LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.


C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.



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vendredi 27 mai 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (prévisions météorologiques)

« Le printemps est là »
mais il ne ressemble pas à un printemps..Il est torride comme un été...
Mauvaise nouvelle:
La démocratie "horizontale'...n'est pas aimée chez nous... disent ceux du haut en nous le faisant dire.. comme on fait tourner les tables et parler les morts...
Nous les morts cliniques civiques , seulement vivants comme citoyens actifs que 2 dimanches consécutifs tous les 5 ans.
Nous
que nos élus font semblant d'écouter et nous font parler...par PROCURATION, qu'on leur a donné pendant ces deux dimanches.
Nous, qui nous écoutons parler par la bouche des élus.
schizophrénie.. de sujets de la démocratie, citoyens éphémères 2 jours tous les 5 ans...

jeudi 19 mai 2011

UNITED STATES OF ZOMBIES

Social Media: Preparedness 101: Zombie Apocalypse

The following was originally posted on CDC Public Health Matters Blog May 16th, 2011 by Ali S. Khan.
Image of zombie
There are all kinds of emergencies out there that we can prepare for. Take a zombie apocalypse for example. That’s right, I said z-o-m-b-i-e a-p-o-c-a-l-y-p-s-e. You may laugh now, but when it happens you’ll be happy you read this, and hey, maybe you’ll even learn a thing or two about how to prepare for a real emergency.

jeudi 17 mars 2011

Crise systémique globale : Deuxième semestre 2011 – Préparez-vous à l'implosion du marché des Bons du Trésor US

SOURCE : GLOBAL EUROPE ANTICIPATION BULLETIN

- Communiqué public GEAB N°53 (16 mars 2011) -


Au-delà de ses tragiques conséquences humaines (1), la terrible catastrophe qui vient de frapper le Japon va se révéler le choc fatal pour le marché chancelant des bons du Trésor américain. Dans le GEAB N°52, notre équipe avait déjà expliqué comment l'enchaînement des révolutions arabes, cette chute du « mur des pétro-dollars » (2), allait se traduire courant 2011 par l'arrêt des achats massifs de Bons du Trésor US par les pays du Golfe. Dans ce GEAB N°53, nous anticipons que le choc brutal que subit l'économie japonaise va entraîner non seulement l'arrêt des achats de T-Bonds US par le Japon, mais qu'il va obliger les autorités de Tokyo à vendre durablement une part importante de leurs réserves en bons du Trésor US afin de financer le coût énorme de stabilisation, de reconstruction et de relance de l'économie nippone (3).

Le Japon et les pays du Golfe représentant à eux seuls 25% du total des 4.400 milliards USD de la dette fédérale US (Décembre 2010), LEAP/E2020 considère que cette situation nouvelle qui s'affirme au cours de ce premier trimestre 2011, sur fond de réticence croissante de la Chine (20% des Bons du Trésor US) à continuer à investir dans les titres fédéraux US (4), porte en germe l'implosion du marché des Bons du Trésor US pour le second semestre 2011 ; un marché qui n'a désormais plus qu'un seul acheteur : la Réserve fédérale US (5).


Il est certain que le contexte de la crise des titres des collectivités locales US (Munis) et des dettes publiques européennes (de l'ensemble de la périphérie de l'UE y compris les Royaume-Uni) que notre équipe a anticipée pour cette période (voir
GEAB N°50 ) ne fera qu'amplifier le phénomène. Il est d'ailleurs tout-à-fait significatif que PIMCO, le plus important gestionnaire de fonds obligataire au monde ait décidé fin Février 2011 de se débarrasser de ses bons du Trésor US. Et c'était avant la catastrophe au Japon (6) !

Principaux détenteurs de la dette fédérale US (10/2010) - Sources : US Treasury / Dave's Manuel
Principaux détenteurs de la dette fédérale US (10/2010) - Sources : US Treasury / Dave's Manuel
Mais au-delà des chocs japonais et arabes (voir GEAB N°52 ), le processus d'implosion du marché de la dette fédérale US au second semestre 2011 s'accélère sous l'effet de quatre autres phénomènes :

. la mise en place de l'austérité budgétaire aux Etats-Unis (comme anticipé dans le GEAB N°47) qui condamne les collectivités locales US à une crise majeure du marché de leur dette (« Munis »)

. l'impossibilité pour la Fed de mettre en place un QE3
. l'inéluctable hausse des taux d'intérêt sur fond d'inflation mondiale
. la fin du statut-refuge de la devise américaine.

Bien entendu, l'ensemble de ces phénomènes sont liés et, caractéristique d'une crise majeure, on entre dans une période qui va voir leurs impacts se renforcer mutuellement, conduisant à ce choc brutal du second trimestre 2011. On pourrait d'ailleurs ajouter un cinquième phénomène : la paralysie décisionnelle complète du pouvoir US. L'affrontement quotidien, sur pratiquement tous les sujets, entre Républicains (radicalisés par les « Tea-Parties ») et Démocrates (démoralisés par une administration Obama qui a trahi l'essentiel de ses engagements électoraux (7)), tend chaque jour un peu plus à démontrer que Washington est désormais une sorte de «
nef des fous », ballotée par les évènements, sans stratégie, sans volonté, sans capacité d'action (8). Autrement dit, selon LEAP/E2020, quand l'implosion du marché des Bons du Trésor US va commencer, il ne faudra s'attendre à rien d'autre à Washington qu'à une prodigieuse cacophonie qui ne fera qu'aggraver la crise.

Dans ce communiqué public du GEAB N°53, nous avons choisi de présenter plus en détail notre anticipation du choc japonais à l'échelle globale notamment en matière d'inflation et de géopolitique. Les autres phénomènes qui conduisent à l'implosion du marché des Bons du Trésor US au second semestre 2011 sont analysés dans ce GEAB où nous formulons également des recommandations pour faire face à l'évidente aggravation du processus de dislocation géopolitique mondiale.


La triple catastrophe qui vient de frapper le Japon (tremblement de terre, tsunami et accident nucléaire) constitue un événement crucial qui va accélérer et intensifier la crise systémique globale, et en particulier le processus de dislocation géopolitique mondiale. L'ampleur des destructions, le choc direct sur les infrastructures énergétiques de la troisième (ou quatrième économie de la planète (9)), la gravité des accidents dans les centrales nucléaires (10), constitue l'un de ces chocs majeurs auquel le système international actuel n'est plus capable de résister comme nous l'anticipions dans le GEAB N°51 («
2011 : l'année impitoyable »).

Le Japon, déjà très affaibli par une crise économique chronique qui dure depuis vingt ans et dont l'endettement public est l'un des plus importants au monde, se retrouve désormais face à la double nécessité de financer une reconstruction à grande échelle et d'assurer la transition pour une période indéterminée caractérisée par une limitation de l'énergie disponible et des disruptions de ces circuits d'approvisionnement commerciaux et industriels. Or le Japon est une composante fondamentale du système de gouvernance mondiale de ces dernières décennies. Tokyo est l'une des principales places financières de la planète, l'un des trois pôles de gestion des marchés des devises (avec Londres et New-York) et l'économie japonaise fournit quantité de composants électroniques vitaux pour l'économie mondiale. Enfin, comme nous l'avons analysé dans GEAB par le passé, c'est avec le Royaume-Uni, l'un des deux « flotteurs » (11) qui permet aux Etats-Unis de gérer les affaires planétaires en matière économique, monétaire et financière depuis plus de cinquante ans.


Ce « flotteur » est déjà depuis quelques années attiré de manière croissante dans l'orbite chinoise, au rythme de la montée en puissance de la Chine et de l'affaiblissement des Etats-Unis. La crise déclenchée par le tremblement de terre va, selon LEAP/E2020, accélérer fortement cette évolution notamment parce qu'aujourd'hui, seule la Chine est en mesure d'apporter une aide financière massive au Japon (12), tout en aidant directement son économie en ouvrant encore plus aux entreprises japonaises l'immense marché chinois (13).

Part déclinante du Dollar US dans les transactions internationales (série N°1) et dans les réserves mondiales de change (série N°2) - Sources : BRI / FMI / Wall Street Journal, 03/2011
Part déclinante du Dollar US dans les transactions internationales (série N°1) et dans les réserves mondiales de change (série N°2) - Sources : BRI / FMI / Wall Street Journal, 03/2011
En ce qui concerne l'inflation mondiale, on peut déjà identifier cinq canaux par lesquels la crise japonaise va renforcer les pressions inflationnistes actuelles :

1. le coup d'arrêt brutal au développement des politiques d'équipement en nucléaire civil sur l'ensemble de la planète (14) qui va rapidement accroître la pression sur les prix du pétrole (15), du gaz et du charbon

2. la pénurie de nombreux composants électroniques vitaux qui va générer une hausse des prix des équipements électroniques (des ordinateurs en passant par les TV à écrans plats (16)) du fait des coupures d'électricité qui affectent les usines et de la désorganisation des transports (17)
3. une pression accrue sur les prix alimentaires et énergétiques (18) mondiaux du fait d'un accroissement significatif des importations alimentaires du Japon (notamment du riz) puisque la région touchée est l'une des grandes régions agricoles du pays (voir carte ci-dessous)
4. un nouveau recul de la globalisation économique suite aux conséquences mondiales du quasi-arrêt de l'économie japonaise, championne à la fois des exportations et du « flux tendu » (19), qui va limiter d'autant l'effet « déflationniste » des échanges mondialisés (20)
5. et enfin, un double phénomène de perte de valeur du Yen du fait d'injections massives de liquidités par la Banque du Japon et du renchérissement direct du « loyer » de l'argent au niveau mondial (hausse des taux) à cause des besoins gigantesques du Japon pour assurer sa reconstruction

Utilisation des terres japonaises (rouge : double récolte - riz et blé / saumon : récolte unique - riz / marron : récolte unique – blé / vert : forêt) - Source : Columbia University, 2009
Utilisation des terres japonaises (rouge : double récolte - riz et blé / saumon : récolte unique - riz / marron : récolte unique – blé / vert : forêt) - Source : Columbia University, 2009
Ces anticipations n'intègrent évidemment pas le scénario de catastrophe ultime qui verrait la région de Tokyo massivement contaminée par la radioactivité suite à une fusion explosive d'un des réacteurs de la centrale de Fukushima (21). Une telle situation conduirait, à l'image de ce qui est arrivé à Tchernobyl, à créer une zone d'exclusion touchant cette région où habitent plus de trente millions d'habitants et qui est au cœur de flux planétaires essentiels, et entraînerait une catastrophe humanitaire sans précédent historique et une disruption immédiate des marchés économiques, financiers et monétaires mondiaux. Il n'y a tout simplement pas de « plan B » à un « arrêt brutal » du nœud global que constitue Tokyo et sa région.

En souhaitant que cette situation extrême ne se réalise pas, notre équipe estime que le choc déjà avéré va donc se traduire par une aggravation brutale de la crise systémique mondiale et que le marché des Bons du Trésor US en sera la première grande victime collatérale dès le second semestre 2011 comme nous l'analysons en détail dans ce numéro du GEAB. Le pire n'est heureusement pas certain, mais le très grave ne fait en revanche plus de doute.

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Notes
:

(1) Dans ces circonstances tragiques, l'équipe de LEAP/E2020 souhaite exprimer sa solidarité avec le peuple japonais et en particulier avec nos nombreux abonnés et visiteurs japonais. Nous tenons également à souligner que notre analyse très « clinique » des conséquences de la catastrophe qui vient de survenir au Japon n'est pas une marque d'indifférence mais tout simplement le respect de notre méthodologie qui vise à limiter au strict minimum possible les éléments subjectifs au sein de nos anticipations.


(2) Même le
Telegraph du 24/02/2011 interprète désormais les révolutions populaires arabes comme la chute de l'empire américain du Moyen-Orient.

(3) Source :
JapanToday, 14/03/2011

(4) D'après le FT Deutschland, la banque centrale chinoise aurait même reçu consigne de ne plus en acheter du tout. Source :
FT Deutschland, 10/03/2011

(5) Avant la catastrophe japonaise, on estime que la Fed, devenue désormais le premier détenteur de Bons du Trésor US, achetait déjà plus de 70% des nouvelles émissions. Dans les semaines à venir, cette proportion va se rapprocher progressivement de 90% à 95%. Car même malgré sa docilité vis-à-vis des pressions US, le Royaume-Uni, qui s'enfonce chaque jour un peu plus dans la nouvelle phase de la crise, la « double-dip-flation » comme la nommé notre équipe, n'a plus les moyens d'acheter les Bons du Trésor américain : il est trop occupé à racheter les titres de sa propre dette publique. Et, d'après Karen Ward, une des principales économistes d'HSBC, le gouvernement britannique risque même de devoir faire face à des émeutes de la faim si les prix alimentaires continuent à s'envoler comme ils le font depuis plusieurs semaines. Source :
SkyNews, 09/03/2011

(6) A court terme, la fuite hors des valeurs boursières (japonaises et autres) peut bénéficier aux Bons du Trésor US, mais c'est un phénomène transitoire. Source :
CNBC, 09/03/2011

(7) Le dernier en date est la réouverture des procès de Guantanamo alors qu'il avait promis la fermeture de la prison au plus tard un an après son élection, s'attirant ainsi des millions d'électeurs de la gauche du parti démocrate.


(8) L'autre grand pays occidental dont les élites dirigeantes sont dans la même situation est la France.


(9) Selon que l'on considère ou non l'Euroland comme une économie à part entière. Or le sommet du 11 Mars dernier qui approfondit encore l'intégration budgétaire et financière des pays de la zone Euro rend de plus en plus aberrante la position consistant à vouloir continuer à comptabiliser de manière séparée les grands agrégats économiques des pays de la zone Euro. Ainsi, avec 8.400 milliards €, le PNB de l'Euroland se situe en seconde position derrière les Etats-Unis (10.428 Milliards €), au cours actuel de 1€ pour 1,4$ et très largement devant la Chine (4.100 milliards €) et le Japon (3.850 milliards €). Sources : Wikipedia,
Eurozone, Liste pays par PNB.

(10) Sans même évoquer à ce stade le risque d'une neutralisation partielle ou totale de la région de Tokyo, l'une des métropoles-clés du monde de ces dernières décennies, suite à une contamination nucléaire.


(11) A l'image d'un trimaran.


(12) Il faut garder à l'esprit que Pékin cherche par tous les moyens à se débarrasser rapidement, mais de manière rentable, de sa montagne de Bons du Trésor et autres Dollars US. Le cataclysme que connaît le Japon va ainsi offrir aux dirigeants chinois une occasion unique de rapprocher stratégiquement Tokyo de Pékin.


(13) A l'inverse, la très controversée présence des troupes américaines au Japon va ressortir, pour l'opinion nippone, comme d'autant plus anachronique et inutile face au désastre actuel. C'est un autre exemple, comme on a déjà pu le constater dans le cas des révolutions arabes, de l'inutilité croissante de l'immense appareil militaire américain : crise après crise, il devient évident qu'il n'a pratiquement aucune utilité pour permettre au gouvernement américain d'influer sur les évènements.


(14) Il est en effet certain que le nucléaire civil vient de subir un coup d'arrêt brutal dont il aura beaucoup de mal à se remettre, notamment parce que cette catastrophe s'inscrit dorénavant dans ce conflit entre élites et opinions publiques que la crise systémique globale exacerbe chaque jour un peu plus. Parmi les pays qui vont subir de plein fouet cette « révolution » vis-à-vis du nucléaire, on peut déjà citer la France qui a fait depuis près de cinquante ans du nucléaire civil l'un des fleurons de sa technologie et de ses exportations. Source :
Spiegel, 14/03/2011

(15) Un facteur qui va renforcer l'évolution inexorable de la région du Golfe vers une situation de chaos, voire de conflit direct entre Shiites et Sunnites, entre les peuples de la région et leurs dirigeants, entre l'Iran et l'Arabie saoudite. L'envoi de troupes saoudiennes à Bahreïn est un indice de l'escalade des risques dans la région tout comme l'implication financière des Emirats Arabes Unis qui tentent de pallier dans l'urgence quarante ans de désintérêt pour des segments entiers de leurs populations. Sources :
AlJazeera, 15/03/2011 ; New York Times, 10/03/2011 ; AlJazeera, 10/03/2011

(16) Un des rares facteurs « baissiers » qui permettait de cacher l'envolée des prix de l'alimentation ou de l'énergie au sein de nombreux indices des prix. Ainsi même en Chine et dans toute l'Asie du Sud-Est, l'impact des pénuries de composants japonais se fait déjà sentir avec hausse des prix immédiate puisque l'industrie électronique japonaise a massivement délocalisé des parties entières de sa production à travers toute l'Asie, tout e conservant des fabrications stratégiques au Japon. Source :
China Daily, 15/03/2011

(17) Et partout dans le monde, on va connaître des pénuries de voitures japonaises et de pièces de rechange pour ces véhicules. Etant donné l'importance mondiale de l'industrie automobile japonaise, il n'y aura pas de solution de substitution aisée à mettre en place. Ainsi même en Inde, pourtant peu dépendant des marques japonaises, l'impact se fait déjà sentir directement avec l'annulation par les grands groupes japonais de ventes et de promotion des nouveaux modèles. Source :
Times of India, 15/03/2011

(18) Plusieurs raffineries japonaises ont été détruites. Cela implique des importations japonaises accrues de produits raffinés qui génèrent déjà des hausses des prix de l'essence aux Etats-Unis. Source :
USAToday, 14/03/2011

(19) Les économies exportatrices chinoise et allemande (ainsi que celle de Corée du Sud, Taiwan, …) vont également subir les conséquences négatives de cette évolution.


(20) Il est important de garder à l'esprit que le recul de la mondialisation des échanges au profit d'un recentrage sur des zones économiques régionales dotées d'une monnaie unique ou dominante (UE, Asie, Amérique latine, …) entraîne un recul simultané des besoins en Dollars US pour financer les échanges internationaux. Voir différents GEAB précédents.


(21) Ce qui induirait également des conséquences internationales en matière de retombées radioactives.

jeudi 3 mars 2011

Notes sur le Complexe (dde.crisis)

Nous prenons le prétexte du 50ème anniversaire du fameux discours d’Eisenhower (le 17 janvier 1961) sur le complexe militaro-industriel pour présenter une analyse de ce phénomène, – le Complexe, ou CMI, ou bien encore le Pentagone, que certains surnomment Moby Dick. Il s’agit d’une appréciation ontologique et “spirituelle” du phénomène, le Complexe perçu à la fois comme un système anthropotechnocratique et comme une égrégore.
L’appréciation est faite à la lumière de notre époque, qui voit la crise du Complexe atteindre un point paroxystique, de caractère eschatologique (hors du contrôle humain, et même de l’influence humaine). Certains comportements semi-secrets de personnalités importantes du Complexe marquent le désarroi des personnes soumises à ce système, devant son processus d’effondrement. C’est le cas de ces officiers généraux, dont Seymour Hersh a révélé récemment qu’ils avaient des contacts avec les Chevaliers de Malte et l’Opus Dei, et se considéraient comme faisant partie d’une croisade mystique, – éventuellement contre les “infidèles”, aisément identifiables.

La mystique des origines

Il faut bien situer combien les origines réelles du Complexe rencontrent la dynamique américaniste et, plus généralement, celle de l’“idéal de puissance”.
• Au départ, l’aspect militaire est absent. Cette absence impliquera, lorsque l’aspect militaire sera intégré, le développement de la bureaucratie et de ses comportements nécessaires aux dépens des vertus militaires comme l’héroïsme. Cette bureaucratie sera engendrée par le besoin de gestion du système du technologisme qui est le fondement du Complexe, et qui a effectivement une dimension mystique essentielle pour l’américanisme, qui en fait la transcription de l’“idéal de puissance” pour cet américanisme.
• Ce mysticisme trouve une transcription terrestre par une dimension idéologique basée sur le suprématisme anglo-saxon, ou WASP, appuyé sur le déchaînement de la puissance du capitalisme (également mystique) dans les années 1920, puis utilisé comme instrument de sauvegarde de ce même capitalisme, à partir de 1935-1936, après le paroxysme de la Grande Dépression.
«Le Complexe est donc d’abord une initiative de sauvegarde et de renaissance de l’américanisme et, au-delà, de l’“idéal de puissance” que les USA ont pris à leur compte, à la suite de l’Allemagne vaincue, en 1918. Il implique potentiellement une affirmation de puissance capable de changer le destin du monde (ce qui justifie le suprématisme affiché), et de le changer dans un sens mystique impliquant que le Complexe s’estime indirectement être une sorte d’“instrument de Dieu”.»

Le Complexe a “charge de psychologie”

Pure création de l’américanisme, le Complexe a donné tout leur sens à certains traits essentiels de la psychologie américaniste. C’est essentiellement l’“inculpabilité” dont nous voulons parler (cette «disposition de la psychologie qui exonère l’américanisme de tout sentiment de culpabilité, qui affirme la vertu de l’innocence de l’américanisme pour sanctifier toutes les ambitions et tous les actes de l’américanisme»).
Notre appréciation est que cette énorme entité (le Complexe) qui prit naissance dans les dernières années 1930 joua un rôle fondamental pour “réparer” la psychologie américaniste déchirée et presque anéantie par la Grande Dépression. Elle a donc “charge de psychologie”, comme on a charge d’âme, et suggère l’hypothèse qu’elle a elle-même une psychologie propre qui fut effectivement inspiratrice de l’américanisme sauvé in extremis de la catastrophe de la Grande Dépression.
«On peut même dire, et c’est notre sentiment dans l’hypothèse que nous développons, que cette entité en formation créa d’elle-même des conditions telles qu’elle s’affirma d’une façon unitaire. Elle réunifia le caractère américaniste déchiré par la Grande Dépression sur la base désormais universelle et acceptée inconsciemment par tous, et bientôt caractérisant les psychologies individuelles, de l’inculpabilité…»

Le vertige du technologisme

La question de la psychologie, et la façon qu’elle sera “réparée”, suggère le développement, l’explosion du système de la communication. Ce sera fait. Le deuxième pilier du Système, c’est le système du technologisme. Lui aussi vit son développement accéléré et magnifié par l’influence et la puissance du Complexe.
La période entre 1945 et 1950 est capitale à cet égard. Alors que l’industrie d’armement s’effondre du fait de l’effondrement des commandes de la guerre, le Pentagone, et particulièrement l’USAF, poussent au développement de toutes les technologies possibles, avec un plan à 25 ans établi en 1944-45. Lorsque l’industrie de l’armement se redresse avec les premières commandes de la Guerre froide, en 1948-1950, elle s’inscrit naturellement dans un cadre dont le moteur est le système du technologisme. De cette poussée naîtront les grandes forces de la postmodernité, dont l’électronique et l’informatique, tout cela composant le bras armé de l’“idéal de la puissance”, paré d’une dimension spirituelle affirmée.
«Le système du technologisme n’est pas une “force” identifiable comme matérielle mais une force matérielle dissimulée, ou parée si l’on veut, d’atours conceptuels et mystiques, qui exercent effectivement une influence spirituelle. Désormais, le système du technologisme exerce une influence décisive sur le Complexe, et cette influence peut effectivement être, notamment mais puissamment, décrite en des termes “spirituels”. Il s’agit d’une spiritualité basse, inversée, pervertie et subversive, la spiritualité de la matière masquée qui exerce une pression entropique de déstructuration et de dissolution; il n’empêche qu’elle répond à un processus spirituel et trompe d’autant mieux les psychologies, les âmes et, au-delà, les esprits et les jugements...»

L’inspiration de “la montagne de fer”

Cette logique de force conduit à une transformation radicale du Complexe en gestation en ce système anthropotechnocratique, ou cette égrégore selon les perceptions, dont nous parlions en ouverture. C’est dans les années 1960 que cette transformation s’effectue, transformant également le Complexe, au travers de ses exigences et de son diktat permanent, en une crise permanente. Le discours d’Eisenhower ne marque donc pas la naissance du Complexe mais la naissance de la crise du Complexe.
Le Complexe devient donc système, soit technocratique, soit mystique (égrégore), ou les deux à la fois, et il établit aussitôt son empire. Divers signes nous informent de cette transformation radicale. Le plus étrange et le plus caractéristique est un “livre” présentant un soi-disant rapport officiel rédigé par un rassemblement d’experts, qui est un faux caricatural écrit par les adversaires du Complexe, mais qui rencontre involontairement les ambitions du Complexe. Report From Iron Mountain, – le bien nommé avec cette référence à une “montagne de fer”, – établit la nécessité d’une “guerre perpétuelle” pour l’accomplissement de la “destinée manifeste” du Complexe. Ce faux rapport résonne étrangement, comme s’il était vrai, à l’heure de la guerre sans fin contre la Terreur.
…On peut alors envisager que le Complexe pourrait être perçu comme «un acteur autonome, inspirateur et fondamental de l’évolution générale de notre civilisation et du Système, jusqu’au paroxysme de notre crise générale et eschatologique actuelle».

Son destin est accompli

Fondamentalement, l’identité du Complexe en tant que phénomène unitaire est parfaitement définissable. Il s’agit à la fois de la création, et de l’inspirateur qui le relance, de cet “idéal de puissance”, selon l’expression de Guglielmo Ferrero, qui a caractérisé la puissance allemande puis la puissance américaniste dans la logique déferlante du “déchaînement de la matière” identifiable depuis le début du XIXème siècle». Le Complexe devint effectivement cela pendant la Guerre froide.
Après la fin de la Guerre froide qui mettait tout son équilibre en grand danger, «le Complexe bannit la réalité pour imposer sa propre réalité en affirmant in fine qu’il proposait une issue eschatologique à force de certitude à la question de la Fin des Temps (ce que d’autres nommèrent “la fin de l’Histoire”); il posait enfin l’affirmation qu’il représentait l’“idéal de puissance” jusqu’à l’être complètement lui-même, et complètement accompli. La civilisation était sauvée.»
A la fin des années 1990, le Complexe pouvait affirmer, comme certains économistes perçus avec la plus grande considération par Alan Greenspan, qu’il se trouvait “au-delà de l’Histoire” (“beyond history”). Il pouvait croire qu’il avait achevé son destin et qu’il l’avait imposé à l’univers.

“Les Lumières, c’est désormais le Pentagone”

Parallèlement (dans les années 1990), le Complexe développa sa propre métaphysique. C’est l’époque où il incorpora dans ses rangs, l’essentiel des bataillons conformistes et libéraux de l’américanisme-occidentalisme. La guerre du Kosovo, à propos de laquelle Vaclav Havel, le président-poète, parla de «bombardements humanitaires», vit effectivement les cohortes d’intellectuels libéraux, humanitaristes et interventionnistes, s’enrôler sous la bannière du Complexe.
De la même façon que, en 1820-1825, le “parti” de l’industrie naissante avait rallié à lui et à ses confortables moyens les intellectuels libéraux, le Complexe fit de même entre 1989 et 1999. Le premier cas amena à l’observation, par H. Rouhier, que «les Lumières, c’est désormais l’industrie» ; cela nous invite nous-mêmes à conclure, pour la période qui nous importe, que “les Lumières, c’est désormais le Pentagone”.
«C’est un événement considérable que la “légitimité métaphysique” du Progrès ait englobé à partir de la fin de la Guerre froide, comme un de ses principaux composants, le Complexe, ou Pentagone, avec ses us et coutumes. Il place l’esprit humain de notre époque, représenté par le Progrès en général, devant la tâche remarquable mais redoutable de faire d’un système entièrement tourné vers la destruction et la déstructuration, l’outil de l’accomplissement de notre civilisation…»

La nostalgie règne

Revenant aux généraux US dont nous parle Seymour Hersh, avec leurs tentations de rallier des groupes et des mouvements dont les racines se mélangent à la mystique des croisades, nous observons :
«Les tentations bizarres de certains généraux américanistes, pour tenter de donner un sens à leurs actes et donc à la logique du Complexe, relèvent ainsi d’une nostalgie qui est caractéristique d’un état psychologique très spécifique; même les serviteurs du Système sont psychologiquement épuisés, avec des attitudes et des réactions qui n’ont plus l’efficacité ni l’ardeur requises en général par le service du Système. […] Cet épuisement se traduit, dans les conditions de la postmodernité générale, par un comportement qui équivaut à l’affection de la maniaco-dépression, entre les entreprises virtualistes, voire les rêveries romantiques et nostalgiques, conduites et suscitées par les épisodes dépressifs devant les réalités du Système.»
Cet épisode est symbolique de l’état présent du Complexe, entré dans la phase terminale de sa crise fondamentale. Dans cette séquence, sa crise devient eschatologique en échappant complètement, non seulement au contrôle humain dont le Complexe n’a jamais été comptable, mais à l’influence humaine. Il s’est inséré dans la phase terminale de la crise fondamentale du Système, dont il a toujours été un des principaux éléments, et il ne fournit plus aucun apport constructifs aux sapiens qui lui sont asservis, ceux-ci perdant ainsi leur référence fondamentale. Ainsi règne-t-il dans leurs rangs une intense nostalgie et une humeur dépressive.