LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



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jeudi 8 décembre 2011

Délocaliser pour les nuls

ci joint un texte piqué dans le blog attali -quand il avait sa commission-
voyez le cynisme
64. Le samedi 29 septembre 2007 à 22:56, par Leon
Réponse aux critiques « des délocalisations et des responsables-coupables présumés ».
Je me présente :
Mon nom est Léon, DERMAYERS Léon, je suis Allemand mais de mère Française, j’avais 8 ans en mai 1945 et je me rappelle des bombardements de ce printemps 45. – Ceux sont mes souvenirs principaux de mon enfance, des souvenirs de fin du monde, de l’apocalypse, de la vision d’un enfant sur de nombreux trépas violents dans l’effondrement de l’immeuble.
Puis ce ne fut pas la fin, et la vie a repris, ainsi que la frénésie de construire, de bâtir toujours plus, d’oublier cette guerre, d’avoir été à l’Ouest plutôt qu’à l’Est. – Vivre dans la joie. -
Après les trente « glorieuses » j’ai démarré « l’expatriation », la découverte d’autres mondes.
Dans une équipe de vente d’infrastructure industrielle en Iran au et Moyen Orient.
L’entreprise ayant eu quelques difficultés de non-paiement, je me retrouve à 52 ans sans emploi
Après quelques échecs d’embauches (déjà trop vieux), un Bâtisseur d’Empire dans l’équipement automobile, visionnaire et en avance sur tous ses concurrents, ma confié une mission fort lucrative que j’ai mené d’abord avec professionnalisme puis avec « passion ».
- Il m’avait surtout embauché pour la connaissance des langues étrangères -
J’étais devenu un des premiers « délocalisateurs » à la suite de la chute du mur de Berlin.
Pour devenir un « bourreau efficace », il fallut d’abord être une « victime bien consciente de la nature humaine ».
- C’était mon cas, et cela été très utile -
Mais pour répondre aux nombreuses critiques, je ne pense pas faire parti des gens qui manquent de courage, bien au contraire, surtout à fréquenter de si « nombreux lâches » qu’ils soient diplômés ou non.
Je vais donc vous compter l’histoire d’un « Système », vu par un qui était fortement impliqué (moi-même) puisque j’ai organisé la fermeture de 8 usines en Europe Occidentale, soit 1100 emplois, mais j’ai aussi contribué à la croissance de 12 usines à l’Est Hongrie, Tchéquie, Pologne, Ukraine, Émirats, Turquie, Mexique, Chine, Afrique du Sud, puis Roumanie, Inde, Brésil soit la création de 3000 emplois et plus aujourd’hui.
Et je n’ai pas l’intention d’avoir des remords ni des regrets, j’ai fait un métier, et je ne me suis pas embarrassé de considérations métaphysiques ou philosophiques.
Certes mon salaire pour cette prestation était à la hauteur de mes talents qui s’affinaient au fil du temps.
Les pleutres, les sans-courages c’étaient les employés des entreprises-cibles dans leur grande majorité, des victimes-nés pour la plupart.
Eh oui, comme disais un de vos « blogeurs » : 10 % de collabos, 80 % de majorité silencieuse ( si silencieuse que je n’ai jamais su s’il y avait un seul courageux dans le tas) et 10 % de rebelles pour qui j’avais finalement le plus d’estime, car ils tentèrent de vaines résistances.
Résistances réprimandées par mes subordonnés si obéissants, qu’ils anticipèrent des actions sans que j’eusse seulement à les exprimer ni oralement, ni clairement !
Le plus surprenant, j’ai pratiqué cela dans 4 pays différents avec toujours une résistance faible mais identique d’un site à l’autre, avec peut-être une particulière mollesse en Allemagne.
En résumé : Tous les 18 mois fermer un site industriel de production en silence mais dans les délais, faire envoyer la production vers un pays ou les gens sont peu rémunérés, donc accroître sensiblement les marges bénéficiaires. – C’est pourtant un but simple et compréhensif : gagner de l’argent « Viel, gut und schnell » -
Voici la « Méthode » :
1) Être nommé pompeusement par le « patron de la holding » : CEO de l’entreprise cible.
2) Vite distinguer les employés des catégories extrêmes : les collaborateurs et les rebelles
3) Promouvoir les collabos, ménager un peu les rebelles au début, puis les laissez aux mains des directeurs si obéissants.
4) Communiquer : expliquer la situation économique, mondialisation, coût concurrence, marchés émergeants, Joint-Venture, croissance à deux chiffres, nouveaux besoins, etc.…Bla-bla ….
5) Choisir soigneusement les employés intéressés par un voyage, une découverte vers un pays lointain : de préférences des « petits chefs ». Les amener vers le pays « d’accueil ».(Ils deviennent importants, cela faisait longtemps que personne n’avait finalement observé leur qualité.)
6) Placer les quelques rebelles ayant survécus aux « purges » vers les fonctions commerciales avec des ambitions de croissance telles qu’ils se réjouiront bientôt de produire dans les « Low Costs ».
7) Faire envoyer progressivement une production partielle déficitaire, puis une autre moins déficitaire etc..
8) Transformer le site de production en « Center of Competence », cela donne de l’importance au Directeur Général promu et favorise le transfert.
9) Annoncer un déficit chronique du site de production, le provoquer si nécessaire.
10) Réduire l’effectif par tranche de 15 %, avec la complicité des 85 % momentanément encore en place.. « Kleinmutigkeit der Leute »
10 bis) Réitérer ceci tous les 4 à 6 mois
11) Lorsqu’il n’y a plus de production, fermer la « boutique », car un nouveau COC a été mis en place sur le site de production d’accueil. Les Tchèques ayant une grande tradition industrielle, ils se sont finalement vite adaptés à produire, innover et à développer. – Ils travaillent plus et coûtent moins chers -
12) Déplacer les quelques commerciaux restant vers un site de taille réduite, et vendre le site à des promoteurs immobiliers. – The End -
- En Europe, l’Allemagne l’a initié, la France a suivi le mouvement. -
Voici en 12 points, les grandes lignes d’une délocalisation réussie.
Coût : de 6 mois à 10 mois de masse salariale annuelle + frais liés aux transports et déménagements – vente des terrains de constructions.
Gain une marge bénéficiaire remontée de 2 à 35 points soit un retour d’investissement (ROI ) inférieur à 18 mois.
Ceci est valable si vous les premiers à le faire et si vous êtes leste.
Ceux qui arrivent après les autres peuvent se retrouver rapidement en posture plus délicate et si le processus de délocalisation s’éternise, le « Return Of Inversement » peut se rallonger dangereusement.
Donc n’est pas « Délocalisateur qui veut », c’est un métier ou la connaissance de la psychologie humaine est primordiale. C’est la gestion de la décroissance d’un lieu et de la croissance d’un autre lieu.
Bien sûr, j’ai été décrié, mais finalement si peu et surtout rarement en face.
J’ai eu droit à tous les surnoms, « Le Bosch », en France, « Joé » : allusion à Joé Dalton dans Lucky Luke, Le « Ballafré » ma cicatrice au visage d’avril 1945, « Terminator », « Exterminator », « Délocalisator » , « Special winner, serial killer », « Louis de Funès » en Allemagne seulement parce que je parlait aussi le Français, etc…. Mais tout cela m’était égal.
J’étais un élément d’un « Système », et je comprenais les motivations de mon « Employeur » qui s’est adapté à la croissance d’un monde en mouvement, qui pensait sincèrement maintenir son empire par la construction de sites de production dans les pays émergeants, et qui avait au fond moins d’empathie pour ses trop « gâtés » compatriotes d’Allemagne que pour les populations d’Asie.
Et il avait compris que dans ce système, il fallait jouer en premier et rapidement.
La responsabilité de ce « Système » est collective. :
La « classe économique dirigeante » : pour un maintient de ses Empires ( un Empire par définition est vaste, et la terre est finalement si petite, – moins d’un jour de voyage d’un endroit à n’importe quel autre – )
La « classe politique » : pour préserver une illusion d’un maintient du niveau de vie à leurs électeurs. – repousser le problème dans le temps, comme votre « Louis XV ».
Les « consommateurs-électeurs » qui recherchent le meilleur rapport qualité-coût.
Et moi bien sûr, qui était doué pour être un acteur de ce « Système »e, – ne soyons donc pas modeste -, qui a vécu très confortablement, qui a goûté la bonne chaire dans tous ses aspects, qui pourra mourir sereinement car si j’ai connu l’enfer des bombes dans ma prime jeunesse, j’ai connu une fin paradisiaque, égoïstement certes, et avec une pointe de cynisme, mais c’était si exaltant.
Dans votre littérature j’ai retenu deux choses que je cite :
Élie Wiesel : Il y a des bons et des mauvais partout, ce qui est dangereux c’est l’indifférence de la grande masse qui laisse faire.
Et
Les riches sont cyniques … et …. les pauvres sont résignés et pour cause.
Ou encore une troisième sur notre sujet :
Le « Système » des délocalisations ressemble à la vente pyramidale, quelques gros bénéficiaires audacieux et lestes et beaucoup de « Loosers » qui subissent individuellement et dans l’isolement ». Avec la participation de la « lâcheté du plus grand nombre, qui s’accrochent à juste encore survivre quelques temps »
- Rajoutez encore un régime de terreur dû à une situation de guerre qui s’enlise, et vous imaginez ce que cela peut produire. – Rien de neuf sous le soleil, après tout
Requête :
Ce qui m’intéresserait, c’est de vous rencontrer, vous, les 43 membres de votre commission.
J’ai lu vos CV, des parcours fort intéressants, une belle équipe, peut-être un peu éloigné du terrain, trop habitué aux conforts attribués aux « Élites » .
J’ai eu affaire à tant de personnages et d’en comprendre leurs mécanismes, leurs vrais motivations, leurs peurs profondes si bien dissimulées, que je pourrais faire la synthèse des résultats de votre commission avant même que vous les synthétisés. Cela dépend de vos natures profondes ( si vous êtes courageux et sincères ou si …)
C’est aussi cela le talent du « Delocalisator ».
Je vous laisse mon adresse e-mail et me tient à votre disposition.
Je sais que la probabilité de cette rencontre est très faible, et c’est dans la « normalité humaine ».
En fait pendant mes missions, j’ai promu tellement de monde à des rôles de direction « Geschäftführer », « Plant Manager » « Diretor da manufatura » « Président Directeur Général», que j’ai une connaissance approfondie de la nature des plus ambitieux.
Plusieurs années après la fermeture de leurs sites, ils sont restés amicaux avec moi, et me souhaitent une « Bonne Année » et même un « Joyeux Anniversaire ». – Les niais ! -
Mes « victimes sans grades» se sont retournées parfois contre les cadres collaborateurs, jamais contre moi.
Comme votre plus célèbre des Français d’aujourd’hui, je disais la vérité dès le départ, et il est vrai que beaucoup ne voulaient tout simplement pas entendre la vérité.
- C’est quand même extraordinaire -
Im letzten Monat war ich in einer Fabrik im Osten, und ich habe gehört, was ein Franzose über eurem neuen Präsidenten erzählt hat zu die Mitarbeitern.
„Unser Präsident ist der französische …. Leon DERMEYERS“ – Ist daß nicht wunderbar ? –
Bis bald, vielleicht !
Maintenant, je suis cependant conscient d’un emballement du « système » et de ses funestes conséquences possibles.
C’est aussi pour cela que j’ai eu beaucoup plus de respect pour les « Rebelles » et ceci très rapidement, dès le début de ma carrière d’ « Exterminator ».
- Mais est-ce surprenant ? -

samedi 29 octobre 2011

City of the Living Dead

by , October 25, 2011(antiwar.com)
Anyone covering Capitol Hill knows that congressional hearings can be deadly — deadly boring and deadly predictable.
But when a reported Iraq war veteran exploded into a House Armed Services Committee hearing this month as Secretary of Defense Leon Panetta was reading his prepared remarks, for a split second it was like a test to see if someone blinked. Better yet, it was a test to see if anyone was human enough to respond.
One person reportedly burst out laughing, right after the veteran, who was screaming “We murdered people! I saw what we did to people!” was dragged from the room by security. But the rest of the chamber was silent, faces turned stoically forward. The vet was followed by two silver-haired antiwar women decrying the war. They were also manhandled out of the room in short order. Seven people altogether that day were arrested for interrupting the proceedings — one charging that the veteran had been laughed at — while a number of others outside in the hallway chanted, “We are the 99 percent, and we don’t support these wars!”
But like something out of a Kevin McCarthy movie, the chamber’s inhabitants impassively waited until the would-be rabble-rousers were silenced. Aside from the reported spark of laughter — probably born out of nervousness or condescension, or likely both — and a couple of stolen sideways glances, the business of war went on.

Veteran at Occupy D.C. (Credit: thisisbossi)
This is what the current “Occupy” protests are up against. This is what the antiwar protesters have battled since 2001 — a persistent indifference, which in some cases is very real but in other ways is merely used to mask more volatile feelings: disgust and fear of the protesters, confusion about what they stand for, even self-loathing and regret for the passion the indifferent no longer feel about anything outside of themselves.
The good news: According to Kevin Zeese, founder and executive director of Come Home America and organizer behind the October 2011/Stop the Machine demonstrations, which are running parallel to the Occupy D.C. protests in Washington this month, the antiwar movement has gotten more traction than any time in the last 10 years, particularly in Washington, the proverbial belly of the beast.
“There’s no question, when we started working on this [last year] we didn’t know if there would be 50 people out here or anyone joining with us,” he told Antiwar.com. Since Occupy Wall Street began in New York and then the launch of Occupy D.C. corresponded with Zeese’s group’s rally to commemorate the 10-year anniversary of the Afghanistan War on Oct. 6, “we’ve had several thousands of people out here. This is just the beginning.”
The message, Zeese said, is resonating with folks who might have come down to Freedom Plaza for Occupy D.C.’s anti-corporatist agenda but understand how it all fits into the stunning growth of the military-industrial complex over the last half-century. Nowhere is this more explicit than in Washington, D.C.
“The dominant message is economic insecurity, and it’s bringing people out, and people are recognizing that the unbridled spending on weapons and on war has a big impact on why we have this economic insecurity,” he added.

(Credit: thisisbossi)
On Oct. 8, the protesters in effect shut down the Smithsonian’s Air and Space Museum. They were rallying against the glorification of drones and warplanes in front of the building when a scuffle with police brought out the pepper spray on the front steps. A right-wing provocateur instigated the situation. More on that later.
But aside from the protests at the Smithsonian and the Armed Services Committee, Zeese said the group has been leading teach-ins on various aspects of war and peace, including the enduring drum beat for war by the city’s hawks against Iran. For obvious reasons, the antiwar theme (which at its core, is really about America’s unrestrained post-9/11 militarism) is much more prevalent in Washington than in New York and the many other cities that are hosting similar Occupy demonstrations. The question is whether Zeese and the others can sustain any sort of focus on it as Occupy becomes more of a political force on the mainstream’s radar.
All Types of Zombies
Everybody knows that zombies eat brains. George Romero set the scene in Night of the Living Dead, and Hollywood never looked back. Before that, zombies in movies typically involved reanimation and mind control through so-called African-Caribbean voodoo. In films like White Zombie and I Walked with a Zombie bad actors with the magic enslaved poor mindless fools to do their bidding.

Jean-Michel Quatrepoint - La 3ème guerre mondiale en question




10/10/2011 - Conférence Ihedn (Institut des hautes études de défense nationale) - Extrait: La 3ème guerre mondiale en question

samedi 15 octobre 2011

Quand même les libéraux prévoient la Révolution

« Une révolution couve probablement aux Etats-Unis. A l’époque de la guerre froide, la CIA s’était vue confier la mission de faire le portrait d’un pays susceptible de connaître une révolution. Elle en avait conclu qu’un tel pays aurait trois caractéristiques :
- un profond fossé entre les riches et les pauvres ;
– une classe moyenne en voie de disparition… ou qui n’avait jamais existé ;
– beaucoup de gens avec beaucoup de griefs.
Les Etats-Unis répondent à chacun de ces critères. Et d’autres encore auxquels la CIA n’avait pas pensé. L’indice U6, une mesure large du chômage américain, est en hausse… avec 16,5% de la population sans emploi. On trouve 6,2 millions de personnes en recherche d’emploi depuis plus de six mois. Les Américains sont 7 000 milliards de dollars plus pauvres, selon David Rosenberg, qu’ils l’étaient il y a quatre ans. Et les prix de l’immobilier continuent de baisser.
Oui, il y a aussi une Grande Correction en cours. Ajoutée aux politiques du gouvernement US, elle lamine les pauvres.
Des millions de personnes marginalement prospères s’estiment flouées par le système. Le chômage des jeunes atteint des niveaux dignes de la Grande Dépression de 1929. Plus de 45 millions d’Américains dépendent des bons d’alimentation.
[...]
Les riches s’enrichissent. Les classes moyennes s’appauvrissent ; elles sont en concurrence avec le pillage impérial — des richesses provenant d’Asie, achetées avec des dollars qui n’ont jamais été gagnés… et ne seront jamais remboursés.
Les classes moyennes des Etats-Unis n’ont pas hésité à vendre leurs propres enfants, les condamnent à la servitude perpétuelle de la dette. Les enfants américains ont des obligations financières dont le montant atteint entre cinq et 15 fois la production annuelle des Etats-Unis. A moins de se révolter, ils devront travailler toute leur vie pour payer les excès de leurs parents.
Mais que feront les Américains lorsque les générations futures n’en pourront plus ? Ils ne peuvent pas devenir esclaves, ils le sont déjà. La plupart sont déjà confrontés à une vie entière de dette d’étudiant, dette immobilière et dette médicale.
Que peuvent-ils faire ? La révolution, bien sûr !  »
A lire aussi: « Chine/Etats-Unis : la guerre du pétrole a déjà commencé »

jeudi 13 octobre 2011

Les 99%

Puissance des symboles, on ne compte plus les ralliements au mouvement des anti-Wall Street occupant la place du parc Zuccotti à New York, qui disent d’eux-mêmes être les 99 %, par opposition au 1 % des Américains qui accaparent la richesse.
Cela a commencé par George Soros, qui a déclaré avoir de la « sympathie pour leurs opinions ». John Larson, président du groupe démocrate à la Chambre des représentants a tenu ensuite à les saluer, tandis que la représentante démocrate de New York, Louise Slaughter, s’est dite « fière » de les voir se dresser « contre la cupidité rampante des entreprises ».
Ben Bernanke, le président de la Fed et Tim Geithner, le secrétaire d’État au Trésor, ont enchaîné. « Ils reprochent non sans raison au secteur financier de nous avoir menés à la pagaille dans laquelle nous nous trouvons et sont mécontents de la réponse », a déclaré le premier, tandis que le second expliquait plus sobrement que « les banques accusent les réformes et le gouvernement de tout, y compris de nombreux problèmes dans lesquels elles portent une responsabilité centrale, et la plupart des gens sont très agacés et très en colère à cause de ce qu’ils voient, et ils veulent que les choses changent ».
Barack Obama, tout en défendant sa politique vis-à-vis des institutions financières, en venait à déclarer qu’il avait vu les manifestations à la télévision, et pensait « qu’elles expriment le mécontentement que ressentent les Américains ». Un tournant a depuis été pris par Vikram Pandit, directeur général de Citigroup, qui a tenu à préciser depuis sa salle de conférence : « je serais heureux de leur parler à tout moment ».
Ce vaste mouvement de solidarité a dépassé les frontières. Georges Papandréou, premier ministre grec, a tenu a préciser en plein conseil des ministres : « nous luttons pour changer le système économique mondial, comme beaucoup de citoyens anti-Wall Street, qui protestent à juste titre contre les inégalités et les injustices du système », tout en expliquant qu’il fallait les distinguer des manifestants d’Athènes.
À Kermanshah, à l’Ouest de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei a prédit que « un jour, ce mouvement jettera à terre le système capitaliste occidental, qui est dans une impasse totale ». Enfin, une manifestation spontanée de plusieurs centaines de Chinois était signalée à Zhengzhou, la capitale de la province du Henan, sur le thème « je soutiens vigoureusement la grande révolution du peuple américain contre Wall Street », selon des photographies largement reproduites dans la presse d’État et montrant une banderole tendue devant le Palais de la Culture des Travailleurs.
Les républicains américains n’ont pas été en reste, sur un autre registre. Eric Cantor, numéro deux de leur groupe à la Chambre des représentants, a déclaré : « je suis de plus en plus inquiet du nombre de voyous qui occupent Wall Street et les autres villes à travers le pays », tandis que Herman Cain, l’un des candidats aux primaires américaines, a apostrophé les manifestants (dans les colonnes du Wall Street Journal, et non dans la rue) : « Cessez d’accuser Wall Street ou les grosses banques, si vous n’avez pas de travail et que vous n’êtes pas riche, c’est de votre faute ! ».
À titre anecdotique, les indignés new yorkais ont par ailleurs reçu le soutien de nombreux syndicats des employés des secteurs publics, des commerçants, des enseignants et des transports, qui regroupent des dizaines de milliers de travailleurs. À Washington, Boston, Seattle et Los Angeles, ils ont fait des émules, ainsi que dans une trentaine de villes des États-Unis.

mercredi 28 septembre 2011

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY




On nous dit que c’est un outsider, qui ne représente rien ni personne. Mais justement, seul un outsider pouvait dire cela, et pas un employé de banque qui serait viré dans la minute. 

On nous dit que c’est un sociopathe ou un psychopathe, selon l’école psychiatrique dont on revendique l’autorité, mais cela ne résout pas la question. Est-ce que l’on n’a pas déjà montré sur ce blog et depuis longtemps que tous les traders sont des sociopathes qui font précisément ce qu’il prétend faire ? C’est de cela dont ils doivent se défendre en général, et pas à propos de ce particulier là. 

Peu importe qui il est, ce qui importe c’est ce qu’il dit, et comment c’est pris. Ce qui nous intéresse, ce sont les effets de vérité créés par des discours, même faux. Par exemple, de par les réactions qu’ils suscitent : 

Incrédulité : de ceux qui croyaient encore que les marchés étaient socialement utiles. 

Disqualification : par ceux qui ont des raisons de faire croire que les marchés sont socialement utiles. 

Confirmation : pour ceux qui ont cessé de croire ou n’ont jamais cru que les marchés étaient socialement utiles. 

Braves spéculateurs pères de famille, Mr Alessio Rastani vous tend le miroir de Dorian Gray. Non pas que vous vous y soyez vus éternellement jeunes et avenants mais tout de même bien justifiés de penser à vos vieux jours et « à l’avenir de vos enfants ». Il vous montre ce que c’est que quelqu’un qui prend réellement au sérieux le fait de croire que le monde sera le même après la fin du monde, qu’il y a une crise, dont on peut profiter, et même le plus grand nombre, mais que ce ne sera pas vraiment une crise puisque tout sera encore comme avant. C’est complètement absurde en plus d’être moralement ignoble. 

Mr Alessio Rastani, qu’il soit un personnage réel ou fictif, vous parle d’un monde où cela n’a pas de sens d’avoir des enfants. Mais ce n’est pas pour cela que vous lâcherez votre cassette, n’est-ce pas ? C’est une partie de votre âme, de vous-même, c’est là que vous avez mis toutes vos angoisses et tous vos espoirs. Précipiter la déroute tout en se berçant de l’illusion que c’est la meilleure chose à faire tout autant que l’on n’y est pour rien puisque l’imagination humaine est décidément sans limite. 

Il reste la réaction normale de milliers de gens normaux, qui pensent que l’activité de tous les petits Alessio Rastani est socialement néfaste, et comme telle doit être interdite, maintenant. Des milliers de gens normaux qui ont pour ambition normale de mener une vie juste et décente, pour lesquelles l’accumulation infinie ou pas de richesse est un comportement indécent, anormal et dangereux. Ces milliers de gens dont on nous a prétendu qu’ils n’existaient pas. Ceux qui vont faire le monde de demain, forcément, puisque les autres sont en train de s’auto-détruire. 

Braves petits spéculateurs bons pères de familles, accrocs à l’or ou à la pierre, il est encore temps de ne pas finir en Alessio Rastani de médiocre envergure. On vous a menti et on vous a trompé. Vous pouvez encore parler à votre voisin afin de construire un monde commun. 

Il n’y a pas si longtemps la figure du trader était encore le modèle de réussite proposé à l’admiration des foules rêveuses. Il est en passe de devenir la figure la plus haïe et la plus méprisée du monde moderne. 

C’est cela qui est significatif, et ce n’est pas un bon signe pour le capitalisme, s’il en fallait d’autres pour prouver son agonie…

samedi 24 septembre 2011

Les illusions de l'ultra-libéralisme…

SOURCE : LE MONDE/IDEES (sic)

La crise ou plutôt les crises qui touchent nos économies depuis cinq ans (pour les plus marquantes) signeraient selon certains la fin de l'ultra-libéralisme et pour d'autres (voire les mêmes), le nécessaire retour d'un interventionnisme public régulateur, voire même keynésien. Deux remarques toutefois à cela : premièrement, l'ultralibéralisme ne fut qu'une illusion ; deuxièmement, les Etats n'ont pas les moyens financiers de leurs ambitions (si tant est d'ailleurs qu'ils aient de réelles ambitions, les atermoiements des divers G20 depuis novembre 2008 permettent d'en douter!).

Détaillons, tout d'abord, l'illusion que fut l'ultra-libéralisme. Si l'on revient aux fondamentaux économiques, un pays libéral (ou ultra-libéral) serait un pays où l'Etat n'intervient que pour assurer la défense et la sécurité nationale, la justice et la mise en place des infrastructures nécessaires au bon fonctionnement de la société et de l'économie, au respect des règles. Ce type d'Etat n'existe, à ma connaissance, pas. Depuis la fin des années 1960, les Etats se sont pourtant employés à déréguler et à se désengager de la sphère économique, convaincus par certains que cela était mieux. Qu'en fut-il ?

Incontestablement, l'activité économique fut dérégulée. Les banques se mirent à jouer les assureurs et les assureurs, les banquiers, sans que personne ne s'inquiète des conflits d'intérêts potentiels. Nombre d'entreprises publiques furent privatisées partout dans le monde et des secteurs traditionnellement considérés comme nécessairement financés par la collectivité furent ouverts à la concurrence, les prix et les salaires mais aussi les marchés financiers furent libéralisés et laissés à l'appréciation et à l'autorégulation du marché. Quels étaient les objectifs de telles mesures ? Dans un premier temps, le but louable de tout cela était d'éradiquer l'inflation avec l'idée que cette inflation systémique venait d'une concurrence insuffisante parce que limitée par l'intervention publique et qu'elle (cette inflation) pénalisait le pouvoir d'achat et donc in fine l'activité économique.


De facto et avec du recul, force est de constater que, dans les années qui suivirent la désinflation compétitive et la dérégulation, l'activité économique fut plus dynamisée par l'internationalisation de l'économie mondiale et la montée des endettements. En effet, la libéralisation permit aux plus grandes entreprises, en particulier dans les secteurs jusqu'alors publics, les concentrations nécessaires au financement de grands projets et investissements, favorisant l'innovation et la création de nouveaux produits donc de nouveaux marchés. Paradoxalement, dans un monde toujours plus concurrentiel, elle favorisa la multiplication de marchés oligopolistiques dominés par cette poignée de grande entreprise.

La concurrence s'organisa alors ailleurs, sur les salaires, le contrôle et la maîtrise des approvisionnements et entre les pays par le biais de nouvelles stratégies industrielles et commerciales d'entreprises devenues multinationales ! Tout semblait fonctionner puisque les entreprises produisaient toujours plus et toujours moins chers, les marchés financiers dérégulés et internationalisés finançaient tout cela et même plus. De l'autre côté de la machine économique, les consommateurs consommaient toujours plus, tentés par toujours plus de nouveautés (cf. les nouvelles technologies) et ce, tant grâce à la baisse des prix mais aussi en s'endettant puisque leurs salaires stagnaient depuis vingt ans ! Cet endettement privé croissant et inquiétant fut la première cause de la crise en 2007 via la crise des subprimes aux Etats-Unis. Il était toutefois encore un peu tôt pour réaliser le danger du surendettement des économies puisque la réponse préconisée aux Etats à ce moment-là fut (à juste titre dans l'urgence d'ailleurs) de soutenir massivement leurs économies.

Sauf que là-encore, ces décisions finiraient par se heurter à une autre illusion (ou un autre paradoxe) de l'ultra-libéralisme : l'augmentation exponentielle de l'endettement public.