LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



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mardi 21 juin 2011

FUKUSHIMA: l'agonie durable, l'enfer rampant


Il y a quelques jours, des images virtuelles d'un éventuel sarcophage que Tepco pourrait installer au dessus des réacteurs en perdition de Fukushima circulaient sur les télévisions. Mais assez curieusement, il s'agissait apparemment de structures assez fragiles, quasiment en matière plastique, très éloignées des milliers de tonnes d'acier et de ciment envisagés pour remplacer l'actuel sarcophage en place à Tchernobyl. On ne voit pas comment de telles structures pourraient contenir une explosion majeure sur le site de Fukushima. Tout au plus pourraient-elles empêcher la diffusion de gaz radioactifs sous basse pression. De toutes façons, Tepco annonce que la mise en place de ces protections ne sera pas possible avant longtemps, compte tenu du niveau de contamination actuel du site.
En fait, les priorités devraient être toutes autres. Il devrait être indispensable d'empêcher dans les jours, semaines ou mois qui viennent la contamination d'une partie du Japon par les cœurs en fusion des réacteurs touchés par le tsunami. Or, très mauvaise nouvelle, pour le moment et compte tenu des technologies aujourd'hui disponibles, cet objectif paraît hors de portée alors que le processus cataclysmique ne cesse de prendre de l'ampleur. Une toute aussi mauvaise nouvelle est que, désormais, le monde entier fait silence sur le désastre mondial qui se prépare. Les conspirationnistes ne devraient pas être les seuls à s'interroger sur les raisons de ce silence.
Si l'on en croit l'industriel Tepco, le gouvernement japonais qui l'a toujours soutenu y compris dans ses décisions les plus hasardeuses et les industriels américains du nucléaire qui ont depuis les origines partie liée avec le Japon pour la gestion de son parc nucléaire, la situation à Fukushima serait potentiellement pire qu'elle ne le fut à Tchernobyl. Selon ces sources cependant, il n'y aurait pas de danger immédiat, tant du moins que l'on continuera à pomper de l'eau et qu'un nouveau fort tremblement de terre ne se produira pas. Pas de danger immédiat sans doute, mais pas de solutions fiables avant quelques années au mieux. En attendant, selon ces sources, il n'y aurait pas de raisons de s'inquiéter. Curieuse préconisation.
Pour d'autres experts au contraire, la situation n'a jamais cessé depuis le début de s'aggraver. Aujourd'hui il y aurait de forte probabilités (certains disent 50/50) pour que le pire se produise. Un article récent de Aljazeera.net cité ci-dessous vient de faire un bilan assez terrifiant de la situation. On pourrait suspecter la neutralité de Aljazeera mais la chaîne se borne à reprendre les diagnostics de deux experts confirmés du nucléaire, l'américain Arnorld Gundersen (photo) et le japonais Shoji Sawada. L'un et l'autre, à première vue semblent parfaitement objectifs et bien informés. Certes ils sont tous les deux devenus des whistle-blowers alertant sur les dangers du nucléaire. Le site Fairewinds auquel participe Arnorld Gundersen est un leurs représentants les plus influents aux Etats-Unis. Mais cela ne devrait pas être une raison pour disqualifier leurs analyses.
Pour Arnold Gundersen, notamment, la fusion des réacteurs touchés constitue désormais un processus sans doute impossible à empêcher, compte tenu encore une fois des connaissances scientifiques et technologiques du moment. Le refroidissement par eau ne pourra que le retarder de quelques temps, tout en noyant la région et la mer environnante sous des milliers de tonnes d'eau fortement contaminées. Une fois les nappes phréatiques ou les couches terrestres profondes atteintes, ce ne serait pas seulement une large périphérie autour de Fukushima qui deviendrait inhabitable, mais sans doute la ville de Tokyo elle-même. Dans l'hypothèse la plus grave, celui de l'explosion des centaines de tonnes de combustibles nucléaires présents sur le site, le Japon tout entier puis très vite des zones étendues de l'hémisphère nord pourraient être interdits à la vie humaine.
D'ores et déjà, deux experts de santé publique américains estiment avoir observé une augmentation anormale de la morbidité des nouveaux nés dans une dizaine de villes de la cote ouest des Etats-Unis situés approximativement sous le vent de Fukushima (voir ci dessous le rapport Sherman-Mangano). On s'étonne que, devant une observation aussi troublante, des inquiétudes beaucoup plus nombreuses ne se soient pas encore manifestées, notamment aux Etats-Unis, si soucieux en général de la santé publique.
La situation paraît en voie de devenir si grave que le silence des autorités nationales et internationales est véritablement inexplicable. Même si peu de remèdes ne paraissent pour le moment disponibles, il conviendrait néanmoins que les scientifiques du monde entier y réfléchissent et travaillent à la mise au point de solutions. L'inaction actuelle donne beaucoup d'arguments à ceux dénonçant une conspiration du silence de la part des gouvernements et des industriels impliqués, non seulement au Japon mais aux Etats-Unis. La complicité objective entre Barack Obama et l'Exelon Corporation, le plus gros fournisseur d'énergie nucléaire et un des plus importants contributeurs de sa campagne, est dénoncée.
Rien cependant n'y fait. L'attitude généralement affichée par l'ensemble des décideurs et des médias est particulièrement à courte vue, mais elle n'indigne encore personne. Le message général s'apparente au suivant : "le magma monte dans la cheminée du volcan. Une explosion destructrice se produira bientôt. Mais qu'importe, dormez tranquilles au bord du cratère...pour le moment".
Précisons à l'attention de ceux qui militent pour l'abandon de l'énergie nucléaire que ce dernier objectif de l'abandon, à supposer qu'il soit décidé, ne pourra pas être mis en oeuvre avant 25 ou 30 ans. Au Japon le monde se trouve confronté à une échéance beaucoup plus immédiate et à des risques beaucoup plus graves : un Tchernobyl de magnitude 10 pouvant se produire dans quelques mois. La réaction de prévention devrait être toute différente.

Sources
* Article d'Aljazeera : http://english.aljazeera.net/indepth/features/2011/06/201161664828302638.html
* Fairewinds : http://www.fairewinds.com/home
* Arnold Gundersen : http://en.wikipedia.org/wiki/Arnold_Gundersen
* Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=24334
* Rapport Sherman Mangano : http://www.counterpunch.org/sherman06102011.html
" The recent CDC Morbidity and Mortality Weekly Report indicates that eight cities in the northwest U.S. (Boise ID, Seattle WA, Portland OR, plus the northern California cities of Santa Cruz, Sacramento, San Francisco, San Jose, and Berkeley) reported the following data on deaths among those younger than one year of age :
4 weeks ending March 19, 2011 - 37 deaths (avg. 9.25 per week)
10 weeks ending May 28, 2011 - 125 deaths (avg.12.50 per week)

* Exelon Corporation : http://www.exeloncorp.com/Pages/home.aspx

vendredi 27 mai 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (diagnostic)


Les civilisations mourantes préfèrent l’espoir, même l’espoir absurde à la vérité.  Le déni est le premier recours de notre conscience sociale pour « composer » avec l’apocalypse à venir. 

L’opposition à ce système d’emprise se construit par la base en se lovant dans le statut social et politique (ou anti-statut) de paria, d’anti-larbin. C'est la seule position possible, le seul angle révélateur.

L'action pour sortir du circuit inertiel, la gravité du système, s'apparente à un processus ordalique. L'amorce de cette conscience qui s'émancipe est de devenir un objet de crainte, et fondamentalement pour soi-même. 

Il n'y a pas vraiment d'autres manières.

L'apprentissage de la limite, la familiarité avec la lisière, apportent ces horizons dont nous avions besoin, ils sont les dépôts furieux qui rendent les fables aux fées et les tributs aux rois.

mercredi 25 mai 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (sentiment)

L'obscur désir de dictature des classes moyennes qui se sentent en danger – désir exaucé dans l'histoire – permet aux oligarchies de renforcer la répression, et la capacité puritaine à nier la réalité est typique d'une sous - idéologie et d'une psychologie bien adaptées au Spectacle, et bien adapté à se la jouer plus proche des intérêts de l'oligarchie que des pauvres, ces salauds sans mœurs. Pourtant la haine puritaine pourrait déborder l'oligarchie actuelle .

lundi 13 décembre 2010

L’actualité de la crise: L’HISTOIRE ÉDIFIANTE du New York Times


« Tous les mois, le mercredi, neuf membres d’une société de l’élite de Wall Street se rencontrent dans Midtown Manhattan [le quartier des affaires de New York]. Ils partagent un même objectif : protéger les intérêts des grandes banques qui agissent sur le vaste marché des produits dérivés, l’un des plus profitables – et controversé – de la finance. Ils ont aussi en commun des secrets, le compte-rendu de leurs réunions de même que leurs identités, strictement confidentiels ».
C’est ainsi que Louise Story débute son article dans le New York Times, dont elle est une journaliste financière vedette. Au terme d’une enquête fouillée, elle met en évidence, détails et noms à l’appui, les mécanismes utilisés par les mégabanques qui dominent le marché des produits dérivés. Dans le but d’empêcher que de nouveaux entrants élargissent leur club très restreint et afin que continue à régner sur ce marché une totale opacité, garante de leurs immenses profits.
Les noms de ses membres sont ceux du gratin de la banque : Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, UBS, Deutche Bank, Barclays, Crédit Suisse, Citigroup, Bank of America. Tous se retrouvent membres du comité du risque de ICE, une nouvelle chambre de compensation des produits dérivés qui a vocation à dominer ce marché, mais également au comité de nombreux autres, ainsi qu’à la direction de l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA), le lobby international qui fait la pluie et le beau temps sur ce marché.
Ce n’est évidemment pas par hasard, car ces comités du risque des chambres de compensation qui ont poussé comme des champignons ont été investis par la loi Dodd-Frank de régulation financière de très importants pouvoirs. Notamment ceux de décider quels sont les produits dérivés qui n’ont pas à utiliser les services des chambres de compensation – et restent ainsi totalement négociés de gré à gré – au prétexte qu’ils ne sont pas standardisés et ne peuvent donc être compensés. Ainsi que de déterminer le coût du service, qui s’ajoute aux commissions des banques, et les montants financiers qui doivent être apportés en couverture. Les mégabanques sont donc totalement juges et parties.
Sur ce marché, les commissions bancaires ne sont pas connues, et il n’y a pas comme sur le marché boursier de cote officielle à la disposition des intervenants. Les banques achètent et vendent à des prix qu’elles seules connaissent, fixant ainsi leur marge selon leur bon vouloir.
« Pas un seul domaine financier n’est probablement aussi profitable aujourd’hui que les produits dérivés », explique Louise Story. « Plus que l’activité de prêt, celle des cartes de crédit, des fusions et acquisitions ou de la gestion de fortune. » poursuit-elle, pour conclure : « Le secret qui entoure le marché des produits dérivés est un facteur clé des importants profits réalisés par les banques ». Les moyens dont elles disposent et qu’elles mobilisent pour le protéger sont à l’avenant.
Ce qui n’est pas sans expliquer comment elles sont parvenues à faire barrage avec succès à des dispositions trop incisives du Congrès, et comment elles peuvent encore prétendre bloquer, fort de l’appui massif des républicains – mais de démocrates également – les nouvelles dispositions que cherche à prendre la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur compétent, afin de limiter le contrôle des chambres de compensation par les banques.
Le Département de la justice a pour sa part engagé une enquête afin de vérifier l’existence éventuelle de pratiques tombant sous le coup de la loi anti-trust, qui sont de notoriété publique à Wall Street, dont on attend avec intérêt les résultats.
Ironiquement, les positions prises par les mégabanques ont pour origine une demande de l’administration aux mégabanques. Devant la panique crée par la menace d’effondrement d’AIG, qui assurait avec des CDS de nombreuses grandes banques, celle-ci était autant que les régulateurs dépassée par les événements et ignorante du fonctionnement de ce marché sur lequel elle n’avait aucune prise. Au milieu de la tourmente, les régulateurs se tournèrent donc vers les banques pour leur demander de monter dans l’urgence une chambre de compensation, afin de réduire les risques et stabiliser le marché. InterContinentalExchange (ICE), qui compensait déjà les commodities et les futures, servit de base.
Au fil de son enquête, Louise Story raconte comment les mégabanques firent par la suite obstacle aux velléités d’autres intervenants d’entrer sur le marché des chambres de compensation, avec également comme souci d’empêcher l’avènement d’une quelconque cotation électronique des produits dérivés, qui apporterait de la transparence et risquait de court-cicuiter les banques. Citadel Group, un très important hedge fund qui chercha à s’y lancer en joint venture avec le Chicago Mercantile Exchange, dut finalement y renoncer au terme de batailles de coulisses homériques.
Elle narre également comment certaines banques, telle Bank of New York Mellon, essayèrent de rentrer dans le « club des négociants en dérivés », comme il est appelé à Wall Street, pour en être rejeté par le physionomiste.