LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



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mardi 21 février 2012

5 MINUTES DE COURAGE: LES PARADIS FISCAUX ET LES ENFERS SOCIAUX (par Julien Alexandre)

source : Paul JORION

Rappelez-vous, c’était en 2009, il y a maintenant une éternité. La crise financière était à son paroxysme, et le G20 avait décidé de confier à l’OCDE la difficile mission de dépeindre la réalité de l’opacité financière en gris et noir, afin de classer les juridictions non coopératives jugées respectivement « en voie de progrès » ou bien totalement « opaques » ; le blanc immaculé était évidemment de rigueur pour les juridictions coopératives.
Après les proclamations d’usage – « Les paradis fiscaux, c’est fini ! » – vint rapidement le temps des désillusions : la méthode engagée pour lutter contre ces juridictions non transparentes était celle de la diplomatie non coercitive, sous la forme de simples conventions de coopération. C’est ainsi que la Suisse et Monaco, en signant une douzaine de conventions juste avant l’ouverture du sommet du G20, avaient réussi à ne pas figurer sur les listes de la honte. Surtout, les critères retenus pour les pays qui y figuraient à l’issue du sommet prêtaient au mieux à rire, au pire à crier au scandale tant ils faisaient la part belle à l’interprétation pour ne pas froisser les poids lourds qui auraient peu goûté de se retrouver livrés en pâture à une opinion publique qui ignorait probablement que certains paradis fiscaux étaient hébergés par les plus grandes puissances économiques de ce monde, comme les États-Unis ou l’Angleterre. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’affaire fut entendue : des accords bancals étaient signés, les listes étaient vidées de leurs figurants pressés de regagner la blancheur OCDEienne qu’ils souhaitaient éternelle et qui était réservée aux pays faisant preuve de transparence dans leurs activités financières.

Mieux, certains établissements financiers plus ou moins désignés volontaires décidaient en leur âme et conscience de liquider toutes affaires cessantes leurs filiales dans les paradis fiscaux.