L’interview de Jean-Luc Gréau dans le dernier numéro de Causeur (n°39, septembre 2011):
« L’éclatement
de l’euro est l’issue la plus probable. Ni la Banque centrale de
Francfort, ni le gouvernement allemand ne sont préparés à un changement
« copernicien » de la politique monétaire et du système bancaire. Il est
clair que les dirigeants allemands attendent l’échéance électorale de
septembre 2012 pour faire le ménage en Europe et séparer la « bonne »
Europe du Nord de la « mauvaise » Europe du Sud. Mais je crois que leur
calcul sera déjoué par les évènements. L’affaiblissement de la
conjoncture ne fait plus de doute pour les économistes de tous bords. La
répercussion sur les comptes publics et les crédits des Etats et des
banques n’attendra pas les échéances électorales française et allemande
de 2012. La baisse de l’euro qui s’ensuivra sur le marché des changes
fera réagir l’Allemagne qui demandera que certains pays sortent de
l’euro pour protéger la valeur internationale de la devise européenne.
Même si on ne peut pas écrire précisément le scénario de la crise à
venir, ses grandes lignes se dessinent. »
(Gréau, « La règle d’or est une digue de papier », Causeur, p.23).