[Voici le texte écrit de la conférence prononcée par Michel Drac sur Teamspeak le 18 septembre 2011. Le texte oral peut différer légèrement, pour des raisons de forme.]
Un
rapide tour d’horizon, pour ouvrir le débat. Aucune technique
financière : nous allons résumer la situation sans entrer dans les
détails. On pourra le faire dans les questions, si vous le souhaitez.
La
crise actuelle n’est pas une simple crise d’ajustement. Ce n’est pas
une crise comme celle de la fin des années 50, comme celle des années
70, comme celle de 1993. Selon les points de vue, on peut la regarder
comme un effondrement civilisationnel, un coup d’Etat ou une crise du
sens.
Effondrement
civilisationnel, j’ai presque envie de dire religieux, parce que ce qui
implose, c’est une religion, une religion qui servait de soubassement à
une civilisation : la religion du Progrès. Cette religion annonçait que
l’humanité fabriquerait elle-même le Millenium, le millénaire d’or, par
la technoscience et le développement quantitatif indéfini.
Coup
d’Etat, parce que les « élites » de cette civilisation défunte vont
tenter de sauver leur rêve, jadis fait pour toute l’humanité, en le
restreignant en gros à elles seules, et, disons, à une minorité qui leur
sera associée – ceux qu’un Jacques Attali appelle les hypernomades.
Crise
du sens, enfin, si l’on remonte aux interprétations les plus hautes,
parce que derrière la religion du Progrès, ce qu’il y avait, c’était une
certaine façon de concevoir l’élaboration du sens dans le cerveau
global des grands systèmes fédérateurs – une élaboration du sens par la
quantité.
