LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.
C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.
mercredi 3 novembre 2010
CALL CENTER: NÉO-PROLÉTARIAT ET DIVISION DU TRAVAIL POST-MODERNE
Call centers : les nouveaux prolétaires
envoyé par sudteleperformance.
Pour y avoir travaillé, dans ces calls center, on ne peut qu'acquiescer cette description du taylorisme dans le secteur tertiaire.
Mais que celui qui a la chance de ne pas être soumis à ce type d'exploitation ne croit pas qu'il puisse s'en tirer à si bon compte puisque son métier de consommateur implique une prolétarisation des esprits conditionnée par le modèle de l'usine étendue à la société humaine dans son ensemble. Il n'y a pas d'industrialisation de la vie quotidienne sans perte de savoir sur la vie quotidienne, sans capture de ce savoir par le marketing et le management, déterminé et orienté par l'intensification de la logique de maximisation du taux de profit. Le projet est limpide historiquement, voire logique si l'on se place dans une certaine disposition d'esprit, il s'agit de faire travailler les "masses" une seconde fois à l'accumulation du capital, en les incitant à consommer à la maison ce qu'elles ont produit à l'usine.
Avec toujours cette volonté de découper, de mutiler le savoir expérientiel en un ensemble de segments exploitables et manipulables, dont on ne connaît pas l'enchaînement -que l'on occulte- si ce n'est l'impression diffuse et le plus souvent refoulée d'être un simple maillon de la chaîne. Nous n'avons plus de mythe pour nous placer dans l'ordre des choses, pour le mettre en doute ou le remettre en cause. La segmentation comportementale, le narcissisme des petites différences, voilà qui confine la mesure de notre petit savoir, une prolétarisation achevée (ou l'art de la démolition pour les plus pervers).
Libellés :
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