LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



vendredi 27 janvier 2012

Lordon: « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées »


Dans ce grand entretien, Frédéric Lordon nous livre ses commentaires et analyses de la crise économique actuelle et de ses origines. Avec un ton incisif et un regard acerbe, il revient sur les causes et effets de la crise elle-même, mais commente également le traitement de l’économie par les médias, la place de l’économie au sein de l’institution universitaire, et l’éventuelle sortie de l’euro. Sonnant le glas du projet néolibéral, l’actualité est, nous dit-il, une occasion unique de changements profonds : un monde s’écroule sous nos yeux.

RdL : Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui est en train d’arriver sous nos yeux, depuis au moins une trentaine d’années, depuis 2008, depuis quelques mois, ces dernières semaines ?

Frédéric Lordon : C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée. De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes. Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one. Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Or le fait générateur est bien la crise de la finance privée, déclenchée aux États-Unis, expression d’ailleurs typique des contradictions de ce qu’on pourrait appeler, pour faire simple, le capitalisme de basse pression salariale, dans lequel la double contrainte de la rentabilité actionnariale et de la concurrence libre-échangiste voue la rémunération du travail à une compression continue et ne laisse d’autre solution à la solvabilisation de la demande finale que le surendettement des ménages. C’est cette configuration qui explose dans le segment particulier des crédits hypothécaires [plus connus sous le nom de subprimes] et qui va, en un an, déstabiliser tout le système financier étasunien, puis, interconnexions bancaires obligent, européen, jusqu’au moment Lehman. Là, on est au bord de l’effondrement total et il faut sauver les banques. Je dis « il faut sauver les banques », car la ruine complète du système bancaire nous ramène en cinq jours à l’équivalent économique de l’état de nature. Mais il ne s’agit pas de le sauver et puis rien ! Or c’est ce que font tous les gouvernements, en se contentant à partir de 2009 d’annoncer des projets de re-régulation où le ton martial le dispute à l’innocuité. Trois ans plus tard, la re-régulation financière n’a pas quitté le stade velléitaire – ce qui est tout à fait regrettable car le système bancaire est encore plus vulnérable qu’en 2007, alors que point une crise d’un format très supérieur… Entre-temps, les banquiers remis à flot jurent ne plus rien devoir à la société sous prétexte que la plupart d’entre eux ont remboursé les aides d’urgence reçues à l’automne 2008. Évidemment, pour rétablir leur bonne conscience en même temps que leurs bilans financiers, il leur faut feindre d’ignorer l’ampleur de la récession que le choc financier a laissée derrière lui. C’est de ce choc même que viennent dans un premier temps l’effondrement des recettes fiscales, l’envol mécanique des dépenses sociales, le creusement des déficits, l’explosion des dettes puis, dans un deuxième temps, les plans d’austérité… réclamés par la même finance qui vient d’être sauvée aux frais de l’État ! Donc, depuis 2010 et l’éclatement de la crise grecque, la finance rescapée massacre les titres souverains sur les marchés obligataires alors qu’elle aurait trépassé si les États ne s’étaient pas saignés pour la rattraper du néant. C’est tellement énorme que c’en est presque beau… Pour couronner le tout, les marchés exigent – et bien sûr obtiennent – des États des politiques de restriction coordonnées qui ont le bon goût de conduire au résultat exactement inverse de celui supposément recherché : la restriction généralisée est telle que les recettes fiscales s’effondrent aussi vite que les dépenses sont coupées, si bien qu’in fine les dettes croissent. Mais l’austérité n’est pas perdue pour tout le monde : son parfait prétexte, « le problème des dettes publiques », aura permis à l’agenda néolibéral d’engranger de spectaculaires progrès, inenvisageables en toute autre circonstance.

Lordon : « Le soulèvement ou la table rase par l'effondrement »

Le 15 janvier 2011, Frédéric Lordon, économiste hors sérail microcosmique, était invité à une conférence organisée par Attac et  Mediapart sur le thème : « Quel remède à la crise démocratique européenne ? » Frédéric Lordon décida de répondre à cette question « sans circonvolutions inutiles ».
« Ma réponse, c’est : le soulèvement ou bien la table rase par l’effondrement financier. »

La “démocratie” des marchés

La démocratie représentative n’existe plus, pose Frédéric Lordon en citant le cas du référendum de 2005 et en pointant les pions Papademos et Monti avancés sans scrupules par la troïka financière (BCE, Commission européenne, FMI) au mépris de toute souveraineté populaire.
La loi des marchés (ces « tiers inclus au contrat social ») règne en maître. Les élus du peuple, les résultats de scrutins ne sont plus tolérés par ces nouveaux dominants que s’ils rentrent dans leur moule.
Citant la récente dégradation de la France, Frédéric Lordon relativise l’importance d’agences de notation parfaitement « périphériques ».
« Il n’y a aucun lieu de s’étonner qu’un univers comme les marchés de capitaux, qui fonctionnent fondamentalement à la croyance, à l’opinion et au jugement, sécrètent en leur sein des producteurs spécialisés de croyance, d’opinion et de jugement. »

S’attaquer à la structure d’ensemble

Ce n’est pas à ces « points focaux » épiphénomèniques (les agences de notation) qu’il convient de s’attaquer, mais à la structure d’ensemble qui les féconde.
Or, souligne l’iconoclaste économiste, les évènements en cours pourraient bien donner un sacré coup de main à ceux qui refusent la « monstruosité » d’un monde régi par « le corps informe des créanciers internationaux ».
Comme en 2007/2008, le secteur interbancaire est en voie de devenir « le nouvel épicentre d’un nouveau séisme ». Sans que les puissances publiques, désormais ruinées, puissent voler à son secours comme la fois précédente.
« Si donc nous voyons poindre la perspective de grand effondrement, alors oui il y a plus que jamais matière à nous demander quoi reconstruire. Mais la toute première question étant bien sûr : à quelle échelle ? »

La reconstruction, mais avec qui ?

Sur ce point, l’ami Lordon est catégorique. La tendance va spontanément vers « une préférence a priori pour des ensembles les plus vastes possibles » (dit-il). Mais alors, « avec qui ? »
Lordon expose ses doutes quant à une solution européenne dans une Union européenne ouvertement dominée par la rigueur monétaire imposée par l’Allemagne. Et par une « juridicisiation » des politiques publiques « directement attentatoire » à toute souveraineté populaire.
« Existe-t-il des intermédiaires viables entre les configurations nationales classiques et une Union européenne pleine et entière, je veux dire avec une intégration politique pleine et entière ?
Si la réponse était non, alors il ne faudrait pas hésiter à en revenir à la configuration nationale dont on sait avec certitude qu’elle satisfait pleinement le principe de la souveraineté populaire. »

samedi 21 janvier 2012

En 1931, Moody's conduisait déjà la Grèce au chaos

 Source : MARIANNE2

Dans le commentaire d'un article sur les agences de notation, une mariannaute rappelle l'épisode historique qui a vu l'agence Moody's dégrader la note de la Grèce, générant des troubles sociaux et politiques dans le pays avant l'arrivée au pouvoir du général Metaxas, fasciné par les régimes fascistes. Moody's exprimera ses regrets, annoncera la fin de la notation des dettes publiques avant de ressortir son funeste carnet de notes en 1975.



En 1931, Moody's conduisait déjà la Grèce au chaos


« Lorsque Moody's a dégradé la Grèce en 1930, une sévère politique d'austérité a été mise en place et a abouti,bien entendu , à une dictature militaire, au point que Moodys a l'époque s'est excusée et a promis de ne plus noter les dettes « souveraines ». Depuis,on a eu la paix ! sauf que la commission européenne en mars 2010 a permis de nouveau à ces agences qui se contentaient de noter les entreprises,...de noter absolument TOUT, sous entendu : les dettes souveraines. Ces agences sont payées à la commande par des banques ou par des fonds de pension étrangers intéressés aux rendements à 2 chiffres. Depuis, PSA, mal notée, a décidé de délocaliser. Depuis,les taux d'intérêt de la Grèce sont passés à 18%, voire 25% à certains moments, ce qui a eu le « mérite » de multiplier la dette d'origine par 4 !!! » écrit Jocelyne Rivoallan en commentaire d'un article de la blogueuse Aliocha intitulé: « AAA: on veut bien s'indigner mais on a pas tout compris  »

C’est l’économiste Jean-Marc Daniel,  qui, le plus récemment, est venu rappeler cet épisode historique méconnu.
En 1909, John Moody, journaliste financier reconverti, crée la notation stricto sensu : sa société jauge les risques en s'appuyant sur une grille de notes, qui permet de résumer les risques pris par le créancier. S & P suit en 1916 et Fitch en 1924. La notation des Etats débute, elle, dès 1918...

Au début des années 1930, le Trésor américain reproche aux agences de notation de n’avoir pas vu venir les faillites en chaîne des banques et la crise boursière de l'automne 1929. Elles entreprennent dès lors d‘élargir leur champ de compétence à la dette des états. Pendant la Grande Dépression, de nombreux pays européens n'ont pu faire face à leur dette : l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie. Mais les agences de notation ont alors essentiellement dans leur collimateur des pays latino-américains, victimes de la chute des cours des matières premières. Les agences baissent la note du Brésil et de la Bolivie, qui fera défaut en janvier 1931.

A Washington, on reproche alors « aux agences de se concentrer sur la zone américaine et d’ignorer l’Europe » écrit Jean-Marc Daniel. Le doigt sur la couture du pantalon, les agences se penchent sur l’état du vieux continent. Moody’s « repère l’homme malade de l’Europe ». C’est la Grèce qui aura « le triste privilège d’avoir été, dans l’Europe des années 30, la cible régulière des agences de notation, alors dans leur « adolescence ».  

Etiqueté libéral de gauche,
le premier Ministre Venizélos, un avocat Crétois considéré comme le fondateur de la Grèce moderne. Accusé par l’opposition monarchiste de ruiner l’Etat, il dit distinguer « la bonne dette qui prépare l’avenir de la mauvaise dette qui sert à payer les fonctionnaires ».

Pas assez convaincant pour Moody’s qui dégrade la Grèce. Les taux d’intérêts augmentent. C’est l’escalade. Les exportations de produits agricoles, principales sources de revenu, diminuent. L'autre grande source de capitaux, les envois d'argent des Grecs émigrés, se tarit. Enfin, les prix flambent en Grèce. Venizélos essaie, dans un premier temps, de rester optimiste. Le 25 avril 1931, il supprime la liberté des changes et impose un cours forcé de la drachme. Le 1er mars 1932, il arrête les remboursements des emprunts contractés auprès de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Italie. Les critiques de l'opposition sont de plus en plus virulentes. Pour sauver sa majorité à la chambre lors de législatives qui s'annoncent, Venizélos décide de remettre en place la proportionnelle, qu'il avait critiquée en 1928 en disant qu'elle avait conduit le pays à l'anarchie. Il va aussi jusqu'à limiter la liberté de la presse pour modérer les attaques. Accusé de tendances dictatoriales, son parti est battu. Le retour au pouvoir des monarchistes s’amorce en 1935 avant le coup d’état du général Plastiras. Après une période de désordre, le Roi nommera
le général Metaxas ministre de la guerre. S’inspirant des formes autoritaires du régime fasciste italien de Mussolini, il interdit les partis politiques. Il fait arrêter les opposants : près de 15,000 Grecs sont arrêtés et torturés durant les cinq ans de la dictature de Metaxás. Il déclara les grèves illégales et instaura la censure.

Constatant l’étendue des dégâts politiques, Moody’s exprimera ses regrets s’engageant à ne plus noter les dettes publiques des états.


Après guerre, les affaires des agences reprennent, même si elles arrêtent de noter les Etats, qui ne se financent plus guère sur les marchés. La polémique reprend en 1968, quand le maire de New York, furieux de voir sa ville dégradée, fustige S & P et met en cause la faiblesse de ses ressources humaines. Les agences répliquent en changeant de modèle économique : elles adoptent celui d' "emprunteur-payeur" - l'emprunteur paie désormais l'agence pour l'évaluer -, afin d'affiner leurs analyses. Mais à partir de 1975, le marché des obligations d'Etat repart. Les agences ressortent leurs carnets de notes pour évaluer les Etats, et à susciter la critique. Ainsi, elles ont accordé aux pays d'Amérique du Sud de très bonnes notes au début des années 1980, avant que ceux-ci n'enchaînent les faillites. Paradoxalement, bien que toutes ces « Sœur Anne » de la finance n’auront rien vu venir de la crise de 2008, multipliant les scandales, aggravant la situation des états mis au piquet, la référence aux notes dans les législations financières n'a jamais été aussi importante. Retour vers le futur.

lundi 2 janvier 2012

Una investigación desvela los entresijos de la criminalidad en España

Los mayores peligros no proceden del narcotráfico, sino de la corrupción urbanística

Una investigación desarrollada en la Universidad Complutense de Madrid ha descubierto que los peligros reales contra el sistema socieconómico español no proceden del narcotráfico ni del blanqueo de dinero, sino de la corrupción urbanística, los delitos contra la Seguridad Social, la gran evasión fiscal o la prevaricación, cuyos delitos han generado más activos incriminados (455 millones de €) que todo el narcotráfico a lo largo de más de quince años, además de pervertir el sistema político y de destrozar municipios y paisajes. La crisis financiera ha demostrado además que los actores con capacidad de desestabilizar el orden socioeconómico son los especuladores financieros, cuyas conductas aún no han sido tipificadas como delito. Por Armando Fernández Steinko.



Dólares americanos. Instituto de Tecnologías Educativas (ITE)
La globalización marca un antes y un después en nuestras vidas, también en lo que se refiere a la sensación de seguridad y amenaza. Hay dos fenómenos delictivos que nos acompañan desde hace dos décadas: el crimen organizado y el blanqueo de capitales. En realidad ambos delitos están estrechamente relacionados y los medios de comunicación tienden a relacionarlos entre sí creando un imaginario colectivo que no siempre opera con argumentos racionales y contrastados empíricamente.

La literatura, el cine y la prensa rosa retroalimentan por razones comerciales este imaginario de tal forma que se acaban elaborando leyes penales guiadas más por objetivos políticos coyunturales que por un análisis riguroso de la naturaleza de los nuevos peligros. La línea argumental es aproximadamente la siguiente: la globalización facilita la formación de organizaciones delictivas de nuevo tipo con capacidad de generar grandes beneficios económicos y una extraordinaria movilidad debida al uso de las nuevas tecnologías y a la liberalización del tráfico de personas, mercancías y capitales.


El auténtico poder de los criminales organizados radica no sólo en su capacidad de acumular grandes cantidades de dinero ilegal procedente del narcotráfico sino también de borrar la procedencia de dicho dinero, de blanquear sus extraordinarias fortunas.


Todo ese dinero obtenido de forma ilícita, que busca dotarse de una apariencia lícita y que algunos estudios apresurados estimaron en una horquilla entre 500.000 y un billón de dólares anuales, tiene una capacidad potencial de infiltrar el sistema financiero internacional, de desestabilizar monedas o incluso de asaltar los consejos de administración de las grandes empresas y, por extensión, de infiltrar a los propios gobiernos.


Para combatir estas tendencias se han puesto en marcha sofisticados y costosos sistemas de lucha contra el blanqueo de capitales en la mayoría de los países occidentales. Pero ¿qué es y qué dimensiones tienen realmente ambos fenómenos concretamente en España que es tenida por una “lavadora del dinero ilegal de todo el mundo”?; ¿quiénes son los blanqueadores?; ¿cuánto dinero lavan?; ¿cómo lo hacen?; ¿con qué finalidad?; ¿por qué regiones extienden sus tentáculos?; ¿cuáles son los delitos que generan el grueso del dinero negro?


Para contestar a estas preguntas se creó un grupo de investigación interdisciplinario UCM formado por dos sociólogos (Juan Díaz Nicolás y Armando Fernández Steinko), un analista financiero (Miguel Ángel Villacorta) y una penalista (Araceli Manjón-Cabezas) y dirigido por el profesor Armando Fernández Steinko. Este grupo de investigación realizó un estudio pormenorizado de todos los aproximadamente 430 casos de blanqueo de capitales juzgados en España desde 1995 hasta noviembre de 2010.


Estudiar el mundo de la ilegalidad


La primera sorpresa que se llevaron sus miembros después de recorrerse varios centros de investigación y universidades europeas y americanas, es que apenas existen trabajos que reúnan los requisitos mínimos de cualquier investigación científica. Los escasos trabajos de calidad son estudios puntuales realizados mayormente en universidades europeas.


Prácticamente ninguno de ellos confirma las hipótesis sobre las que se han construido las sofisticadas leyes contra el crimen organizado y el blanqueo de capitales: las cantidades blanqueables que mueve la droga son mucho menos importantes, los empresarios de la cocaína son más arribistas atraídos por los buenos coches, los burdeles y los chalets de pésimo gusto que por el deseo de subvertir el orden socioeconómico, las “organizaciones ilegales” son construcciones poco estables en las que nadie se fía de nadie.


En realidad no es casualidad que apenas existan trabajos empíricos sobre el mundo de las finanzas ilegales. El mundo sumergido no es una especie de doble oscuro del mundo de la legalidad. Para empezar no hay un órgano sancionador que obligue a cumplir los acuerdos entre delincuentes con lo cual las traiciones, los recelos y la opacidad están a la orden del día. Y en segundo lugar porque la ilegalidad tiene que todo el peso de la ley en su contra.

LAS ELECCIONES DEL 20-N Y EL DESARROLLO DEL FACTOR CONSCIENTE


                Las elecciones del 20 de noviembre de 2011 tienen lugar en una situación singular, cuando los cimientos de “España” y Europa crujen y se agrietan. Lo que madura es una crisis global de Occidente que va mucho más allá de la economía y que, por tanto, demanda una respuesta múltiple y compleja, esto es, integral, más allá de las obsesiones economicistas de una izquierda que sigue siendo el instrumento político principal del capitalismo y del artefacto estatal, por delante de la derecha.
                La izquierda en el gobierno, el PSOE secundado por el PCE-IU en todo lo importante, ha destruido la sociedad y ha envilecido a la persona. En 2004-2011 el gobierno izquierdista ha promovido con furor todas las formas imaginables de no-pensamiento, docilidad, incivilidad, amoralidad, embrutecimiento, inespiritualidad, deshumanización, neo-ignorancia, aculturación, chabacanería, egocentrismo, hedonismo, auto-destrucción del individuo, culto por lo degradado, zafiedad, enfrentamiento entre las personas, feísmo y barbarie, por medio de sus muchas religiones políticas y operaciones de ingeniería social. De ello ha salido una sociedad en descomposición, agónica, y un sujeto nulificado en trance de dejar de ser humano.
                Además, ha devastado la economía, creando un sistema productivo imposible por parasitario, endeudado, despilfarrador, hiper-consumista, entregado al gran capital y a la banca, hiper-intervenido por el Estado, corrupto y supeditado al imperialismo alemán. Así, tenemos 5 millones de parados, una situación sin salida y el hambre a punto de ser una lúgubre realidad en cientos de miles de hogares.
                Tal es la obra de la izquierda en todas sus manifestaciones, del progresismo, de la intelectualidad y estetocracia mega-subsidiadas, de los miles de grupos, tinglados, ONGs y sujetos que han medrado a lo grande en estos años aciagos con las suculentas subvenciones otorgadas por el gobierno del PSOE a fin de que hicieran la loa del Estado.
                Desde antes incluso de la muerte de Franco la izquierda ha hegemonizado la vida política del país. Con el final del fascismo se hizo la fuerza política más influyente, en la que el capitalismo y el Estado se apoyaron para realizar sus fines en las nuevas condiciones. La infame Constitución actual, de 1978 (actualización de la no menos infame de 1812), proviene sobre todo de un pacto entre el Estado fascista reconvertido, representado por Adolfo Suarez, y el Partido Comunista de España (PCE), a las órdenes de Santiago Carrillo. De ese atroz texto político-jurídico han salido los males que nos devastan.
                El PCE, secundado por el PSOE y la extrema izquierda, frustró en 1974-1978 la posibilidad de una salida revolucionaria a la crisis general del régimen franquista que permitiera la regeneración de la sociedad tras 40 años de barbarie. Para ello otorgó un respaldo total al régimen de dictadura constitucional, partitocrática y parlamentarista como solución de recambio. Al mismo tiempo destruyó los movimientos populares, para crear una sociedad de la docilidad y el servilismo, de la atomización y el individualismo. Desgastado en tan rufianescos quehaceres sufrió una regresión como partido, siendo sustituido por el PSOE.
                El triunfo electoral del PSOE en 1982 abre un periodo de rápido crecimiento del capitalismo español, que es promovido a las mil maravillas por la política e ideología de la izquierda. La acumulación y concentración de capital progresó a un ritmo vertiginoso y de ello surgió la empresa multinacional española, que antes no existía. Ésta, la expresión más temible del capital, fue creada bajo la dirección de los gobiernos de la izquierda en los años 80 y 90 de la pasada centuria. Hoy su número rebasa las 2.500. Particularmente cordiales fueron, y son, las relaciones entre el PSOE y la gran banca.