LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



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dimanche 11 décembre 2011

LA DETTE COMME "MOTEUR" DE L'HISTOIRE


un distributeur de billets 

de l’empire romain


L’esclavage de la dette - Comment elle a détruit Rome et comment elle nous détruira si nous la laissons faire (CounterPunch)

Michael HUDSON


 
Le livre V de La Politique d’Aristote décrit l’éternel cycle des oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de "mettre la multitude dans leur camp" et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi de suite tout au long de l’histoire.
La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux leaders ("tyrans" dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour l’état.
Depuis la Renaissance, cependant, les banques se sont mises à soutenir les démocraties. Non pas par souci de liberté ou d’égalité mais bien plutôt pour sécuriser leurs prêts. Comme l’a expliqué James Stuart en 1767, les emprunts royaux restaient des affaires privées plutôt que des dettes publiques. Pour qu’une dette souveraine devienne la responsabilité d’une pays tout entier, il fallait que des représentants élus puissent faire passer des augmentations d’impôts pour payer les intérêts.
En accordant aux contribuables une voix au gouvernement, les démocraties anglaises et hollandaise ont donné aux créanciers de bien meilleures garanties de remboursement que les rois et les princes dont les dettes s’éteignaient avec eux. Mais à cause des récentes protestations contre la dette, de l’Islande à la Grèce en passant par l’Espagne, les créanciers retirent leur adhésion aux démocraties. Ils exigent l’austérité fiscale et même la privatisation des biens publics.
La finance internationale est devenue le fer de lance d’un nouveau type de guerre. Son objectif est le même que la conquête militaire d’autrefois : s’approprier la terre et les ressources minières, ainsi que les infrastructures communales et les revenus de l’extraction. En réponse les démocraties exigent des référendums pour choisir de payer ou non les créanciers en vendant le domaine public et en augmentant les impôts, ce qui engendrera du chômage, des baisses de salaire et une récession économique. L’alternative étant de réduire le montant de la dette ou même de l’annuler et de remettre en place des règles pour contrôler le secteur financier.


Des dirigeants du Proche Orient ont effacé leurs ardoises pour maintenir l’équilibre économique

Faire payer un intérêt sur l’argent ou les marchandises livrées en avance de règlement n’avait pas pour but au départ de cliver l’économie. Lorsqu’il a été institué pour la première fois au troisième millénaire avant JC par un accord contractuel entre les temples et les palais sumériens et les marchands et les entrepreneurs qui travaillaient dans la bureaucratie royale, l’intérêt était de 20% (le capital doublait en 5 ans) et représentait une honnête part des profits générés par le commerce de longue distance ou la location de terre ou d’autres biens publics comme des usines, des navires et des maisons à boire.
Quand la pratique a été privatisée au profit des collecteurs royaux de redevances et de loyers, "la royauté divine" protégeait les créditeurs agricoles. Les lois de Hammourabi (vers 1750 avant JC) ont décrété la suppression de leurs dettes en cas d’inondation ou de tornade. Tous les dirigeants de la dynastie babylonienne, en montant sur le trône, annulaient les dettes des paysans afin de leur permettre de repartir à zéro. Le travail gratuit des débiteurs, les hypothèques sur la terre ou la récolte et autres obligations étaient annulés pour "réinstaurer l’ordre" dans une situation idéale d’équilibre "originel". Cette coutume s’est poursuivie avec l’année du Jubilée de la Loi de Moïse comme elle est décrite dans le Lévitique 25.
La logique était claire. Les sociétés anciennes avaient besoin de lever des armées pour défendre leur terre et pour cela il leur fallait libérer les citoyens de l’esclavage. Les lois de Hammourabi empêchaient les conducteurs de chars et autres combattants d’être réduits en esclavage à cause de leur dette et empêchaient les créanciers de prendre les récoltes des tenanciers des terres royales, publiques et communales qui étaient redevables au roi de service sur ses terres et dans son armée.
En Egypte, le pharaon Bakenranef (vers 720-715 avant JC, “Bocchoris” en Grec) a proclamé une amnistie de la dette et aboli l’esclavage des endettés devant la menace d’une invasion militaire de l’Ethiopie. Selon Diodore de Sicile, (I, 79, écrit en 40-30 avant JC), il a établi que si un débiteur contestait sa dette, la dette était annulée si le créancier ne pouvait présenter un contrat écrit. (Il semble que les créanciers aient toujours eu tendance à exagérer le montant des dettes). Le pharaon pensait que "les corps des citoyens devaient appartenir à l’état afin que l’état puisse bénéficier des services que les citoyens lui devaient en temps de paix comme en temps de guerre. Car il se disait qu’il serait absurde qu’un soldat... soit mis en prison par son créancier pour ne pas avoir remboursé un prêt et que l’avidité de personnes privées mette ainsi en danger la sécurité de tous."
Le fait que les principaux créanciers du Proche Orient étaient les rois, les temples et leurs collecteurs facilitait l’annulation des dettes. Il est toujours plus facile d’annuler les dettes qu’on vous doit à vous. Même les empereurs romains ont brûlé des livres d’arriérés d’impôts pour empêcher une crise. Mais il est devenu beaucoup plus difficile d’annuler des dettes dues à des créanciers privés quand la pratique de l’intérêt s’est répandue à l’ouest vers les royaumes de la Méditerranée à partir de 750 avant JC environ. Au lieu de permettre aux familles d’équilibrer les recettes et les dépenses, la dette est devenue le principal facteur des expropriations et du clivage des sociétés en deux camps : l’oligarchie créditrice et les clients endettés. En Judée, le prophète Isaïe (5:8-9) condamne les créanciers qui saisissent les bien hypothéqués et "ajoutent maisons aux maisons et champs au champs au point qu’il ne reste plus d’espace libre et qu’ils se retrouve les seuls habitants du pays".
Le pouvoir des créanciers et la croissance stable n’ont jamais fait bon ménage. La plupart des dettes personnelles de la période classique étaient constituées de petites sommes d’argent prêtées à des individus au seuil de la pauvreté qui avaient du mal à joindre les deux bouts. La saisie de leur terre et de leurs biens —et de leur liberté personnelle— enchaînaient irréversiblement les débiteurs. Au 7ième siècle avant JC, des "tyrans" (leaders populaires) se sont levés pour renverser les aristocraties de Corinthe et d’autres riches cités grecques en obtenant le soutien populaire par l’annulation des dettes. D’une manière moins autoritaire, Solon, a fondé la démocratie athénienne en 594 avant JC en interdisant l’esclavage de la dette.
Mais les oligarchies se sont reformées et ont appelé Rome à la rescousse quand les rois de Sparte, Agis, Cléomène et leur successeur Nabis ont voulu effacer les dettes à la fin du 3ième siècle avant JC. Ils ont été assassinés et leurs supporters chassés. Depuis l’antiquité, ça a été une constante politique de l’histoire que les créanciers s’opposent à la fois à la démocratie populaire et au pouvoir royal qui pouvaient tous les deux empêcher la conquête de la société par la finance —une conquête qui a pour objectif de transformer en dette productrice d’intérêts autant de pans de l’économie qu’il est possible.
Quand les frères Gracchus et leurs adeptes ont essayé de réformer les lois sur le crédit en 133 avant JC, la classe sénatoriale dominante a réagi avec violence et les a fait assassiner, inaugurant de la sorte un siècle de guerre sociale qui s’est terminée avec le sacre de l’empereur Auguste en 29 avant JC.


L’oligarchie créancière romaine gagne la Guerre Sociétale, réduit la population en esclavage et c’est le début des années noires

Les choses étaient plus sanglantes à l’étranger. Aristote n’a pas mentionné la construction d’une empire dans son schéma politique, mais la conquête étrangère a toujours été un instrument capital dans la création de dettes et les guerres ont été la cause principale des dettes publiques des temps modernes. Rome a été le plus intraitable créancier de l’Antiquité ; ses collecteurs rançonnaient l’Asie Mineure, sa province la plus prospère. Le droit n’existait plus quand les "chevaliers" qui levaient le tribut arrivaient. Mithridate de Ponts a mené trois révoltes populaires et les populations d’Ephèse et d’autres cités se sont soulevées et ont tué 80 000 Romains en 88 avant JC selon les estimations. L’armée romaine a riposté et Sulla a imposé un tribut de guerre de 20 000 talents en 84 avant JC. En 70 avant JC les amendes pour les intérêts en retard avaient multiplié la somme par six.
Tite Live, Plutarque et Diodore, entre autres historiens célèbres de Rome, ont rejeté la responsabilité de la chute de la République sur l’intransigeance des créanciers qui a provoqué une guerre sociétale de 100 ans (133 à 29 avant JC) marquée par les meurtres politiques. Des leaders populaires ont essayé d’obtenir le soutien populaire en demandant l’annulation de la dette (la conspiration de Catilina en 63-62 avant JC). Ils ont été assassinés. Au 2ième siècle après JC, environ un quart de la population était réduite en esclavage. Au 5ième siècle, l’économie de Rome s’est effondrée car il ne lui restait plus un sou. Pour survivre les gens retournèrent dans les campagnes.

jeudi 8 décembre 2011

Délocaliser pour les nuls

ci joint un texte piqué dans le blog attali -quand il avait sa commission-
voyez le cynisme
64. Le samedi 29 septembre 2007 à 22:56, par Leon
Réponse aux critiques « des délocalisations et des responsables-coupables présumés ».
Je me présente :
Mon nom est Léon, DERMAYERS Léon, je suis Allemand mais de mère Française, j’avais 8 ans en mai 1945 et je me rappelle des bombardements de ce printemps 45. – Ceux sont mes souvenirs principaux de mon enfance, des souvenirs de fin du monde, de l’apocalypse, de la vision d’un enfant sur de nombreux trépas violents dans l’effondrement de l’immeuble.
Puis ce ne fut pas la fin, et la vie a repris, ainsi que la frénésie de construire, de bâtir toujours plus, d’oublier cette guerre, d’avoir été à l’Ouest plutôt qu’à l’Est. – Vivre dans la joie. -
Après les trente « glorieuses » j’ai démarré « l’expatriation », la découverte d’autres mondes.
Dans une équipe de vente d’infrastructure industrielle en Iran au et Moyen Orient.
L’entreprise ayant eu quelques difficultés de non-paiement, je me retrouve à 52 ans sans emploi
Après quelques échecs d’embauches (déjà trop vieux), un Bâtisseur d’Empire dans l’équipement automobile, visionnaire et en avance sur tous ses concurrents, ma confié une mission fort lucrative que j’ai mené d’abord avec professionnalisme puis avec « passion ».
- Il m’avait surtout embauché pour la connaissance des langues étrangères -
J’étais devenu un des premiers « délocalisateurs » à la suite de la chute du mur de Berlin.
Pour devenir un « bourreau efficace », il fallut d’abord être une « victime bien consciente de la nature humaine ».
- C’était mon cas, et cela été très utile -
Mais pour répondre aux nombreuses critiques, je ne pense pas faire parti des gens qui manquent de courage, bien au contraire, surtout à fréquenter de si « nombreux lâches » qu’ils soient diplômés ou non.
Je vais donc vous compter l’histoire d’un « Système », vu par un qui était fortement impliqué (moi-même) puisque j’ai organisé la fermeture de 8 usines en Europe Occidentale, soit 1100 emplois, mais j’ai aussi contribué à la croissance de 12 usines à l’Est Hongrie, Tchéquie, Pologne, Ukraine, Émirats, Turquie, Mexique, Chine, Afrique du Sud, puis Roumanie, Inde, Brésil soit la création de 3000 emplois et plus aujourd’hui.
Et je n’ai pas l’intention d’avoir des remords ni des regrets, j’ai fait un métier, et je ne me suis pas embarrassé de considérations métaphysiques ou philosophiques.
Certes mon salaire pour cette prestation était à la hauteur de mes talents qui s’affinaient au fil du temps.
Les pleutres, les sans-courages c’étaient les employés des entreprises-cibles dans leur grande majorité, des victimes-nés pour la plupart.
Eh oui, comme disais un de vos « blogeurs » : 10 % de collabos, 80 % de majorité silencieuse ( si silencieuse que je n’ai jamais su s’il y avait un seul courageux dans le tas) et 10 % de rebelles pour qui j’avais finalement le plus d’estime, car ils tentèrent de vaines résistances.
Résistances réprimandées par mes subordonnés si obéissants, qu’ils anticipèrent des actions sans que j’eusse seulement à les exprimer ni oralement, ni clairement !
Le plus surprenant, j’ai pratiqué cela dans 4 pays différents avec toujours une résistance faible mais identique d’un site à l’autre, avec peut-être une particulière mollesse en Allemagne.
En résumé : Tous les 18 mois fermer un site industriel de production en silence mais dans les délais, faire envoyer la production vers un pays ou les gens sont peu rémunérés, donc accroître sensiblement les marges bénéficiaires. – C’est pourtant un but simple et compréhensif : gagner de l’argent « Viel, gut und schnell » -
Voici la « Méthode » :
1) Être nommé pompeusement par le « patron de la holding » : CEO de l’entreprise cible.
2) Vite distinguer les employés des catégories extrêmes : les collaborateurs et les rebelles
3) Promouvoir les collabos, ménager un peu les rebelles au début, puis les laissez aux mains des directeurs si obéissants.
4) Communiquer : expliquer la situation économique, mondialisation, coût concurrence, marchés émergeants, Joint-Venture, croissance à deux chiffres, nouveaux besoins, etc.…Bla-bla ….
5) Choisir soigneusement les employés intéressés par un voyage, une découverte vers un pays lointain : de préférences des « petits chefs ». Les amener vers le pays « d’accueil ».(Ils deviennent importants, cela faisait longtemps que personne n’avait finalement observé leur qualité.)
6) Placer les quelques rebelles ayant survécus aux « purges » vers les fonctions commerciales avec des ambitions de croissance telles qu’ils se réjouiront bientôt de produire dans les « Low Costs ».
7) Faire envoyer progressivement une production partielle déficitaire, puis une autre moins déficitaire etc..
8) Transformer le site de production en « Center of Competence », cela donne de l’importance au Directeur Général promu et favorise le transfert.
9) Annoncer un déficit chronique du site de production, le provoquer si nécessaire.
10) Réduire l’effectif par tranche de 15 %, avec la complicité des 85 % momentanément encore en place.. « Kleinmutigkeit der Leute »
10 bis) Réitérer ceci tous les 4 à 6 mois
11) Lorsqu’il n’y a plus de production, fermer la « boutique », car un nouveau COC a été mis en place sur le site de production d’accueil. Les Tchèques ayant une grande tradition industrielle, ils se sont finalement vite adaptés à produire, innover et à développer. – Ils travaillent plus et coûtent moins chers -
12) Déplacer les quelques commerciaux restant vers un site de taille réduite, et vendre le site à des promoteurs immobiliers. – The End -
- En Europe, l’Allemagne l’a initié, la France a suivi le mouvement. -
Voici en 12 points, les grandes lignes d’une délocalisation réussie.
Coût : de 6 mois à 10 mois de masse salariale annuelle + frais liés aux transports et déménagements – vente des terrains de constructions.
Gain une marge bénéficiaire remontée de 2 à 35 points soit un retour d’investissement (ROI ) inférieur à 18 mois.
Ceci est valable si vous les premiers à le faire et si vous êtes leste.
Ceux qui arrivent après les autres peuvent se retrouver rapidement en posture plus délicate et si le processus de délocalisation s’éternise, le « Return Of Inversement » peut se rallonger dangereusement.
Donc n’est pas « Délocalisateur qui veut », c’est un métier ou la connaissance de la psychologie humaine est primordiale. C’est la gestion de la décroissance d’un lieu et de la croissance d’un autre lieu.
Bien sûr, j’ai été décrié, mais finalement si peu et surtout rarement en face.
J’ai eu droit à tous les surnoms, « Le Bosch », en France, « Joé » : allusion à Joé Dalton dans Lucky Luke, Le « Ballafré » ma cicatrice au visage d’avril 1945, « Terminator », « Exterminator », « Délocalisator » , « Special winner, serial killer », « Louis de Funès » en Allemagne seulement parce que je parlait aussi le Français, etc…. Mais tout cela m’était égal.
J’étais un élément d’un « Système », et je comprenais les motivations de mon « Employeur » qui s’est adapté à la croissance d’un monde en mouvement, qui pensait sincèrement maintenir son empire par la construction de sites de production dans les pays émergeants, et qui avait au fond moins d’empathie pour ses trop « gâtés » compatriotes d’Allemagne que pour les populations d’Asie.
Et il avait compris que dans ce système, il fallait jouer en premier et rapidement.
La responsabilité de ce « Système » est collective. :
La « classe économique dirigeante » : pour un maintient de ses Empires ( un Empire par définition est vaste, et la terre est finalement si petite, – moins d’un jour de voyage d’un endroit à n’importe quel autre – )
La « classe politique » : pour préserver une illusion d’un maintient du niveau de vie à leurs électeurs. – repousser le problème dans le temps, comme votre « Louis XV ».
Les « consommateurs-électeurs » qui recherchent le meilleur rapport qualité-coût.
Et moi bien sûr, qui était doué pour être un acteur de ce « Système »e, – ne soyons donc pas modeste -, qui a vécu très confortablement, qui a goûté la bonne chaire dans tous ses aspects, qui pourra mourir sereinement car si j’ai connu l’enfer des bombes dans ma prime jeunesse, j’ai connu une fin paradisiaque, égoïstement certes, et avec une pointe de cynisme, mais c’était si exaltant.
Dans votre littérature j’ai retenu deux choses que je cite :
Élie Wiesel : Il y a des bons et des mauvais partout, ce qui est dangereux c’est l’indifférence de la grande masse qui laisse faire.
Et
Les riches sont cyniques … et …. les pauvres sont résignés et pour cause.
Ou encore une troisième sur notre sujet :
Le « Système » des délocalisations ressemble à la vente pyramidale, quelques gros bénéficiaires audacieux et lestes et beaucoup de « Loosers » qui subissent individuellement et dans l’isolement ». Avec la participation de la « lâcheté du plus grand nombre, qui s’accrochent à juste encore survivre quelques temps »
- Rajoutez encore un régime de terreur dû à une situation de guerre qui s’enlise, et vous imaginez ce que cela peut produire. – Rien de neuf sous le soleil, après tout
Requête :
Ce qui m’intéresserait, c’est de vous rencontrer, vous, les 43 membres de votre commission.
J’ai lu vos CV, des parcours fort intéressants, une belle équipe, peut-être un peu éloigné du terrain, trop habitué aux conforts attribués aux « Élites » .
J’ai eu affaire à tant de personnages et d’en comprendre leurs mécanismes, leurs vrais motivations, leurs peurs profondes si bien dissimulées, que je pourrais faire la synthèse des résultats de votre commission avant même que vous les synthétisés. Cela dépend de vos natures profondes ( si vous êtes courageux et sincères ou si …)
C’est aussi cela le talent du « Delocalisator ».
Je vous laisse mon adresse e-mail et me tient à votre disposition.
Je sais que la probabilité de cette rencontre est très faible, et c’est dans la « normalité humaine ».
En fait pendant mes missions, j’ai promu tellement de monde à des rôles de direction « Geschäftführer », « Plant Manager » « Diretor da manufatura » « Président Directeur Général», que j’ai une connaissance approfondie de la nature des plus ambitieux.
Plusieurs années après la fermeture de leurs sites, ils sont restés amicaux avec moi, et me souhaitent une « Bonne Année » et même un « Joyeux Anniversaire ». – Les niais ! -
Mes « victimes sans grades» se sont retournées parfois contre les cadres collaborateurs, jamais contre moi.
Comme votre plus célèbre des Français d’aujourd’hui, je disais la vérité dès le départ, et il est vrai que beaucoup ne voulaient tout simplement pas entendre la vérité.
- C’est quand même extraordinaire -
Im letzten Monat war ich in einer Fabrik im Osten, und ich habe gehört, was ein Franzose über eurem neuen Präsidenten erzählt hat zu die Mitarbeitern.
„Unser Präsident ist der französische …. Leon DERMEYERS“ – Ist daß nicht wunderbar ? –
Bis bald, vielleicht !
Maintenant, je suis cependant conscient d’un emballement du « système » et de ses funestes conséquences possibles.
C’est aussi pour cela que j’ai eu beaucoup plus de respect pour les « Rebelles » et ceci très rapidement, dès le début de ma carrière d’ « Exterminator ».
- Mais est-ce surprenant ? -

samedi 29 octobre 2011

ILS MARCHENT SUR LA TÊTE

Demander leur aide aux pays émergents, Chine en tête, est un symbole fort des nouveaux rapports de force mondiaux. En procédant ainsi, les dirigeants européens viennent de mettre en évidence qu’ils n’ont pas les moyens de refinancer l’endettement de l’Europe, puisque c’est la stratégie qu’ils poursuivent envers et contre tout.
Quand certains d’entre eux récusent cette voie, c’est pour se réfugier dans une autre fuite en avant, en préconisant que la BCE éponge la dette en créant de la monnaie, afin que tout puisse repartir comme si de rien n’était, à des aménagements mineurs près.
Or, la planète n’a pas changé d’axe, mais le monde si ! Les pays de l’OCDE doivent céder le pas devant de nouvelles puissances économiques, qui disposent des moyens financiers allant de pair. Cette nouvelle donne est issue du processus de mondialisation, qui a redistribué les cartes, dont on n’a vu que les délocalisations, puis l’invasion de produits venus d’ailleurs. Le monde pivote pour de bon et il faut désormais résoudre une nouvelle équation.
Epuisé pour avoir été trop exploité, le vieux monde cède maintenant le pas devant un nouveau monde qui s’impose irrésistiblement. Pour le système financier, c’est un nouvel eldorado en puissance, où il va pouvoir reproduire les recettes qui ont fait sa fortune après avoir entraîné la désolation sur ses anciens terrains de jeu. D’Occident, cet inacceptable renversement de situation pourrait apparaître comme le match retour d’une exploitation coloniale qui a fait la fortune de ceux qui en ont été les maîtres, si cet épisode n’était pas oublié.
La tentation du déni est grande, comme toujours lorsque la peur est grande. Ainsi que celle du repli, qui l’accompagne. Accompagnée de fortes réactions de rejet, telles qu’on les observe en Allemagne par rapport aux Grecs. Elle évite de se confronter à la seule problématique qui vaille, celle d’une autre mondialisation ayant pour objectif de mieux répartir la richesse, à la fois sur la planète et au sein des sociétés qui l’habitent. Les deux échelles vont en effet de pair, imposant si l’on prétend régler l’une de s’attaquer à l’autre ; de définir de nouveaux modèles de développement globaux, intégrant tout à la fois les besoins économiques, sociaux et environnementaux.
Une telle démarche est constitutive du nouveau paradigme qui progressivement se dessine. Mais il n’est pas surprenant, étant donné les mises à plat et remises en cause qu’elle implique, que les héritiers de la social-démocratie historique ne la partagent pas, puisqu’il ne s’agirait plus de mieux gérer un système mais de le transformer. Ils négligent l’étroitesse de leur marge de manœuvre, singulièrement réduite en situation de crise durable, font abusivement confiance à leurs capacités de gestionnaires, et préparent la désillusion.
La période où des pays pouvaient symboliser un avenir radieux est révolue : il n’y a plus de patrie d’un socialisme qui n’a pas rempli ses promesses tandis que les Etats-Unis connaissent le déclin, le miracle américain ne faisant plus recette. L’Union européenne a pu un temps cristalliser des aspirations, mais elle n’en est plus capable dans ses soubresauts actuels. S’impose progressivement, comme un repoussoir, l’image d’un pouvoir oligarchique, transnational, qui non seulement dispose des leviers de commande mais est désormais assis sur la colossale finance grise du shadow banking. Sommaire, cette vision est aussi désarmante, car comment lutter contre l’insaisissable ?
La première réponse est qu’il faut connaître ce système davantage afin de mieux le décrypter. La seconde est qu’il faut lui opposer une alternative qui est en premier lieu programmatique. Puisqu’un grand saut doit être effectué, le système étant en train d’imploser sous nos yeux, sur quels principes fondateurs peut reposer une alternative ? A quelles aspirations doit-il être répondu et comment ? L’exercice réclame de sortir des sentiers battus et de ne pas s’enfermer dans un réalisme qui se trouve dans l’impasse et procède du manque d’ouverture d’esprit quand ce n’est pas de l’imposture. 
 source : Paul JORION

Mais au contraire d’affronter le vent du large.
La crise a ceci de positif qu’elle met à nu des mécanismes qui étaient ignorés, qu’elle dévoile une réalité auparavant dissimulée. Dans quelque domaine que l’on étudie un peu, y compris les plus vitaux comme ceux de l’alimentation et de la santé, on observe et comprend que les objectifs poursuivis répondent souvent à des critères qui nous sont pour le coup étrangers. Quant à l’activité financière, qui domine toutes les autres, elle apparaît désormais pour ce qu’elle est : fondamentalement parasitaire.
Dans tous ces domaines, et dans d’autres encore, des analyses et des réflexions sont en cours, des expériences sont tentées, de nouvelles pratiques sociales se dessinent. Aujourd’hui, le choix est de savoir de quel côté on se situe : de ce côté-ci ou de celui de ceux qui ont comme horizon borné de redémarrer la machine à décerveler, en limitant si possible ce que l’on appelle le coût social, celui-là même qui devrait plus que tout autre être considéré.

mercredi 22 décembre 2010

LÉNINE, "L'IMPÉRIALISME STADE SUPRÊME DU CAPITALISME" (EXTRAITS)

EXTRAITS

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Le parasitisme et la putréfaction du capitalisme



Nous l’avons vu, la principale base économique de l’impérialisme est le monopole. Ce monopole est capitaliste, c’est-à-dire né du capitalisme ; et, dans les conditions générales du capitalisme, de la production marchande, de la concurrence, il est en contradiction permanente et sans issue avec ces conditions générales. Néanmoins, comme tout monopole, il engendre inéluctablement une tendance à la stagnation et à la putréfaction.Dans la mesure où l’on établit, fût-ce momentanément, des prix de monopole, cela fait disparaître jusqu’à un certain point les stimulants du progrès technique et, par suite, de tout autre progrès ; et il devient alors possible, sur le plan économique, de freiner artificiellement le progrès technique.
Un exemple : en Amérique, un certain Owens invente une machine qui doit révolutionner la fabrication des bouteilles. Le cartel allemand des fabricants de bouteilles rafle les brevets d’Owens et les garde dans ses tiroirs, retardant leur utilisation. Certes, un monopole, en régime capitaliste, ne peut jamais supprimer complètement et pour très longtemps la concurrence sur le marché mondial (c’est là, entre autres choses, une des raisons qui fait apparaître l’absurdité de la théorie de l’ultra-impérialisme). Il est évident que la possibilité de réduire les frais de production et d’augmenter les bénéfices en introduisant des améliorations techniques pousse aux transformations. Mais la tendance à la stagnation et à la putréfaction, propre au monopole, continue à agir de son côté et, dans certaines branches d’industrie, dans certains pays, il lui arrive de prendre pour un temps le dessus.
Le monopole de la possession de colonies particulièrement vastes, riches ou avantageusement situées, agit dans le même sens.
Poursuivons. L’impérialisme est une immense accumulation de capital-argent dans un petit nombre de pays, accumulation qui atteint, comme on l’a vu, 100 à 150 milliards de francs en titres. D’où le développement extraordinaire de la classe ou, plus exactement, de la couche des rentiers, c’est-à-dire des gens qui vivent de la « tonte des coupons », qui sont tout à fait à l’écart de la participation à une entreprise quelconque et dont la profession est l’oisiveté. L’exportation des capitaux, une des bases économiques essentielles de l’impérialisme, accroît encore l’isolement complet de la couche des rentiers par rapport à la production, et donne un cachet de parasitisme à l’ensemble du pays vivant de l’exploitation du travail de quelques pays et colonies d’outre-mer.
« En 1893, écrit Hobson, le capital britannique placé à l’étranger s’élevait à 15% environ de la richesse totale du Royaume-Uni. » Rappelons que, vers 1915, ce capital était déjà environ deux fois et demie plus élevé. « L’impérialisme agressif, poursuit Hobson, qui coûte si cher aux contribuables et qui représente si peu de chose pour l’industriel et le négociant... est une source de grands profits pour le capitaliste qui cherche à placer son capital... » (en anglais, cette notion est exprimée par un seul mot : investor = « placeur », rentier.) « Le revenu annuel total que la Grande-Bretagne retire de son commerce extérieur et colonial, importations et exportations, est estimé par le statisticien Giffen à 18 millions de livres sterling (environ 170 millions de roubles) pour 1899, calculés à raison de 2,5% sur un chiffre d’affaires total de 800 millions de livres sterling. » Si grande que soit cette somme, elle ne suffit pas à expliquer l’agressivité de l’impérialisme britannique. Ce qui l’explique, c’est la somme de 90 à 100 millions de livres sterling représentant le revenu du capital « placé », le revenu de la couche des rentiers.
Le revenu des rentiers est cinq fois plus élevé que celui qui provient du commerce extérieur, et cela dans le pays le plus « commerçant » du monde ! Telle est l’essence de l’impérialisme et du parasitisme impérialiste.
Aussi la notion d’« Etat-rentier » (Rentnerstaat) ou Etat-usurier devient-elle d’un emploi courant dans la littérature économique traitant de l’impérialisme.
L’univers est divisé en une poignée d’Etats-usuriers et une immense majorité d’Etats-débiteurs. "Parmi les placements de capitaux à l’étranger, écrit Schulze-Gaevernitz, viennent au premier rang les investissements dans les pays politiquement dépendants ou alliés : l’Angleterre prête à l’Egypte, au Japon, à la Chine, à l’Amérique du Sud.
En cas de besoin, sa marine de guerre joue le rôle d’huissier. La puissance politique de l’Angleterre la préserve de la révolte de ses débiteurs. « Dans son ouvrage Le système économique de placement des capitaux à l’étranger, Sartorius von Waltershausen prend comme modèle d’ »Etat-rentier« la Hollande et montre que l’Angleterre et la France, elles aussi, sont en train de le devenir . Schilder considère que cinq Etats industriels sont des »pays-créditeurs nettement prononcés«  : l’Angleterre, la France, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse. Il ne fait pas figurer la Hollande dans cette liste, uniquement parce qu’elle est »peu industrielle ". Les Etats-Unis ne sont créditeurs qu’envers l’Amérique.
"L’Angleterre, écrit Schulze-Gaevernitz, se transforme peu à peu d’Etat industriel en Etat-créditeur. Malgré l’accroissement absolu de la production et de l’exportation industrielles, on voit augmenter l’importance relative qu’ont pour l’ensemble de l’économie nationale les revenus provenant des intérêts et des dividendes, des émissions, commissions et spéculation. A mon avis, c’est précisément ce fait qui constitue la base économique de l’essor impérialiste. Le créditeur est plus solidement lié au débiteur que le vendeur à l’acheteur. "
 En ce qui concerne l’Allemagne, l’éditeur de la revue berlinoise Die Bank, A. Lansburgh, écrivait en 1911 dans un article intitulé : « L’Allemagne, Etat-rentier » : "On se moque volontiers, en Allemagne, de la tendance qu’ont les Français à se faire rentiers. Mais on oublie qu’en ce qui concerne la bourgeoisie, la situation en Allemagne devient de plus en plus analogue à celle de la France. "
L’Etat-rentier est un Etat du capitalisme parasitaire, pourrissant ; et ce fait ne peut manquer d’influer sur les conditions sociales et politiques du pays en général, et sur les deux tendances essentielles du mouvement ouvrier en particulier. Pour mieux le montrer, laissons la parole à Hobson, le témoin le plus « sûr », car on ne saurait le soupçonner de parti pris envers l’« orthodoxie marxiste » ; d’autre part, étant Anglais, il connaît bien la situation des affaires dans le pays le plus riche en colonies, en capital financier et en expérience impérialiste.
Décrivant, sous l’impression encore toute fraîche de la guerre anglo-boer, la collusion de l’impérialisme et des intérêts des « financiers », les bénéfices croissants que ceux-ci retirent des adjudications, des fournitures de guerre, etc., Hobson écrivait : « Ceux qui orientent cette politique nettement parasitaire, ce sont les capitalistes ; mais les mêmes causes agissent également sur des catégories spéciales d’ouvriers. Dans nombre de villes, les industries les plus importantes dépendent des commandes du gouvernement ; l’impérialisme des centres de la métallurgie et des constructions navales est, dans une mesure appréciable, la conséquence de ce fait. »
Des circonstances de deux ordres affaiblissaient, selon l’auteur, la puissance des anciens empires : 1) le « parasitisme économique » et 2) le recrutement d’une armée parmi les peuples dépendants. « La première est la coutume du parasitisme économique en vertu de laquelle l’Etat dominant exploite ses provinces, ses colonies et les pays dépendants pour enrichir sa classe gouvernante et corrompre ses classes inférieures, afin qu’elles se tiennent tranquilles. » Pour qu’une semblable corruption, quelle qu’en soit la forme, soit économiquement possible, il faut, ajouterons-nous pour notre part, des profits de monopole élevés.
Quant à la seconde circonstance, Hobson écrit : « Un des symptômes les plus singuliers de la cécité de l’impérialisme, c’est l’insouciance avec laquelle la Grande-Bretagne, la France et les autres nations impérialistes s’engagent dans cette voie. La Grande-Bretagne est allée plus loin que toutes les autres. La plupart des batailles par lesquelles nous avons conquis notre Empire des Indes ont été livrées par nos troupes formées d’indigènes. Dans l’Inde, comme plus récemment aussi en Egypte, de nombreuses armées permanentes sont placées sous le commandement des Britanniques ; presque toutes nos guerres de conquête en Afrique, l’Afrique du Sud exceptée, ont été faites pour notre compte par les indigènes. »
La perspective du partage de la Chine provoque chez Hobson l’appréciation économique que voici : « Une grande partie de l’Europe occidentale pourrait alors prendre l’apparence et le caractère qu’ont maintenant certaines parties des pays qui la composent : le Sud de l’Angleterre, la Riviera, les régions d’Italie et de Suisse les plus fréquentées des touristes et peuplées de gens riches - à savoir : de petits groupes de riches aristocrates recevant des dividendes et des pensions du lointain Orient, avec un groupe un peu plus nombreux d’employés professionnels et de commerçants et un nombre plus important de domestiques et d’ouvriers occupés dans les transports et dans l’industrie travaillant à la finition des produits manufacturés. Quant aux principales branches d’industrie, elles disparaîtraient, et la grande masse des produits alimentaires et semi-ouvrés affluerait d’Asie et d’Afrique comme un tribut. »

  • "Telles sont les possibilités que nous offre une plus large alliance des Etats d’Occident, une fédération européenne des grandes puissances : loin de faire avancer la civilisation universelle, elle pourrait signifier un immense danger de parasitisme occidental aboutissant à constituer un groupe à part de nations industrielles avancées, dont les classes supérieures recevraient un énorme tribut de l’Asie et de l’Afrique et entretiendraient, à l’aide de ce tribut, de grandes masses domestiquées d’employés et de serviteurs, non plus occupées à produire en grandes quantités des produits agricoles et industriels, mais rendant des services privés ou accomplissant, sous le contrôle de la nouvelle aristocratie financière, des travaux industriels de second ordre.
Que ceux qui sont prêts à tourner le dos à cette théorie« (il aurait fallu dire : a cette perspective) »comme ne méritant pas d’être examinée, méditent sur les conditions économiques et sociales des régions de l’Angleterre méridionale actuelle, qui en sont déjà arrivées à cette situation. Qu’ils réfléchissent à l’extension considérable que pourrait prendre ce système si la Chine était soumise au contrôle économique de semblables groupes de financiers, de « placeurs de capitaux » (les rentiers), de leurs fonctionnaires politiques et de leurs employés de commerce et d’industrie, qui drainent les profits du plus grand réservoir potentiel que le monde ait jamais connu, afin de les consommer en Europe. 
Certes, la situation est trop complexe et le jeu des forces mondiales trop difficile à escompter pour que ladite ou quelque autre prévision de l’avenir dans une seule direction puisse être considérée comme la plus probable. Mais les influences qui régissent à l’heure actuelle l’impérialisme de l’Europe occidentale s’orientent dans cette direction, et si elles ne rencontrent pas de résistance, si elles ne sont pas détournées d’un autre côté, c’est dans ce sens qu’elles joueront. "
L’auteur a parfaitement raison : si les forces de l’impérialisme ne rencontraient pas de résistance, elles aboutiraient précisément à ce résultat. La signification des « Etats-Unis d’Europe » dans la situation actuelle, impérialiste, a été ici très justement caractérisée. Il eût fallu seulement ajouter que, à l’intérieur du mouvement ouvrier également, les opportunistes momentanément vainqueurs dans la plupart des pays, « jouent » avec système et continuité, précisément dans ce sens.
L’impérialisme, qui signifie le partage du monde et une exploitation ne s’étendant pas uniquement à la Chine, et qui procure des profits de monopole élevés à une poignée de pays très riches, crée la possibilité économique de corrompre les couches supérieures du prolétariat ; par là même il alimente l’opportunisme, lui donne corps et le consolide. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, ce sont les forces dressées contre l’impérialisme en général et l’opportunisme en particulier, forces que le social-libéral Hobson n’est évidemment pas en mesure de discerner.
L’opportuniste allemand Gerhard Hildebrand, qui fut en son temps exclu du parti pour avoir défendu l’impérialisme et qui pourrait être aujourd’hui le chef du parti dit « social-démocrate » d’Allemagne, complète fort bien Hobson en préconisant la formation des « Etats-Unis d’Europe occidentale » (sans la Russie) en vue d’actions « communes »... contre les Noirs d’Afrique, contre le « grand mouvement islamique », pour l’entretien « d’une armée et d’une flotte puissantes » contre la « coalition sino-japonaise » , etc.
La description par Schulze-Gaevernitz de l’« impérialisme britannique » nous révèle les mêmes traits de parasitisme. Le revenu national de l’Angleterre a presque doublé de 1865 à 1898, tandis que le revenu « provenant de l’étranger » a, dans le même temps, augmenté de neuf fois. Si le « mérite » de l’impérialisme est d’« habituer le Noir au travail » (on ne saurait se passer de la contrainte...), le « danger » de l’impérialisme consiste en ceci que « l’Europe se déchargera du travail manuel - d’abord du travail de la terre et des mines, et puis du travail industriel le plus grossier - sur les hommes de couleur, et s’en tiendra, en ce qui la concerne, au rôle de rentier, préparant peut-être ainsi l’émancipation économique, puis politique, des races de couleur ».
En Angleterre, une quantité de terre sans cesse croissante est enlevée à l’agriculture pour être affectée au sport, à l’amusement des riches. Pour ce qui est de l’Ecosse, pays le plus aristocratique pour la chasse et autres sports, on dit qu’« elle vit de son passé et de M. Carnegie » (un milliardaire américain). Rien que pour les courses et la chasse au renard, l’Angleterre dépense annuellement 14 millions de livres sterling (environ 130 millions de roubles). Le nombre des rentiers de ce pays s’élève à un million environ.