LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.
C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.
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samedi 11 février 2012
La police britannique pourrait utiliser des armes chimiques interdites
Un groupe de scientifiques interpelle le gouvernement britannique lui demandant de clarifier sa position sur l'utilisation d'armes chimiques contre des manifestants. En effet, à cause d'une faille dans les Conventions Internationales, les armes chimiques sont interdites d'usage par les militaires mais rien ne s'oppose à leur utilisation par... la police !
D'après les experts de la Société Royale des Sciences, le gouvernement britannique serait en train de chercher des voies pour utiliser des agents nerveux contre les populations civiles en cas de soulèvements. Les développements récents dans les neurosciences permettent l'arrivée de nouvelles substances incapacitantes s'attaquant au système nerveux humain et tombant sous le coup de la Convention de 1993 en cas de conflit armé.
Les forces de l'ordre britannique qui avaient utilisé des gaz irritants jusque là pourraient passer à la vitesse supérieure et utiliser des armes chimiques à part entière comme le rapporte The Independant.
L'été dernier, le gouvernement Français a émis un décret autorisant l'utilisation d'armes de guerre contre des manifestants.
Les gouvernements des pays occidentaux se préparent à des soulèvements massifs des populations et préparent leurs armes. Ils savent que les populations en ont ras le bol des mensonges et du racket et finiront un jour par sortir dans la rue. Ce jour là, seul le rapport de force permettra aux pouvoirs en place de subsister.
Source: Tea For Two Operation
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jeudi 9 février 2012
6e ÉTAGE OU 6e AVENUE ?, par Panagiotis Grigoriou
source : greek crisis
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| Athènes - janvier 2012 |
En Grèce, depuis l’arrivée de la Troïka nous
devenons tous une… atmosphère. Dans des conditions de laboratoire
et sous pression. Par modélisation exemplaire et accélération des
particules, élémentaires si l’on préfère. Et ces particules
c’est bien nous. L’accélérateur quant à lui, relève de la
mécanique du dernier méta-capitalisme bancocrate. Cela a bien
fonctionné à un tel point que maintenant nous pouvons sans peur
nous regarder dans le miroir du futur pour nous apercevoir que nous
sommes déjà des mutants.
A commencer par notre régime politique, cette pseudo-democratie,
mollement parlementaire et durement affairiste, devenue désormais
une quasi-dictature après trois putschs réussis. Le premier, en
2009, s’est déroulé lors des élections, alors encore « libres
». Le PASOK (P.S. grec) arrive au pouvoir devançant de dix points
la droite. Georges Papandréou, ami de Geοrges Soros, grand
cosmopolite (l’expression est de lui-même) et apparemment plus à
l’aise dans la syntaxe de son pays natal, les États-Unis, que dans
la grammaire balkanisée du grec moderne, habille alors sa piètre
rhétorique comme il le peut. Et les grands médias lui orchestrent
convenablement l’image. Sa campagne est déjà un Case Study
mais je parie qu’il y en a d’autres en Europe en ce moment en
passe de devenir aussi cas d’école. « Le citoyen d’abord », «
rupture avec les pesanteurs du passé », « gouvernance électronique
», « allons-y, tous ensemble », « finissons-en avec la dictature
des marchés », « prenons des mesures pour réconforter les
citoyens les plus fragiles, surtout ceux qui ont emprunté de
l’argent et doivent faire face à la crise », « faisons de la
Grèce, le Danemark du Sud », « de l’argent il y en a », « nous
sommes prêts pour la croissance verte, les nouvelles technologies et
l’écologie», « augmenter les impôts, la TVA par exemple, est un
crime contre les plus faibles et conduirait l’économie tout droit
à la récession ». Voilà le synopsis de la rhétorique de ce
premier coup d’État.
Aussitôt au poste de Premier Ministre,
élu le 4 octobre, et prenant ses fonctions le 6, le socialiste
Georges Papandréou ayant donc mené toute sa campagne sur la
redistribution des richesses et la hausse des salaires de
fonctionnaires, il annonce encore son intention de « prendre des
mesures d’urgence pour améliorer la compétitivité du pays car
l’économie se trouve dans une situation critique, ayant hérité
des dettes cachées du précèdent gouvernement, mais tout en
protégeant les revenus des plus fragiles, augmentant les petites
retraites, augmentant dès 2010 les salaires et les retraites plus
que l’inflation, en gelant les tarifs du gaz et de l’électricité,
en rénovant le système de santé, en renforçant également les
moyens de la Sécurité sociale, afin de permettre finalement au
citoyen l’accès à un système de santé de haute qualité et
gratuit, en renforçant aussi le système éducatif, lui attribuant
dès le budget 2010, un milliard d’euros supplémentaires ».
Enfin Papandréou s’est dit « déterminé à
renforcer le rôle du Parlement dans le processus décisionnel de
notre régime démocratique ».
La suite est désormais connue. Georges Papandréou, en bon
préparateur de commandes, a apporté le pays entier et sur un
plateau, aux banquiers charognards impériaux (BCI !). Nous en avons
déjà eu la confirmation en découvrant le documentaire de Canal + «
Un an avec DSK – Au cœur du FMI » en mars 2011. Nous
apprenons alors par Dominique Strauss-Kahn en personne, que le
premier ministre grec fraîchement élu avait contacté très
discrètement le FMI fin 2009. Or, il proclamait haut et fort dans le
même temps que son pays s’en sortirait très bien tout seul, et
ceci jusqu’au printemps 2010. « Papandréou m’avait appelé
très tôt, dès novembre-décembre 2009 en disant qu’il avait
besoin d’aide », révèle dans la vidéo Dominique
Strauss-Kahn. « Le premier ministre avait très bien conscience
qu’il avait besoin d’aide [du FMI]. » Or, la demande
officielle du gouvernement grec est seulement intervenue au printemps
2010. Le plan de 110 milliards d’euros de prêts octroyés
conjointement par le FMI et l’Union européenne sera rapidement mis
sur pied, malgré la cacophonie apparente entre les dirigeants
européens. « Quand le FMI est venu, on a fait le travail en 15
jours », s’est vanté Dominique Strauss-Kahn. « C’est
parce que durant les mois précédents, on avait travaillé
souterrainement avec les Grecs. (…) Tout ça parce que les
Grecs eux souhaitaient une intervention du FMI même si Papandréou
pour des raisons politiques n’affirmait pas ça. »
Ce scénario fait désormais partie de notre vécu… en pédagogie
politique. L’agence de notation Fitch dégrade la note de la Grèce
de Α à Α- le 22 octobre 2009, pratiquement dès la mise en
fonction du nouveau gouvernement. Le 21 janvier 2010 le « spread »
entre les obligations allemandes et grecques à 10 ans atteint les
300 points de base (3%). Comme par hasard, une semaine plus tard au
Forum Économique de Davos, Georges Papandréou est invité à
prendre des mesures d’austérité. La Grèce « accepte » le
Mécanisme dit officiellement « de soutien économique »,
institué par le Fond Monétaire International, l’Union Européenne
et la Banque Centrale Européenne, mécanisme alors connu depuis,
sous le nom de « Troïka », ainsi que ses représentants
ou émissaires – contrôleurs en route pour Athènes autour du 23
avril 2010. Cinq jours plus tard, l’agence de notation Standard &
Poor’s dégrade la note de la Grèce de ΒΒΒ+ à ΒΒ+ et le
« spread » des obligations grecques à 10 ans atteint les
1000 points (10%).
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| Athènes - janvier 2012 |
Au départ, il était question de la dette dite souveraine du
pays, 300 milliards d’euros et 143% de son PIB en 2010, pour en
arriver après la « thérapie de choc », infligée à la majorité
des Grecs, à une dette … encore plus souveraine atteignant les 360
milliards d’euros, représentant 166% du PIB du pays en 2012. La
Troïka et le gouvernement grec, ont alors signé trois documents
liés, le Traité du Nouveau Prêt et l’accord avec le FMI,
accompagnés d’un Mémorandum, une feuille de route en somme
obligatoire, sur les mesures à prendre … « pour s’en sortir ».
Aucun gouvernement grec depuis n’a osé faire valider ce Traité
devant les parlementaires, suivant la procédure prévue par la
Constitution pour ce type d’engagement si crucial pour le pays
(analyse de Giorgos Kasimatis, universitaire et juriste
constitutionnaliste). C’est finalement seulement le Mémorandum qui
fut approuvé après maintes péripéties à l’Assemblée le 6 mai
2010, provoquant la première défection de trois députés
socialistes. La Grèce Mémorandienne s’embourbe depuis, dans une
série de réformes prétendument censées la rendre compétitive,
s’agissant plutôt, d’une variante de la Stratégie du choc et de
l’interminable montée de son capitalisme du désastre (Naomi
Klein). Baisse des salaires dans la fonction publique et dans le
secteur privé, augmentation en flèche des impôts, dérégulation
de l’accès à certaines professions, démantèlement des
conventions collectives, réduction des effectifs partout. Nous avons
alors connu des grèves à répétition, et nos manifestants, surtout
très nombreux du temps des « Indignés » durant l’été 2011,
furent violemment réprimés devant le Parlement et sur la Place de
la Constitution (Syntagma). Toute la planète avait alors compris
qu’il fait désormais un temps de chien à l’ombre du Parthénon,
découvrant par la même occasion notre célèbre chien-manifestant,
Loukanikos (Saucisson). Voilà pour un sommaire du deuxième putsch.
La troisième phase du Putsch en Grèce fut la mise en place de la
gouvernance directement bancocrate de Papadémos, début novembre
2011. Initialement « composée de trois formations, P.S., droite
et extrême droite, ayant comme seule mission de parapher le
Mémorandum II, autrement dit le nouvel accord avec les « marchés »
et aussitôt conduire le pays aux élections prévues pour février
2012 ». Son vrai rôle est d’achever la mise en place de
l’occupation. Ce que les Papadémiens viennent de parapher hier
soir paraît-il, est tout simplement la première occupation
officielle des temps nouveaux en Europe. Soulignons que la « dette »
deviendra alors « applicable law » suivant le droit
anglais, les « évaluations » des agents de l’État seront faites
par une structure française en vue de licenciements dans la fonction
publique ; la collecte des impôts, la gestion en somme de
l’État profond, est en passe d’être transférée vers
l’Allemagne, laquelle a déjà créé un Secrétariat d’État
aux affaires grecques. Il s’agit du secrétaire d’État
allemand à l’Emploi et aux Affaires sociales, Hans-Joachim
Fuchtel, homme de confiance d’Angela Merkel. En expérimentant le
premier défaut (contrôlé ?) d’un pays de la zone euro, c’est à
dire déjà l’intérieur d’une zone d’occupation monétaire
(pays classé ZOM !), préalablement établie depuis une décennie
sous un nuage de propagande. C’est la variante applicable aux
Baronnies sous mandat, de la Règle d’or.
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| Athènes - janvier 2012 |
Dès hier (mercredi) des parlementaires socialistes ont fait
circuler une pétition au sein du Parlement pour soutenir une
prolongation du mandat Papadémien, jusqu’à la fin de la
législature, à savoir 2013. Les structures alors « définitives »
du « pays réel » bancocrate se referment sur nous. Et jusqu’ici,
pas de révolte. Car nous avons déjà été déconnectés du vrai
lien politique (comprendre, agir, prendre en main la situation
collective, contrôler les politiques notamment) en plus de la
corruption gonflée par les fonds structurels de l’U.E. et par les
pots de vin divers et variés. La culture, la langue, la musique
furent en quelque sorte détruites et avec elles, tout un système de
réflexion et d’action. Ce processus a pris trente ans, télévision,
« life style », consommation, argent et crédit
faciles, la musique de Theodorakis, d’Hadjidakis, étant
entièrement bannies des radios, et en dernière instance, une
culture « loisirs domestiques » dont la composante désastreuse
consiste à nous tenir enfermés chez nous.
Depuis la mise en place de la Troïka, les nouvelles mesures
tombent quotidiennement : nous apprenons de mauvaises nouvelles
tous les jours et nous subissons une mithridatisation certaine. D’où
notre mutation. Déjà dans le vocabulaire, « CDS », « spreads »,
« PSI », « FMI », « Debt », « Agences de notation », «
triple A », « double C », termes relevant déjà de la sémantique
du désastre. Nos neurones explosent, nous devenons incapables
d’aller au-delà, nous sombrons dans les psychotropes (le
gouvernement Papadémien vient tout juste de dépénaliser l’usage
de la drogue dite « légère »), nous sombrons aussi dans l’alcool
et le suicide. Ainsi, leur stratégie est digne du meilleur
interrogatoire des temps totalitaires. Tantôt on annonce l’arrêt
des mesures d’austérité, mais c’est pour en annoncer d’autres.
Les règles concernant les retraites ont changé une bonne douzaine
de fois depuis 2010. Et les gens sont perdus. Certains se referment
dans le monde du silence, se laissant mourir à petit feu. Notre
sociabilité se trouve grièvement blessée. Des amis se cachent pour
ne plus avoir à exposer publiquement leur nouvelle situation, où
nous avons cessé de pouvoir encore nous payer un café ensemble. Si
on y ajoute le combat pour la survie, la destruction des repères, et
plus « pratiquement », l’impossibilité d’instaurer
des entractes réellement festifs dans l’immédiat ou dans le moyen
terme, pour retrouver les siens, voyager, c’est alors
l’effondrement psychologique, donc l’apraxie. Avec en plus, la
répression policière et la mise en place d’un terrorisme
économique via les impôts dignes du servage, le fichage, le
chantage, dans la fonction publique notamment. Croyez-moi, chers
amis, cette stratégie du choc n’est pas une illusion. Je le savais
fort bien et je le disais haut et fort lors des manifestations
massives de 2010 et 2011, tant que les gens et leurs proches avaient
encore un petit salaire ou des réserves pour tenir, ils étaient
encore capables d’analyses et de revendications, disons de type «
classique », mais les partis de gauche n’ont pas pu ou voulu
saisir le tournant et la droite dite populaire (pas populiste) était
encore inexistante pour en constituer un nouveau pôle
anti-Mémorandum, faisant par exemple scission avec son principal
parti. Ajoutant in fine l’abolition accélérée de notre
économie et nous aboutissons à un tableau bien triste !
Nous nous sentant déjà ancrés à la solution finale bancocrate,
nous tenterons sans aucun doute autre chose. Mais quoi ? Tout est
dans l’air. C’est la raison pour laquelle, selon certaines
informations de la presse grecque (mercredi 8/2/2012), la chaîne CNN
serait en train de louer l’ensemble du 6eme étage au prestigieux
hôtel « Grande Bretagne », place de la Constitution (Syntagma), en
face du Parlement et ceci parait-il pour plusieurs semaines, «
s’attendant à la bataille d’Athènes ». Alors, 6e
étage comme 6e avenue à New York (Bank of America
Tower et Rockefeller Center) ?
Il semblerait aussi que les ambassades ici à Athènes,
préviennent leurs ressortissants d’un manque à craindre de
produits alimentaires et de carburant. Nous, nous avons déjà
constitué des réserves dans les caves et dans les placards. Avez
vous évoqué la possibilité d’une guerre ? Ou d’une « Règle
d’or » comme équivalent d’une « Conférence de Wannsee » ?
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Panagiotis GRIGORIOU,
STRATÉGIE DU CHOC
vendredi 27 janvier 2012
Lordon: « Nous assistons à l’écroulement d’un monde, des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées »
SOURCE: La Revue des Livres
Dans ce grand entretien,
Frédéric Lordon nous livre ses commentaires et analyses de la crise
économique actuelle et de ses origines. Avec un ton incisif et un regard
acerbe, il revient sur les causes et effets de la crise elle-même, mais
commente également le traitement de l’économie par les médias, la place
de l’économie au sein de l’institution universitaire, et l’éventuelle
sortie de l’euro. Sonnant le glas du projet néolibéral, l’actualité est,
nous dit-il, une occasion unique de changements profonds : un monde
s’écroule sous nos yeux.
RdL : Que se passe-t-il
? Qu’est-ce qui est en train d’arriver sous nos yeux, depuis au moins
une trentaine d’années, depuis 2008, depuis quelques mois, ces dernières
semaines ?
Frédéric Lordon : C’est une leçon de choses historiques. Ouvrons bien les yeux, on n’a pas souvent l’occasion d’en voir de pareilles. Nous assistons à l’écroulement d’un monde et ça va faire du gravât. L’histoire économique, en tout cas celle qui a fait le choix de ne pas être totalement bornée – je veux parler d’auteurs comme Kindleberger, Minsky ou Galbraith – a depuis longtemps médité l’effrayant pouvoir de destruction de la finance libéralisée. Il fallait de puissants intérêts – très évidemment constitués – à la cécité historique pour remettre sur les rails ce train de la finance qui a déjà causé tant de désastres ; en France, comme on sait, c’est la gauche de gouvernement qui s’en est chargée. De sorte que, à la lumière de ces leçons de l’histoire, on pouvait dès le premier moment de la dérégulation financière annoncer la perspective d’une immense catastrophe, et ce sans pourtant savoir ni où, ni quand, ni comment exactement elle allait se produire. La catastrophe en question aura pris vingt ans pour survenir, mais voilà, nous y sommes. Notons tout de même qu’un scénario que certains avaient envisagé d’assez longue date considérait l’hypothèse de la succession de crises financières sérieuses, rattrapées mais, aucune des contradictions fondamentales de la finance de marché n’étant résolues, enchaînées selon un ordre de gravité croissante, jusqu’à la big one. Sous ce rapport, la première crise de la série n’aura pas pris un an pour se manifester puisque le grand krach boursier se produit en 1987… après le big bang de 1986. Puis elles se sont succédé à intervalle moyen de trois ans. Et nous voilà en 2007. 2007, n’est-ce pas, et pas 2010. Car le discours libéral n’a rien de plus pressé que de nous faire avaler l’idée d’une crise des dettes publiques tout à fait autonome, européenne dans son principe, et imputable à une fatalité d’essence de l’État impécunieux. Or le fait générateur est bien la crise de la finance privée, déclenchée aux États-Unis, expression d’ailleurs typique des contradictions de ce qu’on pourrait appeler, pour faire simple, le capitalisme de basse pression salariale, dans lequel la double contrainte de la rentabilité actionnariale et de la concurrence libre-échangiste voue la rémunération du travail à une compression continue et ne laisse d’autre solution à la solvabilisation de la demande finale que le surendettement des ménages. C’est cette configuration qui explose dans le segment particulier des crédits hypothécaires [plus connus sous le nom de subprimes] et qui va, en un an, déstabiliser tout le système financier étasunien, puis, interconnexions bancaires obligent, européen, jusqu’au moment Lehman. Là, on est au bord de l’effondrement total et il faut sauver les banques. Je dis « il faut sauver les banques », car la ruine complète du système bancaire nous ramène en cinq jours à l’équivalent économique de l’état de nature. Mais il ne s’agit pas de le sauver et puis rien ! Or c’est ce que font tous les gouvernements, en se contentant à partir de 2009 d’annoncer des projets de re-régulation où le ton martial le dispute à l’innocuité. Trois ans plus tard, la re-régulation financière n’a pas quitté le stade velléitaire – ce qui est tout à fait regrettable car le système bancaire est encore plus vulnérable qu’en 2007, alors que point une crise d’un format très supérieur… Entre-temps, les banquiers remis à flot jurent ne plus rien devoir à la société sous prétexte que la plupart d’entre eux ont remboursé les aides d’urgence reçues à l’automne 2008. Évidemment, pour rétablir leur bonne conscience en même temps que leurs bilans financiers, il leur faut feindre d’ignorer l’ampleur de la récession que le choc financier a laissée derrière lui. C’est de ce choc même que viennent dans un premier temps l’effondrement des recettes fiscales, l’envol mécanique des dépenses sociales, le creusement des déficits, l’explosion des dettes puis, dans un deuxième temps, les plans d’austérité… réclamés par la même finance qui vient d’être sauvée aux frais de l’État ! Donc, depuis 2010 et l’éclatement de la crise grecque, la finance rescapée massacre les titres souverains sur les marchés obligataires alors qu’elle aurait trépassé si les États ne s’étaient pas saignés pour la rattraper du néant. C’est tellement énorme que c’en est presque beau… Pour couronner le tout, les marchés exigent – et bien sûr obtiennent – des États des politiques de restriction coordonnées qui ont le bon goût de conduire au résultat exactement inverse de celui supposément recherché : la restriction généralisée est telle que les recettes fiscales s’effondrent aussi vite que les dépenses sont coupées, si bien qu’in fine les dettes croissent. Mais l’austérité n’est pas perdue pour tout le monde : son parfait prétexte, « le problème des dettes publiques », aura permis à l’agenda néolibéral d’engranger de spectaculaires progrès, inenvisageables en toute autre circonstance.
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Lordon : « Le soulèvement ou la table rase par l'effondrement »
Le 15 janvier 2011, Frédéric Lordon,
économiste hors sérail microcosmique, était invité à une conférence
organisée par Attac et Mediapart sur le thème : « Quel remède à la crise démocratique européenne ? » Frédéric Lordon décida de répondre à cette question « sans circonvolutions inutiles ».
« Ma réponse, c’est : le soulèvement ou bien la table rase par l’effondrement financier. »
La “démocratie” des marchés
La démocratie représentative n’existe plus, pose Frédéric Lordon en
citant le cas du référendum de 2005 et en pointant les pions Papademos
et Monti avancés sans scrupules par la troïka financière (BCE,
Commission européenne, FMI) au mépris de toute souveraineté populaire.
La loi des marchés (ces « tiers inclus au contrat social »)
règne en maître. Les élus du peuple, les résultats de scrutins ne sont
plus tolérés par ces nouveaux dominants que s’ils rentrent dans leur
moule.
Citant la récente dégradation de la France, Frédéric Lordon relativise l’importance d’agences de notation parfaitement « périphériques ».
« Il n’y a aucun lieu de s’étonner qu’un univers comme les marchés de capitaux, qui fonctionnent fondamentalement à la croyance, à l’opinion et au jugement, sécrètent en leur sein des producteurs spécialisés de croyance, d’opinion et de jugement. »
S’attaquer à la structure d’ensemble
Ce n’est pas à ces « points focaux » épiphénomèniques (les agences de notation) qu’il convient de s’attaquer, mais à la structure d’ensemble qui les féconde.
Or, souligne l’iconoclaste économiste, les évènements en cours
pourraient bien donner un sacré coup de main à ceux qui refusent la « monstruosité » d’un monde régi par « le corps informe des créanciers internationaux ».
Comme en 2007/2008, le secteur interbancaire est en voie de devenir « le nouvel épicentre d’un nouveau séisme ». Sans que les puissances publiques, désormais ruinées, puissent voler à son secours comme la fois précédente.
« Si donc nous voyons poindre la perspective de grand effondrement, alors oui il y a plus que jamais matière à nous demander quoi reconstruire. Mais la toute première question étant bien sûr : à quelle échelle ? »
La reconstruction, mais avec qui ?
Sur ce point, l’ami Lordon est catégorique. La tendance va spontanément vers « une préférence a priori pour des ensembles les plus vastes possibles » (dit-il). Mais alors, « avec qui ? »
Lordon expose ses doutes quant à une solution européenne dans une
Union européenne ouvertement dominée par la rigueur monétaire imposée
par l’Allemagne. Et par une « juridicisiation » des politiques publiques « directement attentatoire » à toute souveraineté populaire.
« Existe-t-il des intermédiaires viables entre les configurations nationales classiques et une Union européenne pleine et entière, je veux dire avec une intégration politique pleine et entière ?
Si la réponse était non, alors il ne faudrait pas hésiter à en revenir à la configuration nationale dont on sait avec certitude qu’elle satisfait pleinement le principe de la souveraineté populaire. »
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lundi 2 janvier 2012
LAS ELECCIONES DEL 20-N Y EL DESARROLLO DEL FACTOR CONSCIENTE
Las elecciones del 20 de noviembre de 2011 tienen lugar en una
situación singular, cuando los cimientos de “España” y Europa crujen y
se agrietan. Lo que madura es una crisis global de Occidente que va
mucho más allá de la economía y que, por tanto, demanda una respuesta
múltiple y compleja, esto es, integral, más allá de las obsesiones
economicistas de una izquierda que sigue siendo el instrumento político
principal del capitalismo y del artefacto estatal, por delante de la
derecha.
La izquierda en el gobierno, el PSOE secundado por el PCE-IU en todo lo
importante, ha destruido la sociedad y ha envilecido a la persona. En
2004-2011 el gobierno izquierdista ha promovido con furor todas las
formas imaginables de no-pensamiento, docilidad, incivilidad,
amoralidad, embrutecimiento, inespiritualidad, deshumanización,
neo-ignorancia, aculturación, chabacanería, egocentrismo, hedonismo,
auto-destrucción del individuo, culto por lo degradado, zafiedad,
enfrentamiento entre las personas, feísmo y barbarie, por medio de sus
muchas religiones políticas y operaciones de ingeniería social. De ello
ha salido una sociedad en descomposición, agónica, y un sujeto
nulificado en trance de dejar de ser humano.
Además, ha devastado la economía, creando un sistema productivo
imposible por parasitario, endeudado, despilfarrador, hiper-consumista,
entregado al gran capital y a la banca, hiper-intervenido por el Estado,
corrupto y supeditado al imperialismo alemán. Así, tenemos 5 millones
de parados, una situación sin salida y el hambre a punto de ser una
lúgubre realidad en cientos de miles de hogares.
Tal es la obra de la izquierda en todas sus manifestaciones, del
progresismo, de la intelectualidad y estetocracia mega-subsidiadas, de
los miles de grupos, tinglados, ONGs y sujetos que han medrado a lo
grande en estos años aciagos con las suculentas subvenciones otorgadas
por el gobierno del PSOE a fin de que hicieran la loa del Estado.
Desde antes incluso de la muerte de Franco la izquierda ha hegemonizado
la vida política del país. Con el final del fascismo se hizo la fuerza
política más influyente, en la que el capitalismo y el Estado se
apoyaron para realizar sus fines en las nuevas condiciones. La infame
Constitución actual, de 1978 (actualización de la no menos infame de
1812), proviene sobre todo de un pacto entre el Estado fascista
reconvertido, representado por Adolfo Suarez, y el Partido Comunista de
España (PCE), a las órdenes de Santiago Carrillo. De ese atroz texto
político-jurídico han salido los males que nos devastan.
El PCE, secundado por el PSOE y la extrema izquierda, frustró en
1974-1978 la posibilidad de una salida revolucionaria a la crisis
general del régimen franquista que permitiera la regeneración de la
sociedad tras 40 años de barbarie. Para ello otorgó un respaldo total al
régimen de dictadura constitucional, partitocrática y parlamentarista
como solución de recambio. Al mismo tiempo destruyó los movimientos
populares, para crear una sociedad de la docilidad y el servilismo, de
la atomización y el individualismo. Desgastado en tan rufianescos
quehaceres sufrió una regresión como partido, siendo sustituido por el
PSOE.
El triunfo electoral del PSOE en 1982 abre un periodo de rápido
crecimiento del capitalismo español, que es promovido a las mil
maravillas por la política e ideología de la izquierda. La acumulación y
concentración de capital progresó a un ritmo vertiginoso y de ello
surgió la empresa multinacional española, que antes no existía. Ésta, la
expresión más temible del capital, fue creada bajo la dirección de los
gobiernos de la izquierda en los años 80 y 90 de la pasada centuria. Hoy
su número rebasa las 2.500. Particularmente cordiales fueron, y son,
las relaciones entre el PSOE y la gran banca.
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mercredi 21 décembre 2011
LA FOIRE AUX ZOMBIES CONTINUE! Le zombie pour parler de consommation et de décroissance
SOURCE : Éducation & environnement
Des observations récentes amènent à penser que l’Homme est en train
de « se zombifier ». La question sérieuse posée à l’occasion de cette
métaphore amusante est celle de la part réelle de conscience et
d’analyse de l’information dans le contrôle de nos actes. Le recours à
l’image du zombie peut alors permettre d’appréhender le comportement
humain et la société sous un angle critique.
Voici une petite réflexion guidée par la mise la parallèle des
documentaires « Simplicité volontaire et décroissance » de Jean-Claude
Decourt et les films d’horreur de Georges Romero, à prendre avec
légèreté… mais pas trop…
Ce zombie qui est (en) nous…
De nombreux hommes et femmes voient leur vie s’abîmer dans une
société capitaliste irrationnelle, contradictoire et violente. Ils sont
confrontés à un sentiment d’incontrôle et d’incompréhension que le
psychologue Martin Seligman a étudié de manière expérimentale en 1974 et
baptisé « learned helplessness » ou résignation acquise. Cet état de
privation de contrôle, effective ou perçue, induit des déficits
cognitifs (difficultés d’apprentissage), motivationnels (difficulté à
émettre des réponses volontaires) et affectifs (augmentation des affects
négatifs). Les individus font l’apprentissage d’une relation
d’indépendance entre leurs actes et leurs résultats et sont plongés dans
un état d’épuisement cognitif. Pour expliquer des situations complexes,
ils se limitent alors à des informations immédiatement disponibles et
ont davantage recours des solutions dites cognitivement moins coûteuses,
des heuristiques de raisonnement, des croyances, des stéréotypes, etc.,
(François Ric) (1). L’état de « learned helplessness » rend l’individu
passif et inapte au raisonnement complexe. Il est en quelque sorte
« zombifié ».
Exemple de message simple au service d’une idéologie
asséné à une population maintenue dans la passivité
dans Invasion Los Angeles.
Une mise en parallèle du comportement du consommateur-travailleur et de celui du zombie
Ce qui caractérise principalement le zombie, c’est son absence de
conscience, ou plus précisément d’expérience consciente. Le zombie n’est
pourtant pas sans cerveau. Autrefois humain, le seul moyen de s’en
débarrasser reste d’ailleurs celui de lui tirer une balle dans la tête.
Mais l’organe est devenu incapable de diriger le comportement alors
réduit à l’expression de simples actes pulsionnels non pensés. C’est cet
aspect instinctif et non réfléchi du zombie, comme absent de lui-même,
qui est utilisé métaphoriquement pour décrire l’humain moderne
crée par la société de (sur)consommation. L’individu semble absorber
passivement les messages. Noyé dans un flot d’informations complexes et
désordonnées et assommé par un discours consumériste au service d’une
croissance illimitée, il devient un consommateur-zombie dont le
comportement consiste en une série de réflexes souvent irrationnels et
conditionnés par la publicité.
Critique de la société de consommation
dans Zombie.
« Qui sait si, lorsque nous contemplons la vache, nous ne sommes pas
en train de contempler l’homme du futur ? » (Vilèm Flusser) (2). Le
zombie de George Romero, c’est aussi la vache de Vilèm Flusser. Un Homme
passif, programmé et dont les performances sont « améliorées » pour
être mises au service de l’industrie dans une société hyper-technicisée
et automatisée. « Les technologies sont faites pour nous séparer de
notre action, nous déresponsabiliser, nous rendre inutile, c’est
mortifère. » (Alain Gras, sociologue et écrivain) (6). Le zombie, c’est donc également le travailleur robotisé de METROPOLIS. Un
travailleur fantasmé par une société productiviste qui rêve de
disposer, voire de fabriquer, des unités de travail interchangeables,
programmables, flexibles et jetables, de simples « variables
d’ajustement ».
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mardi 6 décembre 2011
L'insurrection qui vient est déjà là
Puisque la situation en Grèce n'est pas suivi par "les journalistes" (territoire irradié comme en Islande...), c'est "le Grec", Dimitri, un gars, qui en parle le mieux.
La boule est lancée, les jeux sont ouverts.
Qui va ramasser la mise? Ou on casse le jeu avant qu'il ne nous casse.
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samedi 3 décembre 2011
De quoi le zombie est-il le nom ?
John NADA
***
lepoint.frLa pancarte est glissée au milieu de la foule putréfiée et gémissante qui boitille dans les rues ensoleillées de Mexico. "J'ai été à la Chambre des députés, je n'ai pas trouvé de cerveaux." Le 26 novembre, avec 10 000 participants, la capitale mexicaine battait le record mondial des "zombie walks", ces marches de morts-vivants grimés à la perfection qui, depuis une dizaine d'années, s'organisent sur les cinq continents avec un succès croissant.
En même temps que la rue, le zombie a gagné la littérature, le cinéma, la télévision. La série Walking Dead a ainsi battu des records d'audience ; le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires et sa World War Z vient d'être adaptée au cinéma, avec Brad Pitt en star des survivants. Hors genre, La route de Cormac McCarthy, plus difficile, mais à peine moins populaire, suivait en 2005 la marche sans fin d'un père et de son fils dans un monde post-apocalyptique, peuplé de rares survivants acculés au cannibalisme.
Risques
Pas de cerveau à dégoter à l'Assemblée mexicaine ? Au-delà de la plaisanterie, l'avertissement donne du grain à moudre aux observateurs, pour qui le "mouvement zombie" a résolument quitté le club des geeks et autres fans de George Romero pour devenir contestataire et politique. En octobre, un cortège de morts-vivants rejoignait ainsi les Indignés de Wall Street ; quelques mois plus tôt, en juin, les étudiants du Chili manifestaient contre leurs conditions d'éducation en habits de déterrés."Le zombie est d'abord un symbole de l'anarchie, qui menace de bouleverser l'ordre établi", estime Anne Billson, critique de cinéma au Guardian et experte du genre, pour qui le mort-vivant peut par ailleurs "figurer toute section de la société, qui, pour des raisons sociales ou politiques, peut être dépersonnalisée". Les morts-vivants représenteraient, tour à tour et au choix, les pauvres, les réfugiés, les hooligans ou les traders. D'autres vont plus loin, et n'hésitent pas à voir dans la goule le symbole d'un prolétariat dont les classes dirigeantes auraient absorbé la substance vitale. Là où le vampire exhibe son aristocratique pâleur et plante ses crocs raffinés dans le cou des jeunes filles de bonne famille, les morts-vivants sont, quelle qu'ait été leur existence, ramenés à une condition commune et traînent tout uniment un corps mort et un cerveau infecté.
La comparaison marxisante ne tient cependant qu'à moitié, estime Vincent Paris, professeur de sociologie au Cégep de Saint-Laurent, au Québec : "Le prolétaire revendique, il est en mouvement, il est chargé d'espérances ; le zombie est un mort qui erre, et qui ne veut rien d'autre que de la chair humaine... N'ayant pas de conscience, il ne peut par définition être aliéné." Le phénomène est dès lors moins politique que social et doit, estime le chercheur, être remarqué d'abord en vertu de sa dimension "inclusive", "intégratrice" : les marches mêlent aujourd'hui tous les âges et tous les milieux sociaux. Par ailleurs, analyse Vincent Paris, les "zombie walks" mettent en scène la thématique du "risque", qui, du sida à la grippe A en passant par le nucléaire, hante nos sociétés et pèse également sur tous leurs membres.
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mercredi 16 novembre 2011
ZOMBIE MIX 4
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lundi 14 novembre 2011
ZOMBIE MIX 3 (Robert HOOD)
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mercredi 2 novembre 2011
LES MARCHÉS OU LES PEUPLES
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samedi 29 octobre 2011
ILS MARCHENT SUR LA TÊTE
Demander leur aide aux pays émergents, Chine en tête, est un
symbole fort des nouveaux rapports de force mondiaux. En procédant
ainsi, les dirigeants européens viennent de mettre en évidence qu’ils
n’ont pas les moyens de refinancer l’endettement de l’Europe, puisque
c’est la stratégie qu’ils poursuivent envers et contre tout.
Quand
certains d’entre eux récusent cette voie, c’est pour se réfugier dans
une autre fuite en avant, en préconisant que la BCE éponge la dette en
créant de la monnaie, afin que tout puisse repartir comme si de rien
n’était, à des aménagements mineurs près.
Or,
la planète n’a pas changé d’axe, mais le monde si ! Les pays de l’OCDE
doivent céder le pas devant de nouvelles puissances économiques, qui
disposent des moyens financiers allant de pair. Cette nouvelle donne est
issue du processus de mondialisation, qui a redistribué les cartes,
dont on n’a vu que les délocalisations, puis l’invasion de produits venus d’ailleurs. Le monde pivote pour de bon et il faut désormais résoudre une nouvelle équation.
Epuisé pour avoir été trop exploité, le vieux monde cède maintenant le pas devant un nouveau monde
qui s’impose irrésistiblement. Pour le système financier, c’est un
nouvel eldorado en puissance, où il va pouvoir reproduire les recettes
qui ont fait sa fortune après avoir entraîné la désolation sur ses
anciens terrains de jeu. D’Occident, cet inacceptable renversement de
situation pourrait apparaître comme le match retour d’une exploitation
coloniale qui a fait la fortune de ceux qui en ont été les maîtres, si
cet épisode n’était pas oublié.
La tentation du déni est grande,
comme toujours lorsque la peur est grande. Ainsi que celle du repli, qui
l’accompagne. Accompagnée de fortes réactions de rejet, telles qu’on
les observe en Allemagne par rapport aux Grecs. Elle évite de se
confronter à la seule problématique qui vaille, celle d’une autre
mondialisation ayant pour objectif de mieux répartir la richesse, à la
fois sur la planète et au sein des sociétés qui l’habitent. Les deux
échelles vont en effet de pair, imposant si l’on prétend régler l’une de
s’attaquer à l’autre ; de définir de nouveaux modèles de développement
globaux, intégrant tout à la fois les besoins économiques, sociaux et
environnementaux.
Une telle démarche est constitutive du nouveau
paradigme qui progressivement se dessine. Mais il n’est pas surprenant,
étant donné les mises à plat et remises en cause qu’elle implique, que
les héritiers de la social-démocratie historique ne la partagent pas,
puisqu’il ne s’agirait plus de mieux gérer un système mais de le
transformer. Ils négligent l’étroitesse de leur marge de manœuvre,
singulièrement réduite en situation de crise durable, font abusivement
confiance à leurs capacités de gestionnaires, et préparent la
désillusion.
La période où des pays pouvaient symboliser un avenir
radieux est révolue : il n’y a plus de patrie d’un socialisme qui n’a
pas rempli ses promesses tandis que les Etats-Unis connaissent le
déclin, le miracle américain ne faisant plus recette. L’Union européenne
a pu un temps cristalliser des aspirations, mais elle n’en est plus
capable dans ses soubresauts actuels. S’impose progressivement, comme un
repoussoir, l’image d’un pouvoir oligarchique, transnational, qui non
seulement dispose des leviers de commande mais est désormais assis sur
la colossale finance grise du shadow banking. Sommaire, cette vision est aussi désarmante, car comment lutter contre l’insaisissable ?
La
première réponse est qu’il faut connaître ce système davantage afin de
mieux le décrypter. La seconde est qu’il faut lui opposer une
alternative qui est en premier lieu programmatique. Puisqu’un grand saut
doit être effectué, le système étant en train d’imploser sous nos yeux,
sur quels principes fondateurs peut reposer une alternative ? A quelles
aspirations doit-il être répondu et comment ? L’exercice réclame de
sortir des sentiers battus et de ne pas s’enfermer dans un réalisme
qui se trouve dans l’impasse et procède du manque d’ouverture d’esprit
quand ce n’est pas de l’imposture.
source : Paul JORION
Mais au contraire d’affronter le vent
du large.
La crise a ceci de positif qu’elle met à nu des
mécanismes qui étaient ignorés, qu’elle dévoile une réalité auparavant
dissimulée. Dans quelque domaine que l’on étudie un peu, y compris les
plus vitaux comme ceux de l’alimentation et de la santé, on observe et
comprend que les objectifs poursuivis répondent souvent à des critères
qui nous sont pour le coup étrangers. Quant à l’activité financière, qui
domine toutes les autres, elle apparaît désormais pour ce qu’elle est :
fondamentalement parasitaire.
Dans tous ces domaines, et dans
d’autres encore, des analyses et des réflexions sont en cours, des
expériences sont tentées, de nouvelles pratiques sociales se dessinent.
Aujourd’hui, le choix est de savoir de quel côté on se situe : de ce
côté-ci ou de celui de ceux qui ont comme horizon borné de redémarrer la
machine à décerveler, en limitant si possible ce que l’on appelle le coût social, celui-là même qui devrait plus que tout autre être considéré.
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L’humeur des temps et le regard détourné du zombie
source: dedefensa
Le désordre du monde, la bassesse historiquement unique de nos
directions politiques, les politiques qui s’ensuivent
mélangeant fort logiquement désordre et bassesse pour aboutir à des
incohérences ahuries et sanglantes, tout cela nous engage toujours
davantage à ne pas tenter d’évaluer la vérité du monde
à l’aune de ces références qui furent les guides de nos pensées
évaluatrices pendant des décennies et même deux bons siècles. Le
domaine psychologique et ses rapports avec les courants métahistoriques,
par conséquent ces phénomènes, insaisissables par l’excellence
scientifique, des déplacements de pressions, d’angoisses et d’élans
inconscients, – ce que nous nommons pour ce F&C “l’humeur
des temps”, – nous paraît un domaine d’exploration bien plus
fécond ; cela, en espérant être aidé dans cette exploration par le don
épisodique que nous ferait l’intuition haute de se manifester
par ses fulgurances. Par conséquent encore, et cela est tout simplement
fondamental, cette exploration va se réaliser
surtout, sinon exclusivement, par rapport au système de la
communication, dont l’action s’exerce sur la psychologie et le
comportement ; dans cette description, on comprend en effet que la
communication est le domaine aujourd’hui essentiel, sinon exclusif
de la puissance, et que toutes les décisions (politique, stratégiques, sociales, etc. ?) sont, au moins, très fortement
influencées par lui, sinon complètement dépendantes de lui.
C’est dans ce domaine que nous allons explorer les effets et les
conséquences, essentiellement sur les psychologies, les jugements
jaillissants, les comportements révélateurs et pas nécessairement
conscients, de ce phénomène qui nous paraît de plus en plus remarquable
par sa complète nouveauté du mouvement “OWS et le reste”. Nous avons
déjà eu diverses indications éparses de ces comportements, ces
psychologies, aboutissant à des situations très inhabituelles. (Voir,
pour les exemples les plus récents, dans notre rubrique
Bloc-Notes, le 26 octobre 2011, et dans notre rubrique Ouverture libre, le même 26 octobre 2011.)
On
citera ci-dessous trois (ou quatre) exemples de personnalités,
nécessairement plutôt du camp des “dissidents” mais y tenant une place
d’audience nationale aux USA, s’exprimant sur la signification d’“OWS
et le reste” dans des termes qui mesurent la puissance formidable des
effets que ce mouvement a suscitée.
• On extrait d’un débat entre le professeur de Harvard, activiste
africain-américain anciennement proche d’Obama, Cornell West, et le
cinéaste documentaire Michael Moore, sur Democracy Now ! le 24 octobre 2011, ces déclarations du premier
(West).
«… And to just be in the same room with Michael Moore, in the same
country, on the same planet, is inspiring to me. The brother’s
brilliance and his deep love for people just is quite—it’s just—it’s a
national, international treasure. And that’s very important, because
we’re right in the middle of a movement, and to see that kind of
quality of sacrifice and service is a beautiful thing. It’s a sublime
thing, very much so.
»But now, what we’re trying to do is connect what’s going on on
Wall Street with what’s going on in Harlem, because if in fact we
continue to have this kind of magnificent movement here and around the
world, we want to be able to connect the corporate greed not just on
Wall Street, but in the military-industrial complex, the
prison-industrial complex, and the corporate-media multiplex, so that we
have an
inclusive, systemic analysis, even as we’re willing to bear witness to
the love for poor and working people.»
• Chris Hedges (de Truthdig.org notamment) et Amy Goodman (de Democracy Now !) ont débattu lors du talk-show
“Charlie Rose”. Le résumé que donne Truthdig.org de l’entretien (il y a aussi l’accès au DVD de l’émission), le 25 octobre 2011,
donne la mesure du niveau des réflexions que suscitent “OWS et le
reste”. Il y est question d’une révolution en Amérique aussi bien que de
la sauvegarde de l’espèce humaine…
«In their joint interview, Goodman doesn’t hesitate to accept
Rose’s proposition that OWS could be called a new American revolution,
telling the PBS host, “I think it’s happening as we speak” and noting
the response from abroad, while Hedges calls the movement “a return to
sanity” and a “confrontation with dead ideas.” Hedges cuts through the
noise quickly in this clip, summing up the argument he’s been making
for years in his column by stating, “I think these people are very very
clear that we cannot sustain ourselves … not only as a society but
even as a species, if we don’t confront the corporate state.”»
• Un article d’un des directeurs du site CounterPunch et de la fameuse Lettre d’Information éponyme, Jeffrey Saint-Clair, le 25 octobre 2011 : «Don't
Protest, Resist, Occupy
the System, – There is an anger running rampant across the country.
Some on the right are calling it class warfare. People are enraged. Jobs
are scarce, the rich continue to get richer while the poor continue to
struggle to make ends meet. Indeed, it should be classified as
economic warfare, Americans are sick and tired of being pushed around.
It is time to shove back…»
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City of the Living Dead
by Kelley B. Vlahos,
October 25, 2011(antiwar.com)
Anyone covering Capitol Hill knows
that congressional hearings can be deadly — deadly boring and
deadly predictable.
But when a reported Iraq war veteran exploded into a House Armed Services Committee hearing
this month as Secretary of Defense Leon Panetta was reading his prepared
remarks, for a split second it was like a test to see if someone blinked.
Better yet, it was a test to see if anyone was human enough to respond.
One person reportedly burst out laughing, right after the veteran, who was screaming
“We murdered people! I saw what we did to people!” was dragged from
the room by security. But the rest of the chamber was silent, faces
turned stoically forward. The vet was followed by two silver-haired
antiwar women decrying the war. They were also manhandled out of the
room in short order. Seven people altogether that day were arrested
for interrupting the proceedings — one charging that the veteran had
been laughed at — while a number of others outside in the hallway chanted,
“We are the 99 percent, and we don’t support these wars!”
But like something out of a Kevin McCarthy movie, the chamber’s inhabitants impassively waited
until the would-be rabble-rousers were silenced. Aside from the reported
spark of laughter — probably born out of nervousness or condescension,
or likely both — and a couple of stolen sideways glances, the business
of war went on.
This is what the current “Occupy”
protests are up against. This is what the antiwar protesters have battled
since 2001 — a persistent indifference, which in some cases is very
real but in other ways is merely used to mask more volatile feelings:
disgust and fear of the protesters, confusion about what they stand
for, even self-loathing and regret for the passion the indifferent no longer feel
about anything outside of themselves.
The good news: According to Kevin Zeese,
founder and executive director of Come Home America and organizer
behind the October
2011/Stop the Machine demonstrations,
which are running parallel to the Occupy D.C. protests in Washington this
month, the antiwar movement has gotten more traction than any time in
the last 10 years, particularly in Washington, the proverbial belly
of the beast.
“There’s no question, when we started
working on this [last year] we didn’t know if there would be 50 people
out here or anyone joining with us,” he told Antiwar.com. Since Occupy
Wall Street began in New York and then the launch of Occupy D.C. corresponded
with Zeese’s group’s rally to commemorate the 10-year anniversary
of the Afghanistan War on Oct. 6, “we’ve had several thousands of
people out here. This is just the beginning.”
The message, Zeese said, is resonating
with folks who might have come down to Freedom Plaza for Occupy D.C.’s
anti-corporatist agenda but understand how it all fits into the stunning
growth of the military-industrial complex over the last half-century.
Nowhere is this more explicit than in Washington, D.C.
“The dominant message is economic
insecurity, and it’s bringing people out, and people are recognizing
that the unbridled spending on weapons and on war has a big impact on
why we have this economic insecurity,” he added.
On Oct. 8, the protesters in effect shut down the Smithsonian’s
Air and Space Museum. They
were rallying against the glorification of drones and warplanes in front
of the building when a scuffle with police brought out the pepper spray
on the front steps. A right-wing provocateur instigated
the situation. More on that later.
But aside from the protests at the
Smithsonian and the Armed Services Committee, Zeese said the group has
been leading teach-ins on various aspects of war and peace, including
the enduring drum beat for war by the city’s hawks against Iran.
For obvious reasons, the antiwar theme (which at its core, is really
about America’s unrestrained post-9/11 militarism) is much more
prevalent in Washington than in New York and the many other cities that
are hosting similar
Occupy demonstrations. The question is whether Zeese and the others
can sustain any sort of focus on it as Occupy becomes more of a
political
force on the mainstream’s radar.
All Types of Zombies
Everybody knows that zombies eat brains.
George Romero set the scene in Night
of the Living Dead,
and Hollywood never looked back. Before that, zombies in movies typically
involved reanimation and mind control through so-called African-Caribbean
voodoo. In films like White
Zombie and I
Walked with a Zombie
bad actors with the magic enslaved poor mindless fools to do their bidding.
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mardi 25 octobre 2011
EL CANIBALISMO ES UNA IDEA NUEVA EN EUROPA
"¿Ya se volvió obsoleto el dinero?" de Anselm Jappe
Los medios y las instancias oficiales ya nos están preparando: muy pronto, va a desencadenarse una nueva crisis financiera mundial, y será peor que la de 2008. Se habla abiertamente de « catástrofes » y de « desastres ». Pero, ¿qué pasará después? ¿Cómo viviremos después del derrumbe a amplia escala de los bancos y las finanzas públicas? Argentina ya vivió esto en 2002. Posteriormente, pagando el precio de un empobrecimiento en masa, la economía argentina pudo recuperarse un tanto : pero, en este caso, se trataba de un solo país. Actualmente, todas las finanzas europeas y norteamericanas se encuentran a punto de hundirse juntas, sin salvador posible.
Los medios y las instancias oficiales ya nos están preparando: muy pronto, va a desencadenarse una nueva crisis financiera mundial, y será peor que la de 2008. Se habla abiertamente de « catástrofes » y de « desastres ». Pero, ¿qué pasará después? ¿Cómo viviremos después del derrumbe a amplia escala de los bancos y las finanzas públicas? Argentina ya vivió esto en 2002. Posteriormente, pagando el precio de un empobrecimiento en masa, la economía argentina pudo recuperarse un tanto : pero, en este caso, se trataba de un solo país. Actualmente, todas las finanzas europeas y norteamericanas se encuentran a punto de hundirse juntas, sin salvador posible.
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mercredi 12 octobre 2011
J'ai regardé la télé...
Il va bien falloir que le mouvement d’indignation se propage à la France. J'ai abandonné le débat de la primaire socialiste, écœuré par l’incompétence de Martine Aubry (il paraît que le Glass-Steagall act aurait été réinstauré aux USA) et la soumission de François Hollande aux marchés financiers : après avoir promis l’austérité à 9h57, il a expliqué que les banques allaient payer dans le cas du défaut partiel de la Grèce, en ayant pris soin de signaler au préalable qu’elles seraient recapitalisées par les états (et donc les contribuables) en raison de ce même défaut ! Il faut quand même le faire…
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lundi 26 septembre 2011
DE L'EFFONDREMENT, SUITE (DRAC)
[Voici le texte écrit de la conférence prononcée par Michel Drac sur Teamspeak le 18 septembre 2011. Le texte oral peut différer légèrement, pour des raisons de forme.]
Un
rapide tour d’horizon, pour ouvrir le débat. Aucune technique
financière : nous allons résumer la situation sans entrer dans les
détails. On pourra le faire dans les questions, si vous le souhaitez.
La
crise actuelle n’est pas une simple crise d’ajustement. Ce n’est pas
une crise comme celle de la fin des années 50, comme celle des années
70, comme celle de 1993. Selon les points de vue, on peut la regarder
comme un effondrement civilisationnel, un coup d’Etat ou une crise du
sens.
Effondrement
civilisationnel, j’ai presque envie de dire religieux, parce que ce qui
implose, c’est une religion, une religion qui servait de soubassement à
une civilisation : la religion du Progrès. Cette religion annonçait que
l’humanité fabriquerait elle-même le Millenium, le millénaire d’or, par
la technoscience et le développement quantitatif indéfini.
Coup
d’Etat, parce que les « élites » de cette civilisation défunte vont
tenter de sauver leur rêve, jadis fait pour toute l’humanité, en le
restreignant en gros à elles seules, et, disons, à une minorité qui leur
sera associée – ceux qu’un Jacques Attali appelle les hypernomades.
Crise
du sens, enfin, si l’on remonte aux interprétations les plus hautes,
parce que derrière la religion du Progrès, ce qu’il y avait, c’était une
certaine façon de concevoir l’élaboration du sens dans le cerveau
global des grands systèmes fédérateurs – une élaboration du sens par la
quantité.
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LA VEROLE
Il est des cartes qui ressemblent parfois à des radiographies : celle qu’a publié avant-hier Libération
sur les collectivités locales concernées par les crédits dits
« pourris » ressemble à s’y méprendre à la cartographie d’une gangrène
en phase évolutive. Le corps, qu’il soit social ou physique, doit
parfois pouvoir regarder sa pathologie en face. Et celle que l’on nous
présente, sous forme de petits ronds d’intensité variable, relève d’une
maladie que l’on croyait éradiquée ou à tout le moins dont nous étions
sauvegardés des méfaits, un peu comme la tuberculose, des maladies liées
à ce que d’aucuns dénommeraient des contingences externes ou même
individuelles mais qui sont de fait constitutives de notre système de
vie actuel : la rapacité.
En fait, on pourrait plutôt qualifier
cette maladie de « vérole », tant les stigmates et le mode de
propagation y ressemblent à s’y méprendre.
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lundi 12 septembre 2011
ACTIONNARIAT, DÉLOCALISATION, DÉSINDUSTRIALISATION. INTERVIEW DE JEAN-LUC GRÉAU
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dimanche 11 septembre 2011
EN ATTENDANT L'ATERRISSAGE
L’interview de Jean-Luc Gréau dans le dernier numéro de Causeur (n°39, septembre 2011):
« L’éclatement de l’euro est l’issue la plus probable. Ni la Banque centrale de Francfort, ni le gouvernement allemand ne sont préparés à un changement « copernicien » de la politique monétaire et du système bancaire. Il est clair que les dirigeants allemands attendent l’échéance électorale de septembre 2012 pour faire le ménage en Europe et séparer la « bonne » Europe du Nord de la « mauvaise » Europe du Sud. Mais je crois que leur calcul sera déjoué par les évènements. L’affaiblissement de la conjoncture ne fait plus de doute pour les économistes de tous bords. La répercussion sur les comptes publics et les crédits des Etats et des banques n’attendra pas les échéances électorales française et allemande de 2012. La baisse de l’euro qui s’ensuivra sur le marché des changes fera réagir l’Allemagne qui demandera que certains pays sortent de l’euro pour protéger la valeur internationale de la devise européenne. Même si on ne peut pas écrire précisément le scénario de la crise à venir, ses grandes lignes se dessinent. »
(Gréau, « La règle d’or est une digue de papier », Causeur, p.23).
« L’éclatement de l’euro est l’issue la plus probable. Ni la Banque centrale de Francfort, ni le gouvernement allemand ne sont préparés à un changement « copernicien » de la politique monétaire et du système bancaire. Il est clair que les dirigeants allemands attendent l’échéance électorale de septembre 2012 pour faire le ménage en Europe et séparer la « bonne » Europe du Nord de la « mauvaise » Europe du Sud. Mais je crois que leur calcul sera déjoué par les évènements. L’affaiblissement de la conjoncture ne fait plus de doute pour les économistes de tous bords. La répercussion sur les comptes publics et les crédits des Etats et des banques n’attendra pas les échéances électorales française et allemande de 2012. La baisse de l’euro qui s’ensuivra sur le marché des changes fera réagir l’Allemagne qui demandera que certains pays sortent de l’euro pour protéger la valeur internationale de la devise européenne. Même si on ne peut pas écrire précisément le scénario de la crise à venir, ses grandes lignes se dessinent. »
(Gréau, « La règle d’or est une digue de papier », Causeur, p.23).
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