant de nouvelles puissances économiques, qui disposent des moyens financiers allant de pair. Cette nouvelle donne est issue du processus de mondialisation, qui a redistribué les cartes, dont on n’a vu que les délocalisations, puis l’invasion de produits venus d’ailleurs. Le monde pivote pour de bon et il faut désormais résoudre une nouvelle équation.
Epuisé pour avoir été trop exploité, le vieux monde cède maintenant le pas devant un nouveau monde qui s’impose irrésistiblement. Pour le système financier, c’est un nouvel eldorado en puissance, où il va pouvoir reproduire les recettes qui ont fait sa fortune après avoir entraîné la désolation sur ses anciens terrains de jeu. D’Occident, cet inacceptable renversement de situation pourrait apparaître comme le match retour d’une exploitation coloniale qui a fait la fortune de ceux qui en ont été les maîtres, si cet épisode n’était pas oublié.
La tentation du déni est grande, comme toujours lorsque la peur est grande. Ainsi que celle du repli, qui l’accompagne. Accompagnée de fortes réactions de rejet, telles qu’on les observe en Allemagne par rapport aux Grecs. Elle évite de se confronter à la seule problématique qui vaille, celle d’une autre mondialisation ayant pour objectif de mieux répartir la richesse, à la fois sur la planète et au sein des sociétés qui l’habitent. Les deux échelles vont en effet de pair, imposant si l’on prétend régler l’une de s’attaquer à l’autre ; de définir de nouveaux modèles de développement globaux, intégrant tout à la fois les besoins économiques, sociaux et environnementaux.
Une telle démarche est constitutive du nouveau paradigme qui progressivement se dessine. Mais il n’est pas surprenant, étant donné les mises à plat et remises en cause qu’elle implique, que les héritiers de la social-démocratie historique ne la partagent pas, puisqu’il ne s’agirait plus de mieux gérer un système mais de le transformer. Ils négligent l’étroitesse de leur marge de manœuvre, singulièrement réduite en situation de crise durable, font abusivement confiance à leurs capacités de gestionnaires, et préparent la désillusion.
La période où des pays pouvaient symboliser un avenir radieux est révolue : il n’y a plus de patrie d’un socialisme qui n’a pas rempli ses promesses tandis que les Etats-Unis connaissent le déclin, le miracle américain ne faisant plus recette. L’Union européenne a pu un temps cristalliser des aspirations, mais elle n’en est plus capable dans ses soubresauts actuels. S’impose progressivement, comme un repoussoir, l’image d’un pouvoir oligarchique, transnational, qui non seulement dispose des leviers de commande mais est désormais assis sur la colossale finance grise du shadow banking. Sommaire, cette vision est aussi désarmante, car comment lutter contre l’insaisissable ?
La première réponse est qu’il faut connaître ce système davantage afin de mieux le décrypter. La seconde est qu’il faut lui opposer une alternative qui est en premier lieu programmatique. Puisqu’un grand saut doit être effectué, le système étant en train d’imploser sous nos yeux, sur quels principes fondateurs peut reposer une alternative ? A quelles aspirations doit-il être répondu et comment ? L’exercice réclame de sortir des sentiers battus et de ne pas s’enfermer dans un réalisme qui se trouve dans l’impasse et procède du manque d’ouverture d’esprit quand ce n’est pas de l’imposture. 
 source : Paul JORION

Mais au contraire d’affronter le vent du large.
La crise a ceci de positif qu’elle met à nu des mécanismes qui étaient ignorés, qu’elle dévoile une réalité auparavant dissimulée. Dans quelque domaine que l’on étudie un peu, y compris les plus vitaux comme ceux de l’alimentation et de la santé, on observe et comprend que les objectifs poursuivis répondent souvent à des critères qui nous sont pour le coup étrangers. Quant à l’activité financière, qui domine toutes les autres, elle apparaît désormais pour ce qu’elle est : fondamentalement parasitaire.
Dans tous ces domaines, et dans d’autres encore, des analyses et des réflexions sont en cours, des expériences sont tentées, de nouvelles pratiques sociales se dessinent. Aujourd’hui, le choix est de savoir de quel côté on se situe : de ce côté-ci ou de celui de ceux qui ont comme horizon borné de redémarrer la machine à décerveler, en limitant si possible ce que l’on appelle le coût social, celui-là même qui devrait plus que tout autre être considéré.

L’humeur des temps et le regard détourné du zombie

source: dedefensa

Le désordre du monde, la bassesse historiquement unique de nos directions politiques, les politiques qui s’ensuivent mélangeant fort logiquement désordre et bassesse pour aboutir à des incohérences ahuries et sanglantes, tout cela nous engage toujours davantage à ne pas tenter d’évaluer la vérité du monde à l’aune de ces références qui furent les guides de nos pensées évaluatrices pendant des décennies et même deux bons siècles. Le domaine psychologique et ses rapports avec les courants métahistoriques, par conséquent ces phénomènes, insaisissables par l’excellence scientifique, des déplacements de pressions, d’angoisses et d’élans inconscients, – ce que nous nommons pour ce F&C “l’humeur des temps”, – nous paraît un domaine d’exploration bien plus fécond ; cela, en espérant être aidé dans cette exploration par le don épisodique que nous ferait l’intuition haute de se manifester par ses fulgurances. Par conséquent encore, et cela est tout simplement fondamental, cette exploration va se réaliser surtout, sinon exclusivement, par rapport au système de la communication, dont l’action s’exerce sur la psychologie et le comportement ; dans cette description, on comprend en effet que la communication est le domaine aujourd’hui essentiel, sinon exclusif de la puissance, et que toutes les décisions (politique, stratégiques, sociales, etc. ?) sont, au moins, très fortement influencées par lui, sinon complètement dépendantes de lui.
C’est dans ce domaine que nous allons explorer les effets et les conséquences, essentiellement sur les psychologies, les jugements jaillissants, les comportements révélateurs et pas nécessairement conscients, de ce phénomène qui nous paraît de plus en plus remarquable par sa complète nouveauté du mouvement “OWS et le reste”. Nous avons déjà eu diverses indications éparses de ces comportements, ces psychologies, aboutissant à des situations très inhabituelles. (Voir, pour les exemples les plus récents, dans notre rubrique Bloc-Notes, le 26 octobre 2011, et dans notre rubrique Ouverture libre, le même 26 octobre 2011.) On citera ci-dessous trois (ou quatre) exemples de personnalités, nécessairement plutôt du camp des “dissidents” mais y tenant une place d’audience nationale aux USA, s’exprimant sur la signification d’“OWS et le reste” dans des termes qui mesurent la puissance formidable des effets que ce mouvement a suscitée.
• On extrait d’un débat entre le professeur de Harvard, activiste africain-américain anciennement proche d’Obama, Cornell West, et le cinéaste documentaire Michael Moore, sur Democracy Now ! le 24 octobre 2011, ces déclarations du premier (West).
«… And to just be in the same room with Michael Moore, in the same country, on the same planet, is inspiring to me. The brother’s brilliance and his deep love for people just is quite—it’s just—it’s a national, international treasure. And that’s very important, because we’re right in the middle of a movement, and to see that kind of quality of sacrifice and service is a beautiful thing. It’s a sublime thing, very much so.
»But now, what we’re trying to do is connect what’s going on on Wall Street with what’s going on in Harlem, because if in fact we continue to have this kind of magnificent movement here and around the world, we want to be able to connect the corporate greed not just on Wall Street, but in the military-industrial complex, the prison-industrial complex, and the corporate-media multiplex, so that we have an inclusive, systemic analysis, even as we’re willing to bear witness to the love for poor and working people.»
• Chris Hedges (de Truthdig.org notamment) et Amy Goodman (de Democracy Now !) ont débattu lors du talk-show “Charlie Rose”. Le résumé que donne Truthdig.org de l’entretien (il y a aussi l’accès au DVD de l’émission), le 25 octobre 2011, donne la mesure du niveau des réflexions que suscitent “OWS et le reste”. Il y est question d’une révolution en Amérique aussi bien que de la sauvegarde de l’espèce humaine…
«In their joint interview, Goodman doesn’t hesitate to accept Rose’s proposition that OWS could be called a new American revolution, telling the PBS host, “I think it’s happening as we speak” and noting the response from abroad, while Hedges calls the movement “a return to sanity” and a “confrontation with dead ideas.” Hedges cuts through the noise quickly in this clip, summing up the argument he’s been making for years in his column by stating, “I think these people are very very clear that we cannot sustain ourselves … not only as a society but even as a species, if we don’t confront the corporate state.”»
• Un article d’un des directeurs du site CounterPunch et de la fameuse Lettre d’Information éponyme, Jeffrey Saint-Clair, le 25 octobre 2011 : «Don't Protest, Resist, Occupy the System, – There is an anger running rampant across the country. Some on the right are calling it class warfare. People are enraged. Jobs are scarce, the rich continue to get richer while the poor continue to struggle to make ends meet. Indeed, it should be classified as economic warfare, Americans are sick and tired of being pushed around. It is time to shove back…»

City of the Living Dead

by , October 25, 2011(antiwar.com)
Anyone covering Capitol Hill knows that congressional hearings can be deadly — deadly boring and deadly predictable.
But when a reported Iraq war veteran exploded into a House Armed Services Committee hearing this month as Secretary of Defense Leon Panetta was reading his prepared remarks, for a split second it was like a test to see if someone blinked. Better yet, it was a test to see if anyone was human enough to respond.
One person reportedly burst out laughing, right after the veteran, who was screaming “We murdered people! I saw what we did to people!” was dragged from the room by security. But the rest of the chamber was silent, faces turned stoically forward. The vet was followed by two silver-haired antiwar women decrying the war. They were also manhandled out of the room in short order. Seven people altogether that day were arrested for interrupting the proceedings — one charging that the veteran had been laughed at — while a number of others outside in the hallway chanted, “We are the 99 percent, and we don’t support these wars!”
But like something out of a Kevin McCarthy movie, the chamber’s inhabitants impassively waited until the would-be rabble-rousers were silenced. Aside from the reported spark of laughter — probably born out of nervousness or condescension, or likely both — and a couple of stolen sideways glances, the business of war went on.

Veteran at Occupy D.C. (Credit: thisisbossi)
This is what the current “Occupy” protests are up against. This is what the antiwar protesters have battled since 2001 — a persistent indifference, which in some cases is very real but in other ways is merely used to mask more volatile feelings: disgust and fear of the protesters, confusion about what they stand for, even self-loathing and regret for the passion the indifferent no longer feel about anything outside of themselves.
The good news: According to Kevin Zeese, founder and executive director of Come Home America and organizer behind the October 2011/Stop the Machine demonstrations, which are running parallel to the Occupy D.C. protests in Washington this month, the antiwar movement has gotten more traction than any time in the last 10 years, particularly in Washington, the proverbial belly of the beast.
“There’s no question, when we started working on this [last year] we didn’t know if there would be 50 people out here or anyone joining with us,” he told Antiwar.com. Since Occupy Wall Street began in New York and then the launch of Occupy D.C. corresponded with Zeese’s group’s rally to commemorate the 10-year anniversary of the Afghanistan War on Oct. 6, “we’ve had several thousands of people out here. This is just the beginning.”
The message, Zeese said, is resonating with folks who might have come down to Freedom Plaza for Occupy D.C.’s anti-corporatist agenda but understand how it all fits into the stunning growth of the military-industrial complex over the last half-century. Nowhere is this more explicit than in Washington, D.C.
“The dominant message is economic insecurity, and it’s bringing people out, and people are recognizing that the unbridled spending on weapons and on war has a big impact on why we have this economic insecurity,” he added.

(Credit: thisisbossi)
On Oct. 8, the protesters in effect shut down the Smithsonian’s Air and Space Museum. They were rallying against the glorification of drones and warplanes in front of the building when a scuffle with police brought out the pepper spray on the front steps. A right-wing provocateur instigated the situation. More on that later.
But aside from the protests at the Smithsonian and the Armed Services Committee, Zeese said the group has been leading teach-ins on various aspects of war and peace, including the enduring drum beat for war by the city’s hawks against Iran. For obvious reasons, the antiwar theme (which at its core, is really about America’s unrestrained post-9/11 militarism) is much more prevalent in Washington than in New York and the many other cities that are hosting similar Occupy demonstrations. The question is whether Zeese and the others can sustain any sort of focus on it as Occupy becomes more of a political force on the mainstream’s radar.
All Types of Zombies
Everybody knows that zombies eat brains. George Romero set the scene in Night of the Living Dead, and Hollywood never looked back. Before that, zombies in movies typically involved reanimation and mind control through so-called African-Caribbean voodoo. In films like White Zombie and I Walked with a Zombie bad actors with the magic enslaved poor mindless fools to do their bidding.

Jean-Michel Quatrepoint - La 3ème guerre mondiale en question




10/10/2011 - Conférence Ihedn (Institut des hautes études de défense nationale) - Extrait: La 3ème guerre mondiale en question