Source : BLOG DE PAUL JORION
Des deux côtés de la méditerranée, les peuples s’indignent de la
corruption tandis que dans le même temps, les journaux alignent
« affaires » sur « affaires ». Mardi matin sur France Culture,
Marc Voinchet abordait la corruption en compagnie de Pierre
Lascousmes, de Raphael Einthoven et de Leyla Dakhli, tandis que Pierre
Péan était « l’invité sur bande magnétique ». Je crois utile
d’interroger cette montée « en puissance médiatique » du thème de la
corruption avant que la saturation de nos consciences n’occulte, une
fois encore, son historicité au nom de sa naturalité supposée (Lucien Ayissi - Corruption et Gouvernance ).
Sur la même radio, à 18h, dans sa chronique quotidienne, Alain-Gérard
Slama reprenait ce thème pour souligner en substance que, par la
corruption, le capitalisme creusait sa propre tombe ! Alors au fond, si
la situation est si sérieuse, les médias auraient pu s’en occuper avant
et avec autant de pugnacité, le phénomène est si massif ! Devant cet
état de fait, il me semble légitime de tenter de comprendre comment
cette spectaculaire mise en avant-scène pourrait n’avoir pour effet que
de permettre, sans plus d’examen, de tourner la page du rôle de la
corruption dans l’histoire des soixante dernières années du capitalisme ?
