LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



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lundi 31 octobre 2011

Commentaire sur "Leur logique et la nôtre"

Mais si l’on considère la seule dette publique, d’où provient donc son déséquilibre budgétaire qui n’a fait que s’accentuer au fil des trente dernières années ? [...] mécanismes fiscaux très orientés qui ont été à l’origine de la baisse des recettes publiques. [...]. La présentation qui est aujourd’hui faite d’un Etat vivant au dessus de ses moyens est non seulement sommaire, elle est tendancieuse. D’où l’intérêt d’une analyse des causes de l’augmentation des déficits publics, afin de contester les fondements de remèdes présentés comme inévitables et d’en présenter d’autres.
Je me permets de couper dans le paragraphe pour mieux mettre en exergue l’extrait qui me tient à coeur.
Merci, François Leclerc. Cette analyse est absente de tous les médias, de tous les débats politiques. On se focalise uniquement sur la crise, sur 2008 et 2010-2011. Et chaque fois, on oublie – c’est bien plus commode – de mentionner comment on a vidé, siphonné peu à peu les caisses de l’état et de la sécu, très méticuleusement, et ce depuis des dizaines d’années.
Tout cela est le résultat de politiques pudiquement intitulées de « soutien à l’emploi » ou « soutien aux entreprises ». A savoir : des mécanismes de réduction / exonération de cotisations sociales (abusivement et de manière inacceptable, désignées sous le terme trompeur de « charges sociales »), de mécanismes de réduction de l’impôt sur les sociétés et autres moyens d’évasion fiscale légaux, votés par un législateur à la botte de gouvernements soit complices et serviles, soit ayant plié l’échine et abandonné face à des lobbies (le MEDEF en France, la FEB chez nous, l’UCM, etc.) auxquels l’état a offert sur un plateau d’argent le statut de quasi toute puissance sous la forme de « on doit les aider, ce sont eux qui font la richesse ».
Les états, contrairement à ce qui est dit, ont donc été très bien gérés, simplement, ils l’ont été dans un objectif et un seul : faire basculer l’équilibre de redistribution des richesses, et réorienter le flux vers un petit sous-ensemble de classes sociales, quel qu’en soit le prix (mieux : pour les politiques de droite, vider l’état de sa substance est un objectif de base : revenir à un état uniquement basé sur ses fonctions régaliennes, au service de l’ordre établi, docn des puissants). Le pire, là-dedans, c’est que des gouvernements de gauche ont participé à ce pillage lent, patient et organisé, cédant à de soit-disant « lois de l’économie », comme si l’économie était une science exacte telle la physique (et encore, quand on étudie la physique un peu sérieusement, on voit apparaître les approximations et compagnie, et on peut donc légitimement se poser des questions quant au qualificatif « exacte ») – sachant que ces sciences dites exactes sont d’abord et avant tout empiriques, et donc sujettes à bouleversements complets si l’expérience vient contredire les lois et équations précédemment perçues comme étant le socle immuable de la science en question.
Il faut donc d’abord renverser les raisonnements fallacieux tenus par les grands apôtres de la pensée unique, qui se déclinent pour l’instant sur tous les médias. Il faut rétablir la réalité. Ré-expliquer les mécanismes de fonctionnement d’un état, comment il se finance, quels sont les équilibres nécessaires à un fonctionnement sain. Retracer l’histoire ensuite, et montrer comment tout cela a lentement glissé vers la situation de crise d’aujourd’hui, comment des politiques délibérées – qui n’ont quasi jamais rempli les objectifs affichés et utilisés pour les justifier – ont organisé et géré le vol légal de la richesse produite au profit des plus puissants et des plus riches.
Il faut déculpabiliser les gens, auxquels on serine de JT en JT, d’édition du Monde en édition du Monde « on a trop dépensé pour l’état providence » (bref, on a trop dépensé pour vous, citoyens, vous avez bien trop profité, vous êtes bien trop bien surtout par rapport au reste du monde –> prétexte justifiant le nivellement par le bas) ou encore « il va falloir être raisonnable et se serrer la ceinture », « il faut dire la vérité aux gens, on doit rétablir l’équilibre » (sous-entendu que c’est « les gens » qui en ont profité, du déséquilibre). C’est faux.
On le dit dans les assemblées syndicales. On l’écrit et on l’explique dans des brochures parues sur le net, distribuées dans les entreprises (mais qui peut forcer les gens à les lire ? Pas moi). Et pendant ce temps, les femmes et hommes politiques de droite et les lobbies patronaux se succèdent sur les plateaux TV avec une agressivité sans pareille pour dénoncer les « dépenses honteuses de l’état », « les chômeurs profiteurs », tandis que les femmes et hommes politiques de gauche écoutent, murmurent un mot, et au final demeurent inaudibles, comme s’ils avaient honte, ou peur…
En tout cas, plus la crise et l’impasse se creusent, et plus les tenants de cette pensée unique qui ne sert qu’une petite minorité de la population s’arcboutent sur leurs positions. Plus ils donnent de la voix, et plus on leur donne des espaces pour asséner leurs « vérités » aux gens. Peut-être est-ce l’élément qui fera s’écrouler le tout plus vite. Peut-être pas. Mais quand tout s’écroule, personne ne peut prévoir ce qui sortira des décombres. L’histoire de l’humanité, en tout cas, ne me donne pas beaucoup d’espoir que ce qui émerge des ruines soit meilleur, au contraire. Fascisme, extrême-droite, dictature autoritaire, terreur… Ces risques sont de plus en plus grands.

samedi 29 octobre 2011

ILS MARCHENT SUR LA TÊTE

Demander leur aide aux pays émergents, Chine en tête, est un symbole fort des nouveaux rapports de force mondiaux. En procédant ainsi, les dirigeants européens viennent de mettre en évidence qu’ils n’ont pas les moyens de refinancer l’endettement de l’Europe, puisque c’est la stratégie qu’ils poursuivent envers et contre tout.
Quand certains d’entre eux récusent cette voie, c’est pour se réfugier dans une autre fuite en avant, en préconisant que la BCE éponge la dette en créant de la monnaie, afin que tout puisse repartir comme si de rien n’était, à des aménagements mineurs près.
Or, la planète n’a pas changé d’axe, mais le monde si ! Les pays de l’OCDE doivent céder le pas devant de nouvelles puissances économiques, qui disposent des moyens financiers allant de pair. Cette nouvelle donne est issue du processus de mondialisation, qui a redistribué les cartes, dont on n’a vu que les délocalisations, puis l’invasion de produits venus d’ailleurs. Le monde pivote pour de bon et il faut désormais résoudre une nouvelle équation.
Epuisé pour avoir été trop exploité, le vieux monde cède maintenant le pas devant un nouveau monde qui s’impose irrésistiblement. Pour le système financier, c’est un nouvel eldorado en puissance, où il va pouvoir reproduire les recettes qui ont fait sa fortune après avoir entraîné la désolation sur ses anciens terrains de jeu. D’Occident, cet inacceptable renversement de situation pourrait apparaître comme le match retour d’une exploitation coloniale qui a fait la fortune de ceux qui en ont été les maîtres, si cet épisode n’était pas oublié.
La tentation du déni est grande, comme toujours lorsque la peur est grande. Ainsi que celle du repli, qui l’accompagne. Accompagnée de fortes réactions de rejet, telles qu’on les observe en Allemagne par rapport aux Grecs. Elle évite de se confronter à la seule problématique qui vaille, celle d’une autre mondialisation ayant pour objectif de mieux répartir la richesse, à la fois sur la planète et au sein des sociétés qui l’habitent. Les deux échelles vont en effet de pair, imposant si l’on prétend régler l’une de s’attaquer à l’autre ; de définir de nouveaux modèles de développement globaux, intégrant tout à la fois les besoins économiques, sociaux et environnementaux.
Une telle démarche est constitutive du nouveau paradigme qui progressivement se dessine. Mais il n’est pas surprenant, étant donné les mises à plat et remises en cause qu’elle implique, que les héritiers de la social-démocratie historique ne la partagent pas, puisqu’il ne s’agirait plus de mieux gérer un système mais de le transformer. Ils négligent l’étroitesse de leur marge de manœuvre, singulièrement réduite en situation de crise durable, font abusivement confiance à leurs capacités de gestionnaires, et préparent la désillusion.
La période où des pays pouvaient symboliser un avenir radieux est révolue : il n’y a plus de patrie d’un socialisme qui n’a pas rempli ses promesses tandis que les Etats-Unis connaissent le déclin, le miracle américain ne faisant plus recette. L’Union européenne a pu un temps cristalliser des aspirations, mais elle n’en est plus capable dans ses soubresauts actuels. S’impose progressivement, comme un repoussoir, l’image d’un pouvoir oligarchique, transnational, qui non seulement dispose des leviers de commande mais est désormais assis sur la colossale finance grise du shadow banking. Sommaire, cette vision est aussi désarmante, car comment lutter contre l’insaisissable ?
La première réponse est qu’il faut connaître ce système davantage afin de mieux le décrypter. La seconde est qu’il faut lui opposer une alternative qui est en premier lieu programmatique. Puisqu’un grand saut doit être effectué, le système étant en train d’imploser sous nos yeux, sur quels principes fondateurs peut reposer une alternative ? A quelles aspirations doit-il être répondu et comment ? L’exercice réclame de sortir des sentiers battus et de ne pas s’enfermer dans un réalisme qui se trouve dans l’impasse et procède du manque d’ouverture d’esprit quand ce n’est pas de l’imposture. 
 source : Paul JORION

Mais au contraire d’affronter le vent du large.
La crise a ceci de positif qu’elle met à nu des mécanismes qui étaient ignorés, qu’elle dévoile une réalité auparavant dissimulée. Dans quelque domaine que l’on étudie un peu, y compris les plus vitaux comme ceux de l’alimentation et de la santé, on observe et comprend que les objectifs poursuivis répondent souvent à des critères qui nous sont pour le coup étrangers. Quant à l’activité financière, qui domine toutes les autres, elle apparaît désormais pour ce qu’elle est : fondamentalement parasitaire.
Dans tous ces domaines, et dans d’autres encore, des analyses et des réflexions sont en cours, des expériences sont tentées, de nouvelles pratiques sociales se dessinent. Aujourd’hui, le choix est de savoir de quel côté on se situe : de ce côté-ci ou de celui de ceux qui ont comme horizon borné de redémarrer la machine à décerveler, en limitant si possible ce que l’on appelle le coût social, celui-là même qui devrait plus que tout autre être considéré.

mercredi 28 septembre 2011

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY




On nous dit que c’est un outsider, qui ne représente rien ni personne. Mais justement, seul un outsider pouvait dire cela, et pas un employé de banque qui serait viré dans la minute. 

On nous dit que c’est un sociopathe ou un psychopathe, selon l’école psychiatrique dont on revendique l’autorité, mais cela ne résout pas la question. Est-ce que l’on n’a pas déjà montré sur ce blog et depuis longtemps que tous les traders sont des sociopathes qui font précisément ce qu’il prétend faire ? C’est de cela dont ils doivent se défendre en général, et pas à propos de ce particulier là. 

Peu importe qui il est, ce qui importe c’est ce qu’il dit, et comment c’est pris. Ce qui nous intéresse, ce sont les effets de vérité créés par des discours, même faux. Par exemple, de par les réactions qu’ils suscitent : 

Incrédulité : de ceux qui croyaient encore que les marchés étaient socialement utiles. 

Disqualification : par ceux qui ont des raisons de faire croire que les marchés sont socialement utiles. 

Confirmation : pour ceux qui ont cessé de croire ou n’ont jamais cru que les marchés étaient socialement utiles. 

Braves spéculateurs pères de famille, Mr Alessio Rastani vous tend le miroir de Dorian Gray. Non pas que vous vous y soyez vus éternellement jeunes et avenants mais tout de même bien justifiés de penser à vos vieux jours et « à l’avenir de vos enfants ». Il vous montre ce que c’est que quelqu’un qui prend réellement au sérieux le fait de croire que le monde sera le même après la fin du monde, qu’il y a une crise, dont on peut profiter, et même le plus grand nombre, mais que ce ne sera pas vraiment une crise puisque tout sera encore comme avant. C’est complètement absurde en plus d’être moralement ignoble. 

Mr Alessio Rastani, qu’il soit un personnage réel ou fictif, vous parle d’un monde où cela n’a pas de sens d’avoir des enfants. Mais ce n’est pas pour cela que vous lâcherez votre cassette, n’est-ce pas ? C’est une partie de votre âme, de vous-même, c’est là que vous avez mis toutes vos angoisses et tous vos espoirs. Précipiter la déroute tout en se berçant de l’illusion que c’est la meilleure chose à faire tout autant que l’on n’y est pour rien puisque l’imagination humaine est décidément sans limite. 

Il reste la réaction normale de milliers de gens normaux, qui pensent que l’activité de tous les petits Alessio Rastani est socialement néfaste, et comme telle doit être interdite, maintenant. Des milliers de gens normaux qui ont pour ambition normale de mener une vie juste et décente, pour lesquelles l’accumulation infinie ou pas de richesse est un comportement indécent, anormal et dangereux. Ces milliers de gens dont on nous a prétendu qu’ils n’existaient pas. Ceux qui vont faire le monde de demain, forcément, puisque les autres sont en train de s’auto-détruire. 

Braves petits spéculateurs bons pères de familles, accrocs à l’or ou à la pierre, il est encore temps de ne pas finir en Alessio Rastani de médiocre envergure. On vous a menti et on vous a trompé. Vous pouvez encore parler à votre voisin afin de construire un monde commun. 

Il n’y a pas si longtemps la figure du trader était encore le modèle de réussite proposé à l’admiration des foules rêveuses. Il est en passe de devenir la figure la plus haïe et la plus méprisée du monde moderne. 

C’est cela qui est significatif, et ce n’est pas un bon signe pour le capitalisme, s’il en fallait d’autres pour prouver son agonie…

jeudi 2 juin 2011

EXTRAITS DE LA PIÈCE DE LORDON

.. »LE FONDÉ DE POUVOIR
La chute est là, monsieur, elle est irrésistible,
Des villas somptueuses sont au prix de cabanes,
L’immobilier s’écroule, nous passons pour des ânes.
Les courtiers ont menti, et dans les formulaires,
Gonflé les revenus, inventé les salaires.
Or, les gueux sont fauchés, ils n’ont plus un radis,
Submergés d’échéances, ils deviennent faillis,
Endettés jusqu’au cou, ils cessent de payer,
Même vendre le bien ne peut plus rembourser…
 »

et plus loin :
… » LE BANQUIER
Il n’y a rien du tout, nous sommes à l’abri.
Les crédits sont au loin et aussi les faillis.
Ailleurs il est certain que d’autres font des pertes,
ça n’est pas notre affaire, n’ayez aucune alerte.
Croyez-moi, il n’est pas une seule journée
Où je ne me réjouisse des traders surpayés.
Ce sont certainement de rudes imbéciles,
En banque cependant ce sont les plus agiles.
Affairés à construire ces produits biscornus,
Ils nous laissent sans tache et les autres cocus.
La vie est ainsi faite, c’est la vie des affaires,
Il faut être malin ou bien prendre un autre air…. »


dans  » D’un retournement l’autre » / Frédéric lordon.
(Pièce en alexandrins mettant en scène la crise de la finance mondiale)
« y’a rien à jeter, sur l’ile déserte, il faut tout emporter ! »

samedi 19 février 2011

Naturaleza, Ruralidad y Civilización, de Félix Rodrigo Mora


rodrigo
Se puede adquirir al precio de 9 euros a través de
La Librería de El Sueño Igualitario
libreria@cazarabet.com
Tlfs. 978 849970 – 686 110069
252 páginas
16 x 21 cm


“A mediados de los noventa algunas publicaciones como Futuro primitivo de J. Zerzan o los trabajos de Theodore J. Kaczynski, fundamentalmente el Manifiesto de Unabomber (La Sociedad Industrial y su futuro), revitalizaron la crítica a la sociedad tecnológica e industrial desde la perspectiva anarquista. En el Estado Español, al que fueron llegando sucesivas traducciones, no aparece una publicación importante en sus contenidos hasta 2001 por parte del colectivo Los Amigos de Ludd y en forma de boletín, trabajos de los que formó parte el autor de los textos que aquí presentamos. Estos se encargan de una investigación del pasado pre-industrializado, por ejemplo de la Alta Edad Media y del mundo rural, así como los procesos de la revolución liberal y del régimen franquista que liquidaron el orden agrario popular. Por otra parte, desde el análisis crítico, se alientan los procesos de desurbanización, la movilización contra el sistema tecno-industrial y la marcha al mundo rural, dando apoyo y proporcionando en la medida de lo posible elementos de juicio a quienes deciden emprender tales actividades, alternando el trabajo de historia con el apoyo a las luchas de colectivos de resistencia a los sistemas técnicos, o que buscan retomar el contacto con la tierra y lo rural en las condiciones actuales.”
Los textos que aquí se encuentran recogidos también tratan de recuperar la memoria de las elaboraciones intelectuales y la luchas del pasado contra la modernidad, la tecnología y el aparato estatal, desde las milicias concejiles medievales hasta la obra escrita de F. Urales, F. Alaiz y otros integrantes del movimiento anarcosindicalista anterior a 1936 calificados de “agraristas”, continuando con las grandes movilizaciones campesinas contra la II República española, sin olvidar la guerrilla antifranquista (1939-1952), que es principalmente un movimiento de masas de carácter rural y las luchas de los años 60 contra la expropiación de los bienes comunales por parte del Estado-Capital.”
http://naturalezaruralidadcivilizacio.googlepages.com
PASADO Y PRESENTE DEL MEDIO RURAL: POR UNA SOCIEDAD DESURBANIZADA Y DESINDUSTRIALIZADA
En lo formal, “Naturaleza, ruralidad y civilización” compendia, en la primera parte, artículos y guiones de charlas, publicados o promovidas por diversos colectivos: de crítica antiindustrial, “Los Amigos de Ludd”; de resistencia a grandes infraestructuras, la “Asamblea del País Vasco contra el TAV” y de fomento de la horticultura popular en los espacios urbanos y periurbanos, los BAH (Bajo el Asfalto está la Huerta). En la segunda parte, elaborada específicamente para este libro, se ocupa de los problemas actuales de la agricultura (convencional y ecológica), la calidad de los suelos, el arbolado, el agua, los regadíos, las nocividades inherentes a la ciudad y el movimiento de ida y retorno al campo emprendido por un sector, aún muy minoritario pero ya significativo, de la juventud. Se puede decir que lo agrario ayer, hoy y mañana es la noción vertebradora de la obra.
Su título aúna tres nociones organizadoras. La naturaleza en tanto que naturaleza política, esto es, elegida y escogida y no meramente exterior y dada al ser humano, como ha sucedido hasta hace poco. La ruralidad, sinónimo de no-ciudad, que fue en el pasado y quizá sea en el fututo pero que hoy apenas existe, al haber sido aniquilada (y al haberse dejado aniquilar, enfoque que evita el victimismo, por tanto, la irresponsabilidad y su consecuencia, el narcisismo paralizante) por la sociedad de las megalópolis y los poderes ilegítimos ilimitados. Axial es la categoría de civilización, que no equivale aquí a formación social, sino que está tomada de la obra de Salviano de Marsella, autor del siglo V que forma parte del monacato cristiano revolucionario, quien la contrapone a barbarie, a vida incivil, no libre, encanallada y amoral. De manera que el titulo expresa la aspiración a construir una sociedad civilizada por medio de una relación renovada con la naturaleza y en el ámbito de lo rural recreado.
En su epistemología y estilo, el libro resulta de un enfoque holístico, plural y complejo, de las materias consideradas, con exclusión del criterio cartesiano, que lleva a un saber ilusorio, por especializado, parcelado y fragmentado, por estático y desdeñoso de las interconexiones realmente existentes entre las diversas realidades singulares, las cuales, además, son presentadas con una simplicidad puramente inventada que rehuye el conocimiento cierto sobre sus contradicciones internas y automovimiento. Como consecuencia, es una suma de esbozos, aserciones seminales y pinceladas que, lejos de agotar ninguno de los temas, tiene como primer designio el animar a continuar la reflexión experiencial, el estudio, el debate y la acción transformadora. Ello demanda una exposición concentrada, decidida a exponer la multiplicidad y complejidad de lo real, en la que se procura que sólo tenga cabida lo más fundamental. Ello acaso requiera de una lectura atenta, reposada y relajada, mejor si es individual y colectiva al mismo tiempo.
Podría decirse que es la experiencia reflexionada, no las teorías ni los doctrinarismos a priori, la que suministra el sistema de proposiciones y argumentaciones de la obra. Experiencia propia y, más aún, del otro, de los iguales, recogida en un texto que es, en buena medida, una puesta por escrito de las viejas y nuevas formas de saber popular propias de la tradición oral que siempre han dotado de conciencia (autoconciencia, más bien) autónoma a las gente de la ruralidad. Eso no es óbice para que el libro, a pie de página, incluya una amplia bibliografía, la mayoría de ella considerada en sus aspectos positivos, por parciales que sean.
“Naturaleza, ruralidad y civilización” se ofrece a lectoras y lectores en un momento en que el ecologismo ha girado casi en su totalidad hacia las instituciones, dejando de ser un movimiento de base para transformarse en una parte del aparato gubernativo y mediático, poco apto por ello mismo para proporcionar propuestas y soluciones independientes que vayan a la raíz de los problemas, que se agravan con el paso de los días. En realidad, todo el radicalismo de pega que cooperó de un modo u otro a que en 2004 ganara el PSOE las elecciones se ha oficializado, o ha desaparecido. El libro, con sus limitaciones y defectos, se propone contribuir a remediar tal estado de cosas, preconizando formulaciones y metas que tienen la verdad concreta-finita como designio y que pretenden ser, por ello, verdaderamente revolucionarias.
En la parte histórica incluye elementos para un análisis concreto del mundo rural de la península Ibérica que ha existido hasta hace unos decenios, desde sus orígenes en la gran mutación civilizadora de la Alta Edad Media hasta su liquidación por el Estado franquista, sin olvidar el carlismo, la guerrilla antifascista de 1939-52, esencialmente rural, ni la emigración, de unos 6 millones de personas, desde las zonas agrarias a las industriales y urbanas en los años 1955-70. Es central, en el libro, la investigación sobre la génesis, naturaleza y trayectoria de la institución del concejo abierto, como forma asamblearia tradicional de gobierno de las comunidades campesinas, así como de las villas hasta cierta fecha. En la indagación de sus orígenes se remonta a la obra escrita de Beato de Liébana, del siglo VIII. Todo ello es proyectado hacia el futuro, al formular que sólo un régimen de autogobierno fundamentado en una gran red de asambleas soberanas es capaz de realizar la libertad política para el pueblo, lo que equivale a tildar de dictatorial el vigente régimen parlamentario y partitocrático.
Los patrimonios comunales, o concejiles, son objeto de estudio, que contempla su casi liquidación por los diversos episodios desamortizadores promovidos por la modernidad, ilustrada y liberal, y la precaria y degradada situación de lo que aún sobrevive de ellos hoy. La obra y figura del ideólogo de tan desventurados acontecimientos, el ilustrado Jovellanos, autor de “Informe de Ley Agraria”, de 1795, no resulta olvidada. Tal sirve de preámbulo al estudio de los bosques actuales, víctimas del proceso de particularización y dañados por unas condiciones adversas, resultantes del lunático proceso de tala y roturaciones a descomunal escala, con la correspondiente agricolización y cerealización llevado a efecto desde el siglo XVIII por imposición del Estado, de todo lo cual, muy probablemente, proceden enfermedades actuales tan inquietantes como la “seca” de los Quercus, entre otras. El régimen comunal de la tierra en el pasado marca la pauta, corregidas las imperfecciones y debilidades de aquél, de lo que es deseable para el futuro.
La gran tradición hispana de autonomía y soberanía del municipio, de donde resultan los fueros y cartas pueblas de los siglos IX-XIII, expresión escrita del derecho consuetudinario, o de elaboración popular, es igualmente examinado, con una proyección sobre el presente (crítica con la vigente Ley de Régimen Local y con su norma superior la constitución española de 1978, tiránica y antipopular), y sobre el futuro. En efecto, una sociedad libre ha de asentarse en el municipio que se autogobierne por medio de un régimen de asambleas políticas: deliberantes, decisorias, legislativas y judiciales, que posea en común los más fundamentales factores de producción, en primer lugar la tierra, condición necesaria para constituir una sociedad libre (sin artefacto estatal, sin ciudad capital, sin ciudades, sin casta pedantocrática y sin clase empresarial) y convivencial, apta para la realización de la esencia concreta humana.
Las nocividades de la agricultura que, habando en puridad, resulta ser, en su esencia, una forma de artificialización de los agrosistemas, es examinada no solo en sus manifestaciones actuales o realidades concomitantes más aciagas (agricultura bajo plástico, factorías vegetales, desherbado térmico, horticultura de exportación, uso a gran escala de feromonas, parques eólicos mortíferos para la avifauna, etc.) sino en todas sus formas, también las menos agresivas. Sus consecuencias en el presente son la erosión, desertificación, mineralización de los suelos, acidificación, contaminación por metales pesados, salinización, sequía estival creciente (que, a partir de un límite temporal, no puede ser soportada por el arbolado autóctono, especialmente por sus plántulas), grave merma de las aguas subterráneas, consumo ascendente de agrotóxicos (convencionales y ecológicos) y de maquinaria. La agricultura ecológica a gran escala, hoy regida por los reglamentos de la Unión Europea y rígidamente institucionalizada, es considerada con escepticismo. El análisis de los tortuosos avatares de la Política Agraria Común también se esboza.
El distanciamiento argumentado que “Naturaleza, ruralidad y civilización” adopta hacia la agricultura ecológica ordenada y manipulada desde Bruselas, que es presentada por algunos (Naredo, González de Molina, Juana Labrador) como la solución, al parecer completa y perfecta, a las desatentadas nocividades que azotan a terrazgos, praderías, montes, atmósfera, masas de agua dulce y mares, resulta avalado por la simple lectura del reglamento marco 834/2007 y de su reglamento de aplicación, elaborados y promulgados por la Unión Europea, en vigor desde enero de 2009.
Tal normativa hace de dicha agricultura una actividad organizada desde arriba, por medio de leyes y otras normas sancionadoras, de cuyo cumplimiento se encarga el SEPRONA de la Guardia Civil, así como una parasitaria falange de expertos, tecnócratas y funcionarios. Está, además, dirigida al mercado y a la búsqueda de beneficios; es gran consumidora de productos neo-químicos, maquinaria, agua y energía; promueve el monocultivo y el latifundismo, perpetúa la separación entre agricultura, ganadería y selvicultura, se propone mantener a la ciudad abasteciéndola desde el campo y haciéndola “sostenible”, reedita la división entre productores y consumidores, daña los suelos, se desentiende en los hechos del quehacer más decisivo, la forestación de millones de has. con especies autóctonas, arroja por la borda el principio de precaución (que exige a la agricultura convencional) y no proporciona alimentos más sanos ni mejores que las prácticas agronómicas convencionales, como lo evidencia, entre otros muchos puntos concretos, que admita una contaminación “accidental” por OGM del 0,9%. Lo expuesto debe entenderse como una crítica al régimen que la U.E. impone a aquélla, no a los agricultores y ganaderos modestos que se acogen a la certificación, los cuales son gente benemérita merecedora de toda consideración.
La indagación sobre la naturaleza de la agricultura como tal se lleva, en “Naturaleza, ruralidad y civilización”, hasta la investigación de sus orígenes en la p. Ibérica, en el caso del mítico reino de Tartessos y en las consecuencias de las guerras cántabras contra Roma, en los años del 29-19 antes de nuestra era. Se escruta, así mismo, de forma crítica, la obra de Columela, el agrónomo romano de origen hispano, y, de manera apologética, la de Miguel Caxa de Leruela, autor del siglo XVII (su texto central es “Restauración de la antigua abundancia de España”, 1631) partidario de minimizar las superficies agrícolas en beneficio de las montuosas y pecuarias. Finalmente, se preconiza una forestación con especies autóctonas a gran escala, una disminución radical de las tierras cultivadas y una nueva forma de alimentación, que incluya una proporción notoria de frutos arbóreos (bellotas, castañas, hayucos, etc.) y plantas silvestres, como era habitual en los pueblos prerromanos peninsulares, y en la sociedad rural popular tradicional hasta la segunda mitad del siglo XX. Ello hará posible la regeneración del bosque, y de todas las formas de cubiertas vegetales, con incremento de las precipitaciones y mejora de los suelos, que es lo único que puede detener la rápida marcha de los 4/5 de la superficie peninsular hacia la desertificación.
La cuestión del agua se ha hecho central, y así es considerada en “Naturaleza, ruralidad y civilización”. Devastados los bosques por la política ilustrada y luego por la constitucional y parlamentaria (sin olvidar a la fascista en los tiempos aciagos del franquismo), se ha ido produciendo en los últimos 300 años un declive acentuado de las precipitaciones. Mientras la derecha se aferra a los trasvases, la izquierda apuesta por las desaladoras. Si los primeros son inaceptables, no resultan ser mejores las segundas, verdaderas fábricas de agua que llevan hasta el extremo la artificialización de la existencia humana. El agua no puede venir de instalaciones fabriles sino de donde ha venido siempre, de las nubes. Las desaladoras, por las que se inclina J.R. Naredo, siempre fiel al credo socialdemócrata, no salvarán, además, al bosque autóctono de la Iberia seca que, en los estíos, agoniza. El remedio está en la reducción a la mitad de la actual superficie agrícola, para expandir paso a paso los bosques, propiciadores de lluvias y regeneradores de suelos.
Similarmente, hay que emitir un veredicto negativo sobre la agricultura manejada por ingenieros, expertos y autoridades académicas. Desde hace milenios aquélla ha sido actividad de la gente común, de los hombre y las mujeres del pueblo, y así debe seguir siendo. Los sabelotodo con títulos universitarios: ingenieros, titulados y doctores, son quienes han creado la actual situación de devastación sin medida y nocividades acumuladas, que hacen mirar con aprensión el futuro inmediato de la humanidad. Como funcionarios del Estado que son (o de la gran empresa), tales no poseen un saber imparcial y encaminado a la realización del bien común, sino un amasijo de técnicas irresponsables cargadas de ansias de dominación y lucro, dirigidas, en definitiva, a la depredación y la destrucción.
La ciudad es considerada con realismo en “Naturaleza, ruralidad y civilización”, es decir, como espació para el desenvolvimiento del artefacto estatal, explicando su origen y patológico crecimiento a partir de la estatización rampante (no sólo aplaudida sino también demandada por la izquierda, institucional y “radical”, el ecologismo y el feminismo, para los cuales el Estado es la potencia redentora y benéfica por antonomasia, lo que les convierte en partidarios de hecho del Estado policial) de las sociedades contemporáneas, fenómeno aciago para el que se esbozan soluciones. Entre ellas se privilegia la inicial corriente de retorno al campo, loada con reflexiones y proposiciones de diversa naturaleza, en la convicción que será, en los próximos decenios, una vía de acción inmediata escogida por más y más jóvenes, para los cuales las hórridas urbes de la modernidad resultan ser intolerables. Tal movimiento hace suyo, en las actuales condiciones, el poema de Miguel Hernández titulado “Silbo de afirmación en la aldea”. Con su existencia, aquél pone en evidencia la banal retórica oficialista, acogida e interiorizada por muchos que se creen radicales sin pasar de propagandistas de lo institucional, sobre la pertinencia y posibilidad de una ciudad “sostenible”.
El desplome del mito que el progresismo y el izquierdismo han urdido en torno a la ciudad, presentada por ellos como realización del bien, frente a lo rural y aldeano, satanizado en tanto que expresión de “atraso” e incluso de existencia infrahumana (recordemos el “documental”, en realidad un panfleto fílmico, del hiper-moderno Buñuel sobre las Hurdes, “Tierra sin pan”), tiene una significación histórica, pues indica que nuevas perspectivas se abren para regenerar las seniles sociedades contemporáneas. La ciudad está perdiendo toda significación en lo cultural, en lo político y en lo convivencial, como espacio de saber y como concentración de los tenidos por mejores. Su naturaleza barbárica, fomentadora de una vida solitaria e insociable que no es ya humana, hecha de aleccionamientos y amaestramientos sin tregua, volcada en la incivilidad, la neo-ignorancia, el culto al dinero, los ocios embrutecedores, el egotismo y la degeneración física está ahora poniéndose en evidencia para más y más personas.
Aduce Orwell que la meta del progreso y de los progresistas es precipitar a la humanidad en “algún horrible e infrahumano abismo de comodidad e incapacidad”, pues bien, ello tiene lugar sobre todo en la ciudad. No es casual que el mundo romano, en putrefacción, comenzase a regenerarse cuando, a partir del siglo III, las ciudades conocieron una decadencia ya obvia, que era consecuencia de la descomposición del aparato estatal romano, con marcha de las gentes a las áreas rurales, en las cuales floreció el monacato cristiano revolucionario, que creó una nueva formación social, mejor y superior a la precedente aunque no perfecta. Con todo, el actual movimiento de retorno al campo tiene mucho que hacer aún hasta dotarse de una cosmovisión, un programa y una vida colectivista y comunitaria local y supralocal, abandonando las ingenuidades, afanes escapistas, mentalidad precipitada, escasa reflexión y fáciles utopismos sin fundamento que ahora le lastran, los cuales están en la base de decepciones y fracasos.
Para que la vuelta a la ruralidad sea una contribución a la constitución de una nueva sociedad y de un nuevo ser humano, e incluso para que alcance una cierta entidad como tal, se han de cubrir ciertas condiciones, ahora poco atendidas. Previo a todo es la puesta en común y reflexión conjunta de las experiencias acumuladas. Sobre esa base se ha de realizar un análisis razonablemente acertado del actual momento histórico y, sobre él, una fijación de fines estratégicos. El problema de la convivencia y las relaciones interpersonales es de primera importancia, así como el de combinar el trabajo productivo con el esfuerzo reflexivo, no sólo el estudio sino también la creación. Quienes hacen de la marcha al agro un mero cambio de lugar olvidan que la maldad promovida e impuesta por el Estado y el capitalismo la llevamos todos dentro de nosotros mismos y que por ello es de primordial importancia esforzarse en adquirir, como expone Salviano de Marsella, “una conducta nueva”, que ha de resultar de una nueva cosmovisión, realizada en lucha interior tanto como exterior. El estudio de la historia, en particular de la que se ocupa de los movimientos del pasado que repudian la urbe y reconstruyen la civilización sobre todo desde el campo, en los siglos IV al X, es necesario.
Dado que vivimos en “la sociedad de la información”, esto es, en un régimen de dictadura política que viola a descomunal escala la libertad más fundamental de todas, la de conciencia, cuya particularidad es el adoctrinamiento inmisericorde, desde la cuna a la tumba, de los integrantes de las clases populares, vil labor que realiza sobre todo la pedantocracia (los cuerpos de catedráticos y profesores de la universidad en primer lugar), es imprescindible alcanzar la autonomía en el terreno de las elaboraciones intelectuales, único modo de no ser víctimas de aleccionamiento o, al menos, de reducir sus efectos sobre el propio entendimiento. Por tanto, en el retorno al campo, el trabajo intelectual, de autoformación y al mismo tiempo dirigido al exterior, es una cuestión de singular importancia
En esa dirección, la significación última de “Naturaleza, ruralidad y civilización” está en que es un esfuerzo concreto, sin duda imperfecto, encaminado a avanzar en la realización de la tarea número uno de nuestro tiempo, superar el vacío intelectual que ha dejado el derrumbamiento de las viejas certidumbres, constituir un sistema de ideas que sea la negación de lo existente en tanto que institucional. El naufragio de los viejos credos redentoristas, el descrédito de una buena parte de las ideas tenidas por emancipadoras hasta unos decenios, demanda, si se desea poner fin al vigente estado de cosas a través de una revolución de naturaleza innovadora, cuya meta sea la realización de la libertad (política, civil y de conciencia), elaborar nuevas convicciones con base en la experiencia, adelantar novedosas formulaciones, establecer programas de fines y de acción a la altura de las circunstancias del siglo XXI.
Por ello, el trabajo de reflexión, dirigido a constituir materiales intelectuales de algún valor, ha de primar sobre el activismo, la ceguera pragmática, el culto por las luchas hoy posibles (que, por ello mismo, no son y no pueden ser revolucionarias) y la falta de metas estratégicas, males que llevan ya más de 40 años con nosotros. Si se trata de realizar una transformación total suficiente de la actual sociedad los textos que esbocen nuevos enfoques son imprescindibles, y su confección ha de ser tarea de todas y todos. Tales fines pretende contribuir a cubrir la obra aquí comentada.
Félix Rodrigo Mora
I.- Presentación.
II.- El antimaquinismo rural y la mecanización de la agricultura bajo el franquismo (1936-1970).
III.- Reflexiones sobre la fiesta popular de la sociedad rural tradicional.
IV.-El pueblo y el carlismo. Un ensayo de interpretación.
V.- Por una sociedad desindustrializada y desurbanizada.
VI.- Bienes Comunales en Castilla.
VII.- Agricultura, medio ambiente y desurbanización en el siglo XXI.
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La Librería de Cazarabet

vendredi 21 janvier 2011

S'agiter c'est pas bien élevé

SOURCE : marianne2.fr
A peine quarante huit heures après sa constitution, la nouvelle équipe gouvernementale en place à Tunis devra, en plus des difficultés au quotidien de la population, faire face à la défiance des marchés. Et plus précisément des agences de notation. Après avoir jeté de l’huile sur le feu de la crise irlandaise et grecque, leurs torches se tournent désormais vers la Tunisie.

Si Fitch et Standard & Poors ont d'ores et déjà placé la note de la dette souveraine de la Tunisie sous «surveillance négative», Moody's n’a pas hésité mercredi 19 janvier à la dégrader de « Baa2 à Baa3 ». L’agence justifie sa décision par «l'instabilité du pays, due au récent changement inattendu du régime, résultant d'une crise politique qui a débuté par des émeutes sociales» ainsi que «Les importantes incertitudes économiques et politiques (qui mettent) en danger la stabilité du pays».

Pour comprendre le fonctionnement de ces agences, Marianne a demandé à un économiste qui avait jusqu’il n’y a pas longtemps en charge la notation de la Tunisie au sein de l’une de ces agences. Sous couvert d’anonymat, il nous décrypte son travail et critique sévèrement la vitesse et la précipitation de la dégradation.

Marianne : Avant de nous donner votre analyse du choix de dégrader la note tunisienne, pouvez-vous nous décrire en quoi consistait votre travail ?

Tout d’abord, cette activité n’est pas bénévole. Le gouvernement, en fait la Banque centrale de Tunisie verse plusieurs dizaines de milliers de dollars annuels pour qu’une agence apprécie la situation du pays. 

Concrètement, pour ce pays nous nous déplaçons à deux analystes, un senior et un junior. Le travail se déroule sur trois jours durant lesquels nous sommes amenés à voir les ministres de l’économie, des finances, du commerce extérieur, le gouverneur de la banque centrale, les ambassadeurs des grands pays, comme celui des Etats-Unis. Voilà pour le coté constant. Pour ce qui est plus particulier à la Tunisie, nous voyons en plus l’ambassadeur de France, et pour la petite histoire, le ministre de l’intérieur, que l’on écoute de loin (...)

mardi 18 janvier 2011

Evénements en Tunisie, effet collatéral de la cupidité sur les matières premières et du sauve-qui-peut généralisé

Au premier rang des déclencheurs des événements récents en Tunisie, le renchérissement du coût de la vie lié à la hausse du prix des matières premières. Existerait-il alors un rapport entre ces événements et la spéculation sur les marchés à terme des matières premières, ou encore avec les « fonds longs » présents sur ces marchés qui misent systématiquement sur une hausse des prix dans une perspective de couverture contre la dépréciation prévisible du dollar ? Autrement dit, le « printemps tunisien » a-t-il été déclenché par l’irresponsabilité nationaliste de la Federal Reserve et le désordre monétaire international qui s’ensuit ? Si ce devait être le cas, les gouvernements devraient impérativement penser aux conséquences inattendues de leur temporisation dans la réglementation de la spéculation sur les marchés à terme des matières premières.

vendredi 31 décembre 2010

L'année qui s'achève par Paul Jorion

source : Paul JORION

D’abord, un petit rappel. Le cadre global, c’est celui d’un système où l’argent manque en général là où il est nécessaire. Il faut alors l’emprunter et payer des intérêts. Comment se détermine le niveau des taux d’intérêt ? C’est le produit d’un rapport de force où interviennent trois facteurs : 1) l’offre et la demande de capitaux, 2) le rendement de l’économie (on est « partageux » quand le choses vont bien, beaucoup moins quand elles vont mal) et 3) le risque de contrepartie, c’est-à-dire le risque de non-remboursement. (Les économistes mentionnent aussi l’anticipation de l’inflation. Une « anticipation » est une représentation, elle peut déterminer le degré de résolution individuelle mais elle n’a aucun impact sur le rapport de force entre prêteur et emprunteur).

Quand, comme aujourd’hui, les taux sont élevés essentiellement parce que la part « prime de risque » est élevée, l’emprunteur se trouve pris dans un cercle vicieux : la prime de risque élevée accroît sa difficulté à rembourser, autrement dit augmente son risque de défaut. C’est le drame de l’Europe aujourd’hui.

L’Europe doit réduire ses déficits, aggravés par la crise financière et économique, d’où l’austérité ; elle doit aussi relancer la machine économique, ce qui exclut l’austérité. Les agences de notation qui mesurent le risque réclament bien entendu les deux. C’est l’impasse ! Pas nécessairement : il existe une solution : augmenter les salaires bas et moyens et baisser parallèlement (pour éviter toute inflation) les revenus du capital et les salaires extravagants. Entre une solution pareille et l’impasse, on n’hésite pas une seconde en haut-lieu : l’impasse fait l’unanimité !

Les États-Unis ont joué cette année sur le statut de monnaie de référence du dollar américain. L’argent ne coûte rien dans ce pays : quand il manque, on en imprime. Cela durera tant qu’il y aura une demande internationale pour le dollar. Si elle s’évanouit, le dollar s’effondre. Les États-Unis doivent aussi relancer leur économie. Ils ont choisi de reconduire une fiscalité amicale aux grosses fortunes. L’argent dégagé de cette manière ne pourra pas s’investir dans une économie déprimée, une partie sera consacrée à l’achat de produits de luxe, l’autre se retrouvera dans la spéculation, c’est-à-dire dans la prédation sur l’économie mondiale. Est-ce bien de cela que nous avons besoin ?

La Chine a entrepris sur le tard sa révolution industrielle. Dans un contexte où une monnaie nationale, le dollar américain, est aussi monnaie de référence, il n’existe qu’une seule solution : celle que la Chine a choisie, ancrer sa devise nationale à la monnaie de référence. Le dollar devient monnaie de singe ? qu’importe, le yuan le devient aussi ! et le commerce entre les deux pays se poursuit sur une base inchangée.

Le mélange de dirigisme et de capitalisme sauvage auquel recourt la Chine en ce moment est détonnant : bulle immobilière aujourd’hui, inflation demain, bulle boursière après-demain, etc. Cela ne peut fonctionner que dans le cadre d’un système politique autoritaire où des changements de cap instantanés sont possibles : séduire les investisseurs aujourd’hui, les assassiner demain, pour les ressusciter après-demain, si nécessaire. Il faut avoir le cœur bien accroché !

La Chine soutient aujourd’hui le système monétaire international tout entier à bout de bras : le dollar cette semaine, l’euro la semaine suivante et le yen la semaine d’après. C’est son intérêt bien compris, dit-on. Le jour où elle cessera de le faire, ce sera parce que cela aura cessé d’être son intérêt bien compris. N’empêche, on l’accusera alors sûrement de tous les maux.

La Chine réclame depuis l’année dernière une refonte du système monétaire international. On ne l’écoute que d’une oreille distraite. Si l’on ignore sa proposition, la guerre sino-américaine aura lieu sur le marché des capitaux et il n’est pas difficile de deviner qui l’emportera. Mais on n’évitera pas les dégâts collatéraux parmi les spectateurs, pour employer l’expression consacrée. Avis aux Européens.