Le potentiel guerrier et industriel est une réserve d’usage ayant valeur
réelle utilisable sur ordre d’état alors que la finance ayant valeur
virtuelle ne permets plus les échanges réels en cas de crise, donc on
n’échange plus mais on se met sur la gueule.
RUMOR SPECTAKLISTA
IN GIRUM IMUS NOCTE ET CONSUMIMUR IGNI
LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.
C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.
jeudi 23 février 2012
LAST EXIT PROJECT (SiTuAtIoN dE tRaNsHuMaNcE)
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mardi 21 février 2012
5 MINUTES DE COURAGE: LES PARADIS FISCAUX ET LES ENFERS SOCIAUX (par Julien Alexandre)
source : Paul JORION
Rappelez-vous, c’était en 2009, il y a maintenant une éternité. La
crise financière était à son paroxysme, et le G20 avait décidé de
confier à l’OCDE la difficile mission de dépeindre la réalité de
l’opacité financière en gris et noir, afin de classer les juridictions
non coopératives jugées respectivement « en voie de progrès » ou bien
totalement « opaques » ; le blanc immaculé était évidemment de rigueur
pour les juridictions coopératives.
Après les proclamations d’usage – « Les paradis fiscaux, c’est fini ! »
– vint rapidement le temps des désillusions : la méthode engagée pour
lutter contre ces juridictions non transparentes était celle de la
diplomatie non coercitive, sous la forme de simples conventions de
coopération. C’est ainsi que la Suisse et Monaco, en signant une
douzaine de conventions juste avant l’ouverture du sommet du G20,
avaient réussi à ne pas figurer sur les listes de la honte. Surtout, les
critères retenus pour les pays qui y figuraient à l’issue du sommet
prêtaient au mieux à rire, au pire à crier au scandale tant ils
faisaient la part belle à l’interprétation pour ne pas froisser les
poids lourds qui auraient peu goûté de se retrouver livrés en pâture à
une opinion publique qui ignorait probablement que certains paradis
fiscaux étaient hébergés par les plus grandes puissances économiques de
ce monde, comme les États-Unis ou l’Angleterre. En moins de temps qu’il
ne faut pour le dire, l’affaire fut entendue : des accords bancals
étaient signés, les listes étaient vidées de leurs figurants pressés de
regagner la blancheur OCDEienne qu’ils souhaitaient éternelle et qui
était réservée aux pays faisant preuve de transparence dans leurs
activités financières.
Mieux,
certains établissements financiers plus ou moins désignés volontaires
décidaient en leur âme et conscience de liquider toutes affaires
cessantes leurs filiales dans les paradis fiscaux.
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samedi 11 février 2012
La police britannique pourrait utiliser des armes chimiques interdites
Un groupe de scientifiques interpelle le gouvernement britannique lui demandant de clarifier sa position sur l'utilisation d'armes chimiques contre des manifestants. En effet, à cause d'une faille dans les Conventions Internationales, les armes chimiques sont interdites d'usage par les militaires mais rien ne s'oppose à leur utilisation par... la police !
D'après les experts de la Société Royale des Sciences, le gouvernement britannique serait en train de chercher des voies pour utiliser des agents nerveux contre les populations civiles en cas de soulèvements. Les développements récents dans les neurosciences permettent l'arrivée de nouvelles substances incapacitantes s'attaquant au système nerveux humain et tombant sous le coup de la Convention de 1993 en cas de conflit armé.
Les forces de l'ordre britannique qui avaient utilisé des gaz irritants jusque là pourraient passer à la vitesse supérieure et utiliser des armes chimiques à part entière comme le rapporte The Independant.
L'été dernier, le gouvernement Français a émis un décret autorisant l'utilisation d'armes de guerre contre des manifestants.
Les gouvernements des pays occidentaux se préparent à des soulèvements massifs des populations et préparent leurs armes. Ils savent que les populations en ont ras le bol des mensonges et du racket et finiront un jour par sortir dans la rue. Ce jour là, seul le rapport de force permettra aux pouvoirs en place de subsister.
Source: Tea For Two Operation
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jeudi 9 février 2012
6e ÉTAGE OU 6e AVENUE ?, par Panagiotis Grigoriou
source : greek crisis
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| Athènes - janvier 2012 |
En Grèce, depuis l’arrivée de la Troïka nous
devenons tous une… atmosphère. Dans des conditions de laboratoire
et sous pression. Par modélisation exemplaire et accélération des
particules, élémentaires si l’on préfère. Et ces particules
c’est bien nous. L’accélérateur quant à lui, relève de la
mécanique du dernier méta-capitalisme bancocrate. Cela a bien
fonctionné à un tel point que maintenant nous pouvons sans peur
nous regarder dans le miroir du futur pour nous apercevoir que nous
sommes déjà des mutants.
A commencer par notre régime politique, cette pseudo-democratie,
mollement parlementaire et durement affairiste, devenue désormais
une quasi-dictature après trois putschs réussis. Le premier, en
2009, s’est déroulé lors des élections, alors encore « libres
». Le PASOK (P.S. grec) arrive au pouvoir devançant de dix points
la droite. Georges Papandréou, ami de Geοrges Soros, grand
cosmopolite (l’expression est de lui-même) et apparemment plus à
l’aise dans la syntaxe de son pays natal, les États-Unis, que dans
la grammaire balkanisée du grec moderne, habille alors sa piètre
rhétorique comme il le peut. Et les grands médias lui orchestrent
convenablement l’image. Sa campagne est déjà un Case Study
mais je parie qu’il y en a d’autres en Europe en ce moment en
passe de devenir aussi cas d’école. « Le citoyen d’abord », «
rupture avec les pesanteurs du passé », « gouvernance électronique
», « allons-y, tous ensemble », « finissons-en avec la dictature
des marchés », « prenons des mesures pour réconforter les
citoyens les plus fragiles, surtout ceux qui ont emprunté de
l’argent et doivent faire face à la crise », « faisons de la
Grèce, le Danemark du Sud », « de l’argent il y en a », « nous
sommes prêts pour la croissance verte, les nouvelles technologies et
l’écologie», « augmenter les impôts, la TVA par exemple, est un
crime contre les plus faibles et conduirait l’économie tout droit
à la récession ». Voilà le synopsis de la rhétorique de ce
premier coup d’État.
Aussitôt au poste de Premier Ministre,
élu le 4 octobre, et prenant ses fonctions le 6, le socialiste
Georges Papandréou ayant donc mené toute sa campagne sur la
redistribution des richesses et la hausse des salaires de
fonctionnaires, il annonce encore son intention de « prendre des
mesures d’urgence pour améliorer la compétitivité du pays car
l’économie se trouve dans une situation critique, ayant hérité
des dettes cachées du précèdent gouvernement, mais tout en
protégeant les revenus des plus fragiles, augmentant les petites
retraites, augmentant dès 2010 les salaires et les retraites plus
que l’inflation, en gelant les tarifs du gaz et de l’électricité,
en rénovant le système de santé, en renforçant également les
moyens de la Sécurité sociale, afin de permettre finalement au
citoyen l’accès à un système de santé de haute qualité et
gratuit, en renforçant aussi le système éducatif, lui attribuant
dès le budget 2010, un milliard d’euros supplémentaires ».
Enfin Papandréou s’est dit « déterminé à
renforcer le rôle du Parlement dans le processus décisionnel de
notre régime démocratique ».
La suite est désormais connue. Georges Papandréou, en bon
préparateur de commandes, a apporté le pays entier et sur un
plateau, aux banquiers charognards impériaux (BCI !). Nous en avons
déjà eu la confirmation en découvrant le documentaire de Canal + «
Un an avec DSK – Au cœur du FMI » en mars 2011. Nous
apprenons alors par Dominique Strauss-Kahn en personne, que le
premier ministre grec fraîchement élu avait contacté très
discrètement le FMI fin 2009. Or, il proclamait haut et fort dans le
même temps que son pays s’en sortirait très bien tout seul, et
ceci jusqu’au printemps 2010. « Papandréou m’avait appelé
très tôt, dès novembre-décembre 2009 en disant qu’il avait
besoin d’aide », révèle dans la vidéo Dominique
Strauss-Kahn. « Le premier ministre avait très bien conscience
qu’il avait besoin d’aide [du FMI]. » Or, la demande
officielle du gouvernement grec est seulement intervenue au printemps
2010. Le plan de 110 milliards d’euros de prêts octroyés
conjointement par le FMI et l’Union européenne sera rapidement mis
sur pied, malgré la cacophonie apparente entre les dirigeants
européens. « Quand le FMI est venu, on a fait le travail en 15
jours », s’est vanté Dominique Strauss-Kahn. « C’est
parce que durant les mois précédents, on avait travaillé
souterrainement avec les Grecs. (…) Tout ça parce que les
Grecs eux souhaitaient une intervention du FMI même si Papandréou
pour des raisons politiques n’affirmait pas ça. »
Ce scénario fait désormais partie de notre vécu… en pédagogie
politique. L’agence de notation Fitch dégrade la note de la Grèce
de Α à Α- le 22 octobre 2009, pratiquement dès la mise en
fonction du nouveau gouvernement. Le 21 janvier 2010 le « spread »
entre les obligations allemandes et grecques à 10 ans atteint les
300 points de base (3%). Comme par hasard, une semaine plus tard au
Forum Économique de Davos, Georges Papandréou est invité à
prendre des mesures d’austérité. La Grèce « accepte » le
Mécanisme dit officiellement « de soutien économique »,
institué par le Fond Monétaire International, l’Union Européenne
et la Banque Centrale Européenne, mécanisme alors connu depuis,
sous le nom de « Troïka », ainsi que ses représentants
ou émissaires – contrôleurs en route pour Athènes autour du 23
avril 2010. Cinq jours plus tard, l’agence de notation Standard &
Poor’s dégrade la note de la Grèce de ΒΒΒ+ à ΒΒ+ et le
« spread » des obligations grecques à 10 ans atteint les
1000 points (10%).
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| Athènes - janvier 2012 |
Au départ, il était question de la dette dite souveraine du
pays, 300 milliards d’euros et 143% de son PIB en 2010, pour en
arriver après la « thérapie de choc », infligée à la majorité
des Grecs, à une dette … encore plus souveraine atteignant les 360
milliards d’euros, représentant 166% du PIB du pays en 2012. La
Troïka et le gouvernement grec, ont alors signé trois documents
liés, le Traité du Nouveau Prêt et l’accord avec le FMI,
accompagnés d’un Mémorandum, une feuille de route en somme
obligatoire, sur les mesures à prendre … « pour s’en sortir ».
Aucun gouvernement grec depuis n’a osé faire valider ce Traité
devant les parlementaires, suivant la procédure prévue par la
Constitution pour ce type d’engagement si crucial pour le pays
(analyse de Giorgos Kasimatis, universitaire et juriste
constitutionnaliste). C’est finalement seulement le Mémorandum qui
fut approuvé après maintes péripéties à l’Assemblée le 6 mai
2010, provoquant la première défection de trois députés
socialistes. La Grèce Mémorandienne s’embourbe depuis, dans une
série de réformes prétendument censées la rendre compétitive,
s’agissant plutôt, d’une variante de la Stratégie du choc et de
l’interminable montée de son capitalisme du désastre (Naomi
Klein). Baisse des salaires dans la fonction publique et dans le
secteur privé, augmentation en flèche des impôts, dérégulation
de l’accès à certaines professions, démantèlement des
conventions collectives, réduction des effectifs partout. Nous avons
alors connu des grèves à répétition, et nos manifestants, surtout
très nombreux du temps des « Indignés » durant l’été 2011,
furent violemment réprimés devant le Parlement et sur la Place de
la Constitution (Syntagma). Toute la planète avait alors compris
qu’il fait désormais un temps de chien à l’ombre du Parthénon,
découvrant par la même occasion notre célèbre chien-manifestant,
Loukanikos (Saucisson). Voilà pour un sommaire du deuxième putsch.
La troisième phase du Putsch en Grèce fut la mise en place de la
gouvernance directement bancocrate de Papadémos, début novembre
2011. Initialement « composée de trois formations, P.S., droite
et extrême droite, ayant comme seule mission de parapher le
Mémorandum II, autrement dit le nouvel accord avec les « marchés »
et aussitôt conduire le pays aux élections prévues pour février
2012 ». Son vrai rôle est d’achever la mise en place de
l’occupation. Ce que les Papadémiens viennent de parapher hier
soir paraît-il, est tout simplement la première occupation
officielle des temps nouveaux en Europe. Soulignons que la « dette »
deviendra alors « applicable law » suivant le droit
anglais, les « évaluations » des agents de l’État seront faites
par une structure française en vue de licenciements dans la fonction
publique ; la collecte des impôts, la gestion en somme de
l’État profond, est en passe d’être transférée vers
l’Allemagne, laquelle a déjà créé un Secrétariat d’État
aux affaires grecques. Il s’agit du secrétaire d’État
allemand à l’Emploi et aux Affaires sociales, Hans-Joachim
Fuchtel, homme de confiance d’Angela Merkel. En expérimentant le
premier défaut (contrôlé ?) d’un pays de la zone euro, c’est à
dire déjà l’intérieur d’une zone d’occupation monétaire
(pays classé ZOM !), préalablement établie depuis une décennie
sous un nuage de propagande. C’est la variante applicable aux
Baronnies sous mandat, de la Règle d’or.
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| Athènes - janvier 2012 |
Dès hier (mercredi) des parlementaires socialistes ont fait
circuler une pétition au sein du Parlement pour soutenir une
prolongation du mandat Papadémien, jusqu’à la fin de la
législature, à savoir 2013. Les structures alors « définitives »
du « pays réel » bancocrate se referment sur nous. Et jusqu’ici,
pas de révolte. Car nous avons déjà été déconnectés du vrai
lien politique (comprendre, agir, prendre en main la situation
collective, contrôler les politiques notamment) en plus de la
corruption gonflée par les fonds structurels de l’U.E. et par les
pots de vin divers et variés. La culture, la langue, la musique
furent en quelque sorte détruites et avec elles, tout un système de
réflexion et d’action. Ce processus a pris trente ans, télévision,
« life style », consommation, argent et crédit
faciles, la musique de Theodorakis, d’Hadjidakis, étant
entièrement bannies des radios, et en dernière instance, une
culture « loisirs domestiques » dont la composante désastreuse
consiste à nous tenir enfermés chez nous.
Depuis la mise en place de la Troïka, les nouvelles mesures
tombent quotidiennement : nous apprenons de mauvaises nouvelles
tous les jours et nous subissons une mithridatisation certaine. D’où
notre mutation. Déjà dans le vocabulaire, « CDS », « spreads »,
« PSI », « FMI », « Debt », « Agences de notation », «
triple A », « double C », termes relevant déjà de la sémantique
du désastre. Nos neurones explosent, nous devenons incapables
d’aller au-delà, nous sombrons dans les psychotropes (le
gouvernement Papadémien vient tout juste de dépénaliser l’usage
de la drogue dite « légère »), nous sombrons aussi dans l’alcool
et le suicide. Ainsi, leur stratégie est digne du meilleur
interrogatoire des temps totalitaires. Tantôt on annonce l’arrêt
des mesures d’austérité, mais c’est pour en annoncer d’autres.
Les règles concernant les retraites ont changé une bonne douzaine
de fois depuis 2010. Et les gens sont perdus. Certains se referment
dans le monde du silence, se laissant mourir à petit feu. Notre
sociabilité se trouve grièvement blessée. Des amis se cachent pour
ne plus avoir à exposer publiquement leur nouvelle situation, où
nous avons cessé de pouvoir encore nous payer un café ensemble. Si
on y ajoute le combat pour la survie, la destruction des repères, et
plus « pratiquement », l’impossibilité d’instaurer
des entractes réellement festifs dans l’immédiat ou dans le moyen
terme, pour retrouver les siens, voyager, c’est alors
l’effondrement psychologique, donc l’apraxie. Avec en plus, la
répression policière et la mise en place d’un terrorisme
économique via les impôts dignes du servage, le fichage, le
chantage, dans la fonction publique notamment. Croyez-moi, chers
amis, cette stratégie du choc n’est pas une illusion. Je le savais
fort bien et je le disais haut et fort lors des manifestations
massives de 2010 et 2011, tant que les gens et leurs proches avaient
encore un petit salaire ou des réserves pour tenir, ils étaient
encore capables d’analyses et de revendications, disons de type «
classique », mais les partis de gauche n’ont pas pu ou voulu
saisir le tournant et la droite dite populaire (pas populiste) était
encore inexistante pour en constituer un nouveau pôle
anti-Mémorandum, faisant par exemple scission avec son principal
parti. Ajoutant in fine l’abolition accélérée de notre
économie et nous aboutissons à un tableau bien triste !
Nous nous sentant déjà ancrés à la solution finale bancocrate,
nous tenterons sans aucun doute autre chose. Mais quoi ? Tout est
dans l’air. C’est la raison pour laquelle, selon certaines
informations de la presse grecque (mercredi 8/2/2012), la chaîne CNN
serait en train de louer l’ensemble du 6eme étage au prestigieux
hôtel « Grande Bretagne », place de la Constitution (Syntagma), en
face du Parlement et ceci parait-il pour plusieurs semaines, «
s’attendant à la bataille d’Athènes ». Alors, 6e
étage comme 6e avenue à New York (Bank of America
Tower et Rockefeller Center) ?
Il semblerait aussi que les ambassades ici à Athènes,
préviennent leurs ressortissants d’un manque à craindre de
produits alimentaires et de carburant. Nous, nous avons déjà
constitué des réserves dans les caves et dans les placards. Avez
vous évoqué la possibilité d’une guerre ? Ou d’une « Règle
d’or » comme équivalent d’une « Conférence de Wannsee » ?
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Libellés :
décomposition,
GRÈCE,
Panagiotis GRIGORIOU,
STRATÉGIE DU CHOC
vendredi 27 janvier 2012
Lordon: « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées »
SOURCE: La Revue des Livres
Dans ce grand entretien,
Frédéric Lordon nous livre ses commentaires et analyses de la crise
économique actuelle et de ses origines. Avec un ton incisif et un regard
acerbe, il revient sur les causes et effets de la crise elle-même, mais
commente également le traitement de l’économie par les médias, la place
de l’économie au sein de l’institution universitaire, et l’éventuelle
sortie de l’euro. Sonnant le glas du projet néolibéral, l’actualité est,
nous dit-il, une occasion unique de changements profonds : un monde
s’écroule sous nos yeux.
RdL : Que se passe-t-il
? Qu’est-ce qui est en train d’arriver sous nos yeux, depuis au moins
une trentaine d’années, depuis 2008, depuis quelques mois, ces dernières
semaines ?
Frédéric Lordon : C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée. De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes. Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one. Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Or le fait générateur est bien la crise de la finance privée, déclenchée aux États-Unis, expression d’ailleurs typique des contradictions de ce qu’on pourrait appeler, pour faire simple, le capitalisme de basse pression salariale, dans lequel la double contrainte de la rentabilité actionnariale et de la concurrence libre-échangiste voue la rémunération du travail à une compression continue et ne laisse d’autre solution à la solvabilisation de la demande finale que le surendettement des ménages. C’est cette configuration qui explose dans le segment particulier des crédits hypothécaires [plus connus sous le nom de subprimes] et qui va, en un an, déstabiliser tout le système financier étasunien, puis, interconnexions bancaires obligent, européen, jusqu’au moment Lehman. Là, on est au bord de l’effondrement total et il faut sauver les banques. Je dis « il faut sauver les banques », car la ruine complète du système bancaire nous ramène en cinq jours à l’équivalent économique de l’état de nature. Mais il ne s’agit pas de le sauver et puis rien ! Or c’est ce que font tous les gouvernements, en se contentant à partir de 2009 d’annoncer des projets de re-régulation où le ton martial le dispute à l’innocuité. Trois ans plus tard, la re-régulation financière n’a pas quitté le stade velléitaire – ce qui est tout à fait regrettable car le système bancaire est encore plus vulnérable qu’en 2007, alors que point une crise d’un format très supérieur… Entre-temps, les banquiers remis à flot jurent ne plus rien devoir à la société sous prétexte que la plupart d’entre eux ont remboursé les aides d’urgence reçues à l’automne 2008. Évidemment, pour rétablir leur bonne conscience en même temps que leurs bilans financiers, il leur faut feindre d’ignorer l’ampleur de la récession que le choc financier a laissée derrière lui. C’est de ce choc même que viennent dans un premier temps l’effondrement des recettes fiscales, l’envol mécanique des dépenses sociales, le creusement des déficits, l’explosion des dettes puis, dans un deuxième temps, les plans d’austérité… réclamés par la même finance qui vient d’être sauvée aux frais de l’État ! Donc, depuis 2010 et l’éclatement de la crise grecque, la finance rescapée massacre les titres souverains sur les marchés obligataires alors qu’elle aurait trépassé si les États ne s’étaient pas saignés pour la rattraper du néant. C’est tellement énorme que c’en est presque beau… Pour couronner le tout, les marchés exigent – et bien sûr obtiennent – des États des politiques de restriction coordonnées qui ont le bon goût de conduire au résultat exactement inverse de celui supposément recherché : la restriction généralisée est telle que les recettes fiscales s’effondrent aussi vite que les dépenses sont coupées, si bien qu’in fine les dettes croissent. Mais l’austérité n’est pas perdue pour tout le monde : son parfait prétexte, « le problème des dettes publiques », aura permis à l’agenda néolibéral d’engranger de spectaculaires progrès, inenvisageables en toute autre circonstance.
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Frédéric Lordon
Lordon : « Le soulèvement ou la table rase par l'effondrement »
Le 15 janvier 2011, Frédéric Lordon,
économiste hors sérail microcosmique, était invité à une conférence
organisée par Attac et Mediapart sur le thème : « Quel remède à la crise démocratique européenne ? » Frédéric Lordon décida de répondre à cette question « sans circonvolutions inutiles ».
« Ma réponse, c’est : le soulèvement ou bien la table rase par l’effondrement financier. »
La “démocratie” des marchés
La démocratie représentative n’existe plus, pose Frédéric Lordon en
citant le cas du référendum de 2005 et en pointant les pions Papademos
et Monti avancés sans scrupules par la troïka financière (BCE,
Commission européenne, FMI) au mépris de toute souveraineté populaire.
La loi des marchés (ces « tiers inclus au contrat social »)
règne en maître. Les élus du peuple, les résultats de scrutins ne sont
plus tolérés par ces nouveaux dominants que s’ils rentrent dans leur
moule.
Citant la récente dégradation de la France, Frédéric Lordon relativise l’importance d’agences de notation parfaitement « périphériques ».
« Il n’y a aucun lieu de s’étonner qu’un univers comme les marchés de capitaux, qui fonctionnent fondamentalement à la croyance, à l’opinion et au jugement, sécrètent en leur sein des producteurs spécialisés de croyance, d’opinion et de jugement. »
S’attaquer à la structure d’ensemble
Ce n’est pas à ces « points focaux » épiphénomèniques (les agences de notation) qu’il convient de s’attaquer, mais à la structure d’ensemble qui les féconde.
Or, souligne l’iconoclaste économiste, les évènements en cours
pourraient bien donner un sacré coup de main à ceux qui refusent la « monstruosité » d’un monde régi par « le corps informe des créanciers internationaux ».
Comme en 2007/2008, le secteur interbancaire est en voie de devenir « le nouvel épicentre d’un nouveau séisme ». Sans que les puissances publiques, désormais ruinées, puissent voler à son secours comme la fois précédente.
« Si donc nous voyons poindre la perspective de grand effondrement, alors oui il y a plus que jamais matière à nous demander quoi reconstruire. Mais la toute première question étant bien sûr : à quelle échelle ? »
La reconstruction, mais avec qui ?
Sur ce point, l’ami Lordon est catégorique. La tendance va spontanément vers « une préférence a priori pour des ensembles les plus vastes possibles » (dit-il). Mais alors, « avec qui ? »
Lordon expose ses doutes quant à une solution européenne dans une
Union européenne ouvertement dominée par la rigueur monétaire imposée
par l’Allemagne. Et par une « juridicisiation » des politiques publiques « directement attentatoire » à toute souveraineté populaire.
« Existe-t-il des intermédiaires viables entre les configurations nationales classiques et une Union européenne pleine et entière, je veux dire avec une intégration politique pleine et entière ?
Si la réponse était non, alors il ne faudrait pas hésiter à en revenir à la configuration nationale dont on sait avec certitude qu’elle satisfait pleinement le principe de la souveraineté populaire. »
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samedi 21 janvier 2012
En 1931, Moody's conduisait déjà la Grèce au chaos
Source : MARIANNE2
Dans le commentaire d'un article sur les agences de notation, une mariannaute rappelle l'épisode historique qui a vu l'agence Moody's dégrader la note de la Grèce, générant des troubles sociaux et politiques dans le pays avant l'arrivée au pouvoir du général Metaxas, fasciné par les régimes fascistes. Moody's exprimera ses regrets, annoncera la fin de la notation des dettes publiques avant de ressortir son funeste carnet de notes en 1975.
« Lorsque Moody's a dégradé la Grèce en 1930, une sévère
politique d'austérité a été mise en place et a abouti,bien entendu , à
une dictature militaire, au point que Moodys a l'époque s'est excusée et
a promis de ne plus noter les dettes « souveraines ».
Depuis,on a eu la paix ! sauf que la commission européenne en mars 2010
a permis de nouveau à ces agences qui se contentaient de noter les
entreprises,...de noter absolument TOUT, sous entendu : les dettes
souveraines. Ces agences sont payées à la commande par des banques ou
par des fonds de pension étrangers intéressés aux rendements à 2
chiffres. Depuis, PSA, mal notée, a décidé de délocaliser. Depuis,les
taux d'intérêt de la Grèce sont passés à 18%, voire 25% à certains
moments, ce qui a eu le « mérite » de multiplier la dette d'origine par 4
!!! » écrit Jocelyne Rivoallan en commentaire d'un article de la blogueuse Aliocha intitulé: « AAA: on veut bien s'indigner mais on a pas tout compris »
C’est l’économiste Jean-Marc Daniel, qui, le plus récemment, est venu rappeler cet épisode historique méconnu.
En 1909, John Moody, journaliste financier reconverti, crée la notation stricto sensu : sa société jauge les risques en s'appuyant sur une grille de notes, qui permet de résumer les risques pris par le créancier. S & P suit en 1916 et Fitch en 1924. La notation des Etats débute, elle, dès 1918...
Au début des années 1930, le Trésor américain reproche aux agences de notation de n’avoir pas vu venir les faillites en chaîne des banques et la crise boursière de l'automne 1929. Elles entreprennent dès lors d‘élargir leur champ de compétence à la dette des états. Pendant la Grande Dépression, de nombreux pays européens n'ont pu faire face à leur dette : l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie. Mais les agences de notation ont alors essentiellement dans leur collimateur des pays latino-américains, victimes de la chute des cours des matières premières. Les agences baissent la note du Brésil et de la Bolivie, qui fera défaut en janvier 1931.
A Washington, on reproche alors « aux agences de se concentrer sur la zone américaine et d’ignorer l’Europe » écrit Jean-Marc Daniel. Le doigt sur la couture du pantalon, les agences se penchent sur l’état du vieux continent. Moody’s « repère l’homme malade de l’Europe ». C’est la Grèce qui aura « le triste privilège d’avoir été, dans l’Europe des années 30, la cible régulière des agences de notation, alors dans leur « adolescence ».
Etiqueté libéral de gauche, le premier Ministre Venizélos, un avocat Crétois considéré comme le fondateur de la Grèce moderne. Accusé par l’opposition monarchiste de ruiner l’Etat, il dit distinguer « la bonne dette qui prépare l’avenir de la mauvaise dette qui sert à payer les fonctionnaires ».
Pas assez convaincant pour Moody’s qui dégrade la Grèce. Les taux d’intérêts augmentent. C’est l’escalade. Les exportations de produits agricoles, principales sources de revenu, diminuent. L'autre grande source de capitaux, les envois d'argent des Grecs émigrés, se tarit. Enfin, les prix flambent en Grèce. Venizélos essaie, dans un premier temps, de rester optimiste. Le 25 avril 1931, il supprime la liberté des changes et impose un cours forcé de la drachme. Le 1er mars 1932, il arrête les remboursements des emprunts contractés auprès de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Italie. Les critiques de l'opposition sont de plus en plus virulentes. Pour sauver sa majorité à la chambre lors de législatives qui s'annoncent, Venizélos décide de remettre en place la proportionnelle, qu'il avait critiquée en 1928 en disant qu'elle avait conduit le pays à l'anarchie. Il va aussi jusqu'à limiter la liberté de la presse pour modérer les attaques. Accusé de tendances dictatoriales, son parti est battu. Le retour au pouvoir des monarchistes s’amorce en 1935 avant le coup d’état du général Plastiras. Après une période de désordre, le Roi nommera le général Metaxas ministre de la guerre. S’inspirant des formes autoritaires du régime fasciste italien de Mussolini, il interdit les partis politiques. Il fait arrêter les opposants : près de 15,000 Grecs sont arrêtés et torturés durant les cinq ans de la dictature de Metaxás. Il déclara les grèves illégales et instaura la censure.
Constatant l’étendue des dégâts politiques, Moody’s exprimera ses regrets s’engageant à ne plus noter les dettes publiques des états.
Après guerre, les affaires des agences reprennent, même si elles arrêtent de noter les Etats, qui ne se financent plus guère sur les marchés. La polémique reprend en 1968, quand le maire de New York, furieux de voir sa ville dégradée, fustige S & P et met en cause la faiblesse de ses ressources humaines. Les agences répliquent en changeant de modèle économique : elles adoptent celui d' "emprunteur-payeur" - l'emprunteur paie désormais l'agence pour l'évaluer -, afin d'affiner leurs analyses. Mais à partir de 1975, le marché des obligations d'Etat repart. Les agences ressortent leurs carnets de notes pour évaluer les Etats, et à susciter la critique. Ainsi, elles ont accordé aux pays d'Amérique du Sud de très bonnes notes au début des années 1980, avant que ceux-ci n'enchaînent les faillites. Paradoxalement, bien que toutes ces « Sœur Anne » de la finance n’auront rien vu venir de la crise de 2008, multipliant les scandales, aggravant la situation des états mis au piquet, la référence aux notes dans les législations financières n'a jamais été aussi importante. Retour vers le futur.
En 1909, John Moody, journaliste financier reconverti, crée la notation stricto sensu : sa société jauge les risques en s'appuyant sur une grille de notes, qui permet de résumer les risques pris par le créancier. S & P suit en 1916 et Fitch en 1924. La notation des Etats débute, elle, dès 1918...
Au début des années 1930, le Trésor américain reproche aux agences de notation de n’avoir pas vu venir les faillites en chaîne des banques et la crise boursière de l'automne 1929. Elles entreprennent dès lors d‘élargir leur champ de compétence à la dette des états. Pendant la Grande Dépression, de nombreux pays européens n'ont pu faire face à leur dette : l'Allemagne, la Grèce, la Hongrie, la Roumanie. Mais les agences de notation ont alors essentiellement dans leur collimateur des pays latino-américains, victimes de la chute des cours des matières premières. Les agences baissent la note du Brésil et de la Bolivie, qui fera défaut en janvier 1931.
A Washington, on reproche alors « aux agences de se concentrer sur la zone américaine et d’ignorer l’Europe » écrit Jean-Marc Daniel. Le doigt sur la couture du pantalon, les agences se penchent sur l’état du vieux continent. Moody’s « repère l’homme malade de l’Europe ». C’est la Grèce qui aura « le triste privilège d’avoir été, dans l’Europe des années 30, la cible régulière des agences de notation, alors dans leur « adolescence ».
Etiqueté libéral de gauche, le premier Ministre Venizélos, un avocat Crétois considéré comme le fondateur de la Grèce moderne. Accusé par l’opposition monarchiste de ruiner l’Etat, il dit distinguer « la bonne dette qui prépare l’avenir de la mauvaise dette qui sert à payer les fonctionnaires ».
Pas assez convaincant pour Moody’s qui dégrade la Grèce. Les taux d’intérêts augmentent. C’est l’escalade. Les exportations de produits agricoles, principales sources de revenu, diminuent. L'autre grande source de capitaux, les envois d'argent des Grecs émigrés, se tarit. Enfin, les prix flambent en Grèce. Venizélos essaie, dans un premier temps, de rester optimiste. Le 25 avril 1931, il supprime la liberté des changes et impose un cours forcé de la drachme. Le 1er mars 1932, il arrête les remboursements des emprunts contractés auprès de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Italie. Les critiques de l'opposition sont de plus en plus virulentes. Pour sauver sa majorité à la chambre lors de législatives qui s'annoncent, Venizélos décide de remettre en place la proportionnelle, qu'il avait critiquée en 1928 en disant qu'elle avait conduit le pays à l'anarchie. Il va aussi jusqu'à limiter la liberté de la presse pour modérer les attaques. Accusé de tendances dictatoriales, son parti est battu. Le retour au pouvoir des monarchistes s’amorce en 1935 avant le coup d’état du général Plastiras. Après une période de désordre, le Roi nommera le général Metaxas ministre de la guerre. S’inspirant des formes autoritaires du régime fasciste italien de Mussolini, il interdit les partis politiques. Il fait arrêter les opposants : près de 15,000 Grecs sont arrêtés et torturés durant les cinq ans de la dictature de Metaxás. Il déclara les grèves illégales et instaura la censure.
Constatant l’étendue des dégâts politiques, Moody’s exprimera ses regrets s’engageant à ne plus noter les dettes publiques des états.
Après guerre, les affaires des agences reprennent, même si elles arrêtent de noter les Etats, qui ne se financent plus guère sur les marchés. La polémique reprend en 1968, quand le maire de New York, furieux de voir sa ville dégradée, fustige S & P et met en cause la faiblesse de ses ressources humaines. Les agences répliquent en changeant de modèle économique : elles adoptent celui d' "emprunteur-payeur" - l'emprunteur paie désormais l'agence pour l'évaluer -, afin d'affiner leurs analyses. Mais à partir de 1975, le marché des obligations d'Etat repart. Les agences ressortent leurs carnets de notes pour évaluer les Etats, et à susciter la critique. Ainsi, elles ont accordé aux pays d'Amérique du Sud de très bonnes notes au début des années 1980, avant que ceux-ci n'enchaînent les faillites. Paradoxalement, bien que toutes ces « Sœur Anne » de la finance n’auront rien vu venir de la crise de 2008, multipliant les scandales, aggravant la situation des états mis au piquet, la référence aux notes dans les législations financières n'a jamais été aussi importante. Retour vers le futur.
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lundi 2 janvier 2012
Una investigación desvela los entresijos de la criminalidad en España
Los mayores peligros no proceden del narcotráfico, sino de la corrupción urbanística
Una investigación desarrollada en la Universidad Complutense de Madrid ha descubierto que los peligros reales contra el sistema socieconómico español no proceden del narcotráfico ni del blanqueo de dinero, sino de la corrupción urbanística, los delitos contra la Seguridad Social, la gran evasión fiscal o la prevaricación, cuyos delitos han generado más activos incriminados (455 millones de €) que todo el narcotráfico a lo largo de más de quince años, además de pervertir el sistema político y de destrozar municipios y paisajes. La crisis financiera ha demostrado además que los actores con capacidad de desestabilizar el orden socioeconómico son los especuladores financieros, cuyas conductas aún no han sido tipificadas como delito. Por Armando Fernández Steinko.
La globalización marca un antes y un después en nuestras vidas,
también en lo que se refiere a la sensación de seguridad y amenaza. Hay
dos fenómenos delictivos que nos acompañan desde hace dos décadas: el
crimen organizado y el blanqueo de capitales. En realidad ambos delitos
están estrechamente relacionados y los medios de comunicación tienden a
relacionarlos entre sí creando un imaginario colectivo que no siempre
opera con argumentos racionales y contrastados empíricamente.
La literatura, el cine y la prensa rosa retroalimentan por razones comerciales este imaginario de tal forma que se acaban elaborando leyes penales guiadas más por objetivos políticos coyunturales que por un análisis riguroso de la naturaleza de los nuevos peligros. La línea argumental es aproximadamente la siguiente: la globalización facilita la formación de organizaciones delictivas de nuevo tipo con capacidad de generar grandes beneficios económicos y una extraordinaria movilidad debida al uso de las nuevas tecnologías y a la liberalización del tráfico de personas, mercancías y capitales.
El auténtico poder de los criminales organizados radica no sólo en su capacidad de acumular grandes cantidades de dinero ilegal procedente del narcotráfico sino también de borrar la procedencia de dicho dinero, de blanquear sus extraordinarias fortunas.
Todo ese dinero obtenido de forma ilícita, que busca dotarse de una apariencia lícita y que algunos estudios apresurados estimaron en una horquilla entre 500.000 y un billón de dólares anuales, tiene una capacidad potencial de infiltrar el sistema financiero internacional, de desestabilizar monedas o incluso de asaltar los consejos de administración de las grandes empresas y, por extensión, de infiltrar a los propios gobiernos.
Para combatir estas tendencias se han puesto en marcha sofisticados y costosos sistemas de lucha contra el blanqueo de capitales en la mayoría de los países occidentales. Pero ¿qué es y qué dimensiones tienen realmente ambos fenómenos concretamente en España que es tenida por una “lavadora del dinero ilegal de todo el mundo”?; ¿quiénes son los blanqueadores?; ¿cuánto dinero lavan?; ¿cómo lo hacen?; ¿con qué finalidad?; ¿por qué regiones extienden sus tentáculos?; ¿cuáles son los delitos que generan el grueso del dinero negro?
Para contestar a estas preguntas se creó un grupo de investigación interdisciplinario UCM formado por dos sociólogos (Juan Díaz Nicolás y Armando Fernández Steinko), un analista financiero (Miguel Ángel Villacorta) y una penalista (Araceli Manjón-Cabezas) y dirigido por el profesor Armando Fernández Steinko. Este grupo de investigación realizó un estudio pormenorizado de todos los aproximadamente 430 casos de blanqueo de capitales juzgados en España desde 1995 hasta noviembre de 2010.
Estudiar el mundo de la ilegalidad
La primera sorpresa que se llevaron sus miembros después de recorrerse varios centros de investigación y universidades europeas y americanas, es que apenas existen trabajos que reúnan los requisitos mínimos de cualquier investigación científica. Los escasos trabajos de calidad son estudios puntuales realizados mayormente en universidades europeas.
Prácticamente ninguno de ellos confirma las hipótesis sobre las que se han construido las sofisticadas leyes contra el crimen organizado y el blanqueo de capitales: las cantidades blanqueables que mueve la droga son mucho menos importantes, los empresarios de la cocaína son más arribistas atraídos por los buenos coches, los burdeles y los chalets de pésimo gusto que por el deseo de subvertir el orden socioeconómico, las “organizaciones ilegales” son construcciones poco estables en las que nadie se fía de nadie.
En realidad no es casualidad que apenas existan trabajos empíricos sobre el mundo de las finanzas ilegales. El mundo sumergido no es una especie de doble oscuro del mundo de la legalidad. Para empezar no hay un órgano sancionador que obligue a cumplir los acuerdos entre delincuentes con lo cual las traiciones, los recelos y la opacidad están a la orden del día. Y en segundo lugar porque la ilegalidad tiene que todo el peso de la ley en su contra.
La literatura, el cine y la prensa rosa retroalimentan por razones comerciales este imaginario de tal forma que se acaban elaborando leyes penales guiadas más por objetivos políticos coyunturales que por un análisis riguroso de la naturaleza de los nuevos peligros. La línea argumental es aproximadamente la siguiente: la globalización facilita la formación de organizaciones delictivas de nuevo tipo con capacidad de generar grandes beneficios económicos y una extraordinaria movilidad debida al uso de las nuevas tecnologías y a la liberalización del tráfico de personas, mercancías y capitales.
El auténtico poder de los criminales organizados radica no sólo en su capacidad de acumular grandes cantidades de dinero ilegal procedente del narcotráfico sino también de borrar la procedencia de dicho dinero, de blanquear sus extraordinarias fortunas.
Todo ese dinero obtenido de forma ilícita, que busca dotarse de una apariencia lícita y que algunos estudios apresurados estimaron en una horquilla entre 500.000 y un billón de dólares anuales, tiene una capacidad potencial de infiltrar el sistema financiero internacional, de desestabilizar monedas o incluso de asaltar los consejos de administración de las grandes empresas y, por extensión, de infiltrar a los propios gobiernos.
Para combatir estas tendencias se han puesto en marcha sofisticados y costosos sistemas de lucha contra el blanqueo de capitales en la mayoría de los países occidentales. Pero ¿qué es y qué dimensiones tienen realmente ambos fenómenos concretamente en España que es tenida por una “lavadora del dinero ilegal de todo el mundo”?; ¿quiénes son los blanqueadores?; ¿cuánto dinero lavan?; ¿cómo lo hacen?; ¿con qué finalidad?; ¿por qué regiones extienden sus tentáculos?; ¿cuáles son los delitos que generan el grueso del dinero negro?
Para contestar a estas preguntas se creó un grupo de investigación interdisciplinario UCM formado por dos sociólogos (Juan Díaz Nicolás y Armando Fernández Steinko), un analista financiero (Miguel Ángel Villacorta) y una penalista (Araceli Manjón-Cabezas) y dirigido por el profesor Armando Fernández Steinko. Este grupo de investigación realizó un estudio pormenorizado de todos los aproximadamente 430 casos de blanqueo de capitales juzgados en España desde 1995 hasta noviembre de 2010.
Estudiar el mundo de la ilegalidad
La primera sorpresa que se llevaron sus miembros después de recorrerse varios centros de investigación y universidades europeas y americanas, es que apenas existen trabajos que reúnan los requisitos mínimos de cualquier investigación científica. Los escasos trabajos de calidad son estudios puntuales realizados mayormente en universidades europeas.
Prácticamente ninguno de ellos confirma las hipótesis sobre las que se han construido las sofisticadas leyes contra el crimen organizado y el blanqueo de capitales: las cantidades blanqueables que mueve la droga son mucho menos importantes, los empresarios de la cocaína son más arribistas atraídos por los buenos coches, los burdeles y los chalets de pésimo gusto que por el deseo de subvertir el orden socioeconómico, las “organizaciones ilegales” son construcciones poco estables en las que nadie se fía de nadie.
En realidad no es casualidad que apenas existan trabajos empíricos sobre el mundo de las finanzas ilegales. El mundo sumergido no es una especie de doble oscuro del mundo de la legalidad. Para empezar no hay un órgano sancionador que obligue a cumplir los acuerdos entre delincuentes con lo cual las traiciones, los recelos y la opacidad están a la orden del día. Y en segundo lugar porque la ilegalidad tiene que todo el peso de la ley en su contra.
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SUBTERFUGE
LAS ELECCIONES DEL 20-N Y EL DESARROLLO DEL FACTOR CONSCIENTE
Las elecciones del 20 de noviembre de 2011 tienen lugar en una
situación singular, cuando los cimientos de “España” y Europa crujen y
se agrietan. Lo que madura es una crisis global de Occidente que va
mucho más allá de la economía y que, por tanto, demanda una respuesta
múltiple y compleja, esto es, integral, más allá de las obsesiones
economicistas de una izquierda que sigue siendo el instrumento político
principal del capitalismo y del artefacto estatal, por delante de la
derecha.
La izquierda en el gobierno, el PSOE secundado por el PCE-IU en todo lo
importante, ha destruido la sociedad y ha envilecido a la persona. En
2004-2011 el gobierno izquierdista ha promovido con furor todas las
formas imaginables de no-pensamiento, docilidad, incivilidad,
amoralidad, embrutecimiento, inespiritualidad, deshumanización,
neo-ignorancia, aculturación, chabacanería, egocentrismo, hedonismo,
auto-destrucción del individuo, culto por lo degradado, zafiedad,
enfrentamiento entre las personas, feísmo y barbarie, por medio de sus
muchas religiones políticas y operaciones de ingeniería social. De ello
ha salido una sociedad en descomposición, agónica, y un sujeto
nulificado en trance de dejar de ser humano.
Además, ha devastado la economía, creando un sistema productivo
imposible por parasitario, endeudado, despilfarrador, hiper-consumista,
entregado al gran capital y a la banca, hiper-intervenido por el Estado,
corrupto y supeditado al imperialismo alemán. Así, tenemos 5 millones
de parados, una situación sin salida y el hambre a punto de ser una
lúgubre realidad en cientos de miles de hogares.
Tal es la obra de la izquierda en todas sus manifestaciones, del
progresismo, de la intelectualidad y estetocracia mega-subsidiadas, de
los miles de grupos, tinglados, ONGs y sujetos que han medrado a lo
grande en estos años aciagos con las suculentas subvenciones otorgadas
por el gobierno del PSOE a fin de que hicieran la loa del Estado.
Desde antes incluso de la muerte de Franco la izquierda ha hegemonizado
la vida política del país. Con el final del fascismo se hizo la fuerza
política más influyente, en la que el capitalismo y el Estado se
apoyaron para realizar sus fines en las nuevas condiciones. La infame
Constitución actual, de 1978 (actualización de la no menos infame de
1812), proviene sobre todo de un pacto entre el Estado fascista
reconvertido, representado por Adolfo Suarez, y el Partido Comunista de
España (PCE), a las órdenes de Santiago Carrillo. De ese atroz texto
político-jurídico han salido los males que nos devastan.
El PCE, secundado por el PSOE y la extrema izquierda, frustró en
1974-1978 la posibilidad de una salida revolucionaria a la crisis
general del régimen franquista que permitiera la regeneración de la
sociedad tras 40 años de barbarie. Para ello otorgó un respaldo total al
régimen de dictadura constitucional, partitocrática y parlamentarista
como solución de recambio. Al mismo tiempo destruyó los movimientos
populares, para crear una sociedad de la docilidad y el servilismo, de
la atomización y el individualismo. Desgastado en tan rufianescos
quehaceres sufrió una regresión como partido, siendo sustituido por el
PSOE.
El triunfo electoral del PSOE en 1982 abre un periodo de rápido
crecimiento del capitalismo español, que es promovido a las mil
maravillas por la política e ideología de la izquierda. La acumulación y
concentración de capital progresó a un ritmo vertiginoso y de ello
surgió la empresa multinacional española, que antes no existía. Ésta, la
expresión más temible del capital, fue creada bajo la dirección de los
gobiernos de la izquierda en los años 80 y 90 de la pasada centuria. Hoy
su número rebasa las 2.500. Particularmente cordiales fueron, y son,
las relaciones entre el PSOE y la gran banca.
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samedi 31 décembre 2011
EN 2011, se definio empíricamente la red capitalista que domina al mundo
Un análisis de la ETH de Zurich establece que 1.318 corporaciones controlan la economía global, gracias a sus fuertes interrelaciones
Mientras van aumentando las protestas de la población mundial contra el excesivo poder financiero, la ciencia confirma que los más oscuros temores de los ciudadanos tienen una base empírica. Un análisis que combinó matemáticas y datos, realizado por científicos de la ETH de Zurich, ha revelado que existe un conjunto de 1.318 corporaciones –casi todas instituciones financieras- que dominan la economía global, gracias a sus fuertes interrelaciones. Esta organización de las corporaciones supone un grave riesgo para la red económica general, cuya inestabilidad fomenta. La solución, según los expertos: controlar los vínculos entre los más poderosos a través de normas de regulación internacionales. Por Yaiza Martínez.
Mientras van aumentando las protestas de la población mundial
contra el excesivo poder financiero, la ciencia confirma que los más
oscuros temores de los ciudadanos tienen una base empírica.
Según publica la revista Newscientist, un análisis realizado por especialistas de la Escuela Politécnica Federal de Zürich (ETH), en Suiza, sobre 43.000 corporaciones transnacionales (CTs) ha revelado que un relativamente pequeño grupo de organizaciones, principalmente bancos, cuentan con un poder desproporcionado sobre la economía global.
Los resultados de dicho análisis podrían ayudar a identificar fórmulas para construir un capitalismo global más estable, afirman los autores del estudio.
Análisis basado en la realidad
La investigación, llevada a cabo por los teóricos de sistemas complejos de la ETH, Stefania Vitali, James B. Glattfelder y Stefano Battiston, es la primera que va más allá de la ideología para identificar empíricamente la red mundial del poder económico.
Combinando matemáticas ya utilizadas para modelar sistemas naturales con datos integrales de las corporaciones, los científicos elaboraron un mapa de los dominios de las corporaciones transnacionales de todo el mundo.
Según James Glattfelder, uno de los autores del estudio: “La realidad es tan compleja que debíamos movernos más allá de los dogmas y de las teorías conspirativas del mercado libre, para generar un análisis basado en la realidad”.
Estudios previos habían constatado que unas pocas CTs manipulaban una gran parte de la economía mundial, pero éstos habían incluido sólo a un número limitado de corporaciones y habían omitido posesiones indirectas (de acciones o participaciones en otras organizaciones), por lo que no pudieron establecer cómo afectaba la red de corporaciones a la economía global, por ejemplo, a su grado de estabilidad.
Según publica la revista Newscientist, un análisis realizado por especialistas de la Escuela Politécnica Federal de Zürich (ETH), en Suiza, sobre 43.000 corporaciones transnacionales (CTs) ha revelado que un relativamente pequeño grupo de organizaciones, principalmente bancos, cuentan con un poder desproporcionado sobre la economía global.
Los resultados de dicho análisis podrían ayudar a identificar fórmulas para construir un capitalismo global más estable, afirman los autores del estudio.
Análisis basado en la realidad
La investigación, llevada a cabo por los teóricos de sistemas complejos de la ETH, Stefania Vitali, James B. Glattfelder y Stefano Battiston, es la primera que va más allá de la ideología para identificar empíricamente la red mundial del poder económico.
Combinando matemáticas ya utilizadas para modelar sistemas naturales con datos integrales de las corporaciones, los científicos elaboraron un mapa de los dominios de las corporaciones transnacionales de todo el mundo.
Según James Glattfelder, uno de los autores del estudio: “La realidad es tan compleja que debíamos movernos más allá de los dogmas y de las teorías conspirativas del mercado libre, para generar un análisis basado en la realidad”.
Estudios previos habían constatado que unas pocas CTs manipulaban una gran parte de la economía mundial, pero éstos habían incluido sólo a un número limitado de corporaciones y habían omitido posesiones indirectas (de acciones o participaciones en otras organizaciones), por lo que no pudieron establecer cómo afectaba la red de corporaciones a la economía global, por ejemplo, a su grado de estabilidad.
A partir de esta información, los científicos elaboraron un modelo sobre el control de estas corporaciones sobre otras, a través de las redes de compra de acciones. De esta forma, se generó un mapa de la estructura del poder económico en el mundo.
Una súper entidad altamente cohesionada
El resultado, que será publicado en la revista PloS One, reveló que existe un núcleo de 1.318 corporaciones que interbloquean las posesiones generales. Cada una de estas organizaciones tiene lazos con otras dos o más corporaciones, aunque de media están conectadas con un total de 20.
Además, aunque estas 1.318 organizaciones reúnen el 20% de los ingresos operacionales globales, en realidad poseen colectivamente, a través de sus participaciones, la mayoría de las acciones y fábricas del mundo – la economía “real”-, con las que acumulan más de un 60% de los ingresos globales.
Profundizando más en la red de posesiones mundial, los investigadores constataron además que existe una “súper entidad”, formada por sólo 147 corporaciones muy cohesionadas entre sí. Las posesiones de cada una de ellas son sostenidas por el resto de los miembros de esta súper entidad, que controla el 40% de la riqueza total de la red.
Glattfelder señala que “en efecto, menos del 1% de las corporaciones del mundo pueden controlar el 40% de toda la red económica”. La mayoría de estas corporaciones son instituciones financieras. Entre las 20 primeras están Barclays Bank, JpMorgan Chase & Co, y el Grupo Goldman Sachs.
Es necesario limitar el poder económico
Un aspecto esencial del mapa del monopolio económico del mundo es que muestra que este tipo de redes nucleares son inestables: “Si una de las empresas que la componen tiene problemas, éstos se propagan”, explica Glattfelder. El colapso financiero de 2008 ha demostrado esta inestabilidad, según publica al respecto Dailymail.
Pero la identificación de la arquitectura del poder económico global podría ayudar a hacer que dicha arquitectura sea más estable: definir los aspectos vulnerables del sistema ayudaría a los economistas a sugerir medidas para prevenir futuros colapsos que se extiendan a toda la red.
En este sentido, Glattfelder afirma que son necesarias normas globales contra los monopolios que permitan limitar las interconexiones excesivas entre las corporaciones transnacionales. Este tipo de normas actualmente sólo existen a nivel nacional.
Otros expertos sugieren que una posible solución sería gravar con impuestos el exceso de interconexiones entre las CTs, con el fin de reducir los riesgos derivados de sus interrelaciones.
Según los científicos de Zurich, la gran pregunta ahora es si el poder político puede ejercer semejante autoridad sobre las corporaciones. De cualquier manera, los cambios para resistir a la estructura de la red económica global son de interés común.
samedi 24 décembre 2011
Philosophie, économie & management
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jeudi 22 décembre 2011
L’actualité de la crise : LE CAPITALISME ASSISTÉ, par François Leclerc
SOURCE : http://www.pauljorion.com/
Qualifié de sugar rush (bouffée d’énergie après avoir mangé un
aliment sucré) par les analystes financiers anglo-saxons, le prêt de
489 milliards d’euros de la BCE n’a pas longtemps enthousiasmé les
marchés. Après une brève envolée, il s’est produit le contraire de ce
qu’il était espéré : l’ampleur même de l’opération et des besoins
qu’elle a révélée a amplifié les craintes des investisseurs, sur le
thème “nous en sommes donc là ?”.
Deux constatations découlent de
cette opération, l’une évidente et l’autre plus masquée. La première est
que le système bancaire européen – puisque l’attention est focalisée
sur lui – est devenu un zombie : une créature ayant seulement
l’apparence de la vie. Une aide permanente lui est devenue nécessaire,
en substitut des mécanismes de marché qui lui permettaient auparavant de
fonctionner. Induisant une question qui n’est pas encore posée et qui
ne devrait pas tarder à l’être : qu’en sera-t-il à l’échéance de trois
ans du prêt de la BCE ? Devra-t-il être renouvelé et entrerons-nous
ainsi dans une nouvelle phase du capitalisme, le capitalisme assisté ?
La seconde remarque est que la BCE est devenue la bad bank
de la zone euro, acceptant en garantie des actifs (le collatéral) en
étant de moins en moins regardante sur leur qualité, tout en mettant en
avant la décote qu’elle opère pour se prémunir de tout risque en les
accueillant, sans faire preuve à cet égard d’une quelconque
transparence. La finance a décidément besoin de zones d’ombre : il y a
sa face visible et sa face cachée. Le parler allusif des banquiers
centraux et l’obscurité voulue de leurs bilans sont sur la tranche.
Le tour de passe-passe qui vient d’être opéré sous nos yeux est donc la création – non revendiquée – d’une bad bank
pour toute la zone, qui vient suppléer celles qui ont déjà été crées en
plus modeste en Irlande et en Allemagne, imprimant une trajectoire que
le gouvernement espagnol aimerait bien suivre pour sa part.
Le
nombre des établissements ayant demandé à bénéficier de ce prêt est
connu – 523 banques – mais leur identité ne l’est pas. On croit
toutefois savoir que les banques italiennes ont été particulièrement
bien servies. Selon Reuters Thomson, une douzaine d’entre elles, dont
les plus importantes, auraient demandé et obtenu 116 milliards d’euros à
elles seules, soit plus du quart de l’ensemble des prêts accordés. Mais
il est intéressant de noter, selon ces informations, que les banques
auraient beaucoup utilisé du collatéral garanti par l’État. Ce qui
signifie deux choses : qu’il est de mauvaise qualité, puisqu’une telle
garantie s’impose, et que c’est en dernière instance l’État qui prend le
risque. Ni vu, ni connu : la bad bank est adossée aux États, comme il se doit.
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mercredi 21 décembre 2011
LA FOIRE AUX ZOMBIES CONTINUE! Le zombie pour parler de consommation et de décroissance
SOURCE : Éducation & environnement
Des observations récentes amènent à penser que l’Homme est en train
de « se zombifier ». La question sérieuse posée à l’occasion de cette
métaphore amusante est celle de la part réelle de conscience et
d’analyse de l’information dans le contrôle de nos actes. Le recours à
l’image du zombie peut alors permettre d’appréhender le comportement
humain et la société sous un angle critique.
Voici une petite réflexion guidée par la mise la parallèle des
documentaires « Simplicité volontaire et décroissance » de Jean-Claude
Decourt et les films d’horreur de Georges Romero, à prendre avec
légèreté… mais pas trop…
Ce zombie qui est (en) nous…
De nombreux hommes et femmes voient leur vie s’abîmer dans une
société capitaliste irrationnelle, contradictoire et violente. Ils sont
confrontés à un sentiment d’incontrôle et d’incompréhension que le
psychologue Martin Seligman a étudié de manière expérimentale en 1974 et
baptisé « learned helplessness » ou résignation acquise. Cet état de
privation de contrôle, effective ou perçue, induit des déficits
cognitifs (difficultés d’apprentissage), motivationnels (difficulté à
émettre des réponses volontaires) et affectifs (augmentation des affects
négatifs). Les individus font l’apprentissage d’une relation
d’indépendance entre leurs actes et leurs résultats et sont plongés dans
un état d’épuisement cognitif. Pour expliquer des situations complexes,
ils se limitent alors à des informations immédiatement disponibles et
ont davantage recours des solutions dites cognitivement moins coûteuses,
des heuristiques de raisonnement, des croyances, des stéréotypes, etc.,
(François Ric) (1). L’état de « learned helplessness » rend l’individu
passif et inapte au raisonnement complexe. Il est en quelque sorte
« zombifié ».
Exemple de message simple au service d’une idéologie
asséné à une population maintenue dans la passivité
dans Invasion Los Angeles.
Une mise en parallèle du comportement du consommateur-travailleur et de celui du zombie
Ce qui caractérise principalement le zombie, c’est son absence de
conscience, ou plus précisément d’expérience consciente. Le zombie n’est
pourtant pas sans cerveau. Autrefois humain, le seul moyen de s’en
débarrasser reste d’ailleurs celui de lui tirer une balle dans la tête.
Mais l’organe est devenu incapable de diriger le comportement alors
réduit à l’expression de simples actes pulsionnels non pensés. C’est cet
aspect instinctif et non réfléchi du zombie, comme absent de lui-même,
qui est utilisé métaphoriquement pour décrire l’humain moderne
crée par la société de (sur)consommation. L’individu semble absorber
passivement les messages. Noyé dans un flot d’informations complexes et
désordonnées et assommé par un discours consumériste au service d’une
croissance illimitée, il devient un consommateur-zombie dont le
comportement consiste en une série de réflexes souvent irrationnels et
conditionnés par la publicité.
Critique de la société de consommation
dans Zombie.
« Qui sait si, lorsque nous contemplons la vache, nous ne sommes pas
en train de contempler l’homme du futur ? » (Vilèm Flusser) (2). Le
zombie de George Romero, c’est aussi la vache de Vilèm Flusser. Un Homme
passif, programmé et dont les performances sont « améliorées » pour
être mises au service de l’industrie dans une société hyper-technicisée
et automatisée. « Les technologies sont faites pour nous séparer de
notre action, nous déresponsabiliser, nous rendre inutile, c’est
mortifère. » (Alain Gras, sociologue et écrivain) (6). Le zombie, c’est donc également le travailleur robotisé de METROPOLIS. Un
travailleur fantasmé par une société productiviste qui rêve de
disposer, voire de fabriquer, des unités de travail interchangeables,
programmables, flexibles et jetables, de simples « variables
d’ajustement ».
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dimanche 11 décembre 2011
LA DETTE COMME "MOTEUR" DE L'HISTOIRE
un distributeur de billetsde l’empire romain |
L’esclavage de la dette - Comment elle a détruit Rome et comment elle nous détruira si nous la laissons faire (CounterPunch)
Michael HUDSON
Le livre V de La Politique
d’Aristote décrit l’éternel cycle des oligarchies qui se transforment
en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des
tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de
"mettre la multitude dans leur camp" et de réinstaurer la démocratie
dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi
de suite tout au long de l’histoire.
La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les
stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de
créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux
leaders ("tyrans" dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le
soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens
ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour l’état.
Depuis la Renaissance, cependant, les banques se sont mises à
soutenir les démocraties. Non pas par souci de liberté ou d’égalité mais
bien plutôt pour sécuriser leurs prêts. Comme l’a expliqué James
Stuart en 1767, les emprunts royaux restaient des affaires privées
plutôt que des dettes publiques. Pour qu’une dette souveraine devienne
la responsabilité d’une pays tout entier, il fallait que des
représentants élus puissent faire passer des augmentations d’impôts pour
payer les intérêts.
En accordant aux contribuables une voix au gouvernement, les
démocraties anglaises et hollandaise ont donné aux créanciers de bien
meilleures garanties de remboursement que les rois et les princes dont
les dettes s’éteignaient avec eux. Mais à cause des récentes
protestations contre la dette, de l’Islande à la Grèce en passant par
l’Espagne, les créanciers retirent leur adhésion aux démocraties. Ils
exigent l’austérité fiscale et même la privatisation des biens publics.
La finance internationale est devenue le fer de lance d’un nouveau
type de guerre. Son objectif est le même que la conquête militaire
d’autrefois : s’approprier la terre et les ressources minières, ainsi
que les infrastructures communales et les revenus de l’extraction. En
réponse les démocraties exigent des référendums pour choisir de payer ou
non les créanciers en vendant le domaine public et en augmentant les
impôts, ce qui engendrera du chômage, des baisses de salaire et une
récession économique. L’alternative étant de réduire le montant de la
dette ou même de l’annuler et de remettre en place des règles pour
contrôler le secteur financier.
Des dirigeants du Proche Orient ont effacé leurs ardoises pour maintenir l’équilibre économique
Faire payer un intérêt sur l’argent ou les marchandises livrées en
avance de règlement n’avait pas pour but au départ de cliver l’économie.
Lorsqu’il a été institué pour la première fois au troisième millénaire
avant JC par un accord contractuel entre les temples et les palais
sumériens et les marchands et les entrepreneurs qui travaillaient dans
la bureaucratie royale, l’intérêt était de 20% (le capital doublait en 5
ans) et représentait une honnête part des profits générés par le
commerce de longue distance ou la location de terre ou d’autres biens
publics comme des usines, des navires et des maisons à boire.
Quand la pratique a été privatisée au profit des collecteurs royaux
de redevances et de loyers, "la royauté divine" protégeait les
créditeurs agricoles. Les lois de Hammourabi (vers 1750 avant JC) ont
décrété la suppression de leurs dettes en cas d’inondation ou de
tornade. Tous les dirigeants de la dynastie babylonienne, en montant sur
le trône, annulaient les dettes des paysans afin de leur permettre de
repartir à zéro. Le travail gratuit des débiteurs, les hypothèques sur
la terre ou la récolte et autres obligations étaient annulés pour
"réinstaurer l’ordre" dans une situation idéale d’équilibre "originel".
Cette coutume s’est poursuivie avec l’année du Jubilée de la Loi de
Moïse comme elle est décrite dans le Lévitique 25.
La logique était claire. Les sociétés anciennes avaient besoin de
lever des armées pour défendre leur terre et pour cela il leur fallait
libérer les citoyens de l’esclavage. Les lois de Hammourabi empêchaient
les conducteurs de chars et autres combattants d’être réduits en
esclavage à cause de leur dette et empêchaient les créanciers de prendre
les récoltes des tenanciers des terres royales, publiques et communales
qui étaient redevables au roi de service sur ses terres et dans son
armée.
En Egypte, le pharaon Bakenranef (vers 720-715 avant JC, “Bocchoris”
en Grec) a proclamé une amnistie de la dette et aboli l’esclavage des
endettés devant la menace d’une invasion militaire de l’Ethiopie. Selon
Diodore de Sicile, (I, 79, écrit en 40-30 avant JC), il a établi que si
un débiteur contestait sa dette, la dette était annulée si le créancier
ne pouvait présenter un contrat écrit. (Il semble que les créanciers
aient toujours eu tendance à exagérer le montant des dettes). Le pharaon
pensait que "les corps des citoyens devaient appartenir à l’état afin
que l’état puisse bénéficier des services que les citoyens lui devaient
en temps de paix comme en temps de guerre. Car il se disait qu’il serait
absurde qu’un soldat... soit mis en prison par son créancier pour ne
pas avoir remboursé un prêt et que l’avidité de personnes privées mette
ainsi en danger la sécurité de tous."
Le fait que les principaux créanciers du Proche Orient étaient les
rois, les temples et leurs collecteurs facilitait l’annulation des
dettes. Il est toujours plus facile d’annuler les dettes qu’on vous doit
à vous. Même les empereurs romains ont brûlé des livres d’arriérés
d’impôts pour empêcher une crise. Mais il est devenu beaucoup plus
difficile d’annuler des dettes dues à des créanciers privés quand la
pratique de l’intérêt s’est répandue à l’ouest vers les royaumes de la
Méditerranée à partir de 750 avant JC environ. Au lieu de permettre aux
familles d’équilibrer les recettes et les dépenses, la dette est devenue
le principal facteur des expropriations et du clivage des sociétés en
deux camps : l’oligarchie créditrice et les clients endettés. En Judée,
le prophète Isaïe (5:8-9) condamne les créanciers qui saisissent les
bien hypothéqués et "ajoutent maisons aux maisons et champs au champs au
point qu’il ne reste plus d’espace libre et qu’ils se retrouve les
seuls habitants du pays".
Le pouvoir des créanciers et la croissance stable n’ont jamais fait
bon ménage. La plupart des dettes personnelles de la période classique
étaient constituées de petites sommes d’argent prêtées à des individus
au seuil de la pauvreté qui avaient du mal à joindre les deux bouts. La
saisie de leur terre et de leurs biens —et de leur liberté personnelle—
enchaînaient irréversiblement les débiteurs. Au 7ième siècle avant JC,
des "tyrans" (leaders populaires) se sont levés pour renverser les
aristocraties de Corinthe et d’autres riches cités grecques en obtenant
le soutien populaire par l’annulation des dettes. D’une manière moins
autoritaire, Solon, a fondé la démocratie athénienne en 594 avant JC en
interdisant l’esclavage de la dette.
Mais les oligarchies se sont reformées et ont appelé Rome à la
rescousse quand les rois de Sparte, Agis, Cléomène et leur successeur
Nabis ont voulu effacer les dettes à la fin du 3ième siècle avant JC.
Ils ont été assassinés et leurs supporters chassés. Depuis l’antiquité,
ça a été une constante politique de l’histoire que les créanciers
s’opposent à la fois à la démocratie populaire et au pouvoir royal qui
pouvaient tous les deux empêcher la conquête de la société par la
finance —une conquête qui a pour objectif de transformer en dette
productrice d’intérêts autant de pans de l’économie qu’il est possible.
Quand les frères Gracchus et leurs adeptes ont essayé de réformer les
lois sur le crédit en 133 avant JC, la classe sénatoriale dominante a
réagi avec violence et les a fait assassiner, inaugurant de la sorte un
siècle de guerre sociale qui s’est terminée avec le sacre de l’empereur
Auguste en 29 avant JC.
L’oligarchie créancière romaine gagne la Guerre Sociétale, réduit la population en esclavage et c’est le début des années noires
Les choses étaient plus sanglantes à l’étranger. Aristote n’a pas
mentionné la construction d’une empire dans son schéma politique, mais
la conquête étrangère a toujours été un instrument capital dans la
création de dettes et les guerres ont été la cause principale des dettes
publiques des temps modernes. Rome a été le plus intraitable créancier
de l’Antiquité ; ses collecteurs rançonnaient l’Asie Mineure, sa
province la plus prospère. Le droit n’existait plus quand les
"chevaliers" qui levaient le tribut arrivaient. Mithridate de Ponts a
mené trois révoltes populaires et les populations d’Ephèse et d’autres
cités se sont soulevées et ont tué 80 000 Romains en 88 avant JC selon
les estimations. L’armée romaine a riposté et Sulla a imposé un tribut
de guerre de 20 000 talents en 84 avant JC. En 70 avant JC les amendes
pour les intérêts en retard avaient multiplié la somme par six.
Tite Live, Plutarque et Diodore, entre autres historiens célèbres de
Rome, ont rejeté la responsabilité de la chute de la République sur
l’intransigeance des créanciers qui a provoqué une guerre sociétale de
100 ans (133 à 29 avant JC) marquée par les meurtres politiques. Des
leaders populaires ont essayé d’obtenir le soutien populaire en
demandant l’annulation de la dette (la conspiration de Catilina en 63-62
avant JC). Ils ont été assassinés. Au 2ième siècle après JC, environ un
quart de la population était réduite en esclavage. Au 5ième siècle,
l’économie de Rome s’est effondrée car il ne lui restait plus un sou.
Pour survivre les gens retournèrent dans les campagnes.
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