LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



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jeudi 22 décembre 2011

L’actualité de la crise : LE CAPITALISME ASSISTÉ, par François Leclerc



 
Qualifié de sugar rush (bouffée d’énergie après avoir mangé un aliment sucré) par les analystes financiers anglo-saxons, le prêt de 489 milliards d’euros de la BCE n’a pas longtemps enthousiasmé les marchés. Après une brève envolée, il s’est produit le contraire de ce qu’il était espéré : l’ampleur même de l’opération et des besoins qu’elle a révélée a amplifié les craintes des investisseurs, sur le thème “nous en sommes donc là ?”.

Deux constatations découlent de cette opération, l’une évidente et l’autre plus masquée. La première est que le système bancaire européen – puisque l’attention est focalisée sur lui – est devenu un zombie : une créature ayant seulement l’apparence de la vie. Une aide permanente lui est devenue nécessaire, en substitut des mécanismes de marché qui lui permettaient auparavant de fonctionner. Induisant une question qui n’est pas encore posée et qui ne devrait pas tarder à l’être : qu’en sera-t-il à l’échéance de trois ans du prêt de la BCE ? Devra-t-il être renouvelé et entrerons-nous ainsi dans une nouvelle phase du capitalisme, le capitalisme assisté ?
La seconde remarque est que la BCE est devenue la bad bank de la zone euro, acceptant en garantie des actifs (le collatéral) en étant de moins en moins regardante sur leur qualité, tout en mettant en avant la décote qu’elle opère pour se prémunir de tout risque en les accueillant, sans faire preuve à cet égard d’une quelconque transparence. La finance a décidément besoin de zones d’ombre : il y a sa face visible et sa face cachée. Le parler allusif des banquiers centraux et l’obscurité voulue de leurs bilans sont sur la tranche.
Le tour de passe-passe qui vient d’être opéré sous nos yeux est donc la création – non revendiquée – d’une bad bank pour toute la zone, qui vient suppléer celles qui ont déjà été crées en plus modeste en Irlande et en Allemagne, imprimant une trajectoire que le gouvernement espagnol aimerait bien suivre pour sa part.
Le nombre des établissements ayant demandé à bénéficier de ce prêt est connu – 523 banques – mais leur identité ne l’est pas. On croit toutefois savoir que les banques italiennes ont été particulièrement bien servies. Selon Reuters Thomson, une douzaine d’entre elles, dont les plus importantes, auraient demandé et obtenu 116 milliards d’euros à elles seules, soit plus du quart de l’ensemble des prêts accordés. Mais il est intéressant de noter, selon ces informations, que les banques auraient beaucoup utilisé du collatéral garanti par l’État. Ce qui signifie deux choses : qu’il est de mauvaise qualité, puisqu’une telle garantie s’impose, et que c’est en dernière instance l’État qui prend le risque. Ni vu, ni connu : la bad bank est adossée aux États, comme il se doit.

mercredi 21 décembre 2011

LA FOIRE AUX ZOMBIES CONTINUE! Le zombie pour parler de consommation et de décroissance


Des observations récentes amènent à penser que l’Homme est en train de « se zombifier ». La question sérieuse posée à l’occasion de cette métaphore amusante est celle de la part réelle de conscience et d’analyse de l’information dans le contrôle de nos actes. Le recours à l’image du zombie peut alors permettre d’appréhender le comportement humain et la société sous un angle critique.
Voici une petite réflexion guidée par la mise la parallèle des documentaires « Simplicité volontaire et décroissance » de Jean-Claude Decourt et les films d’horreur de Georges Romero, à prendre avec légèreté… mais pas trop…

Ce zombie qui est (en) nous…
De nombreux hommes et femmes voient leur vie s’abîmer dans une société capitaliste irrationnelle, contradictoire et violente. Ils sont confrontés à un sentiment d’incontrôle et d’incompréhension que le psychologue Martin Seligman a étudié de manière expérimentale en 1974 et baptisé « learned helplessness » ou résignation acquise. Cet état de privation de contrôle, effective ou perçue, induit des déficits cognitifs (difficultés d’apprentissage), motivationnels (difficulté à émettre des réponses volontaires) et affectifs (augmentation des affects négatifs). Les individus font l’apprentissage d’une relation d’indépendance entre leurs actes et leurs résultats et sont plongés dans un état d’épuisement cognitif. Pour expliquer des situations complexes, ils se limitent alors à des informations immédiatement disponibles et ont davantage recours des solutions dites cognitivement moins coûteuses, des heuristiques de raisonnement, des croyances, des stéréotypes, etc., (François Ric) (1). L’état de « learned helplessness » rend l’individu passif et inapte au raisonnement complexe. Il est en quelque sorte « zombifié ».








Exemple de message simple au service d’une idéologie 
asséné à une population maintenue dans la passivité 

Une mise en parallèle du comportement du consommateur-travailleur et de celui du zombie
Ce qui caractérise principalement le zombie, c’est son absence de conscience, ou plus précisément d’expérience consciente. Le zombie n’est pourtant pas sans cerveau. Autrefois humain, le seul moyen de s’en débarrasser reste d’ailleurs celui de lui tirer une balle dans la tête. Mais l’organe est devenu incapable de diriger le comportement alors réduit à l’expression de simples actes pulsionnels non pensés. C’est cet aspect instinctif et non réfléchi du zombie, comme absent de lui-même, qui est utilisé métaphoriquement pour décrire l’humain moderne crée par la société de (sur)consommation. L’individu semble absorber passivement les messages. Noyé dans un flot d’informations complexes et désordonnées et assommé par un discours consumériste au service d’une croissance illimitée, il devient un consommateur-zombie dont le comportement consiste en une série de réflexes souvent irrationnels et conditionnés par la publicité.


Critique de la société de consommation 
dans Zombie.

« Qui sait si, lorsque nous contemplons la vache, nous ne sommes pas en train de contempler l’homme du futur ? » (Vilèm Flusser) (2). Le zombie de George Romero, c’est aussi la vache de Vilèm Flusser. Un Homme passif, programmé et dont les performances sont « améliorées » pour être mises au service de l’industrie dans une société hyper-technicisée et automatisée. « Les technologies sont faites pour nous séparer de notre action, nous déresponsabiliser, nous rendre inutile, c’est mortifère. » (Alain Gras, sociologue et écrivain) (6). Le zombie, c’est donc également le travailleur robotisé de METROPOLIS. Un travailleur fantasmé par une société productiviste qui rêve de disposer, voire de fabriquer, des unités de travail interchangeables, programmables, flexibles et jetables, de simples « variables d’ajustement ».

samedi 3 décembre 2011

De quoi le zombie est-il le nom ?

On avait choisi le zombie pour illustrer une conscience en transition entre deux paradigmes. A l'image d'une époque en décomposition, l'archétype du zombie illustre symboliquement le phénomène. Mais il n'illustre pas encore la matérialité des faits: un zombie, ça bouffe. Et ça bouffe en particulier ceux qui sont responsables de son état, les mangeurs de futur, les TINA (There Is No Alternative).
John NADA
***
lepoint.fr
La pancarte est glissée au milieu de la foule putréfiée et gémissante qui boitille dans les rues ensoleillées de Mexico. "J'ai été à la Chambre des députés, je n'ai pas trouvé de cerveaux." Le 26 novembre, avec 10 000 participants, la capitale mexicaine battait le record mondial des "zombie walks", ces marches de morts-vivants grimés à la perfection qui, depuis une dizaine d'années, s'organisent sur les cinq continents avec un succès croissant. 



 En même temps que la rue, le zombie a gagné la littérature, le cinéma, la télévision. La série Walking Dead a ainsi battu des records d'audience ; le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires et sa World War Z vient d'être adaptée au cinéma, avec Brad Pitt en star des survivants. Hors genre, La route de Cormac McCarthy, plus difficile, mais à peine moins populaire, suivait en 2005 la marche sans fin d'un père et de son fils dans un monde post-apocalyptique, peuplé de rares survivants acculés au cannibalisme.

 

Risques

Pas de cerveau à dégoter à l'Assemblée mexicaine ? Au-delà de la plaisanterie, l'avertissement donne du grain à moudre aux observateurs, pour qui le "mouvement zombie" a résolument quitté le club des geeks et autres fans de George Romero pour devenir contestataire et politique. En octobre, un cortège de morts-vivants rejoignait ainsi les Indignés de Wall Street ; quelques mois plus tôt, en juin, les étudiants du Chili manifestaient contre leurs conditions d'éducation en habits de déterrés.
"Le zombie est d'abord un symbole de l'anarchie, qui menace de bouleverser l'ordre établi", estime Anne Billson, critique de cinéma au Guardian et experte du genre, pour qui le mort-vivant peut par ailleurs "figurer toute section de la société, qui, pour des raisons sociales ou politiques, peut être dépersonnalisée". Les morts-vivants représenteraient, tour à tour et au choix, les pauvres, les réfugiés, les hooligans ou les traders. D'autres vont plus loin, et n'hésitent pas à voir dans la goule le symbole d'un prolétariat dont les classes dirigeantes auraient absorbé la substance vitale. Là où le vampire exhibe son aristocratique pâleur et plante ses crocs raffinés dans le cou des jeunes filles de bonne famille, les morts-vivants sont, quelle qu'ait été leur existence, ramenés à une condition commune et traînent tout uniment un corps mort et un cerveau infecté.
La comparaison marxisante ne tient cependant qu'à moitié, estime Vincent Paris, professeur de sociologie au Cégep de Saint-Laurent, au Québec : "Le prolétaire revendique, il est en mouvement, il est chargé d'espérances ; le zombie est un mort qui erre, et qui ne veut rien d'autre que de la chair humaine... N'ayant pas de conscience, il ne peut par définition être aliéné." Le phénomène est dès lors moins politique que social et doit, estime le chercheur, être remarqué d'abord en vertu de sa dimension "inclusive", "intégratrice" : les marches mêlent aujourd'hui tous les âges et tous les milieux sociaux. Par ailleurs, analyse Vincent Paris, les "zombie walks" mettent en scène la thématique du "risque", qui, du sida à la grippe A en passant par le nucléaire, hante nos sociétés et pèse également sur tous leurs membres.

dimanche 30 octobre 2011

I'm here to chew bubblegum...


Qui aurait pu prévoir le mouvement Occupy wall street et sa propagation au sein de petites et grandes villes à la manière de fleurs sauvages ?
John Carpenter, aurait pu et il l’a fait.

Il y a presque un quart de siècle le maitre de la terreur des soirs de drague (Halloween, The Thing), écrit et réalisa They Live (film dans son intégralité), un film qui décrivait l’ère Reagan comme une cataclysmique invasion alien. Dans l’une des fabuleuses scènes séminales du film, un bidonville du tiers monde se reflète, le long de l’autoroute, sur les sinistres gratte-ciels entrepreneuriaux aux façades de miroirs du quartier de Bunker Hill.

They live demeure le chef d’œuvre de subversion de Carpenter. Peu de ceux qui l’ont vu peuvent avoir oublié sa description de banquiers milliardaires, de médiacrates malfaisants et de leur pouvoir glacé et zombiesque sur une classe populaire américaine pulvérisée, vivant dans des tentes plantées à flanc de coteaux caillouteux et mendiant des emplois. C’est à partir de cette situation d’égalité négative face au désespoir et à l’absence de toit, et grâce aux lunettes noires magiques trouvées par l’énigmatique Nada (interprété par « Rowdy » Roddy Piper), que le prolétariat finit par construire une unité interraciale, et par décrypter les mensonges subliminaux du capitalisme and se mettre en colère.
Très en colère.

Oui je sais, je vais un peu vite. Le mouvement « Occupy the world » cherche encore ses lunettes magiques (programmes, revendications, stratégies etc.) et sa colère s’exprime encore à un degré gandhien. Mais, comme le montre la vision de Carpenter, expulsez assez d’américains de leurs maisons et licenciez-en un nombre suffisant (ou du moins tourmentez des dizaines de millions d’entre-eux avec cette possibilité) et quelque chose de nouveau et d’important va commencer à se trainer vers Goldman et Sachs. Et contrairement au mouvement « Tea Party », ce quelque chose n’est, jusqu’ici, pas doté de fils de marionnette.

En 1965, alors que j’avais juste 18 ans et que j’étais élu national du SDS, j’ai organisé un sit-in à la Chase Manhattan Bank, après le massacre de manifestants pacifiques, pour attirer l’attention sur son rôle de financeur clef de l’Afrique du Sud en tant que « partenaires de l’apartheid ». C’était la première manifestation de cette génération à Wall Street, et 41 personnes furent embarquées par la police de New-York.

L’un des éléments les plus importants du soulèvement actuel est le simple fait qu’il s’agit d’une occupation de rue et que le mouvement a créé un lien d’identification existentiel avec les sans-abris (bien que, franchement ma génération, formée par le mouvement des civils rights, aurait d’abord pensé à occuper l’intérieur des bâtiments et attendu que la police les mette à la porte ; aujourd’hui les flics préfèrent les bombes lacrymo et les « techniques de contrainte par la douleur »). Je pense qu’envahir les gratte-ciel est une formidable idée mais pour une étape ultérieure de la lutte. Le génie d’ “occupy wall-street », pour le moment, est que le mouvement a libéré certains des mètres carrés de terrain les plus chers au monde et qu’il transformé une place privatisée en un espace public magnétique, catalyseur de protestation.

Notre sit-in d’il y a 46 ans était un raid de guérilla ; la présente opération est le siège de Wall Street par les Lilliputiens. C’est également le triomphe du principe supposément archaïque du face à face, de l’organisation dialogique. Les médias sociaux sont importants mais pas omnipotents. L’auto-organisation militante – soit la cristallisation à partir de discussions libres—prospère encore dans les espaces publics urbains contemporains. Autrement dit, la plupart de nos discours sur internet prêchent des convaincus ; même des méga-sites comme MoveOn.org sont branchés sur le réseau des déjà convertis à la cause ou tout du moins sur celui de leur base démographique.

De la même manière, ces occupations sont des paratonnerres qui attirent avant tout les Démocrates radicaux exclus et méprisés, mais il apparait qu’ils brisent également les barrières générationnelles, offrant le terrain commun nécessaire au dialogue et à l’échange d’analyse entre, par exemple, des enseignants quarantenaires menacés professionnellement et de jeunes étudiants de troisième cycle précarisés.

Plus fondamentalement, les camps sont devenus des lieux symboliques propices à la réparation des divisions internes qui déchirent la coalition du new deal née dans les années Nixon. Ainsi que l’analysait Jon Wiener sur son blog accueilli sur www.TheNation.com, un blog dont l’intelligence ne se dément jamais : “les ouvriers et les hippies — ensemble, enfin.”

Effectivement. Qui ne serait ému de voir Richard Trumka, le président du AFL-CIO, qui avait fait venir les mineurs de son syndicat à Wall-street en 1989 au moment de leur grève amère mais finalement victorieuse contre la Pittson Coal company, demander aux costauds, hommes comme femmes, de son organisation de « venir protéger » le Parc Zucotti contre une attaque imminente de la police de New-York ?

Il est vrai que les vieux militants de gauche radicale dans mon genre sont prompts à reconnaitre dans chaque nouveau-né le messie ; mais cet enfant, « occupy wall-street », nait coiffé. Je pense que nous sommes témoins de la renaissance de ces qualités morales qui ont défini de manière si caractéristique les immigrants et les grévistes de la grande dépression, la génération de mes parents : je parle d’une solidarité et une compassion spontanées et larges fondées sur une éthique dangereusement égalitaire. Une éthique qui dicte de s’arrêter pour prendre en voiture une famille qui fait du stop. De ne jamais briser une grève même lorsque le loyer est en souffrance. De partager sa dernière cigarette avec un étranger. De voler du lait quand vos enfants en manquait et d’en donner la moitié aux petits d’à coté— ce que ma propre mère a fait de manière répétée en 1936. Une éthique qui dicte d’écouter attentivement les gens profondément silencieux qui ont tout perdu sauf leur dignité. De cultiver la générosité du « nous ».

Ce que je veux dire, je crois, est que je suis extrêmement impressionné par les gens qui se sont joints aux occupations pour les défendre malgré les importantes différences d’âge, de classe sociale et de race. Mais pareillement, je suis en adoration devant les gosses courageux qui sont prêts à faire face à l’hiver et à rester dans les rues glacées comme leurs frères et sœurs sans-abris. Retour à la stratégie cependant : quel est le prochain maillon de la chaine (au sens que donnait Lénine à cette expression) qu’il faut attraper ? Dans quelle mesure est-il impératif que les fleurs sauvages tiennent une réunion unitaire, adoptent des revendications programmatiques, et conséquemment se mettent sur le terrain des enchères politiques pour les élections de 2012 ? Obama et les Démocrates vont avoir désespérément besoin de leur énergie et de leur authenticité. Mais il est peu probable que les occupants offrent leur extraordinaire processus d’organisation autonome à la vente.
Personnellement, je penche du coté de la position d’ultra-gauche et de ses impératifs évidents.
Tout d’abord : rendre visible la douleur des 99% ; faire le procès de Wall Street. Faire venir Harrisburg, Loredo, Riverside, Camden, Flint, Gallup, et Holly Springs au centre-ville de New-York. Organiser une confrontation entre les prédateurs et leurs victimes — un procès national du meurtre de masse économique.

Deuxièmement continuer à démocratiser et occuper de manière productive l’espace public (voir l’initiative « reclaim the commons »). Le militant de la première heure originaire du Bronx Mark Naison a proposé un plan audacieux pour transformer les espaces abandonné et en ruines de New-York en espaces de ressources (jardins, campements, espaces de jeu) pour les sans-toits et les sans-emplois. Les manifestants d’Occupy de tout le pays savent désormais ce que c’est que d’être sans-abri et sous le coup d’une interdiction de dormir dans les parcs ou sous une tente. Autant de raisons de briser les verrous et de réduire les barrières qui séparent l’espace inusité des besoins humains urgents.

Troisièmement, rester concentrés sur le véritable objectif. La question essentielle n’est pas une augmentation de l’imposition des riches ou celle d’une meilleure régulation du système bancaire. C’est celle de la démocratie économique : le droit des gens ordinaires de prendre de macro-décisions sur les investissements sociaux, les taux d’intérêts, les transferts de capitaux, la création d’emploi, et le réchauffement climatique. Si le débat ne porte pas sur le pouvoir économique, il est hors de propos.

Quatrièmement, le mouvement doit survivre à l’hiver pour combattre le pouvoir au printemps prochain. Il fait froid dans la rue en janvier. Bloomberg et tous les autres maires et responsables locaux comptent sur un hiver difficile pour défaire les manifestations. Il est donc important de renforcer les manifestations durant les longues vacances de noël. Enfilez vos parkas.

Enfin, nous devons nous calmer— le tour que peuvent prendre les manifestations actuelles est totalement imprévisible. Mais lorsque l’on construit des paratonnerres, il ne faut pas s’étonner si l’électricité finit par sauter.

Des banquiers, récemment interviewés dans le New York Times, prétendent que les manifestations d’Occupy ne sont guère plus qu’une nuisance produite par une analyse simpliste de la Finance. Ils devraient être plus prudents. En effet, ils devraient probablement trembler devant l’image de la charrette des condamnés. Depuis 1987, les africains-américains ont perdu plus de la moitié de leurs patrimoine ; la perte patrimoniale des latinos s’élève à l’incroyable taux de 75%. Depuis 2000, les Etats-Unis ont perdu 5,5 millions d’emplois dans l’industrie, ont vu 42 000 usines fermer et, depuis cette date, toute une génération de diplômés de l’enseignement supérieur est touchée par le plus haut pourcentage de déclassement de l’histoire des Etats-Unis. Brisez le rêve américain et le people vont vous le faire sérieusement payer. Comme l’explique Nada à ses imprudents assaillants dans le formidable film de Carpenter : “Je suis venu ici pour mâcher du chewing-gum et casser des gueules… et je suis à court de chewing-gum. »


Traduit de l’anglais par Samira Ouardi - revue Mouvements.
Le texte a été initialement publié sur le site de la Los Angeles Review of Books :
http://lareviewofbooks.org/post/117...

samedi 29 octobre 2011

L’humeur des temps et le regard détourné du zombie

source: dedefensa

Le désordre du monde, la bassesse historiquement unique de nos directions politiques, les politiques qui s’ensuivent mélangeant fort logiquement désordre et bassesse pour aboutir à des incohérences ahuries et sanglantes, tout cela nous engage toujours davantage à ne pas tenter d’évaluer la vérité du monde à l’aune de ces références qui furent les guides de nos pensées évaluatrices pendant des décennies et même deux bons siècles. Le domaine psychologique et ses rapports avec les courants métahistoriques, par conséquent ces phénomènes, insaisissables par l’excellence scientifique, des déplacements de pressions, d’angoisses et d’élans inconscients, – ce que nous nommons pour ce F&C “l’humeur des temps”, – nous paraît un domaine d’exploration bien plus fécond ; cela, en espérant être aidé dans cette exploration par le don épisodique que nous ferait l’intuition haute de se manifester par ses fulgurances. Par conséquent encore, et cela est tout simplement fondamental, cette exploration va se réaliser surtout, sinon exclusivement, par rapport au système de la communication, dont l’action s’exerce sur la psychologie et le comportement ; dans cette description, on comprend en effet que la communication est le domaine aujourd’hui essentiel, sinon exclusif de la puissance, et que toutes les décisions (politique, stratégiques, sociales, etc. ?) sont, au moins, très fortement influencées par lui, sinon complètement dépendantes de lui.
C’est dans ce domaine que nous allons explorer les effets et les conséquences, essentiellement sur les psychologies, les jugements jaillissants, les comportements révélateurs et pas nécessairement conscients, de ce phénomène qui nous paraît de plus en plus remarquable par sa complète nouveauté du mouvement “OWS et le reste”. Nous avons déjà eu diverses indications éparses de ces comportements, ces psychologies, aboutissant à des situations très inhabituelles. (Voir, pour les exemples les plus récents, dans notre rubrique Bloc-Notes, le 26 octobre 2011, et dans notre rubrique Ouverture libre, le même 26 octobre 2011.) On citera ci-dessous trois (ou quatre) exemples de personnalités, nécessairement plutôt du camp des “dissidents” mais y tenant une place d’audience nationale aux USA, s’exprimant sur la signification d’“OWS et le reste” dans des termes qui mesurent la puissance formidable des effets que ce mouvement a suscitée.
• On extrait d’un débat entre le professeur de Harvard, activiste africain-américain anciennement proche d’Obama, Cornell West, et le cinéaste documentaire Michael Moore, sur Democracy Now ! le 24 octobre 2011, ces déclarations du premier (West).
«… And to just be in the same room with Michael Moore, in the same country, on the same planet, is inspiring to me. The brother’s brilliance and his deep love for people just is quite—it’s just—it’s a national, international treasure. And that’s very important, because we’re right in the middle of a movement, and to see that kind of quality of sacrifice and service is a beautiful thing. It’s a sublime thing, very much so.
»But now, what we’re trying to do is connect what’s going on on Wall Street with what’s going on in Harlem, because if in fact we continue to have this kind of magnificent movement here and around the world, we want to be able to connect the corporate greed not just on Wall Street, but in the military-industrial complex, the prison-industrial complex, and the corporate-media multiplex, so that we have an inclusive, systemic analysis, even as we’re willing to bear witness to the love for poor and working people.»
• Chris Hedges (de Truthdig.org notamment) et Amy Goodman (de Democracy Now !) ont débattu lors du talk-show “Charlie Rose”. Le résumé que donne Truthdig.org de l’entretien (il y a aussi l’accès au DVD de l’émission), le 25 octobre 2011, donne la mesure du niveau des réflexions que suscitent “OWS et le reste”. Il y est question d’une révolution en Amérique aussi bien que de la sauvegarde de l’espèce humaine…
«In their joint interview, Goodman doesn’t hesitate to accept Rose’s proposition that OWS could be called a new American revolution, telling the PBS host, “I think it’s happening as we speak” and noting the response from abroad, while Hedges calls the movement “a return to sanity” and a “confrontation with dead ideas.” Hedges cuts through the noise quickly in this clip, summing up the argument he’s been making for years in his column by stating, “I think these people are very very clear that we cannot sustain ourselves … not only as a society but even as a species, if we don’t confront the corporate state.”»
• Un article d’un des directeurs du site CounterPunch et de la fameuse Lettre d’Information éponyme, Jeffrey Saint-Clair, le 25 octobre 2011 : «Don't Protest, Resist, Occupy the System, – There is an anger running rampant across the country. Some on the right are calling it class warfare. People are enraged. Jobs are scarce, the rich continue to get richer while the poor continue to struggle to make ends meet. Indeed, it should be classified as economic warfare, Americans are sick and tired of being pushed around. It is time to shove back…»

City of the Living Dead

by , October 25, 2011(antiwar.com)
Anyone covering Capitol Hill knows that congressional hearings can be deadly — deadly boring and deadly predictable.
But when a reported Iraq war veteran exploded into a House Armed Services Committee hearing this month as Secretary of Defense Leon Panetta was reading his prepared remarks, for a split second it was like a test to see if someone blinked. Better yet, it was a test to see if anyone was human enough to respond.
One person reportedly burst out laughing, right after the veteran, who was screaming “We murdered people! I saw what we did to people!” was dragged from the room by security. But the rest of the chamber was silent, faces turned stoically forward. The vet was followed by two silver-haired antiwar women decrying the war. They were also manhandled out of the room in short order. Seven people altogether that day were arrested for interrupting the proceedings — one charging that the veteran had been laughed at — while a number of others outside in the hallway chanted, “We are the 99 percent, and we don’t support these wars!”
But like something out of a Kevin McCarthy movie, the chamber’s inhabitants impassively waited until the would-be rabble-rousers were silenced. Aside from the reported spark of laughter — probably born out of nervousness or condescension, or likely both — and a couple of stolen sideways glances, the business of war went on.

Veteran at Occupy D.C. (Credit: thisisbossi)
This is what the current “Occupy” protests are up against. This is what the antiwar protesters have battled since 2001 — a persistent indifference, which in some cases is very real but in other ways is merely used to mask more volatile feelings: disgust and fear of the protesters, confusion about what they stand for, even self-loathing and regret for the passion the indifferent no longer feel about anything outside of themselves.
The good news: According to Kevin Zeese, founder and executive director of Come Home America and organizer behind the October 2011/Stop the Machine demonstrations, which are running parallel to the Occupy D.C. protests in Washington this month, the antiwar movement has gotten more traction than any time in the last 10 years, particularly in Washington, the proverbial belly of the beast.
“There’s no question, when we started working on this [last year] we didn’t know if there would be 50 people out here or anyone joining with us,” he told Antiwar.com. Since Occupy Wall Street began in New York and then the launch of Occupy D.C. corresponded with Zeese’s group’s rally to commemorate the 10-year anniversary of the Afghanistan War on Oct. 6, “we’ve had several thousands of people out here. This is just the beginning.”
The message, Zeese said, is resonating with folks who might have come down to Freedom Plaza for Occupy D.C.’s anti-corporatist agenda but understand how it all fits into the stunning growth of the military-industrial complex over the last half-century. Nowhere is this more explicit than in Washington, D.C.
“The dominant message is economic insecurity, and it’s bringing people out, and people are recognizing that the unbridled spending on weapons and on war has a big impact on why we have this economic insecurity,” he added.

(Credit: thisisbossi)
On Oct. 8, the protesters in effect shut down the Smithsonian’s Air and Space Museum. They were rallying against the glorification of drones and warplanes in front of the building when a scuffle with police brought out the pepper spray on the front steps. A right-wing provocateur instigated the situation. More on that later.
But aside from the protests at the Smithsonian and the Armed Services Committee, Zeese said the group has been leading teach-ins on various aspects of war and peace, including the enduring drum beat for war by the city’s hawks against Iran. For obvious reasons, the antiwar theme (which at its core, is really about America’s unrestrained post-9/11 militarism) is much more prevalent in Washington than in New York and the many other cities that are hosting similar Occupy demonstrations. The question is whether Zeese and the others can sustain any sort of focus on it as Occupy becomes more of a political force on the mainstream’s radar.
All Types of Zombies
Everybody knows that zombies eat brains. George Romero set the scene in Night of the Living Dead, and Hollywood never looked back. Before that, zombies in movies typically involved reanimation and mind control through so-called African-Caribbean voodoo. In films like White Zombie and I Walked with a Zombie bad actors with the magic enslaved poor mindless fools to do their bidding.

mardi 25 octobre 2011

EL CANIBALISMO ES UNA IDEA NUEVA EN EUROPA

"¿Ya se volvió obsoleto el dinero?" de Anselm Jappe
 

Los medios y las instancias oficiales ya nos están preparando: muy pronto, va a desencadenarse una nueva crisis financiera mundial, y será peor que la de 2008. Se habla abiertamente de « catástrofes » y de « desastres ». Pero, ¿qué pasará después? ¿Cómo viviremos después del derrumbe a amplia escala de los bancos y las finanzas públicas? Argentina ya vivió esto en 2002. Posteriormente, pagando el precio de un empobrecimiento en masa, la economía argentina pudo recuperarse un tanto : pero, en este caso, se trataba de un solo país. Actualmente, todas las finanzas europeas y norteamericanas se encuentran a punto de hundirse juntas, sin salvador posible.

mercredi 12 octobre 2011

J'ai regardé la télé...

Il va bien falloir que le mouvement d’indignation se propage à la France. J'ai abandonné le débat de la primaire socialiste, écœuré par l’incompétence de Martine Aubry (il paraît que le Glass-Steagall act aurait été réinstauré aux USA) et la soumission de François Hollande aux marchés financiers : après avoir promis l’austérité à 9h57, il a expliqué que les banques allaient payer dans le cas du défaut partiel de la Grèce, en ayant pris soin de signaler au préalable qu’elles seraient recapitalisées par les états (et donc les contribuables) en raison de ce même défaut ! Il faut quand même le faire…

lundi 26 septembre 2011

DE L'EFFONDREMENT, SUITE (DRAC)

[Voici le texte écrit de la conférence prononcée par Michel Drac sur Teamspeak le 18 septembre 2011. Le texte oral peut différer légèrement, pour des raisons de forme.]


Un rapide tour d’horizon, pour ouvrir le débat. Aucune technique financière : nous allons résumer la situation sans entrer dans les détails. On pourra le faire dans les questions, si vous le souhaitez.
La crise actuelle n’est pas une simple crise d’ajustement. Ce n’est pas une crise comme celle de la fin des années 50, comme celle des années 70, comme celle de 1993. Selon les points de vue, on peut la regarder comme un effondrement civilisationnel, un coup d’Etat ou une crise du sens.
Effondrement civilisationnel, j’ai presque envie de dire religieux, parce que ce qui implose, c’est une religion, une religion qui servait de soubassement à une civilisation : la religion du Progrès. Cette religion annonçait que l’humanité fabriquerait elle-même le Millenium, le millénaire d’or, par la technoscience et le développement quantitatif indéfini.
Coup d’Etat, parce que les « élites » de cette civilisation défunte vont tenter de sauver leur rêve, jadis fait pour toute l’humanité, en le restreignant en gros à elles seules, et, disons, à une minorité qui leur sera associée – ceux qu’un Jacques Attali appelle les hypernomades.
Crise du sens, enfin, si l’on remonte aux interprétations les plus hautes, parce que derrière la religion du Progrès, ce qu’il y avait, c’était une certaine façon de concevoir l’élaboration du sens dans le cerveau global des grands systèmes fédérateurs – une élaboration du sens par la quantité.

LA VEROLE

Il est des cartes qui ressemblent parfois à des radiographies : celle qu’a publié avant-hier Libération sur les collectivités locales concernées par les crédits dits « pourris » ressemble à s’y méprendre à la cartographie d’une gangrène en phase évolutive. Le corps, qu’il soit social ou physique, doit parfois pouvoir regarder sa pathologie en face. Et celle que l’on nous présente, sous forme de petits ronds d’intensité variable, relève d’une maladie que l’on croyait éradiquée ou à tout le moins dont nous étions sauvegardés des méfaits, un peu comme la tuberculose, des maladies liées à ce que d’aucuns dénommeraient des contingences externes ou même individuelles mais qui sont de fait constitutives de notre système de vie actuel : la rapacité.
En fait, on pourrait plutôt qualifier cette maladie de « vérole », tant les stigmates et le mode de propagation y ressemblent à s’y méprendre.

dimanche 18 septembre 2011

1789: LES ZOMBIES ATTAQUENT LES VAMPIRES

Ce fut la révolte des paysans français nommée la GRANDE PEUR qui ravagea les campagnes française après le 14 Juillet 1789 qui provoqua quelque chose comme une « prise de conscience ». Les paysans en de nombreux endroits commencèrent à bruler les châteaux et les papiers seigneuriaux. Il y eu même une centaine de morts car comme en Tunisie ou en Egypte les choses n’étaient pas encore en l’état ou elles devaient parvenir aux cours des évènements qui s’ensuivirent. Cependant comme la nuit porte conseil, celle du 4 août 1789 permit aux citoyens représentants du peuple de réfléchir que ces révoltes annonçaient si elles n’étaient pas satisfaites leurs disparitions pure et simple.
Sans ces insurrections, ce jour là, les membres de la Constituantes élaboraient une nouvelle constitution qui apparemment n’aurait pas du tout été aussi radicale au sujet des privilèges aristocratiques et n’aurait conduit la France qu’à copier l’Angleterre sans éradiquer aussi complètement les traces du féodalisme et donc sans qu’elle soit aussi typiquement française c’est à dire à l’époque universelle..

vendredi 2 septembre 2011

Des dépotoirs pour les créances pourries

 
Toute personne possédant un tant soit peu de mémoire pourrait se demander où ont bien pu passer les masses de crédit à haut risque pour lesquelles, après le maelström financier de 2008, il fallait trouver une sépulture – la plus discrète possible. Une chose est sûre : elles n’ont pas été remboursées. Au contraire, l’immense dette fictive n’a cessé de gonfler, tant il est vrai que le jeu favori du secteur privé depuis des lustres consiste à faire semblant de croire qu’on remboursera les vieilles créances par de nouvelles, et les nouvelles par d’autres, encore à venir. D’un autre côté, du fait des sommes colossales que représentent ces fameux « actifs toxiques », il ne pouvait être question de les amortir en totalité (sinon, de façon purement cosmétique, en les dissimulant sous le tapis des écritures bancaires) : c’eût été provoquer, selon les propres termes des gourous de la finance, la « fusion du cœur »[2] du système financier international. Afin que les banques puissent néanmoins rééquilibrer leur bilan, on leur permit de se délester de leurs créances pourries. Cependant, on ne parle plus du tout de ces « bad banks »[3] qui, avec l’appui des garanties gouvernementales, ont eu la lourde tâche d’enrayer provisoirement la débâcle du « système bancaire fantôme »[4] consécutive à l’éclatement de la bulle immobilière.
Dans les milieux officiels, on fondait en effet de grands espoirs sur les garanties apportées par l’Etat : elles restaureraient bientôt un climat de « confiance » tel que des titres depuis longtemps sans valeur pourraient à nouveau se voir cotés à un prix qui ne soit pas totalement dérisoire. Un tel miracle n’était toutefois possible qu’à condition que le secteur de l’immobilier étasunien, d’où avait démarré l’onde de choc, opère un redressement spectaculaire. Il n’en a visiblement pas pris le chemin. Quant aux garanties étatiques, elles n’étaient pas davantage exigibles et il ne fallait surtout pas qu’elles le soient, sans quoi la « fusion du cœur », après un petit détour par le budget des Etats, aurait repris sans que plus rien ne puisse l’arrêter. Alors qu’a-t-on fait des déchets hautement toxiques du système financier ? En vérité, on a trouvé un site où les enfouir définitivement : les banques centrales. Oui, celles-là même qui aujourd’hui inondent le monde entier de dollars, d’euros, etc. – autant dire insufflent de l’oxygène dans les bronches d’une économie-monde cliniquement morte. Certes, elles n’en sont pas encore à jeter littéralement l’argent par les fenêtres, mais déjà elles en abreuvent les banques commerciales sous la forme de prêts, à des taux d’intérêts très bas, voire même nuls. Comme pour tout prêt, on demande aux banques des « garanties ». Mais quelle caution pourraient bien apporter nos banques en difficultés ? Leurs monceaux de créances toxiques, bien sûr. Que les banques centrales s’empressent de prendre en pension comme s’il s’agissait des joyaux de la couronne.
Il n’y a pas trois ans que les marchés financiers se sont effondrés, et voilà qu’à leur tour, épuisées par les mesures anticrise, les finances publiques d’un nombre croissant de pays se retrouvent asphyxiées. Il arrive aujourd’hui aux obligations d’Etat ce qui est arrivé aux titres de la finance privée. Une part toujours plus conséquente d’une dette déjà difficilement maîtrisable bascule dans une sorte de « budget fantôme »[5]. A l’instar de ce qui s’est passé pour le crédit hypothécaire, les emprunts d’Etat se transforment un à un en déchets toxiques. Mais cela n’empêchera pas les banques centrales de les accepter eux aussi avec gratitude. Les Asiatiques achètent-ils moins de bons du Trésor US ? Qu’à cela ne tienne, la Réserve fédérale américaine elle-même en réclame comme si elle était en état de manque. De la même façon, la crise de la dette souveraine européenne serait aujourd’hui beaucoup plus grave, en dépit de tous les plans de renflouement, si la BCE ne rachetait pas aux pays de l’Union frappés par la crise, d’importants volumes d’obligations depuis longtemps sans valeur. Ironie du sort, ce sont donc précisément les banques centrales, soi-disant bastions de la stabilité financière, qui font office de dépotoirs accueillant les déchets toxiques du système financier international. Pour ces actifs c’est la fin du voyage, car les banques centrales n’ont plus derrière elles aucune institution susceptible de les délester à leur tour de ce fardeau. La façade de normalité érigée à partir de 2008 s’avère en définitive une hasardeuse politique de création de monnaie s’appuyant, en guise de « garantie », sur un tas de créances pourries.
Kurz est membre du groupe allemand Exit !

jeudi 19 mai 2011

UNITED STATES OF ZOMBIES

Social Media: Preparedness 101: Zombie Apocalypse

The following was originally posted on CDC Public Health Matters Blog May 16th, 2011 by Ali S. Khan.
Image of zombie
There are all kinds of emergencies out there that we can prepare for. Take a zombie apocalypse for example. That’s right, I said z-o-m-b-i-e a-p-o-c-a-l-y-p-s-e. You may laugh now, but when it happens you’ll be happy you read this, and hey, maybe you’ll even learn a thing or two about how to prepare for a real emergency.