L’opinion publique U.S. compte désormais pour punir Wall Street sur un événement qui s’apparente à l’intervention de la justice divine. Plus aucun doute n’est permis : la punition ne viendra pas des hommes. Passons sur le fait que Goldman Sachs et Angelo Mozilo, ancien patron de Countrywide, ont été condamnés à des amendes qui se chiffrent en dizaines ou en centaines de millions de dollars mais qui demeurent d’un montant dérisoire par rapport aux pertes qu’ils ont causées, et sans qu’ils aient reconnu la moindre responsabilité de leur part, et constatons que ni la justice, ni les régulateurs des marchés financiers, ni les représentants du peuple, ni l’administration, ni le gouvernement américains, qui disposent pourtant chacun du pouvoir nécessaire et ont eu des occasions multiples de mettre en accusation les coupables, voire de les punir, n’ont jugé bon de le faire.
Les électeurs qui ont élu Obama pensaient voter contre Wall Street et ses méfaits. Ceux qui votèrent McCain, également, et à plus juste titre sans doute. Tous devaient cependant rapidement déchanter. Un raz-de-marée républicain aux élections du 2 novembre ne changera lui non plus rien à cela et les cyniques auront beau jeu d’affirmer que la liberté du peuple américain se limite à un choix très restreint de voter soit pour la Chambre de Commerce des États-Unis soit pour Wall Street. Une leçon de l’histoire qu’il ne conviendrait pas de négliger est que les peuples qui en sont réduits à compter sur une intervention divine, ne sont jamais bien loin en réalité de prendre leur propre destin en main. Il s’agit là d’une observation dont feraient bien de tenir compte toute affaire cessante les différentes instances étatiques américaines.

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