LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



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samedi 24 septembre 2011

Les illusions de l'ultra-libéralisme…

SOURCE : LE MONDE/IDEES (sic)

La crise ou plutôt les crises qui touchent nos économies depuis cinq ans (pour les plus marquantes) signeraient selon certains la fin de l'ultra-libéralisme et pour d'autres (voire les mêmes), le nécessaire retour d'un interventionnisme public régulateur, voire même keynésien. Deux remarques toutefois à cela : premièrement, l'ultralibéralisme ne fut qu'une illusion ; deuxièmement, les Etats n'ont pas les moyens financiers de leurs ambitions (si tant est d'ailleurs qu'ils aient de réelles ambitions, les atermoiements des divers G20 depuis novembre 2008 permettent d'en douter!).

Détaillons, tout d'abord, l'illusion que fut l'ultra-libéralisme. Si l'on revient aux fondamentaux économiques, un pays libéral (ou ultra-libéral) serait un pays où l'Etat n'intervient que pour assurer la défense et la sécurité nationale, la justice et la mise en place des infrastructures nécessaires au bon fonctionnement de la société et de l'économie, au respect des règles. Ce type d'Etat n'existe, à ma connaissance, pas. Depuis la fin des années 1960, les Etats se sont pourtant employés à déréguler et à se désengager de la sphère économique, convaincus par certains que cela était mieux. Qu'en fut-il ?

Incontestablement, l'activité économique fut dérégulée. Les banques se mirent à jouer les assureurs et les assureurs, les banquiers, sans que personne ne s'inquiète des conflits d'intérêts potentiels. Nombre d'entreprises publiques furent privatisées partout dans le monde et des secteurs traditionnellement considérés comme nécessairement financés par la collectivité furent ouverts à la concurrence, les prix et les salaires mais aussi les marchés financiers furent libéralisés et laissés à l'appréciation et à l'autorégulation du marché. Quels étaient les objectifs de telles mesures ? Dans un premier temps, le but louable de tout cela était d'éradiquer l'inflation avec l'idée que cette inflation systémique venait d'une concurrence insuffisante parce que limitée par l'intervention publique et qu'elle (cette inflation) pénalisait le pouvoir d'achat et donc in fine l'activité économique.


De facto et avec du recul, force est de constater que, dans les années qui suivirent la désinflation compétitive et la dérégulation, l'activité économique fut plus dynamisée par l'internationalisation de l'économie mondiale et la montée des endettements. En effet, la libéralisation permit aux plus grandes entreprises, en particulier dans les secteurs jusqu'alors publics, les concentrations nécessaires au financement de grands projets et investissements, favorisant l'innovation et la création de nouveaux produits donc de nouveaux marchés. Paradoxalement, dans un monde toujours plus concurrentiel, elle favorisa la multiplication de marchés oligopolistiques dominés par cette poignée de grande entreprise.

La concurrence s'organisa alors ailleurs, sur les salaires, le contrôle et la maîtrise des approvisionnements et entre les pays par le biais de nouvelles stratégies industrielles et commerciales d'entreprises devenues multinationales ! Tout semblait fonctionner puisque les entreprises produisaient toujours plus et toujours moins chers, les marchés financiers dérégulés et internationalisés finançaient tout cela et même plus. De l'autre côté de la machine économique, les consommateurs consommaient toujours plus, tentés par toujours plus de nouveautés (cf. les nouvelles technologies) et ce, tant grâce à la baisse des prix mais aussi en s'endettant puisque leurs salaires stagnaient depuis vingt ans ! Cet endettement privé croissant et inquiétant fut la première cause de la crise en 2007 via la crise des subprimes aux Etats-Unis. Il était toutefois encore un peu tôt pour réaliser le danger du surendettement des économies puisque la réponse préconisée aux Etats à ce moment-là fut (à juste titre dans l'urgence d'ailleurs) de soutenir massivement leurs économies.

Sauf que là-encore, ces décisions finiraient par se heurter à une autre illusion (ou un autre paradoxe) de l'ultra-libéralisme : l'augmentation exponentielle de l'endettement public.