La démocratie est un rapport de force civilisé. Soit. Elle l'est en pratique mais comme domestication consentie, ce qu'on appelle consensus, qui est ce long travail d'élevage du citoyen de la ferveur démocratique initiale, porté par un millénarisme sécularisé, jusqu'à la l'élevage de générations de citoyens qui en porte l'image ou l'empreinte, mais plus la force: une race servile, infantile, qui croit les histoires qu'on lui raconte, mais qui n'en construit plus aucune.
L'enclos et l'élevage, "l'éducation" des générations successives, ont plié l'autonomie initiale, le citoyen dresse la queue comme un chiot et baisse les oreilles tel l'asservi, qui ne s'alerte plus, indifférent aux autres bêtes de son état. Habituées à manger de la même main, elles stabulent normalement les pieds dans la merde.
Il faut que l'enclos cède, que l'approvisionnement soit perturbé, pour que l'animal-citoyen retrouve les anciennes traces de sa race, et les réactive, par l'échange, la contamination, d'individu à individu, alors il se rappelle, chacun se rappelle, se joint au rappel: c'est l'anamnèse du dialogue qui ramène l'autonomie de la race initiale, et finalement la catharsis du troupeau qui s'opère.
Mais cette fois il n'y a pas de millénarisme qui pousse vers les vertes prairies. L'aménagement du territoire? Pff.. c'est pas très sexy.
LA PEUR-PANIQUE DU FUTUR NOUS PARALYSE DANS LA PEUR AU PRÉSENT. DIT-ON.
C'EST UN MAUVAIS RÊVE QUI NÉCESSITE D'ÊTRE ENDORMI POUR Y CROIRE.
samedi 28 mai 2011
SITUATION DE TRANSHUMANCE (diagnostic)
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vendredi 27 mai 2011
SITUATION DE TRANSHUMANCE (diagnostic)
Les civilisations mourantes préfèrent l’espoir, même l’espoir absurde à la vérité. Le déni est le premier recours de notre conscience sociale pour « composer » avec l’apocalypse à venir.
L’opposition à ce système d’emprise se construit par la base en se lovant dans le statut social et politique (ou anti-statut) de paria, d’anti-larbin. C'est la seule position possible, le seul angle révélateur.
L'action pour sortir du circuit inertiel, la gravité du système, s'apparente à un processus ordalique. L'amorce de cette conscience qui s'émancipe est de devenir un objet de crainte, et fondamentalement pour soi-même.
Il n'y a pas vraiment d'autres manières.
L'apprentissage de la limite, la familiarité avec la lisière, apportent ces horizons dont nous avions besoin, ils sont les dépôts furieux qui rendent les fables aux fées et les tributs aux rois.
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SITUATION DE TRANSHUMANCE (prévisions météorologiques)
« Le printemps est là »
mais il ne ressemble pas à un printemps..Il est torride comme un été...
Mauvaise nouvelle:
La démocratie "horizontale'...n'est pas aimée chez nous... disent ceux du haut en nous le faisant dire.. comme on fait tourner les tables et parler les morts...
Mauvaise nouvelle:
La démocratie "horizontale'...n'est pas aimée chez nous... disent ceux du haut en nous le faisant dire.. comme on fait tourner les tables et parler les morts...
Nous les morts cliniques civiques , seulement vivants comme citoyens actifs que 2 dimanches consécutifs tous les 5 ans.
Nous que nos élus font semblant d'écouter et nous font parler...par PROCURATION, qu'on leur a donné pendant ces deux dimanches.
Nous, qui nous écoutons parler par la bouche des élus.
Nous que nos élus font semblant d'écouter et nous font parler...par PROCURATION, qu'on leur a donné pendant ces deux dimanches.
Nous, qui nous écoutons parler par la bouche des élus.
schizophrénie.. de sujets de la démocratie, citoyens éphémères 2 jours tous les 5 ans...
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mercredi 25 mai 2011
SITUATION DE TRANSHUMANCE (sentiment)
L'obscur désir de dictature des classes moyennes qui se sentent en danger – désir exaucé dans l'histoire – permet aux oligarchies de renforcer la répression, et la capacité puritaine à nier la réalité est typique d'une sous - idéologie et d'une psychologie bien adaptées au Spectacle, et bien adapté à se la jouer plus proche des intérêts de l'oligarchie que des pauvres, ces salauds sans mœurs. Pourtant la haine puritaine pourrait déborder l'oligarchie actuelle .
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Loin de l’Espagne et de l’information : ce que veulent les manifestants
SOURCE : ACRIMED
Ce court article n’a pas vocation à analyser de manière exhaustive le traitement médiatique des mobilisations en Espagne. D’autres articles suivront...
Acrimed n’est pas un site d’information ou de contre-information généraliste, mais d’information et de contre-information sur les médias, les journalismes et l’information elle-même. Pourtant – une fois n’est pas coutume –, il suffit, pour prendre la mesure de la vacuité de l’information entre le 15 et le 21 mai sur les mobilisations en Espagne, d’effectuer une rapide « revue des médias » et de lui opposer ce que l’on y trouve pas : les plateformes des manifestants.
Ce court article n’a pas vocation à analyser de manière exhaustive le traitement médiatique des mobilisations en Espagne. D’autres articles suivront...
Acrimed n’est pas un site d’information ou de contre-information généraliste, mais d’information et de contre-information sur les médias, les journalismes et l’information elle-même. Pourtant – une fois n’est pas coutume –, il suffit, pour prendre la mesure de la vacuité de l’information entre le 15 et le 21 mai sur les mobilisations en Espagne, d’effectuer une rapide « revue des médias » et de lui opposer ce que l’on y trouve pas : les plateformes des manifestants.
I. Brève « revue des médias »
Quand « l’affaire DSK » occupe les temps d’antenne et dévore les surfaces imprimées…
De glorieux journaux télévisés
Il leur en a fallu du temps pour se rendre compte qu’il se passait « quelque chose » en Espagne !
Prenez TF1, par exemple. Entre le 15 et le 20 mai : pas un sujet, pas un mot… Il a fallu attendre le 21 mai pour que la rédaction de TF1, enfin informée, informe à son tour : à 13 heures, on apprend ainsi de la bouche de Claire Chazal que « depuis plusieurs jours maintenant, les Espagnols sont dans la rue pour manifester contre le chômage et les mesures d’austérité […] ». Et le reportage qui suit de nous informer que la manifestation de la veille avait permis de « dénoncer de plus belle la mainmise des grands partis politiques, la corruption et, surtout, l’injustice sociale ». À 20 heures ? Claire Chazal : « La population manifeste depuis quelques jours contre l’austérité, le chômage. » Seulement ? Le reportage qui suit donne à entendre fugitivement d’autres cibles des manifestants. Et c’est tout ? C’est tout.
mardi 24 mai 2011
Reiniciar o sistema
No início da semana passada, políticos espanhóis tomaram um susto. O que começou com um grupo de manifestantes discutindo pela internet questões relativas à Lei Sinde – que, similar à Lei Hadopi francesa, desconectaria da internet quem fizesse downloads ilegais –, tornou-se, em questão de dias, um movimento descentralizado que correu por mais de 60 cidades no país.
—-
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Na semana retrasada, paulistanos bem humorados fizeram churrasco. O que começou como uma piada de Facebook para tirar sarro de uma declaração infeliz contra a instalação do metrô em Higienópolis virou um movimento descentralizado, que levou milhares ao bairro, num protesto brincalhão. Três meses antes, ditadores de países árabes caíram depois que pessoas foram às ruas protestar, em movimentos organizados online.
Já deu para entender, né?
Não dá para comparar a queda do ditador egípcio Hosni Mubarak com o churrascão diferenciado. Mas em algum ponto entre um e outro está algo muito importante, que agora surge em novo palco, a partir da Espanha, rumo a outras cidades da Europa.
Os espanhóis não querem derrubar um ditador, nem uma estação de metrô. Querem mais. Querem reiniciar o sistema e questionar a atual organização política e financeira. Querem uma “revolução ética” na política.
O professor universitário e fundador do movimento NoLesVotes (“não vote neles”), Enrique Dans ajuda a recapitular os acontecimentos. “Os três maiores partidos – Partido Popular, o Partido Socialista Trabalhista e o Convergência e União – fizeram um pacto para aprovar a Lei Sinde”, disse em entrevista ao Link. “Agiram em nome da indústria fonográfica e de cinema e não em prol do povo, que era contra a Lei. Por isso criamos o NoLesVote, para que ninguém votasse nos três partidos.”
O grupo organizou reuniões, redigiu um manifesto e criou o wiki.nolesvotes.org. Em pouco tempo milhões já haviam acessado o site. “De repente, pessoas de todo o mundo estavam envolvidas e enviando relatos da criação de grupos semelhantes em suas cidades”, diz Dans. O NoLesVote se associou ao movimento Juventude Sin Futuro, formado por universitários infelizes sem expectativas profissionais. E foram para as ruas.
Ao mesmo tempo surgia outro grupo de universitários que se chamava de Democracia Real Ya. “Foram eles que convocaram a manifestação no dia 15 de maio”, lembra Dans. E, surpresa, apareceu muito mais gente do que era esperado naquele dia. A surpresa virou animação, que virou confiança. Decidiram acampar. Na madrugada policiais invadiram o acampamento e prenderam 20 pessoas. Alguém gravou a ação e postou no YouTube.
“Foi quando YouTube, Facebook e Twitter começaram a ser usados para gerar impacto, e a partir daí, para mobilizar os espanhóis e chamar a atenção das pessoas pelo mundo”, comenta o espanhol Paco Ragageles, fundador da Campus Party, o maior evento de cultura digital do mundo.
“Estamos assistindo a um momento histórico. Não recordo de um movimento global reunido tão rapidamente”, afirma. Paco crê que o movimento terá um enorme impacto político. “Os governos espanhol e dos demais países agora sabem que não basta mais só escutar os empresários, o que acontece na rua e na internet é imprescindível”. Dans aposta que “com a tecnologia, algumas indústrias tiveram que mudar sua forma de trabalhar e isso também irá ocorrer com a política”.
Ele lembra que alguns políticos diziam que na internet havia só “quatro gatos” – expressão espanhola para dizer que não havia ninguém –, zombando da incapacidade dos grupos da internet de irem às ruas e fazerem manifestações concretas. “Esse movimento foi a oportunidade de lhes mostrar que não somos ‘quatro gatos’, somos muitos e que podemos nos organizar.” Segundo o último relatório do Instituto Nacional de Estatísticas espanhol, mais da metade do país já está online.
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Na semana retrasada, paulistanos bem humorados fizeram churrasco. O que começou como uma piada de Facebook para tirar sarro de uma declaração infeliz contra a instalação do metrô em Higienópolis virou um movimento descentralizado, que levou milhares ao bairro, num protesto brincalhão. Três meses antes, ditadores de países árabes caíram depois que pessoas foram às ruas protestar, em movimentos organizados online.
Já deu para entender, né?
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Os espanhóis não querem derrubar um ditador, nem uma estação de metrô. Querem mais. Querem reiniciar o sistema e questionar a atual organização política e financeira. Querem uma “revolução ética” na política.
O professor universitário e fundador do movimento NoLesVotes (“não vote neles”), Enrique Dans ajuda a recapitular os acontecimentos. “Os três maiores partidos – Partido Popular, o Partido Socialista Trabalhista e o Convergência e União – fizeram um pacto para aprovar a Lei Sinde”, disse em entrevista ao Link. “Agiram em nome da indústria fonográfica e de cinema e não em prol do povo, que era contra a Lei. Por isso criamos o NoLesVote, para que ninguém votasse nos três partidos.”
O grupo organizou reuniões, redigiu um manifesto e criou o wiki.nolesvotes.org. Em pouco tempo milhões já haviam acessado o site. “De repente, pessoas de todo o mundo estavam envolvidas e enviando relatos da criação de grupos semelhantes em suas cidades”, diz Dans. O NoLesVote se associou ao movimento Juventude Sin Futuro, formado por universitários infelizes sem expectativas profissionais. E foram para as ruas.
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“Foi quando YouTube, Facebook e Twitter começaram a ser usados para gerar impacto, e a partir daí, para mobilizar os espanhóis e chamar a atenção das pessoas pelo mundo”, comenta o espanhol Paco Ragageles, fundador da Campus Party, o maior evento de cultura digital do mundo.
“Estamos assistindo a um momento histórico. Não recordo de um movimento global reunido tão rapidamente”, afirma. Paco crê que o movimento terá um enorme impacto político. “Os governos espanhol e dos demais países agora sabem que não basta mais só escutar os empresários, o que acontece na rua e na internet é imprescindível”. Dans aposta que “com a tecnologia, algumas indústrias tiveram que mudar sua forma de trabalhar e isso também irá ocorrer com a política”.
Ele lembra que alguns políticos diziam que na internet havia só “quatro gatos” – expressão espanhola para dizer que não havia ninguém –, zombando da incapacidade dos grupos da internet de irem às ruas e fazerem manifestações concretas. “Esse movimento foi a oportunidade de lhes mostrar que não somos ‘quatro gatos’, somos muitos e que podemos nos organizar.” Segundo o último relatório do Instituto Nacional de Estatísticas espanhol, mais da metade do país já está online.
| • #manifiesto O movimento começou fazendo oposição à Lei Sinde, que permite que sites de downloads ilegais sejam tirados do ar à força pelo governo, e conseguiu juntar milhares de ativistas usando redes sociais. Apesar das críticas generalizadas, o projeto foi aprovado. • #spanishrevolution Um projeto para limitar a velocidade nas estradas para 110 km/h, os casos de corrupção e o enorme desemprego que o país enfrenta entraram na mesma conta. O clima de insatisfação geral foi o que moveu os manifestantes a organizar os protestos via Twitter e Facebook. • #15m A primeira grande manifestação do movimento aconteceu em 15 de maio, em mais de 60 cidades espanholas. Mais de 130 mil pessoas saíram às ruas. • #acampadesol A mais significativa foi uma concentração perto da Puerta del Sol, ponto de encontro no coração da cidade de Madri. Lá se formou o primeiro e maior dos acampamentos. • #yeswecamp Outras cidades criaram sua própria forma de mobilizar os seus cidadãos, centralizando informações sobre acampamentos locais em hashtags como #acampadavalencia e #acampadabcn, de Barcelona. • #sinpartido Não há organização central no movimento, nem líderes ideológicos. Outra mobilização, contra a Lei Sinde, usa a hashtag #nolesvote para pedir que os eleitores punam nas urnas os partidos PP, PSOE e CIU (que aprovaram o projeto e são acusados de corrupção). Os dois movimentos se confundem, e parte dos acampantes pode muito bem concordar com os dois, mas não são o mesmo. • #democraciarealya A ideia de mudança dos manifestantes é resumida no nome dado ao movimento: “Democracia real YA! No somos mercancía en manos de políticos y banqueros” (democracia real já! Não somos mercadoria nas mãos de políticos e banqueiros). • #worldrevolution A insatisfação exposta na #spanishrevolution (principalmente por causa da corrupção, leis sem apoio da sociedade e desemprego) não é estranha a lugar nenhum do mundo. Por isso, movimentos como #italianrevolution, #frenchrevolution e #germanrevolution nasceram na esteira da revolução espanhola. Um mapa online, checado até o fechamento desta edição, mostra que 282 campings e 46.429 acampantes se envolveram na causa, em todo o mundo. |
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dimanche 22 mai 2011
SITUATION DE TRANSHUMANCE - ESPAGNE, LE BÉTAIL S'AÈRE
L’horizon d’un homme moyen est l’équivalent de l’étable pour une vache et c’est bien ainsi, parce que l’étable après tout, c’est protégé. Lorsqu’il faut véritablement devenir “sujet” et décider ce qu’on fait de ce monde par rapport à la nuit dehors alors … ! L’esclave délègue le monde au maître et se décharge en même temps d’un fardeau, celui de la compréhension du monde, il se décharge de l’ontologie mondiale. C’est une sorte de transfert psychologique entre classes, les supposés sachants permettent de se soulager du fardeau de la pensée.
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samedi 21 mai 2011
Propuestas aprobadas en la Asamblea de hoy día 20 de mayo de 2011 en ACAMPADA SOL.
MADRID, 20 de mayo de 2011
Como resultado del consenso alcanzado durante la Asamblea celebrada el día 20 de mayo de 2011 en ACAMPADA SOL, y como resultado de la recopilación y síntesis de las miles de propuestas recibidas a lo largo de estos días, se ha elaborado una primera relación de propuestas. Recordamos que la Asamblea es un proceso abierto y colaborativo. Esta lista no debe entenderse como cerrada.
Propuestas aprobadas en la Asamblea de hoy día 20 de mayo de 2011 en ACAMPADA SOL.
1. Cambio de la Ley Electoral para que las listas sean abiertas y con circunscripción única. La obtención de escaños debe ser proporcional al número de votos.
2. Atención a los derechos básicos y fundamentales recogidos en la Constitución como son:
- Derecho a una vivienda digna, articulando una reforma de la Ley Hipotecaria
para que la entrega de la vivienda en caso de impago cancele la deuda.
- Sanidad pública, gratuita y universal.
- Libre circulación de personas y refuerzo de una educación pública y laica.
3. Abolición de las leyes y medidas discriminatorias e injustas como son la Ley del Plan Bolonia y el Espacio Europeo de Educación Superior, la Ley de Extranjería y la conocida como Ley Sinde.
4. Reforma fiscal favorable para las rentas más bajas, una reforma de los impuestos de patrimonio y sucesiones. Implantación de la Tasa Tobin, la cual grava las transferencias financieras internacionales y supresión de los paraísos
fiscales.
5. Reforma de las condiciones laborales de la clase política para que se abolan sus sueldos vitalicios. Que los programas y las propuestas políticas tengan carácter vinculante.
6. Rechazo y condena de la corrupción. Que sea obligatorio por la Ley Electoral presentar unas listas limpias y libres de imputados o condenados por corrupción.
7. Medidas plurales con respeto a la banca y los mercados financieros en cumplimiento del artículo 128 de la Constitución, que determina que “toda la riqueza del país en sus diferentes formas y sea cual fuere su titularidad está
subordinada al interés general”. Reducción del poder del FMI y del BCE. Nacionalización inmediata de todas aquellas entidades bancarias que hayan tenido que ser rescatadas por el Estado. Endurecimiento de los controles sobre entidades y operaciones financieras para evitar posibles abusos en cualquiera de sus formas.
8. Desvinculación verdadera entre la Iglesia y el Estado, como establece el artículo 16 de la Constitución.
9. Democracia participativa y directa en la que la ciudadanía tome parte activa. Acceso popular a los medios de comunicación, que deberán ser éticos y veraces.
10. Verdadera regularización de las condiciones laborales y que se vigile su cumplimiento por parte de los poderes del Estado.
11. Cierre de todas las centrales nucleares y la promoción de energías renovables y gratuitas.
12. Recuperación de las empresas públicas privatizadas.
13. Efectiva separación de poderes ejecutivo, legislativo y judicial.
14. Reducción del gasto militar, cierre inmediato de las fábricas de armas y un mayor control de las fuerzas y cuerpos de seguridad del Estado. Como movimiento pacifista creemos en el “No a la guerra”.
15. Recuperación de la Memoria Histórica y de los principios fundadores de la lucha por la Democracia en nuestro Estado.
16. Total transparencia de las cuentas y de la financiación de los partidos políticos como medida de contención de la corrupción política.
@acampadasol – Movimiento #15M
Como resultado del consenso alcanzado durante la Asamblea celebrada el día 20 de mayo de 2011 en ACAMPADA SOL, y como resultado de la recopilación y síntesis de las miles de propuestas recibidas a lo largo de estos días, se ha elaborado una primera relación de propuestas. Recordamos que la Asamblea es un proceso abierto y colaborativo. Esta lista no debe entenderse como cerrada.
Propuestas aprobadas en la Asamblea de hoy día 20 de mayo de 2011 en ACAMPADA SOL.
1. Cambio de la Ley Electoral para que las listas sean abiertas y con circunscripción única. La obtención de escaños debe ser proporcional al número de votos.
2. Atención a los derechos básicos y fundamentales recogidos en la Constitución como son:
- Derecho a una vivienda digna, articulando una reforma de la Ley Hipotecaria
para que la entrega de la vivienda en caso de impago cancele la deuda.
- Sanidad pública, gratuita y universal.
- Libre circulación de personas y refuerzo de una educación pública y laica.
3. Abolición de las leyes y medidas discriminatorias e injustas como son la Ley del Plan Bolonia y el Espacio Europeo de Educación Superior, la Ley de Extranjería y la conocida como Ley Sinde.
4. Reforma fiscal favorable para las rentas más bajas, una reforma de los impuestos de patrimonio y sucesiones. Implantación de la Tasa Tobin, la cual grava las transferencias financieras internacionales y supresión de los paraísos
fiscales.
5. Reforma de las condiciones laborales de la clase política para que se abolan sus sueldos vitalicios. Que los programas y las propuestas políticas tengan carácter vinculante.
6. Rechazo y condena de la corrupción. Que sea obligatorio por la Ley Electoral presentar unas listas limpias y libres de imputados o condenados por corrupción.
7. Medidas plurales con respeto a la banca y los mercados financieros en cumplimiento del artículo 128 de la Constitución, que determina que “toda la riqueza del país en sus diferentes formas y sea cual fuere su titularidad está
subordinada al interés general”. Reducción del poder del FMI y del BCE. Nacionalización inmediata de todas aquellas entidades bancarias que hayan tenido que ser rescatadas por el Estado. Endurecimiento de los controles sobre entidades y operaciones financieras para evitar posibles abusos en cualquiera de sus formas.
8. Desvinculación verdadera entre la Iglesia y el Estado, como establece el artículo 16 de la Constitución.
9. Democracia participativa y directa en la que la ciudadanía tome parte activa. Acceso popular a los medios de comunicación, que deberán ser éticos y veraces.
10. Verdadera regularización de las condiciones laborales y que se vigile su cumplimiento por parte de los poderes del Estado.
11. Cierre de todas las centrales nucleares y la promoción de energías renovables y gratuitas.
12. Recuperación de las empresas públicas privatizadas.
13. Efectiva separación de poderes ejecutivo, legislativo y judicial.
14. Reducción del gasto militar, cierre inmediato de las fábricas de armas y un mayor control de las fuerzas y cuerpos de seguridad del Estado. Como movimiento pacifista creemos en el “No a la guerra”.
15. Recuperación de la Memoria Histórica y de los principios fundadores de la lucha por la Democracia en nuestro Estado.
16. Total transparencia de las cuentas y de la financiación de los partidos políticos como medida de contención de la corrupción política.
@acampadasol – Movimiento #15M
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vendredi 20 mai 2011
LES PETITES FLEURS QUI BORDENT LE CHEMIN
source : Paulm JORION
Les langues se délient, et elles se délient pour dire : « Tout le monde savait ! »
Vraiment, « Tout le monde le savait ? », et c’est pour cela que vous personnellement, vous vous taisiez ? Pourquoi parler maintenant alors : si tout le monde le savait, tout le monde le sait toujours, et rien n’a vraiment changé.
Et les langues qui se délient, de se défendre alors : « C’était par respect pour la vie privée ! » La vie privée ? Quelle vie privée ? La vie privée du prédateur dans ce cas-là, pas celle de ses victimes, dont vous considériez que leur vie ne vaut pas davantage que celle des petites fleurs qui bordent le chemin et dont Hegel nous rappelle que les « grands hommes » les écrasent par inadvertance. Non : il ne s’agissait pas de votre respect pour la vie privée, il s’agissait de votre admiration pour l’impunité, pour la capacité de celui qui possède le pouvoir et l’argent de faire comme il l’entend : pour cette propension dont parle cette fois Adam Smith, à ce que la police et la justice dans nos sociétés, se trouvent par harmonie préétablie du même côté qu’eux.
Un tweeteur chinois écrit : « La politique française est bien trop libre en tolérant que de tels scandales concernant les candidats soient dévoilés, [il] ne bénéficie pas du traitement d’un officiel local chinois ». Autrement dit : en Chine on étouffe les affaires bien plus efficacement qu’aux États-Unis.
On dit : « C’est par pudeur que les victimes ne vont pas se plaindre ». Non : c’est par peur, c’est parce que les petites fleurs qui bordent le chamin savent que si par accident on ne parvenait pas à étouffer l’affaire, ce sont elles qui seraient alors punies, c’est d’elles qu’on dirait : « Elle l’avait bien cherché : elle ne l’a pas volé ! »
« Oui, mais jusqu’ici, il ne s’agissait que de relations entre adultes consentants ! » Même pas : vous ne lisez donc pas les journaux, vous ne regardez pas la télé ? Mais en admettant même : ça veut dire quoi exactement « adultes consentants » ? Tout est rapport de force : un prix est un rapport de force, et parmi les partenaires amoureux, il y en a qui sont bien plus consentants que les autres. Le pouvoir et l’argent, encore une fois.
Un processus « critique », au sens que donnent à ce terme les physiciens, c’est un processus qui conduira un jour ou l’autre à l’effondrement. Il est impossible de savoir quand exactement mais l’effondrement aura bien lieu et le seul souci pour certains (ceux qui diront un jour : « Tout le monde savait ! »), sera de savoir si l’on pourra ou non « étouffer l’affaire ». Et si le responsable se trouve du côté du pouvoir et de l’argent, il n’y a pas d’affaire suffisamment grosse qu’on ne tentera de l’étouffer. Prenez la crise des subprimes : c’était gros, vraiment gros, et on connaissait les coupables, leurs noms s’étalaient à la une des journaux, mais ils étaient du côté du pouvoir et de l’argent, et on ne s’est pas gêné davantage que dans les cas précédents : on s’est tourné vers la victime et on lui a dit : « Tu l’avais bien cherché : tu ne l’a pas volé ! Tu croyais vraiment que tu pourrais vivre indéfiniment au-dessus de tes moyens ! »
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jeudi 19 mai 2011
Règlement de comptes à OK Corral
Le patron du FMI, Strauss-Khan, pris au piège
Mike WHITNEY
Strauss-Khan a été piégé, c'est à dire qu'au lieu d'étouffer l'affaire comme d'habitude cette fois-ci elle est montée en épingle, et certainement pré-fabriqué pour que le porc tombe, la situation inclinée de sorte qu'il se vautre dans les travers de sa facilité.
Sa condition sociale ordonne et légitime son action mais sa morale bourgeoise nie la réalité de sa volonté de puissance, vanité qui vit de l'avilissement d'autrui. Les porcs, on le sait, pour ces gens-là, "LES GENS BIENS", ce sont les pauvres, les gueux, la lie de la société, affreux, sales et méchants, incapables de résister à leurs pulsions, et pour ainsi dire forcément coupables.
Mais revenons à nos cochons. Le piège c’est probablement le fait de la coalition des banquiers occidentaux, ces autres porcs du parti intérieur comme dirait ORWELL ou du centre du pouvoir réel pour parler à la manière de DEDEFENSA. Strauss-Khan s’était récemment écarté de la « ligne du parti » et était en train de modifier le cours du FMI. Sa conversion était défendue par l’économiste progressiste Joseph Stiglitz dans un article récent intitulé « Le changement du FMI ».
Voici un extrait :« Le fait remarquable lors de la réunion annuelle de printemps du FMI a été l’effort souligné du Fonds de se démarquer de ses anciens principes sur le contrôle des capitaux et la flexibilité du marché du travail. Il semble qu’un nouvel FMI ait progressivement émergé, en douceur, sous la direction de Dominique Strauss-Khan.
Mike WHITNEY
Strauss-Khan a été piégé, c'est à dire qu'au lieu d'étouffer l'affaire comme d'habitude cette fois-ci elle est montée en épingle, et certainement pré-fabriqué pour que le porc tombe, la situation inclinée de sorte qu'il se vautre dans les travers de sa facilité.
Sa condition sociale ordonne et légitime son action mais sa morale bourgeoise nie la réalité de sa volonté de puissance, vanité qui vit de l'avilissement d'autrui. Les porcs, on le sait, pour ces gens-là, "LES GENS BIENS", ce sont les pauvres, les gueux, la lie de la société, affreux, sales et méchants, incapables de résister à leurs pulsions, et pour ainsi dire forcément coupables.
Mais revenons à nos cochons. Le piège c’est probablement le fait de la coalition des banquiers occidentaux, ces autres porcs du parti intérieur comme dirait ORWELL ou du centre du pouvoir réel pour parler à la manière de DEDEFENSA. Strauss-Khan s’était récemment écarté de la « ligne du parti » et était en train de modifier le cours du FMI. Sa conversion était défendue par l’économiste progressiste Joseph Stiglitz dans un article récent intitulé « Le changement du FMI ».
Voici un extrait :« Le fait remarquable lors de la réunion annuelle de printemps du FMI a été l’effort souligné du Fonds de se démarquer de ses anciens principes sur le contrôle des capitaux et la flexibilité du marché du travail. Il semble qu’un nouvel FMI ait progressivement émergé, en douceur, sous la direction de Dominique Strauss-Khan.
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UNITED STATES OF ZOMBIES
Social Media: Preparedness 101: Zombie Apocalypse
The following was originally posted on CDC Public Health Matters Blog May 16th, 2011 by Ali S. Khan.
There are all kinds of emergencies out there that we can prepare for. Take a zombie apocalypse for example. That’s right, I said z-o-m-b-i-e a-p-o-c-a-l-y-p-s-e. You may laugh now, but when it happens you’ll be happy you read this, and hey, maybe you’ll even learn a thing or two about how to prepare for a real emergency.
mercredi 18 mai 2011
Le Neuf 3, DSK et le Bronx
Appelé comme responsable de l’économie sous un gouvernement socialiste, le docteur en économie D. Strauss Kahn a fait œuvre de comptable ascendant manipulateur de comptes.
Privatisant les bijoux de l’État français, Air France, France Télécom, il avait redressé artificiellement les comptes de la Nation.
Privatisant les bijoux de l’État français, Air France, France Télécom, il avait redressé artificiellement les comptes de la Nation.
mardi 17 mai 2011
U.S. PROGRAMME LA GUERRE...CHEZ EUX AUSSI
Congress Proposes Bill to Allow Worldwide War ... Including INSIDE the U.S.
Americans who have been paying attention are outraged that Bush lied us into Iraq by making up false claims about weapons of mass destruction and pretending that Saddam Hussein had a hand in 9/11.
Many are disgusted that Obama got us into a war in Libya without Congressional authorization.
But as the ACLU noted yesterday, Congress is going even further ... proposing handing permanent, world-wide war-making powers to the president - including the ability to make war within the United States:
A hugely important provision for Congress to authorize a new worldwide war has been tucked away inside the National Defense Authorization Act (NDAA). The bill was marked up by members of the House Armed Services Committee (HASC) last Wednesday that poured into Thursday morning (2:45 a.m. to be exact).
A couple of minutes past midnight, Rep. John Garamendi (D-Calif.) offered an amendment to strike Sec. 1034 — the new authorization for worldwide war provision — from the NDAA. Visibly angry that such a large sweeping provision had not yet had any public hearing whatsoever, he vigorously characterized it as a very broad declaration of war.
Rep. Garamendi was very concerned by the limitless geographic boundaries of the provision. Essentially, it would enable the U.S. to use military force anywhere in the world (including within the U.S.) in search of terrorists.
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vendredi 13 mai 2011
SITUATION DE TRANSHUMANCE (constat)
D’une manière implicite, la nature est jugée capitaliste. Le capitalisme serait ainsi un système plus pertinent qu’un autre en termes de règles économiques régissant les humains entre eux, car plus naturel.
Cette politisation de la nature est pourtant discutable, puisqu’elle dépend de l’image qu’on en a.
Par exemple le lion loupe sa proie 9 fois sur 10. Alors qu’un banquier plume toujours un travailleur, et son estomac est sans limite. Un tel monstre dans la nature n’existe pas.
NEKTARIOS
L’économie capitaliste, comme on le voit maintenant, était l’économie qui devait venir, non parce qu’elle est naturelle, mais parce qu’elle a gagné ses guerres, d’abord contre l’ancien monde, ensuite contre ses créatures aliénées, travailleurs et consommateurs, quand bien même elles tentaient de se révolter.
Le rêve des capitalistes est la fin de l’histoire : « plus rien après moi ».
La lutte essentielle est dans le dépassement de cette préhistoire de l’humanité qu’auront été les premières formes du développement de l’économie pour elle même.
Le dépassement nécessaire de cette préhistoire est l’enjeu, quoique partiellement inconscient puisque refoulé, des luttes actuelles.
L’échec de ces luttes sera aussi l’échec d’un système qui arrive à la fin de son histoire, bien qu'il est tous les moyens de mettre fin à l’histoire tout court.
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jeudi 12 mai 2011
FUERA!
Lo queremos todo, lo queremos ahora. Llamamiento a un Bloque libertario y autónomo en la manifestación del 15 de mayo
Muchas ciudades del Sur están ardiendo. Mientras, los poderes de este Norte arrogante viven la actual desmovilización social como el placentero resultado de años de consenso democrático para lograr arañar más control sobre nuestras vidas. Incluso ahora que los partidos políticos, los sindicatos y por supuesto todos los organismos económicos (privados y públicos) han entrado en una profunda crisis de legitimidad, parece que todo sigue igual en nuestras calles, curros y hogares. ¿Qué más tiene que suceder para que despertemos? ¿No han dejado ya claro que no velan por nuestros intereses sino por los suyos propios y los de los grandes mercados? Recordad: reforma laboral, rescate a la banca, aumento de la edad de jubilación...
El lenguaje de la protesta de hoy se convierte en el ejercicio del poder de mañana. Quienes tienen el poder están al tanto de la calle y juegan sus cartas con inteligencia. Es una estrategia más del Poder para descongestionar y desarmar la calle. Tanto a la izquierda como a la derecha, los medios de comunicación y esos hooligans que ejercen de tertulianos en sus televisiones de mierda hablan continuamente de transparencia y control, de regulación y derechos sociales, de ecología social y de autoempleo, de desarrollo sostenible y diversidad cultural. Todo ello forma parte del rostro de este nuevo Poder que hoy más que nunca ha terminado por revelarse como un verdadero Crimen Organizado.
Lo que ha sucedido no ha sido producto de un exceso, sino de un sistema, el capitalismo, que es en sí mismo excesivo. Frente a este sistema y todos sus sostenes (partidos políticos, banqueros, instituciones económicas y sindicatos) nuestro deseo es largarlos a TODOS FUERA. Hay que organizar el descontento sin vanguardias. Hay que impulsar un movimiento de ofensiva sin dirigentes. Como libertarios y autónomos, nos sumaremos a la manifestación del 15 de mayo, a pesar de sus aburridas consignas y de sus reclamaciones ciudadanistas y reformistas. Valoramos que la gente se eche a las calles, pero creemos que hay que ir más allá. Tenemos claro que no queremos servir de tropas de choque del siguiente Gobierno. Los problemas que unos han creado solo pueden ser empeorados por los que vengan después. La solución no pasa por un cambio de máscara en el teatro electoral, la única vía es echarles a TODOS FUERA.
Ahora que ha quedado más que demostrado que el Estado y todo su aparato de propaganda no sirven a nuestros intereses (los de la gente) sino a los del capital, es el momento de tomar la iniciativa. No colaborar y resistir supone impugnar todo este mecanismo de legitimación que nos condena a no ser dueños de nuestras vidas y por ello debemos resistir: detener los desahucios, destruir la maquinaria electoral, oponernos a los ataques contra los trabajadores y los que llevan toda su vida sin futuro. Si continuamos cediendo la iniciativa al Poder, la catástrofe de hoy seguirá siendo nuestro escenario cotidiano.
Nosotros no deseamos que las cosas vuelvan a ser “como antes”, porque no queremos ninguna vuelta a una “normalidad” que ya detestábamos. Por eso decimos que indignarse no es suficiente, debemos luchar y recuperar una vida que legítimamente nos pertenece.
Este y no otro es el sentido de organizarnos por medio de este Bloque Libertario y Autónomo. Este es un espacio antiautoritario de acción y contacto, gente de todo tipo que se rebela contra esta situación y que no quiere seguirle el juego al Crimen Organizado, a la Mafia, a aquellos que nos niegan mientras redactan el borrador del siguiente programa político y calculan el calendario de reformas. El Bloque Libertario y Autónomo está formado por gente que ha perdido el miedo, tomado la palabra y que lo quiere TODO. El Bloque Libertario y Autónomo es un espacio abierto cuyo objetivo es estar presente en las luchas y extender el conflicto.
Las hogueras han comenzado a arder en algunos lugares.
Saludamos a todos aquellos que saldrán a la calle el 15 de mayo, pero también decimos que indignarse no es suficiente…
Saludamos a todos aquellos que el día 22 de mayo no darán su voto a un sistema que de nuevo necesita legitimarse y que, por el contrario, pasearán por las calles de Madrid pensando cómo derribar este sistema criminal…
Un abrazo y todo nuestro ánimo a la familia y amigos/a de Patricia Heras, fallecida tras un montaje judicial y policíaco.
Fuerza y resistencia a todos aquellos que están sin futuro: jóvenes y no jóvenes, trabajadores, precarios, parados, la gente de los guetos, la Cañada Real y los que engordan las prisiones.
Rebélate contra un mundo en descomposición. Acércate al bloque.
Libertarios y Autónomos de Madrid
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mardi 10 mai 2011
SITUATION DE TRANSHUMANCE (marre du bavardage!)
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jeudi 21 avril 2011
SITUATION DE TRANSHUMANCE (retour sur investissement)
Guy Debord écrivait dans ses « Commentaires sur la société du spectacle » (1988) :
Les pratiques nucléaires, militaires ou civiles, nécessitent une dose de secret plus forte que partout ailleurs ; où comme on sait il en faut déjà beaucoup. Pour faciliter la vie, c’est-à-dire les mensonges, des savants élus par les maîtres de ce système, on a découvert l’utilité de changer aussi les mesures, de les varier selon un plus grand nombre de points de vue, les raffiner, afin de pouvoir jongler, selon les cas, avec plusieurs de ces chiffres difficilement convertibles. C’est ainsi que l’on peut disposer, pour évaluer la radioactivité, des unités de mesure suivantes : le curie, le becquerel, le röntgen, le rad, alias centigray, le rem, sans oublier le facile millirad et le sivert, qui n’est autre qu’une pièce de 100 rems. Cela évoque le souvenir des subdivisions de la monnaie anglaise, dont les étrangers ne maîtrisaient pas vite la complexité, au temps où Sellafield s’appelait encore Windscale.
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samedi 9 avril 2011
Pour une troisième voie économique (MICHEL DRAC)
Conférence de Michel Drac au Local, rue de Javel, 7 avril 2011, à l’invitation du mouvement Troisième Voie.
TEXTE DE L’INTERVENTION
Bonjour mesdames et messieurs,
J’ai aujourd’hui l’honneur de m’adresser à vous à l’invitation de Serge Ayoub. Je ne suis pas membre de Troisième Voie, l’expérience m’ayant enseigné qu’un engagement politique est incompatible avec le recul attendu d’un analyste impartial. Pour autant, je me considère comme un compagnon de route de votre mouvement. J’ai en effet coécrit, avec Serge et un mystérieux « M. Thibaud », un petit ouvrage, « G5G, la guerre de cinquième génération », dont certaines idées se retrouveront sans doute, à l’avenir, dans votre Troisième Voie.
C’est pourquoi, quand Serge m’a demandé une contribution à votre réflexion sur l’économie, j’ai immédiatement accepté. De toute manière, le moment est excellent pour proposer des voies nouvelles. Après tout, ce que nous allons vivre dans les vingt ans qui viennent, c’est la fin d’un monde. Alors profitons-en pour dessiner, dès à présent, ce que nous espérons pour le monde d’après.
Entendons-nous bien : cette formule, « la fin d’un monde », n’est pas une « manière de parler ». C’est l’exacte réalité, nous vivons, tous ici, depuis notre naissance, dans un monde : le monde de la consommation, de la confiance en l’avenir et du crédit. Nous allons, dans les deux décennies qui viennent, basculer dans un autre monde : le monde de la rareté, de la méfiance devant l’avenir et de la menace.
Nous sommes à la veille de constater la faillite du monde anglo-saxon. La dernière fois que ça s’est produit, c’était en 1343, sous le règne d’Edouard III. Cela a entraîné la chute du capitalisme médiéval, conditionné la prolongation de la guerre dite de Cent Ans, et contribué à la division par deux de la population de notre continent. Oyez, oyez, bonnes gens, grand spectacle en perspective ! On ne voit pas ça tous les jours !
C’est comme ça, on n’y peut rien… Essayons de faire une opportunité de cette grande menace : voilà ce dont il doit être question, pour une troisième voie économique.
Mais commençons par prendre l’exacte mesure de la réalité.
Sur le plan financier, la situation actuelle de l’Occident est facile à résumer : c’est la faillite à peu près complète d’à peu près tout le monde. Il y a, dans le système et avant de prendre en compte les produits dérivés, trois ou quatre fois plus de dettes que ce qui est soutenable au regard des taux de croissance actuels. Les évaluations des actifs monétaires sont totalement déconnectées du réel et ne renvoient plus qu’à un immense schéma de Ponzi. Les actifs immobiliers sont estimés sur la base de ce que les baby-boomers étaient prêts à payer pour préparer leur retraite, on va bientôt voir ce qu’ils vaudront quand ces mêmes baby-boomers devront les revendre aux classes démographiques creuses. Les actifs productifs eux-mêmes sont largement surévalués, puisqu’apparemment, personne n’a provisionné les implications des crises énergétiques et écologiques à venir.
En fait, tout l’Occident, c’est ENRON. Tous les occidentaux sont des salariés d’ENRON : ils croient qu’ils ont un boulot, mais en fait, ils n’ont qu’une ligne de crédit sur un compte déjà dans le rouge.
En 2008, les USA et l’Europe se sont offert un répit en sauvant leur système bancaire par les comptes publics. Mais l’Etat salvateur est lui-même totalement démuni. A court terme, la faillite de certains Etats occidentaux devra forcément être constatée, d’une manière ou d’une autre. Va-t-on sauver l’Etat par la Banque, après que la Banque a été sauvée par l’Etat ? Si oui, cela passera par les super-souverains, FMI, BCE. Et après ? Et après, rien. On n’aura fait que reculer pour mieux sauter.
Dans notre situation et à l'intérieur du cadre imposé par la haute finance actuellement au pouvoir, dans l'Etat profond, aux USA et en Europe, il n’y a que trois solutions : admettre qu’on ne peut pas rembourser les dettes, ce qui implique la déflation, puisque les faillites détruisent des revenus ; faire semblant de rembourser en imprimant de la monnaie à tour de bras, ce qui finit toujours par provoquer une inflation, par exemple via les prix des matières premières ou des denrées alimentaires ; ou bien gérer au fil des évènements, une politique de stop and go, pour fabriquer autant que possible une stagflation ou quelque chose qui s’en rapproche.
C’est cette dernière solution que nos élites vont probablement suivre ; tout l’indique à ce stade, en tout cas. Dans les années 1970, cela avait permis de gérer l’abandon de l’étalon-or et les chocs pétroliers ; mais cette fois, la situation est bien plus grave : une stagflation étalée sur dix ans, qui se traduira probablement par une inflation réelle de l’ordre de 10/15 % par an, avec dans le même temps des salaires qui stagneront ou progresseront peu en monnaie courante, voilà le programme. La soupe à la grimace, et il y en aura pour tout le monde ; le tout venant impacter des sociétés ravagées par trente ans de dérive inégalitaire et d’appauvrissement des jeunes au profit des vieux.
Première rupture : c’est la fin de l’ère de la consommation, c’est le début d’une ère de rareté relative. Voire, si certains mécanismes s’emballent, de rareté tout court.
Circonstance aggravante dans ce contexte pour le moins tendu, le système financier international est par terre. Pour l’instant, on a l’impression qu’il est toujours debout parce que tout le monde fait semblant de ne pas voir qu’il est par terre, mais il est bel et bien par terre.
La zone euro sera évidemment à brève échéance contrainte à un réaménagement drastique ; ce sera peut-être une explosion pure et simple entre une zone mark et une zone franc, peut-être le passage à un euro monnaie commune mais pas unique, peut-être une assez improbable sortie de crise par l’inflation, une inflation orchestrée par la BCE – une issue assez improbable vu les positions allemandes sur la question.
Mais en tout cas, ce qui est certain, c’est que la zone euro telle que nous la connaissions, c'est fini. Ça ne pouvait pas durer, de toute manière. En gros, c’était : « empruntez comme des Américains si vous êtes espagnols ou irlandais, négociez vos salaires comme des Français si vous êtes français, et profitez cependant des avantages d’une monnaie forte, à l’Allemande, si vous êtes riches. » Ce genre d’incohérence ne peut pas durer très longtemps. Surtout quand ça crée un système où il n’y a plus aucun outil de contrôle au sein d’un espace allant de Naples à Paris…
Le dollar, lui, n’est plus appuyé sur rien, à part la trouille bleue que le monde entier éprouve devant l’US Army. A ce sujet, pour ceux qui se demanderaient ce que les armées occidentales vont faire en Lybie : non, il ne s’agit pas de défendre les droits de l’homme parce que BHL a prophétisé son oracle. Il s’agit d’implanter une présence militaire euro-américaine pour empêcher par les armes la progression jusque là irrésistible de la Chinafrique, et ainsi conserver les matières premières sous contrôle – la seule raison qu’il reste au monde de vouloir du dollar, c’est en effet qu’on en a besoin pour acheter du pétrole et des matières premières.
Conclusion : le système que l’Occident est en train de mettre en place, en gros, c’est le durcissement de la structure de classes en interne, et l’impérialisme à l’extérieur, pour défendre le pouvoir de la haute finance, principalement anglo-saxonne, en confisquant les matières premières et les énergies. Soit l’impérialisme pour sauver l’hypercentralisme du capital privé.
Techniquement, ça rappelle assez certaines logiques des années 30, n’est-ce pas ?
Militants de Troisième Voie, à l’avenir, quand on vous traitera de fascistes, vous pourrez répondre à bon droit que vous l’êtes en tout cas moins que les gens que vous combattez ! Une réponse alternative serait que vous assumez les bons côtés du fascisme-projet, alors que les dirigeants actuels du capitalisme globalisé incarnent les mauvais côtés du fascisme-Etat, mais ce genre de nuances est probablement incompréhensible pour la plupart des gens…
Bref, revenons au sujet.
En face de ce fascisme bancaire occidental, un contre-pôle apparaît. En gros, c’est l’Organisation de Coopération de Shanghai, c'est-à-dire principalement l’alliance sino-russe, avec l’Inde en arrière-plan, même si elle n’a pas encore clairement choisi son camp.
Ce contre-pôle, on peut le remarquer au passage, est allié avec une partie du monde musulman, mais ennemi d’une autre partie. Ici comme ailleurs dans l’Histoire, l’unité musulmane apparaît comme un leurre, et ceux qui ont espéré, à une certaine époque, en l’Islam unifié contre l’Empire de la Banque… eh bien ceux-là apparaissent, une fois de plus, comme des rêveurs. Le monde musulman, sur le plan géopolitique, ça n’existe pas. Il y a des pays musulmans, la plupart sont sans force. La Turquie et l’Iran ont un véritable pouvoir régional, mais le face-à-face planétaire, évidemment c’est Chine contre USA, avec l’Europe à ce stade dans le camp américain, et la Russie dans le camp chinois.
Il y a un contre-impérialisme pour défendre l’hypercentralisme du capital d’Etat, et ça n’a rien à voir avec le Grand Jihad Hollywoodien et autres fariboles plus ou moins made in CIA...
Le monde qui émerge, à travers cette confrontation pour l’instant très froide et très indirecte entre OTAN et OCS, c’est un monde de la méfiance. La méfiance de tous devant l’avenir engendre la méfiance de chacun devant les autres. C’est la deuxième rupture : le passage d’un monde de la confiance en l’avenir à un monde de la méfiance devant l’avenir, et donc de la méfiance entre les puissances.
Cette rupture est sinistre, bien sûr, mais il faut aussi reconnaître qu’elle traduit une prise de conscience : les peuples qui ont fait confiance à l’Empire occidental savent maintenant à quoi s’en tenir, quand on leur tient des discours lénifiants sur la démocratie et la société ouverte. Allez parler de société ouverte aux retraités russes, vous allez voir, ils ont des choses à dire à ce sujet…
Bref, revenons au sujet : le temps de la méfiance.
La manifestation concrète de cette méfiance, c’est la décision sino-russe de commercer désormais en roubles et yuans. La signification de cette décision, c’est que la moitié du monde se prépare à sortir du cadre de représentation monétaire promu par l’Occident. La confiance ne règne pas…
Et elle ne règne pas, d’ailleurs, pour de bonnes raisons.
Ce cadre de représentation monétaire, promu par la sphère anglo-saxonne, dominante au sein de l’Occident, est depuis toujours appuyé sur le système du crédit. Ce système du crédit, concrètement, cela consiste à fabriquer, via la dette, une masse monétaire un peu plus importante que les besoins de l’économie réelle, qu’on lance ainsi à la poursuite d’une fiction : l’économie qu’il faut construire pour donner un sous-jacent à la masse monétaire générée par le crédit. De ce cadre de représentation, induit par le système du crédit, découle l’obligation de la croissance.
Au départ, tout cela n’était pas malsain ; cela a pu contribuer à créer de la prospérité. Mais le système a peu à peu dégénéré, au fur et à mesure que le capitalisme butait sur des limites écologiques et énergétiques niées contre toute évidence. La machine économique occidentale s’est ainsi virtualisée jusqu’à définir une véritable paraphrénie, une sorte de discours délirant produit par un cerveau global schizophrène : vous ne pouvez plus rouler en voiture, mais les compagnies automobiles font des bénéfices records ; vous êtes rendus malades par les médicaments, mais l’industrie pharmaceutique prospère. C’est de la folie. Le système économique occidental, depuis quelques décennies, c’est de la folie.
Le résultat contemporain, c’est une course en avant qui a échappé à toute limite, à tout processus de pilotage coordonné, un cerveau global entièrement dominé par une irrésistible « pulsion de croissance », si j’ose dire, en fait un cerveau global psychotique. Un cerveau global qui, parvenu au terme de son évolution, révèle progressivement son caractère psychotique, jusqu’à devenir une sorte de serial killer planétaire, ivre de toute puissance technologique, exactement comme un pervers violent est ivre de puissance devant une victime.
Il y a un moment où il va falloir que nous, occidentaux contemporains, acceptions de nous voir tels que nous sommes, même si c’est douloureux…
Nous sommes une civilisation malade. Nous avons détruit la conscience en anéantissant les cadres religieux qui interposaient des limites, des barrières, entre nous et nos fantasmes de toute-puissance. Nous sommes sortis de la religion, puis nous avons laissé tomber nos idéologies, qui étaient des formes religieuses dégénérées. A présent, nous sommes dans les ténèbres, mais nous ne le savons pas. Nous avançons tels des somnambules, ou plutôt tels des morts vivants, des robots, des créatures programmées par une obsession qui les commande pour leur perte. De la disparition de toute référence à une extériorité transcendante, de l’émergence d’une sorte de projection de nous-mêmes comme point de référence à notre course, est sortie une vision du monde pathologique. Celle d’un Jacques Attali, qui nous présente comme « l’idéal judéo-grec » la double négation de la conscience juive du péché et de la conscience grecque de la nature. Véritablement, c’est une maladie dégénérative.
Nous sommes aussi une civilisation contagieuse. Parce que nous engageons une course indéfinie à la puissance technologique, tout le monde est obligé de nous suivre. Certains n’y parviennent pas : Africains, musulmans, sud-américains, pour l’instant. D’autres y parviennent : Russes et Chinois, Indiens aussi, en partie. Il y a donc d’un côté ceux que nous pouvons détruire, et d’autre part ceux qui sont amenés, à leur façon, à nous suivre pour résister à notre menace – en produisant une menace en sens inverse.
C’est là que nous trouvons la troisième rupture : bienvenu dans le siècle des menaces, et des menaces croisées, réciproques.
Donc, je me résume pour que tout le monde ait les idées claires, voilà la situation : l’ère de la consommation, de la confiance et du crédit, nous a conduits, à l’instant de son retournement, dans l’ère de la rareté, de la méfiance et de la menace.
Et alors la Troisième Voie, dans ce contexte ? J’y viens.
Deux voies existent aujourd’hui. Le système s’arrange toujours plus ou moins pour fabriquer deux voies. Ça ne date pas d’hier…
La première voie est définie par le bloc occidental : c’est le capitalisme de la Banque ; la seconde voie est incarnée désormais par la Chine : c’est le capitalisme de l’Etat. Dans les deux cas, le capitalisme n’a plus grand-chose à voir avec la libre entreprise, encore moins avec la liberté. Il n’y a pas de libre entreprise dans un pays où la Banque déclenche des faillites collectives pour ramasser périodiquement la mise. Il n’y en a pas plus, évidemment, dans un système où l’Etat conserve fondamentalement un contrôle presque total sur la société.
Ces deux voies, chinoises et anglo-saxonnes, n’en font qu’une à long terme. Aucune des deux ne répond aux défis de l’heure. Elles sont produites par le siècle des menaces, mais elles ne permettent pas de répondre aux défis de ce siècle. Dans les deux cas, ce que nous avons, c’est un programme de maximisation de la puissance, une obsession de la croissance quantitative. Ni le modèle américain, ni le modèle chinois ne permettent de définir un avenir humain dans un monde où l’impératif de croissance va buter sur ses impératifs écologiques, énergétiques, mais aussi psychosociaux.
En fait, ces deux modèles supposent implicitement un rebond technologique avant la date fatidique où les catastrophes convergent, entre 2020 et 2030. Mais ce rebond paraît très improbable. L’énergie de fusion, les ordinateurs quantiques… on nous promet tant de choses. Mais en pratique, ce que l’on voit, c’est un déluge de gadgets, une multiplication des micro-innovations d’un intérêt de plus en plus douteux.
La voie du capitalisme financiarisé, virtualisé, à l’occidentale, nous conduit vers un monde où le Capital privé, devenu maître de l’Etat, bâtit un pôle de puissance et de richesse prédateur et restreint, dominant un contre-pôle de pauvreté et d’impuissance, formé par une masse dominée. C’est le monde créé par la toute-puissance de la Banque virtualisée, toute-puissance prédatrice et corruptrice, racine de presque tous nos maux, en réalité. Fondamentalement, le cœur de cette voie se trouve dans les pays anglo-saxons et en Israël. Précisons que les peuples américains, anglais ou israéliens n’y sont, dans leur écrasante majorité, pour rien ou à peu près ; ils se trouvent simplement que le Capital a élu domicile chez eux. Ils commencent d’ailleurs à figurer parmi les victimes les plus cruellement attaquées, d’ailleurs, s’agissant en tout cas des Américains et des Anglais.
La voie du capitalisme encore industriel, à la chinoise, nous conduit exactement vers le même monde, avec deux ou trois décennies de retard, malgré la vitesse étonnante du décollage chinois. Le capitalisme de l’Etat, tout en haut de la structure, donne peut-être à la voie chinoise, à ce stade, une plus grande cohérence. Mais ne nous y trompons pas, cette cohérence n’est pas mise au service de la liberté, de la dignité des êtres ordinaires. Le système chinois a l’immense mérite de parvenir à gérer un pays d’un milliard trois cent millions d’habitants. Mais ce n’est pas un système que nous, européens, pouvons envier.
En pratique et en profondeur, Chine, USA, cela revient au même : c’est le modèle d’une humanité à deux vitesses, pour mettre en cohérence le maintien du niveau de l’empreinte écologique démesurée des riches et l’harmonisation des structures de classes à l’échelle planétaire. Deux voies s’opposent, mais elles s’opposent pour se cautionner, et pour conduire, par leur opposition, à un unique modèle. Lire Jacques Attali, pour savoir ce qu’est ce modèle.
Chine-USA, une opposition en forme de piège. Une ruse de l’Histoire. Ou plutôt : de ceux qui font l’Histoire.
Mais c’est aussi une opportunité, car à la charnière de ces deux voies opposées par leur origine, et convergentes par leur dynamique, une troisième voie peut apparaître.
Cette troisième voie, c’est notre espoir.
Le duopole sino-américain est en crise. Il y a une sorte de course de vitesse entre deux phénomènes historiques : d’une part la confiscation progressive du pouvoir par une hyperclasse mondialisée qui a encore, sans doute, besoin de plusieurs décennies pour prendre vraiment conscience d’elle-même à l’échelle globale ; d’autre part l’implosion de l’empire jusque là dominant, celui du capitalisme occidental, et une transition complexe à gérer vers une nouvelle structure, au sein de laquelle la Chine risque d’être prédominante. La super-crise sociale et la super-crise géopolitique : laquelle des deux va surdéterminer l’autre ?
Alors, à tout moment, l’opposition de façade entre capitalisme occidental et capitalisme asiatique peut devenir autre chose qu’une opposition de façade. Le système global n’est pas stabilisé ; il faudra encore plusieurs décennies pour le stabiliser.
Et c’est donc pendant ce moment historique, entre l’ère impérialiste occidentale et l’ère de l’hyperclasse globalisée, et à la charnière entre les deux sphères occidentale et asiatique, c’est ici et maintenant, que peut se trouver une des rares lueurs d’espoir de notre époque : l’hypothèse d’une renaissance européenne, pour une troisième voie, ni américaine, ni asiatique.
Le monde a besoin d’un retour à l’esprit de limitation, parce que nous sortons de la consommation et entrons dans la rareté. Le monde a besoin d’une proposition de société qui préfère l’équilibre à la croissance, parce que nous sortons du temps de la confiance aveugle en l’avenir, parce que nous entrons dans l’ère de la méfiance. Et par-dessus tout, le monde a besoin d’une capacité à construire la paix et la stabilité, parce qu’il est, désormais, le monde de la menace. Ces caractéristiques, limitation, équilibre, stabilité, ne peuvent être apportées ni par l’économie atlantique contemporaine, véritable prolifération cancéreuse de la valeur comptable sans contrepartie réelle, machine à secréter le déséquilibre destructeur, ni par une économie chinoise pour l’instant éclatante de santé, mais caractérisée en profondeur par des déséquilibres sociaux gravissimes, qui finiront par pousser Pékin à s’engager dans un impérialisme adapté à la donne chinoise.
Dans un tel contexte, la définition d’une troisième voie par un troisième pôle est une espérance pour le monde.
Cette troisième voie, sa définition suppose d’une part qu’une force émerge qui puisse dire non à l’impérialisme anglo-saxon, d’autre part que ce refus soit accompagné d’une proposition positive de refondation.
La force, pour liquider l’énorme masse de dettes en la soldant sur la finance spéculative – ce qui suppose, pour que le voleur rende gorge, que la puissance de l’US Army et des réseaux d’influence de l’Empire occidental, gardiens du pouvoir de la Banque, trouve en face d’elle une puissance dissuasive, de force sinon égale, au moins comparable. La force, en somme, pour préempter la crise géopolitique, pour l’utiliser comme un levier, au lieu de la subir.
Et la proposition de refondation, c’est la fin, ou plutôt le dépassement de la psychose occidentale. Si notre civilisation a fabriqué cette psychose, c’est d’abord parce qu’elle avait pris énormément d’avance sur les autres civilisations du globe. Ceci implique aussi que nous pouvons, peut-être, trouver les premiers le remède à la maladie que nous avons répandue.
Ce remède, on le connaît tous en réalité. Arrêtons de tourner autour du pot : très concrètement, il s’agit de convaincre les riches qu’ils vivront une vie bien plus intéressante en partageant. Hors de là, pas de salut. Un processus d’imitation parcourt la structure sociale et la modèle de haut en bas. Nous devons en changer le contenu, pour qu’il répande à nouveau, à travers toutes les couches de la société, les valeurs supérieures du courage, de l’ascèse, du partage, et de la protection du faible par le fort en somme. Bref, il faut en finir avec le règne des marchands.
Si l’on a pu s’illusionner un instant sur une possible révolution conservatrice aux USA, il devient désormais évident que nous ne trouverons pas la formule de cette réhabilitation des valeurs supérieures dans un monde atlantique qui nous domine, mais qui illustre, jour après jour, sa renonciation à toute décence. Nos traditions de l’Europe continentale sont notre dernier espoir, voilà ce qu’il nous faut raviver si nous ne voulons pas périr.
Bref, qu’il s’agisse de constituer un pôle de puissance ou de lui donner une substance, c’est toujours par un choix géostratégique que peut et doit commencer toute « troisième voie économique » : nous devons choisir le contrepoids à la puissance et aux valeurs d’un monde atlantique malade et prédateur, qui nous fait crever parce qu’il héberge, pour l’instant du moins, la Banque, le Capital parasitaire. Demain, peut-être, une deuxième révolution américaine me fera mentir.
Mais pour l’instant, nous savons tous où se trouve l’alternative : dans l’alliance russe.
Et nous savons tous, aussi, comment cette alliance peut s’organiser. Depuis que Vladimir Poutine a publié dans la Süddeutsche Zeitung un plaidoyer pour un espace économique de Lisbonne à Vladivostok, tout le monde a pu constater que le Kremlin veut l’alliance européenne – ce qui est parfaitement logique, puisque cela installe la Russie en pont terrestre entre l’Europe et l’Asie. Et tout le monde a pu constater, aussi, que la proposition a été formulée en allemand, ce qui, là encore, n’étonnera personne, du moins parmi les gens qui se sont intéressés, ces dernières années, à la progression fulgurante du commerce germano-russe.
Bref, le nom concret de l’alliance russe, c’est : Paris-Berlin-Moscou.
Alors soyons clair : si vous vous demandez, parmi les gens qui vous parlent, qui est du côté des peuples, il y a deux questions à poser. La première, évidente, c’est : êtes-vous pour le retour à la souveraineté monétaire des Etats, donc pour l’abolition de la loi de 1973 interdisant à la Banque de France d’accepter les effets du Trésor à l’escompte. La deuxième, moins évidente mais tout aussi cruciale, c’est : êtes-vous pour une alliance Paris-Berlin-Moscou ?
Ceux qui répondent oui aux deux questions veulent une troisième voie économique.
Ceux qui répondent oui à la première question, la loi de 73, mais non à la seconde, Paris-Berlin-Moscou, sont de doux rêveurs, qui n’ont pas pris conscience des vrais rapports de force.
Vous en trouverez aussi qui répondent oui à la deuxième question, Paris-Berlin-Moscou, mais non à la première, la loi de 1973. Ceux-là veulent en réalité positionner le pouvoir bancaire au cœur d’une future économie continentale – car, il faut bien le comprendre, ce pouvoir, aujourd’hui logé dans le monde atlantique, peut très bien, demain, se repositionner dans un cadre différent, y compris à travers un axe Berlin-Moscou maîtrisé, en réalité, par les banques d’affaires. La politique et l’économie sérieuses, ce n’est jamais simple.
Mais supposons que tous les écueils ont été contournés. Supposons qu’un nouveau pouvoir, en France et en Allemagne, sans rompre totalement les liens avec les USA, engage réellement l’Europe dans une troisième voie économique…
Imaginons que le rêve esquissé par Vladimir Poutine dans la Süddeutsche Zeitung est devenu réalité. En quoi consiste alors la troisième voie ?
Oh, ça n’a rien de bien sorcier : c’est d’une part le relèvement de tout ce qui a été abattu par un demi-siècle de despotisme bancaire, et d’autre part l’adaptation de ces dispositifs restaurés à la nouvelle donne créée par les défis du XXI° siècle, des défis qui ne seront pas ceux du XX° siècle.
En France, en gros, il faut refaire le Conseil National de la Résistance, en nous souvenant que l’enjeu n’est plus tant de sortir de la pauvreté que d’organiser une aisance écologiquement responsable. En Allemagne, il faut revenir, là encore sous des formes renouvelées, à ce qui s’appelle, là-bas, l’économie sociale de marché et la cogestion. Et en Russie, il faut continuer le bon travail fait, depuis dix ans, par Poutine, en tirant profit des avantages considérables que la Russie peut espérer d’un investissement technologique européen. Nous avons notre hinterland à développer, il s’appelle la Sibérie, et il est immense. Croyez-moi, si nous osons renaître, nous ne sommes pas les plus mal placés sur terre…
On peut tout à fait imaginer que progressivement ces modèles européens, ces projets nationaux inscrits en Europe, se rapprochent et, dans une certaine mesure, fusionnent. Il est hors de doute qu’il existe aujourd’hui en France un intérêt pour ce que l’Allemagne a réussi mieux que nous ; une partie de cet intérêt est obscène : cette partie renvoie au fantasme que le pouvoir capitaliste français a toujours entretenu à l’égard de la société germanique hiérarchisée. Mais une autre partie de cet intérêt est tout à fait sain : le fait est que la cogestion et l’économie sociale de marché, eh bien cela marche tout simplement, dans certains domaines, mieux que la planification indicative à la française – même si dans d’autres domaines, c’est le système français qui s’impose.
D’ailleurs, il existe aujourd’hui en Allemagne un vif intérêt pour l’esprit de solidarité français – évidemment, les médias dominants, ici, ne vous en parlent pas, mais savez-vous que récemment, un sondage a révélé que 75 % des Allemands approuvaient une grève dure dans les chemins de fer, parce qu’ils estiment la rigueur excessive ? Vous a-t-on parlé des manifestations importantes qui viennent de secouer la Saxe, à peu près là d’où est parti, en 1989, le mouvement qui devait mettre la RDA par terre… Non, évidemment : vous comptez compter sur les médias français quand il s’agit de ne pas vous informer de ces choses. On préfère vous expliquer que les Allemands bossent dur et ferment leur gueule, et que vous devriez faire pareil. Eh bien, sachez-le, on vous ment : en Allemagne, il n’y a pas que des patrons et des retraités, il y a aussi une population qui souffre. Rien ne dit que cette population acceptera éternellement d’être le prisonnier modèle de la nouvelle prison des peuples, j’ai nommé l’Union Européenne bruxelloise…
En fait, ce qui se passe en ce moment, c’est que l’Europe est en train d’hésiter entre conclure son suicide et renaître.
Si nous ne parvenons pas à triompher de la dictature des marchés financiers, si nous devenons les auxiliaires du combat d’une soi-disant voie occidentale vers la société de l’injustice, contre une voie asiatique conduisant d’ailleurs elle aussi à cette même société de l’injustice… bref, si nous nous laissons entraîner dans une voie que nous n’avons pas choisie, les gens qui nous ont poussé au suicide finiront leur travail.
Mais il y a une autre voie.
La voie qui consiste, tout simplement, à décider nous-mêmes de notre avenir. Restaurer notre souveraineté nationale, l’insérer dans un ordre européen reposant sur une alliance structurelle entre des puissances européennes souveraines, mais coordonnées par un système d’agences, souple et réactif. Utiliser le formidable levier de puissance de cette alliance pour reconquérir les instruments de la souveraineté monétaire. Utiliser la souveraineté monétaire pour opérer, à l’échelle d’un espace eurosibérien coordonné, une véritable refondation monétaire. Profiter de cette refondation monétaire pour faire, à l’échelle de cet immense espace eurosibérien, ce que jadis, en plus petit, l’alliance des résistants dans le CNR avait fait en France, ou encore ce que, d’une autre manière, les politiques habiles et raisonnables firent en Allemagne, dans les années 50. Redistribuer les revenus. Dompter le capitalisme. L’obliger à produire, sans violence inutile, sans contrainte autre que celle strictement nécessaire, la dose exacte de socialisme qui doit servir de contrepoids à un libéralisme sain, un libéralisme des entrepreneurs. Et choisir, ainsi, à travers l’économie, qui n’est qu’un outil, la renaissance de nos vieux peuples.
On sait tous très bien ce qu’il faut faire. Et on sait tous très bien que la seule chose qui nous empêche de le faire, c’est, tout simplement, le pouvoir des riches, des très riches. Il faut, donc, tout simplement, briser ce pouvoir, là où il est à ce stade concentré : dans l’Anglosphère. La troisième voie, c’est la voie qui conduit à remporter cette bataille-là.
C’est possible. Mon opinion est qu’il y a très peu de chances pour que cela arrive, je ne vous le cacherai pas. Mais c’est possible, et c’est absolument la dernière chance, le dernier arrêt pour descendre et changer de train. Après, le programme, c’est highway to hell.
Donc, en conclusion, voilà à quoi, à mon avis, doit correspondre la troisième voie économique défendue par votre mouvement : saisir la dernière chance de l’Europe.
Evidemment, on dira qu’il y a un extraordinaire décalage entre cette ambition et vos moyens. A quoi bon, dira-t-on, parler de ces questions à des gens si peu nombreux, si peu puissants ?
A cette objection, je répondrai qu’on ne vous demande pas, à vous du mouvement Troisième Voie, d’être plus que des auxiliaires dans ce grand combat.
A ceux qui s’étonnent, ici ou là, que je sois un compagnon de route de votre mouvement, je réponds en général ceci : quand on va passer aux choses sérieuses, ce qui arrivera forcément dans quelques années, et nous le savons tous… quand on va passer aux choses sérieuses, donc, vous préférez les trouver où, les jeunes gars de cette tendance : en face de vous, ou à côté de vous ?
Et donc, voilà pourquoi j’espère, militants et sympathisants du mouvement Troisième Voie, vous avoir, en bon compagnon de route, un peu aidé aujourd’hui à choisir le bon combat.
TEXTE DE L’INTERVENTION
Bonjour mesdames et messieurs,
J’ai aujourd’hui l’honneur de m’adresser à vous à l’invitation de Serge Ayoub. Je ne suis pas membre de Troisième Voie, l’expérience m’ayant enseigné qu’un engagement politique est incompatible avec le recul attendu d’un analyste impartial. Pour autant, je me considère comme un compagnon de route de votre mouvement. J’ai en effet coécrit, avec Serge et un mystérieux « M. Thibaud », un petit ouvrage, « G5G, la guerre de cinquième génération », dont certaines idées se retrouveront sans doute, à l’avenir, dans votre Troisième Voie.
C’est pourquoi, quand Serge m’a demandé une contribution à votre réflexion sur l’économie, j’ai immédiatement accepté. De toute manière, le moment est excellent pour proposer des voies nouvelles. Après tout, ce que nous allons vivre dans les vingt ans qui viennent, c’est la fin d’un monde. Alors profitons-en pour dessiner, dès à présent, ce que nous espérons pour le monde d’après.
Entendons-nous bien : cette formule, « la fin d’un monde », n’est pas une « manière de parler ». C’est l’exacte réalité, nous vivons, tous ici, depuis notre naissance, dans un monde : le monde de la consommation, de la confiance en l’avenir et du crédit. Nous allons, dans les deux décennies qui viennent, basculer dans un autre monde : le monde de la rareté, de la méfiance devant l’avenir et de la menace.
Nous sommes à la veille de constater la faillite du monde anglo-saxon. La dernière fois que ça s’est produit, c’était en 1343, sous le règne d’Edouard III. Cela a entraîné la chute du capitalisme médiéval, conditionné la prolongation de la guerre dite de Cent Ans, et contribué à la division par deux de la population de notre continent. Oyez, oyez, bonnes gens, grand spectacle en perspective ! On ne voit pas ça tous les jours !
C’est comme ça, on n’y peut rien… Essayons de faire une opportunité de cette grande menace : voilà ce dont il doit être question, pour une troisième voie économique.
Mais commençons par prendre l’exacte mesure de la réalité.
Sur le plan financier, la situation actuelle de l’Occident est facile à résumer : c’est la faillite à peu près complète d’à peu près tout le monde. Il y a, dans le système et avant de prendre en compte les produits dérivés, trois ou quatre fois plus de dettes que ce qui est soutenable au regard des taux de croissance actuels. Les évaluations des actifs monétaires sont totalement déconnectées du réel et ne renvoient plus qu’à un immense schéma de Ponzi. Les actifs immobiliers sont estimés sur la base de ce que les baby-boomers étaient prêts à payer pour préparer leur retraite, on va bientôt voir ce qu’ils vaudront quand ces mêmes baby-boomers devront les revendre aux classes démographiques creuses. Les actifs productifs eux-mêmes sont largement surévalués, puisqu’apparemment, personne n’a provisionné les implications des crises énergétiques et écologiques à venir.
En fait, tout l’Occident, c’est ENRON. Tous les occidentaux sont des salariés d’ENRON : ils croient qu’ils ont un boulot, mais en fait, ils n’ont qu’une ligne de crédit sur un compte déjà dans le rouge.
En 2008, les USA et l’Europe se sont offert un répit en sauvant leur système bancaire par les comptes publics. Mais l’Etat salvateur est lui-même totalement démuni. A court terme, la faillite de certains Etats occidentaux devra forcément être constatée, d’une manière ou d’une autre. Va-t-on sauver l’Etat par la Banque, après que la Banque a été sauvée par l’Etat ? Si oui, cela passera par les super-souverains, FMI, BCE. Et après ? Et après, rien. On n’aura fait que reculer pour mieux sauter.
Dans notre situation et à l'intérieur du cadre imposé par la haute finance actuellement au pouvoir, dans l'Etat profond, aux USA et en Europe, il n’y a que trois solutions : admettre qu’on ne peut pas rembourser les dettes, ce qui implique la déflation, puisque les faillites détruisent des revenus ; faire semblant de rembourser en imprimant de la monnaie à tour de bras, ce qui finit toujours par provoquer une inflation, par exemple via les prix des matières premières ou des denrées alimentaires ; ou bien gérer au fil des évènements, une politique de stop and go, pour fabriquer autant que possible une stagflation ou quelque chose qui s’en rapproche.
C’est cette dernière solution que nos élites vont probablement suivre ; tout l’indique à ce stade, en tout cas. Dans les années 1970, cela avait permis de gérer l’abandon de l’étalon-or et les chocs pétroliers ; mais cette fois, la situation est bien plus grave : une stagflation étalée sur dix ans, qui se traduira probablement par une inflation réelle de l’ordre de 10/15 % par an, avec dans le même temps des salaires qui stagneront ou progresseront peu en monnaie courante, voilà le programme. La soupe à la grimace, et il y en aura pour tout le monde ; le tout venant impacter des sociétés ravagées par trente ans de dérive inégalitaire et d’appauvrissement des jeunes au profit des vieux.
Première rupture : c’est la fin de l’ère de la consommation, c’est le début d’une ère de rareté relative. Voire, si certains mécanismes s’emballent, de rareté tout court.
Circonstance aggravante dans ce contexte pour le moins tendu, le système financier international est par terre. Pour l’instant, on a l’impression qu’il est toujours debout parce que tout le monde fait semblant de ne pas voir qu’il est par terre, mais il est bel et bien par terre.
La zone euro sera évidemment à brève échéance contrainte à un réaménagement drastique ; ce sera peut-être une explosion pure et simple entre une zone mark et une zone franc, peut-être le passage à un euro monnaie commune mais pas unique, peut-être une assez improbable sortie de crise par l’inflation, une inflation orchestrée par la BCE – une issue assez improbable vu les positions allemandes sur la question.
Mais en tout cas, ce qui est certain, c’est que la zone euro telle que nous la connaissions, c'est fini. Ça ne pouvait pas durer, de toute manière. En gros, c’était : « empruntez comme des Américains si vous êtes espagnols ou irlandais, négociez vos salaires comme des Français si vous êtes français, et profitez cependant des avantages d’une monnaie forte, à l’Allemande, si vous êtes riches. » Ce genre d’incohérence ne peut pas durer très longtemps. Surtout quand ça crée un système où il n’y a plus aucun outil de contrôle au sein d’un espace allant de Naples à Paris…
Le dollar, lui, n’est plus appuyé sur rien, à part la trouille bleue que le monde entier éprouve devant l’US Army. A ce sujet, pour ceux qui se demanderaient ce que les armées occidentales vont faire en Lybie : non, il ne s’agit pas de défendre les droits de l’homme parce que BHL a prophétisé son oracle. Il s’agit d’implanter une présence militaire euro-américaine pour empêcher par les armes la progression jusque là irrésistible de la Chinafrique, et ainsi conserver les matières premières sous contrôle – la seule raison qu’il reste au monde de vouloir du dollar, c’est en effet qu’on en a besoin pour acheter du pétrole et des matières premières.
Conclusion : le système que l’Occident est en train de mettre en place, en gros, c’est le durcissement de la structure de classes en interne, et l’impérialisme à l’extérieur, pour défendre le pouvoir de la haute finance, principalement anglo-saxonne, en confisquant les matières premières et les énergies. Soit l’impérialisme pour sauver l’hypercentralisme du capital privé.
Techniquement, ça rappelle assez certaines logiques des années 30, n’est-ce pas ?
Militants de Troisième Voie, à l’avenir, quand on vous traitera de fascistes, vous pourrez répondre à bon droit que vous l’êtes en tout cas moins que les gens que vous combattez ! Une réponse alternative serait que vous assumez les bons côtés du fascisme-projet, alors que les dirigeants actuels du capitalisme globalisé incarnent les mauvais côtés du fascisme-Etat, mais ce genre de nuances est probablement incompréhensible pour la plupart des gens…
Bref, revenons au sujet.
En face de ce fascisme bancaire occidental, un contre-pôle apparaît. En gros, c’est l’Organisation de Coopération de Shanghai, c'est-à-dire principalement l’alliance sino-russe, avec l’Inde en arrière-plan, même si elle n’a pas encore clairement choisi son camp.
Ce contre-pôle, on peut le remarquer au passage, est allié avec une partie du monde musulman, mais ennemi d’une autre partie. Ici comme ailleurs dans l’Histoire, l’unité musulmane apparaît comme un leurre, et ceux qui ont espéré, à une certaine époque, en l’Islam unifié contre l’Empire de la Banque… eh bien ceux-là apparaissent, une fois de plus, comme des rêveurs. Le monde musulman, sur le plan géopolitique, ça n’existe pas. Il y a des pays musulmans, la plupart sont sans force. La Turquie et l’Iran ont un véritable pouvoir régional, mais le face-à-face planétaire, évidemment c’est Chine contre USA, avec l’Europe à ce stade dans le camp américain, et la Russie dans le camp chinois.
Il y a un contre-impérialisme pour défendre l’hypercentralisme du capital d’Etat, et ça n’a rien à voir avec le Grand Jihad Hollywoodien et autres fariboles plus ou moins made in CIA...
Le monde qui émerge, à travers cette confrontation pour l’instant très froide et très indirecte entre OTAN et OCS, c’est un monde de la méfiance. La méfiance de tous devant l’avenir engendre la méfiance de chacun devant les autres. C’est la deuxième rupture : le passage d’un monde de la confiance en l’avenir à un monde de la méfiance devant l’avenir, et donc de la méfiance entre les puissances.
Cette rupture est sinistre, bien sûr, mais il faut aussi reconnaître qu’elle traduit une prise de conscience : les peuples qui ont fait confiance à l’Empire occidental savent maintenant à quoi s’en tenir, quand on leur tient des discours lénifiants sur la démocratie et la société ouverte. Allez parler de société ouverte aux retraités russes, vous allez voir, ils ont des choses à dire à ce sujet…
Bref, revenons au sujet : le temps de la méfiance.
La manifestation concrète de cette méfiance, c’est la décision sino-russe de commercer désormais en roubles et yuans. La signification de cette décision, c’est que la moitié du monde se prépare à sortir du cadre de représentation monétaire promu par l’Occident. La confiance ne règne pas…
Et elle ne règne pas, d’ailleurs, pour de bonnes raisons.
Ce cadre de représentation monétaire, promu par la sphère anglo-saxonne, dominante au sein de l’Occident, est depuis toujours appuyé sur le système du crédit. Ce système du crédit, concrètement, cela consiste à fabriquer, via la dette, une masse monétaire un peu plus importante que les besoins de l’économie réelle, qu’on lance ainsi à la poursuite d’une fiction : l’économie qu’il faut construire pour donner un sous-jacent à la masse monétaire générée par le crédit. De ce cadre de représentation, induit par le système du crédit, découle l’obligation de la croissance.
Au départ, tout cela n’était pas malsain ; cela a pu contribuer à créer de la prospérité. Mais le système a peu à peu dégénéré, au fur et à mesure que le capitalisme butait sur des limites écologiques et énergétiques niées contre toute évidence. La machine économique occidentale s’est ainsi virtualisée jusqu’à définir une véritable paraphrénie, une sorte de discours délirant produit par un cerveau global schizophrène : vous ne pouvez plus rouler en voiture, mais les compagnies automobiles font des bénéfices records ; vous êtes rendus malades par les médicaments, mais l’industrie pharmaceutique prospère. C’est de la folie. Le système économique occidental, depuis quelques décennies, c’est de la folie.
Le résultat contemporain, c’est une course en avant qui a échappé à toute limite, à tout processus de pilotage coordonné, un cerveau global entièrement dominé par une irrésistible « pulsion de croissance », si j’ose dire, en fait un cerveau global psychotique. Un cerveau global qui, parvenu au terme de son évolution, révèle progressivement son caractère psychotique, jusqu’à devenir une sorte de serial killer planétaire, ivre de toute puissance technologique, exactement comme un pervers violent est ivre de puissance devant une victime.
Il y a un moment où il va falloir que nous, occidentaux contemporains, acceptions de nous voir tels que nous sommes, même si c’est douloureux…
Nous sommes une civilisation malade. Nous avons détruit la conscience en anéantissant les cadres religieux qui interposaient des limites, des barrières, entre nous et nos fantasmes de toute-puissance. Nous sommes sortis de la religion, puis nous avons laissé tomber nos idéologies, qui étaient des formes religieuses dégénérées. A présent, nous sommes dans les ténèbres, mais nous ne le savons pas. Nous avançons tels des somnambules, ou plutôt tels des morts vivants, des robots, des créatures programmées par une obsession qui les commande pour leur perte. De la disparition de toute référence à une extériorité transcendante, de l’émergence d’une sorte de projection de nous-mêmes comme point de référence à notre course, est sortie une vision du monde pathologique. Celle d’un Jacques Attali, qui nous présente comme « l’idéal judéo-grec » la double négation de la conscience juive du péché et de la conscience grecque de la nature. Véritablement, c’est une maladie dégénérative.
Nous sommes aussi une civilisation contagieuse. Parce que nous engageons une course indéfinie à la puissance technologique, tout le monde est obligé de nous suivre. Certains n’y parviennent pas : Africains, musulmans, sud-américains, pour l’instant. D’autres y parviennent : Russes et Chinois, Indiens aussi, en partie. Il y a donc d’un côté ceux que nous pouvons détruire, et d’autre part ceux qui sont amenés, à leur façon, à nous suivre pour résister à notre menace – en produisant une menace en sens inverse.
C’est là que nous trouvons la troisième rupture : bienvenu dans le siècle des menaces, et des menaces croisées, réciproques.
Donc, je me résume pour que tout le monde ait les idées claires, voilà la situation : l’ère de la consommation, de la confiance et du crédit, nous a conduits, à l’instant de son retournement, dans l’ère de la rareté, de la méfiance et de la menace.
Et alors la Troisième Voie, dans ce contexte ? J’y viens.
Deux voies existent aujourd’hui. Le système s’arrange toujours plus ou moins pour fabriquer deux voies. Ça ne date pas d’hier…
La première voie est définie par le bloc occidental : c’est le capitalisme de la Banque ; la seconde voie est incarnée désormais par la Chine : c’est le capitalisme de l’Etat. Dans les deux cas, le capitalisme n’a plus grand-chose à voir avec la libre entreprise, encore moins avec la liberté. Il n’y a pas de libre entreprise dans un pays où la Banque déclenche des faillites collectives pour ramasser périodiquement la mise. Il n’y en a pas plus, évidemment, dans un système où l’Etat conserve fondamentalement un contrôle presque total sur la société.
Ces deux voies, chinoises et anglo-saxonnes, n’en font qu’une à long terme. Aucune des deux ne répond aux défis de l’heure. Elles sont produites par le siècle des menaces, mais elles ne permettent pas de répondre aux défis de ce siècle. Dans les deux cas, ce que nous avons, c’est un programme de maximisation de la puissance, une obsession de la croissance quantitative. Ni le modèle américain, ni le modèle chinois ne permettent de définir un avenir humain dans un monde où l’impératif de croissance va buter sur ses impératifs écologiques, énergétiques, mais aussi psychosociaux.
En fait, ces deux modèles supposent implicitement un rebond technologique avant la date fatidique où les catastrophes convergent, entre 2020 et 2030. Mais ce rebond paraît très improbable. L’énergie de fusion, les ordinateurs quantiques… on nous promet tant de choses. Mais en pratique, ce que l’on voit, c’est un déluge de gadgets, une multiplication des micro-innovations d’un intérêt de plus en plus douteux.
La voie du capitalisme financiarisé, virtualisé, à l’occidentale, nous conduit vers un monde où le Capital privé, devenu maître de l’Etat, bâtit un pôle de puissance et de richesse prédateur et restreint, dominant un contre-pôle de pauvreté et d’impuissance, formé par une masse dominée. C’est le monde créé par la toute-puissance de la Banque virtualisée, toute-puissance prédatrice et corruptrice, racine de presque tous nos maux, en réalité. Fondamentalement, le cœur de cette voie se trouve dans les pays anglo-saxons et en Israël. Précisons que les peuples américains, anglais ou israéliens n’y sont, dans leur écrasante majorité, pour rien ou à peu près ; ils se trouvent simplement que le Capital a élu domicile chez eux. Ils commencent d’ailleurs à figurer parmi les victimes les plus cruellement attaquées, d’ailleurs, s’agissant en tout cas des Américains et des Anglais.
La voie du capitalisme encore industriel, à la chinoise, nous conduit exactement vers le même monde, avec deux ou trois décennies de retard, malgré la vitesse étonnante du décollage chinois. Le capitalisme de l’Etat, tout en haut de la structure, donne peut-être à la voie chinoise, à ce stade, une plus grande cohérence. Mais ne nous y trompons pas, cette cohérence n’est pas mise au service de la liberté, de la dignité des êtres ordinaires. Le système chinois a l’immense mérite de parvenir à gérer un pays d’un milliard trois cent millions d’habitants. Mais ce n’est pas un système que nous, européens, pouvons envier.
En pratique et en profondeur, Chine, USA, cela revient au même : c’est le modèle d’une humanité à deux vitesses, pour mettre en cohérence le maintien du niveau de l’empreinte écologique démesurée des riches et l’harmonisation des structures de classes à l’échelle planétaire. Deux voies s’opposent, mais elles s’opposent pour se cautionner, et pour conduire, par leur opposition, à un unique modèle. Lire Jacques Attali, pour savoir ce qu’est ce modèle.
Chine-USA, une opposition en forme de piège. Une ruse de l’Histoire. Ou plutôt : de ceux qui font l’Histoire.
Mais c’est aussi une opportunité, car à la charnière de ces deux voies opposées par leur origine, et convergentes par leur dynamique, une troisième voie peut apparaître.
Cette troisième voie, c’est notre espoir.
Le duopole sino-américain est en crise. Il y a une sorte de course de vitesse entre deux phénomènes historiques : d’une part la confiscation progressive du pouvoir par une hyperclasse mondialisée qui a encore, sans doute, besoin de plusieurs décennies pour prendre vraiment conscience d’elle-même à l’échelle globale ; d’autre part l’implosion de l’empire jusque là dominant, celui du capitalisme occidental, et une transition complexe à gérer vers une nouvelle structure, au sein de laquelle la Chine risque d’être prédominante. La super-crise sociale et la super-crise géopolitique : laquelle des deux va surdéterminer l’autre ?
Alors, à tout moment, l’opposition de façade entre capitalisme occidental et capitalisme asiatique peut devenir autre chose qu’une opposition de façade. Le système global n’est pas stabilisé ; il faudra encore plusieurs décennies pour le stabiliser.
Et c’est donc pendant ce moment historique, entre l’ère impérialiste occidentale et l’ère de l’hyperclasse globalisée, et à la charnière entre les deux sphères occidentale et asiatique, c’est ici et maintenant, que peut se trouver une des rares lueurs d’espoir de notre époque : l’hypothèse d’une renaissance européenne, pour une troisième voie, ni américaine, ni asiatique.
Le monde a besoin d’un retour à l’esprit de limitation, parce que nous sortons de la consommation et entrons dans la rareté. Le monde a besoin d’une proposition de société qui préfère l’équilibre à la croissance, parce que nous sortons du temps de la confiance aveugle en l’avenir, parce que nous entrons dans l’ère de la méfiance. Et par-dessus tout, le monde a besoin d’une capacité à construire la paix et la stabilité, parce qu’il est, désormais, le monde de la menace. Ces caractéristiques, limitation, équilibre, stabilité, ne peuvent être apportées ni par l’économie atlantique contemporaine, véritable prolifération cancéreuse de la valeur comptable sans contrepartie réelle, machine à secréter le déséquilibre destructeur, ni par une économie chinoise pour l’instant éclatante de santé, mais caractérisée en profondeur par des déséquilibres sociaux gravissimes, qui finiront par pousser Pékin à s’engager dans un impérialisme adapté à la donne chinoise.
Dans un tel contexte, la définition d’une troisième voie par un troisième pôle est une espérance pour le monde.
Cette troisième voie, sa définition suppose d’une part qu’une force émerge qui puisse dire non à l’impérialisme anglo-saxon, d’autre part que ce refus soit accompagné d’une proposition positive de refondation.
La force, pour liquider l’énorme masse de dettes en la soldant sur la finance spéculative – ce qui suppose, pour que le voleur rende gorge, que la puissance de l’US Army et des réseaux d’influence de l’Empire occidental, gardiens du pouvoir de la Banque, trouve en face d’elle une puissance dissuasive, de force sinon égale, au moins comparable. La force, en somme, pour préempter la crise géopolitique, pour l’utiliser comme un levier, au lieu de la subir.
Et la proposition de refondation, c’est la fin, ou plutôt le dépassement de la psychose occidentale. Si notre civilisation a fabriqué cette psychose, c’est d’abord parce qu’elle avait pris énormément d’avance sur les autres civilisations du globe. Ceci implique aussi que nous pouvons, peut-être, trouver les premiers le remède à la maladie que nous avons répandue.
Ce remède, on le connaît tous en réalité. Arrêtons de tourner autour du pot : très concrètement, il s’agit de convaincre les riches qu’ils vivront une vie bien plus intéressante en partageant. Hors de là, pas de salut. Un processus d’imitation parcourt la structure sociale et la modèle de haut en bas. Nous devons en changer le contenu, pour qu’il répande à nouveau, à travers toutes les couches de la société, les valeurs supérieures du courage, de l’ascèse, du partage, et de la protection du faible par le fort en somme. Bref, il faut en finir avec le règne des marchands.
Si l’on a pu s’illusionner un instant sur une possible révolution conservatrice aux USA, il devient désormais évident que nous ne trouverons pas la formule de cette réhabilitation des valeurs supérieures dans un monde atlantique qui nous domine, mais qui illustre, jour après jour, sa renonciation à toute décence. Nos traditions de l’Europe continentale sont notre dernier espoir, voilà ce qu’il nous faut raviver si nous ne voulons pas périr.
Bref, qu’il s’agisse de constituer un pôle de puissance ou de lui donner une substance, c’est toujours par un choix géostratégique que peut et doit commencer toute « troisième voie économique » : nous devons choisir le contrepoids à la puissance et aux valeurs d’un monde atlantique malade et prédateur, qui nous fait crever parce qu’il héberge, pour l’instant du moins, la Banque, le Capital parasitaire. Demain, peut-être, une deuxième révolution américaine me fera mentir.
Mais pour l’instant, nous savons tous où se trouve l’alternative : dans l’alliance russe.
Et nous savons tous, aussi, comment cette alliance peut s’organiser. Depuis que Vladimir Poutine a publié dans la Süddeutsche Zeitung un plaidoyer pour un espace économique de Lisbonne à Vladivostok, tout le monde a pu constater que le Kremlin veut l’alliance européenne – ce qui est parfaitement logique, puisque cela installe la Russie en pont terrestre entre l’Europe et l’Asie. Et tout le monde a pu constater, aussi, que la proposition a été formulée en allemand, ce qui, là encore, n’étonnera personne, du moins parmi les gens qui se sont intéressés, ces dernières années, à la progression fulgurante du commerce germano-russe.
Bref, le nom concret de l’alliance russe, c’est : Paris-Berlin-Moscou.
Alors soyons clair : si vous vous demandez, parmi les gens qui vous parlent, qui est du côté des peuples, il y a deux questions à poser. La première, évidente, c’est : êtes-vous pour le retour à la souveraineté monétaire des Etats, donc pour l’abolition de la loi de 1973 interdisant à la Banque de France d’accepter les effets du Trésor à l’escompte. La deuxième, moins évidente mais tout aussi cruciale, c’est : êtes-vous pour une alliance Paris-Berlin-Moscou ?
Ceux qui répondent oui aux deux questions veulent une troisième voie économique.
Ceux qui répondent oui à la première question, la loi de 73, mais non à la seconde, Paris-Berlin-Moscou, sont de doux rêveurs, qui n’ont pas pris conscience des vrais rapports de force.
Vous en trouverez aussi qui répondent oui à la deuxième question, Paris-Berlin-Moscou, mais non à la première, la loi de 1973. Ceux-là veulent en réalité positionner le pouvoir bancaire au cœur d’une future économie continentale – car, il faut bien le comprendre, ce pouvoir, aujourd’hui logé dans le monde atlantique, peut très bien, demain, se repositionner dans un cadre différent, y compris à travers un axe Berlin-Moscou maîtrisé, en réalité, par les banques d’affaires. La politique et l’économie sérieuses, ce n’est jamais simple.
Mais supposons que tous les écueils ont été contournés. Supposons qu’un nouveau pouvoir, en France et en Allemagne, sans rompre totalement les liens avec les USA, engage réellement l’Europe dans une troisième voie économique…
Imaginons que le rêve esquissé par Vladimir Poutine dans la Süddeutsche Zeitung est devenu réalité. En quoi consiste alors la troisième voie ?
Oh, ça n’a rien de bien sorcier : c’est d’une part le relèvement de tout ce qui a été abattu par un demi-siècle de despotisme bancaire, et d’autre part l’adaptation de ces dispositifs restaurés à la nouvelle donne créée par les défis du XXI° siècle, des défis qui ne seront pas ceux du XX° siècle.
En France, en gros, il faut refaire le Conseil National de la Résistance, en nous souvenant que l’enjeu n’est plus tant de sortir de la pauvreté que d’organiser une aisance écologiquement responsable. En Allemagne, il faut revenir, là encore sous des formes renouvelées, à ce qui s’appelle, là-bas, l’économie sociale de marché et la cogestion. Et en Russie, il faut continuer le bon travail fait, depuis dix ans, par Poutine, en tirant profit des avantages considérables que la Russie peut espérer d’un investissement technologique européen. Nous avons notre hinterland à développer, il s’appelle la Sibérie, et il est immense. Croyez-moi, si nous osons renaître, nous ne sommes pas les plus mal placés sur terre…
On peut tout à fait imaginer que progressivement ces modèles européens, ces projets nationaux inscrits en Europe, se rapprochent et, dans une certaine mesure, fusionnent. Il est hors de doute qu’il existe aujourd’hui en France un intérêt pour ce que l’Allemagne a réussi mieux que nous ; une partie de cet intérêt est obscène : cette partie renvoie au fantasme que le pouvoir capitaliste français a toujours entretenu à l’égard de la société germanique hiérarchisée. Mais une autre partie de cet intérêt est tout à fait sain : le fait est que la cogestion et l’économie sociale de marché, eh bien cela marche tout simplement, dans certains domaines, mieux que la planification indicative à la française – même si dans d’autres domaines, c’est le système français qui s’impose.
D’ailleurs, il existe aujourd’hui en Allemagne un vif intérêt pour l’esprit de solidarité français – évidemment, les médias dominants, ici, ne vous en parlent pas, mais savez-vous que récemment, un sondage a révélé que 75 % des Allemands approuvaient une grève dure dans les chemins de fer, parce qu’ils estiment la rigueur excessive ? Vous a-t-on parlé des manifestations importantes qui viennent de secouer la Saxe, à peu près là d’où est parti, en 1989, le mouvement qui devait mettre la RDA par terre… Non, évidemment : vous comptez compter sur les médias français quand il s’agit de ne pas vous informer de ces choses. On préfère vous expliquer que les Allemands bossent dur et ferment leur gueule, et que vous devriez faire pareil. Eh bien, sachez-le, on vous ment : en Allemagne, il n’y a pas que des patrons et des retraités, il y a aussi une population qui souffre. Rien ne dit que cette population acceptera éternellement d’être le prisonnier modèle de la nouvelle prison des peuples, j’ai nommé l’Union Européenne bruxelloise…
En fait, ce qui se passe en ce moment, c’est que l’Europe est en train d’hésiter entre conclure son suicide et renaître.
Si nous ne parvenons pas à triompher de la dictature des marchés financiers, si nous devenons les auxiliaires du combat d’une soi-disant voie occidentale vers la société de l’injustice, contre une voie asiatique conduisant d’ailleurs elle aussi à cette même société de l’injustice… bref, si nous nous laissons entraîner dans une voie que nous n’avons pas choisie, les gens qui nous ont poussé au suicide finiront leur travail.
Mais il y a une autre voie.
La voie qui consiste, tout simplement, à décider nous-mêmes de notre avenir. Restaurer notre souveraineté nationale, l’insérer dans un ordre européen reposant sur une alliance structurelle entre des puissances européennes souveraines, mais coordonnées par un système d’agences, souple et réactif. Utiliser le formidable levier de puissance de cette alliance pour reconquérir les instruments de la souveraineté monétaire. Utiliser la souveraineté monétaire pour opérer, à l’échelle d’un espace eurosibérien coordonné, une véritable refondation monétaire. Profiter de cette refondation monétaire pour faire, à l’échelle de cet immense espace eurosibérien, ce que jadis, en plus petit, l’alliance des résistants dans le CNR avait fait en France, ou encore ce que, d’une autre manière, les politiques habiles et raisonnables firent en Allemagne, dans les années 50. Redistribuer les revenus. Dompter le capitalisme. L’obliger à produire, sans violence inutile, sans contrainte autre que celle strictement nécessaire, la dose exacte de socialisme qui doit servir de contrepoids à un libéralisme sain, un libéralisme des entrepreneurs. Et choisir, ainsi, à travers l’économie, qui n’est qu’un outil, la renaissance de nos vieux peuples.
On sait tous très bien ce qu’il faut faire. Et on sait tous très bien que la seule chose qui nous empêche de le faire, c’est, tout simplement, le pouvoir des riches, des très riches. Il faut, donc, tout simplement, briser ce pouvoir, là où il est à ce stade concentré : dans l’Anglosphère. La troisième voie, c’est la voie qui conduit à remporter cette bataille-là.
C’est possible. Mon opinion est qu’il y a très peu de chances pour que cela arrive, je ne vous le cacherai pas. Mais c’est possible, et c’est absolument la dernière chance, le dernier arrêt pour descendre et changer de train. Après, le programme, c’est highway to hell.
Donc, en conclusion, voilà à quoi, à mon avis, doit correspondre la troisième voie économique défendue par votre mouvement : saisir la dernière chance de l’Europe.
Evidemment, on dira qu’il y a un extraordinaire décalage entre cette ambition et vos moyens. A quoi bon, dira-t-on, parler de ces questions à des gens si peu nombreux, si peu puissants ?
A cette objection, je répondrai qu’on ne vous demande pas, à vous du mouvement Troisième Voie, d’être plus que des auxiliaires dans ce grand combat.
A ceux qui s’étonnent, ici ou là, que je sois un compagnon de route de votre mouvement, je réponds en général ceci : quand on va passer aux choses sérieuses, ce qui arrivera forcément dans quelques années, et nous le savons tous… quand on va passer aux choses sérieuses, donc, vous préférez les trouver où, les jeunes gars de cette tendance : en face de vous, ou à côté de vous ?
Et donc, voilà pourquoi j’espère, militants et sympathisants du mouvement Troisième Voie, vous avoir, en bon compagnon de route, un peu aidé aujourd’hui à choisir le bon combat.
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jeudi 7 avril 2011
Fukushima, Tchernobyl : « L'OMS répète les chiffres de l'AIEA »
Un ancien de l'Organisation mondiale de la santé dénonce des liens malsains avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Ancien président de l'association Enfants de Tchernobyl-Bélarus, aujourd'hui professeur émérite à l'université de Bâle, Michel Fernex relève, lors de l'accident de Tchernobyl comme actuellement àFukushima : une « étrange absence » de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Médecin tropicaliste à l'OMS, il mène une carrière paisible nourrie d'idéaux, jusqu'à ce qu'il découvre fortuitement l'accord qui lie son institution à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) : en 1995, il participe à un congrès sur les conséquences de Tchernobyl, Hiroshima et Nagasaki. Les actes ne sont pas publiés. Pourquoi ?
Son enquête commence au sein de l'OMS. Finalement, un ancien directeur général de l'agence de santé lui confiera que c'est l'AIEA qui a bloqué la publication, grâce àl'accord WHA 12-40 qui lie les deux institutions. Un accord inacceptable d'après lui, puisque l'OMS a pour but la santé publique dans le monde, et l'AIEA le développement du nucléaire civil.
Rue89 : Comment est né l'accord entre l'OMS et l'AIEA de 1959, dit WHA 12-40 ?
Michel Fernex : En 1956, l'OMS a posé la question suivante à des généticiens :
« Quels sont les effets génétiques des radiations chez l'homme, puisque l'industrie nucléaire se développe et que des radiations vont toucher de plus en plus d'humains ? »
Le groupe de travail comportait un prix Nobel de génétique et d'autres grands noms. Les conclusions du rapport étaient que cette industrie va accroître le rayonnement et, de ce fait, augmenter aussi les mutations dans la population. Et elles seront nuisibles pour l'individu et pour ses descendants.
Cet avertissement a beaucoup inquiété l'ONU, qui a créé l'Agence internationale de l'énergie atomique en 1957, soit seulement un an plus tard. L'AIEA a, selon ses statuts, comme objet principal :
« D'accélérer et d'accroitre la contribution de l'énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier. »
Traduction : c'est une agence de promotion du nucléaire commercial.
Les choses se sont gâtées lorsque l'AIEA a conclu avec toutes les agences subalternes des accords. L'existence de ces derniers est normale, mais l'accord avec l'OMS a des particularités.
L'une d'entre elles est d'exiger la confidentialité dans certains domaines, sans préciser lesquels. Ce qui est tout à fait contraire à la Constitution de l'OMS. Car l'opinion publique ne doit pas subir de secret sous prétexte que le nucléaire est dangereux.
Un autre point de l'accord indique que les deux agences doivent être d'accord pour tout projet qui concerne un intérêt commun. Illustration au moment de Tchernobyl.(Ecouter le son)
Vous voyez des ressemblances entre le comportement de l'OMS lors de la catastrophe de Tchernobyl et aujourd'hui avec Fukushima ?
J'y vois une même absence, une étrange absence. Pour fournir des chiffres, il faut faire des travaux et l'OMS n'en a pas fait. L'OMS ne peut que répéter les chiffres que lui donne l'AIEA.
Actuellement, si vous allez au Japon et que vous cherchez l'OMS, vous ne la trouverez pas. Ils ne sont pas là. L'AIEA est là depuis le départ. C'est l'effacement total de l'OMS face à un nouvel accident nucléaire.
Et ils vous diront qu'il y a eu 40, 50, 5 000 ou 500 000 malades. Cela dépendra des chiffres que fournira l'AIEA.

Vous voulez dire que l'on « décide » d'un nombre de morts ou de malades ?
C'est ce qui s'est passé pour Tchernobyl… Je suis allé au forum de l'OMS en 2004 à Genève, un représentant de l'AIEA présidait le forum pendant trois jours.
Dans son introduction, il nous a expliqué que nous allions décider s'il y a eu plutôt 400 000 ou 40 décès dus à Tchernobyl. Et nous avons, au bout de trois jours, fini à 38 décès. Comment ? Je vais vous montrer comment on supprime un sujet…
Les scientifiques ont exclu la pédiatrie du débat, car une pédiatre interrogée à brûle-pourpoint n'a su que répondre. (Ecouter le son)
Votre expérience de terrain, auprès des enfants en Biélorussie, dément l'affirmation de l'OMS selon laquelle les radiations se dispersent très vite dans l'atmosphère. Expliquez-nous ce que vous avez trouvé.
De génération en génération, on trouve de plus en plus de mutations génétiques. On a constaté dans des zones contaminées de l'apathie, des leucémies, des malformations cardiaques, des cas de vieillissement prématuré, mais aussi une augmentation dudiabète de type 1, sans facteur héréditaire et ce de plus en plus tôt, chez des enfants toujours plus jeunes, parfois même chez les nourrissons. Et mille autres choses encore…
Les radionucléides stockés dans le sol contaminent les aliments, surtout les arbres. Or, les gens prennent librement du bois dans les forêts. Ce bois chauffe la maison et alimente le poêle de la cuisine. La pièce la plus chargée en radioactivité est donc souvent la cuisine. On place ensuite les cendres dans un seau et elles servent d'engrais. La contamination du potager est donc entretenue et peut-être même amplifiée.
Ces phénomènes ne s'atténuent pas avec le temps, bien au contraire.
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mercredi 6 avril 2011
RFID, LA POLICE TOTALE
Subterfuge & Pièces et Main d’oeuvre
présentent
RFID : la police totale
un film de 28 minutes contre la tyrannie technologique et l’avènement de la société de contrainte.
On peut voir et télécharger ce film sur http://websuterfuge.free.fr/rfid.html
On peut le commander en DVD, en envoyant un chèque de 5 euros (à l’ordre des Bas-Côtés) aux Bas-Côtés, 59 rue Nicolas Chorier, 38000 Grenoble, en précisant lisiblement sa commande et son adresse.
Nous encourageons évidemment tout un chacun à le télécharger, à le diffuser, et à organiser des projections et des débats contre l’invasion des RFID.
Peu de gens encore, hors des laboratoires, des services vétérinaires et de logistique, connaissent les RFID (Radio Frequency Identification), aussi nommées "étiquettes électroniques", "intelligentes", "smart tags", "transpondeurs", "puces à radiofréquences", "puces sans contact". Ces mouchards nés durant la seconde guerre mondiale supplantent désormais les codes-barres dans les objets de consommation et sont implantés dans les animaux, les titres de transport et d’identité, les livres des bibliothèques, les arbres des villes, toutes choses de proche en proche, et même de plus en plus d’êtres humains. Sans les nanotechnologies, qui permettent de réduire leur taille et leur prix, les puces RFID n’infesteraient pas nos vies et IBM ne pourrait pas proposer aux décideurs son programme de puçage généralisé de tout et de tous (des espaces "naturels" aux décors urbains, des marchandises aux infrastructures d’énergie, de transports et aux services, de santé, d’éducation, des animaux aux humains) baptisé "planète intelligente".
Voici venu le temps du marquage électronique, universel et obligatoire. Bientôt il sera criminel d’extraire de son corps sa puce d’identité.
- Avez-vous quelque chose à vous reprocher ?
Merci de faire circuler,
Pièces et Main d’oeuvre
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lundi 4 avril 2011
LE CRÉPUSCULE DE L’EMPIRE DU SOLEIL COUCHANT
Un mensonge d’état en direct
Lorsque l’on raconte aux jeunes qu’en 1986 nous avions été assez naïfs pour croire les autorités qui nous avaient affirmé que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière française, l’on s’attire immanquablement et à juste titre quelques rires et sourires goguenards.
Lorsque j’affirme à ces jeunes étudiants qu’ils seront peut-être à leur tour dans 20 ans la risée de leur propres enfants, la surprise laisse vite place à l’incrédulité et à une certaine forme d’inquiétude.
Reprenons les faits. Les faits ont cette fâcheuse tendance à être difficilement transformables quoique…
Le 14 mars 2011 un tremblement de terre terrible ravage le Japon, suivi d’un Tsunami dévastateur. Parmi les zones touchées, celle de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi composée de 6 réacteurs désormais en difficultés. Tchernobyl n’a connu de problème que sur 1 réacteur. On peut donc résumer la situation par Russie 1, Japon 6.
Depuis le 14 mars l’information fournie par les autorités japonaises est très limitée, parfaitement contrôlée et n’a rien à envier aux méthodes de communication de l’ex URSS.
Souvenons nous de l’accident d’une centrale nucléaire suédoise en 2006. Les opérateurs ont failli perdre le réacteur nucléaire en moins de 30 minutes à cause d’une panne des circuits de refroidissement liée à une coupure électrique (ce qui est le comble pour une centrale nucléaire censée produire la dite électricité), elle même liée à des travaux de maintenance. Les systèmes de sécurité (pour faire simple les groupes électrogènes de secours) ne se sont simplement pas mis en marche. Catastrophe assurée en moins de 30 minutes; temps nécessaire au début de fusion du cœur du réacteur d’après les articles et les experts, unanimes à l’époque sur la gravité de cette incident. Depuis 15 jours, les cœurs des réacteurs nucléaires au japon ne sont plus vraiment refroidis…. mais cela ne pose bien sûr aucun problème.
De la fumée s’échappe quasi quotidiennement de l’un ou l’autre des réacteurs endommagés, mais cela ne pose bien sur pas de problème.
De l’eau potable à Tokyo est de temps en temps impropre à la consommation, mais lorsque le lendemain plus aucun magasin ne peut fournir d’eau minérale en bouteille et que l’ensemble de la population ne peut plus être approvisionnée… l’eau redevient potable. Triste alternative que de laisser boire de l’eau irradiée, ou de laisser sa population mourir de soif.
( Voir ici. )
Bref, cet accident qui met en jeux la « survie » de réacteurs nucléaires risque potentiellement d’être plus grave que l’accident de Tchernobyl. Comme l’a indiqué le premier ministre japonais: « la situation à Fukushima est imprévisible ».
Mais reprenons notre petite rétrospective. Chacun pourra vérifier soit en faisant appel à sa mémoire (vous verrez cela fonctionne bien) soit en recherchant sur internet tous les podcasts de cette période encore largement en ligne).
Le mardi 15 mars le commissaire européen à l’énergie déclarera que c’est « l’apocalypse ».
( Voir ici. )
Les marchés financiers partout à travers la planète chutent de manière vertigineuse. Le méga krach approche à grand pas, et risquerait de faire passer la crise des subprimes de 2008 pour de la roupie de sansonnet.
Le lendemain jeudi 17, grand changement dans la maitrise et la diffusion de l’information. Un hélicoptère décolle avec quelques seaux d’eau qu’il va déverser au dessus des réacteurs fumant « au petit bonheur la chance » (re-visionnez les vidéos : vous vous rendrez compte de la grande précision de l’affaire).
Grâce à ces belles images, la Presse unanime titre dès le jeudi « Lueurs d’espoir à Fukushima ». Les marchés repartent l’essentiel est sauf (notre argent).
Les Japonais peuvent continuer à se faire irradier tranquillement.
Vous pouvez consulter avec le lien suivant une dizaine de photos aériennes de très bonne définition des différents bâtiment de la centrale de Fukushima. Elles ne sont pas très rassurantes.
( Voir ici. )
Le vendredi 18, quelques camions citerne des pompiers de Tokyo arrivent pour arroser à leur tour les ruines fumantes qui, je vous le rappelle, n’ont officiellement pas explosé. En fait si, c’étaient des énormes explosions vues par la planète entière mais sans gravité. Evidemment. C’était juste des dégazages contrôlés (hydrogène) qui ont sauté, mais rien d’alarmant les réacteurs vont très bien Madame la Marquise. Grâce à cela, la Presse unanime va pouvoir titrer: « Fukushima des progrès encourageants »!
Je vous conseille de regarder le reportage « La bataille de Tchernobyl » qui éclaire d’un jour exhaustif les risques et défis que l’ex empire soviétique a du affronter pour limiter l’ampleur de cette catastrophe nucléaire. Il est important de noter que des centaines d’hélicoptères, des milliers de véhicules blindés et plus de 500 000 hommes ont été utilisés pour construire le sarcophage autour du réacteur endommagé. A Fukushima le problème est multiplié par 6. Comment va t-on faire?
( Voir ici. )
Il y a donc une certitude au moment où j’écris ces lignes. Nous sommes face à un mensonge d’Etat majeur, auquel nous assistons en direct et impuissant. Sauf que, sauf que internet existe aujourd’hui et que nous avons plus de possibilité de nous informer. Nous vivons un vrai Tchernobyl 2.0 !!
De multiples conséquences économiques sous estimées
N’y a t-il plus d’espoir ? Sans doute pas, et étant un optimiste de nature je veux croire que des solutions pourront être trouvées. Néanmoins la pollution radioactive officielle s’étale désormais sur plus de 100 km. La capitale Tokyo est située à moins de 250 km de la centrale de Fukushima. Tout le nord du japon a été fortement endommagé sans oublier toutes les zones qui ont été littéralement rasées de la carte par le double effet du tremblement de terre et du tsunami.
Je vous conseille la lecture instructive du dernier communiqué de la CRIIRAD
( Voir ici. )
Le gouvernement français vient d’activer une cellule spéciale afin d’anticiper au mieux les pénuries de composants qui ne manqueront pas de toucher la France dès le mois d’avril entrainant sans doute certains arrêts de production et vraisemblablement des mesures de chômage technique dans certaines industries.
( Voir ici. )
Au delà des pertes en vie humaine, le coût de cette double catastrophe (naturelle et nucléaire) est très loin d’être établi et certainement à ce jour fortement minoré. Le dernier bilan évoque le nombre de plus de 28 000 morts et disparus. Il y a plus de 350 000 sans abris dans le nord-est du Japon, 70 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Entre 20 et 30 km 136 000 autres personnes attendent d’être évacuées à leur tour puisqu’elles sont depuis plus de 15 jours confinées dans leur domicile.
Le Japon qui est la deuxième économie mondiale (ou la troisième en fonction de la façon dont on classe la Chine) est un maillon essentiel de la mondialisation. Le Japon est fortement touché et fait face à plusieurs défis majeurs :
- Une catastrophe nucléaire absolument pas maitrisée et qui peut éventuellement déboucher sur une drame en cas d’aggravation de la situation sur l’un des 6 réacteurs touchés.
- Un endettement de plus de 200% du PIB (pour comparaison l’endettement de la France est d’environ 80% et celui de la Grèce en « faillite » de 120% du PIB). Lors du tremblement de terre de Kobe l’endettement de l’état japonais n’était que de 85% du PIB environ (c’était en 1995). L’effort de reconstruction risque d’entrainer une augmentation insupportable de la dette de ce pays le précipitant vers des difficultés économiques sans précédent. Dès le 15 mai 2010 la sonnette d’alarme est tirée aussi bien par le FMI que par les agences de notation sur l’insoutenabilité de la dette japonaise à court terme voir l’article ci dessous du figaro à ce sujet.
( Voir ici. )
- Une industrie quasi à l’arrêt. Les Japonais sont les inventeurs des méthodes de flux tendus et de juste à temps qui, si elles ont convaincu le monde entier, montrent leurs limites en cas de catastrophe. L’absence totale de stocks a pour conséquence l’arrêt de nombreuses activités de production ainsi que des pénuries massives dans les rayons des supermarchés toujours vides à l’heure actuelle. Plus d’eau, moins ou pas de nourriture, coupures importantes d’électricité ne permettant plus de gérer des stocks de produits frais ou surgelés.
Concernant les grandes multinationales l’exemple du constructeur aéronautique Boeing est frappant, les industriels nippons construisant 35% de certains modèles d’avions.
( Voir ici. )
( Voir ici. )
- Une valeur de la monnaie qui explose à la hausse. Les achats massifs de yen des Japonais et entreprises, qui liquident leurs actifs à l’étranger pour les rapatrier afin de pouvoir faire face à l’effort national de reconstruction, ont propulsé la valeur du Yen vers son plus haut historique. A ce phénomène « naturel » d’appréciation de la monnaie s’est ajouté une spéculation importante des marchés sur ces anticipations de rapatriements de fonds.
La conséquence est qu’un monnaie trop forte entraine une baisse significative des exportations, une augmentation brutale de la valeur d’une monnaie ne pouvant être rapidement compensée par une hausse de la productivité surtout dans un pays ravagé par une catastrophe naturelle de cette ampleur. Néanmoins sur le moyen terme et compte tenu d’une politique monétaire expansionniste le Yen devrait retrouver un cours plus acceptable. Voir ci-dessous l’analyse de Natixis à ce sujet.
( Voir ici. )
- Le Japon est un pays avec une très forte densité de population. Beaucoup de monde mais peu d’espaces habitables. Les prix de l’immobilier y sont en moyenne parmi les plus élevés au monde. Les banques possèdent donc des encours de crédits immobiliers particulièrement importants. Dans la région de Fukushima ce sont plus de 70 000 personnes qui ont déjà été évacuées. En Ukraine à côté de Tchernobyl la ville de Pripiat est toujours une ville fantôme 25 ans après l’explosion du réacteur. Les banques n’y avaient pas de crédit. Il n’y avait que 45 000 habitants. Qu’adviendra t-il des créances des banques dans ce cas là? comment les pertes (car elles seront importantes) seront gérées? Peut-on se retrouver à nouveau avec une crise bancaire internationale au fur et à mesure que l’ampleur de la catastrophe nucléaire de Fukushima apparaitra? Imaginez l’ampleur de l’impact sur les créances immobilières en cas d’évacuation de Tokyo qui abrite 35 millions de personnes…. une situation tout bonnement inenvisageable financièrement. Le système économique ne pourrait pas ou difficilement s’en relever. C’est peut-être pour cela que la situation à Fukushima n’est plus aussi alarmante à partir du 17 mars 2011.
- le Japon est un pays vieillissant, dont la population actuelle de 127 millions décroit depuis 2005 et devrait être divisée par deux d’ici à la fin du siècle pour atteindre 60 millions d’habitants.
Or comment rembourser des dettes sans croissance économique et démographique. Mécaniquement et mathématiquement moins le nombre d’habitants est important plus la dette totale par tête est importante.
( Voir ici. )
- L’accident nucléaire de Fukushima ravive la peur du nucléaire. Aux Etats-Unis aucun réacteur n’a été construit depuis l’accident de « Three Mile Island » en 1979. Après Tchernobyl aune nouvelle centrale n’a vue le jour en URSS, il en sera de même au Japon après Fukushima. En Allemagne déjà 7 réacteurs ont été arrêtés car jugés plus dangereux.
Les seules énergies de substitutions rapides et crédibles sur le très court terme sont le Gaz et bien sur le Pétrole dont les cours pourraient être propulsés vers des sommets dans les prochaines semaines. Or les économistes s’accordent pour dire qu’un baril de pétrole dont le prix dépasse les 120 dollars entraine l’économie mondiale en récession. Au 4 avril le prix du baril de pétrole monte toujours et semble s’établir durablement au dessus des 110 dollars.
Vers une accélération des changements déjà perceptibles
Il est donc à craindre que l’ensemble des facteurs évoqués cumulés fassent courir un risque systémique global à l’économie mondiale qui pourrait avoir du mal à se remettre de l’après Fukushima et de la lente agonie que ce cataclysme nucléaire fait vivre au Japon. Nous assistons peut-être à la disparition prématurée d’une nation, au lent crépuscule d’un Empire.
Vous avez voulu sauver l’argent sur le court terme au mépris de la vie des hommes, vous perdrez les hommes et vous perdrez l’argent, car il n’est pas de richesses sans hommes.
Au fait, mêmes les huîtres risquent de déserter nos tables de fêtes de fin d’année. Touchées et décimées par une mystérieuse maladie, nos producteurs avaient commandé des naissains d’huîtres au Japon à Sendai. Les producteurs japonais sont portés disparus nos huitres aussi.
Il n’est pas encore tout à fait l’heure du bilan. Cela dit l’accident de Fukushima vient peut être de signer l’acte de décès de l’industrie nucléaire qui est une industrie dangereuse, et pour laquelle nous ne savons ni maitriser les démantèlements ni maitriser la gestion des déchets dont on ne prend pas en compte les coûts dans les prix d’exploitation de cette énergie bien plus couteuse que ce que l’on pense lorsque l’on intègre tous les coûts indirects. On ne parle même pas du prix à payer en cas de catastrophe tout bonnement insupportable aussi bien en termes financiers qu’en souffrances humaines. « L’hommo economicus » va devoir réapprendre une certaine forme de sobriété.
Du Peak Oil à la raréfaction des matières premières, du défi agricole pour nourrir la planète au partage de l’eau (ressource en voie de disparition) le monde change.
Le cataclysme japonais va sans aucun doute hâter ces évolutions.
SOURCE : pauljorion.com
Lorsque l’on raconte aux jeunes qu’en 1986 nous avions été assez naïfs pour croire les autorités qui nous avaient affirmé que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière française, l’on s’attire immanquablement et à juste titre quelques rires et sourires goguenards.
Lorsque j’affirme à ces jeunes étudiants qu’ils seront peut-être à leur tour dans 20 ans la risée de leur propres enfants, la surprise laisse vite place à l’incrédulité et à une certaine forme d’inquiétude.
Reprenons les faits. Les faits ont cette fâcheuse tendance à être difficilement transformables quoique…
Le 14 mars 2011 un tremblement de terre terrible ravage le Japon, suivi d’un Tsunami dévastateur. Parmi les zones touchées, celle de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi composée de 6 réacteurs désormais en difficultés. Tchernobyl n’a connu de problème que sur 1 réacteur. On peut donc résumer la situation par Russie 1, Japon 6.
Depuis le 14 mars l’information fournie par les autorités japonaises est très limitée, parfaitement contrôlée et n’a rien à envier aux méthodes de communication de l’ex URSS.
Souvenons nous de l’accident d’une centrale nucléaire suédoise en 2006. Les opérateurs ont failli perdre le réacteur nucléaire en moins de 30 minutes à cause d’une panne des circuits de refroidissement liée à une coupure électrique (ce qui est le comble pour une centrale nucléaire censée produire la dite électricité), elle même liée à des travaux de maintenance. Les systèmes de sécurité (pour faire simple les groupes électrogènes de secours) ne se sont simplement pas mis en marche. Catastrophe assurée en moins de 30 minutes; temps nécessaire au début de fusion du cœur du réacteur d’après les articles et les experts, unanimes à l’époque sur la gravité de cette incident. Depuis 15 jours, les cœurs des réacteurs nucléaires au japon ne sont plus vraiment refroidis…. mais cela ne pose bien sûr aucun problème.
De la fumée s’échappe quasi quotidiennement de l’un ou l’autre des réacteurs endommagés, mais cela ne pose bien sur pas de problème.
De l’eau potable à Tokyo est de temps en temps impropre à la consommation, mais lorsque le lendemain plus aucun magasin ne peut fournir d’eau minérale en bouteille et que l’ensemble de la population ne peut plus être approvisionnée… l’eau redevient potable. Triste alternative que de laisser boire de l’eau irradiée, ou de laisser sa population mourir de soif.
( Voir ici. )
Bref, cet accident qui met en jeux la « survie » de réacteurs nucléaires risque potentiellement d’être plus grave que l’accident de Tchernobyl. Comme l’a indiqué le premier ministre japonais: « la situation à Fukushima est imprévisible ».
Mais reprenons notre petite rétrospective. Chacun pourra vérifier soit en faisant appel à sa mémoire (vous verrez cela fonctionne bien) soit en recherchant sur internet tous les podcasts de cette période encore largement en ligne).
Le mardi 15 mars le commissaire européen à l’énergie déclarera que c’est « l’apocalypse ».
( Voir ici. )
Les marchés financiers partout à travers la planète chutent de manière vertigineuse. Le méga krach approche à grand pas, et risquerait de faire passer la crise des subprimes de 2008 pour de la roupie de sansonnet.
Le lendemain jeudi 17, grand changement dans la maitrise et la diffusion de l’information. Un hélicoptère décolle avec quelques seaux d’eau qu’il va déverser au dessus des réacteurs fumant « au petit bonheur la chance » (re-visionnez les vidéos : vous vous rendrez compte de la grande précision de l’affaire).
Grâce à ces belles images, la Presse unanime titre dès le jeudi « Lueurs d’espoir à Fukushima ». Les marchés repartent l’essentiel est sauf (notre argent).
Les Japonais peuvent continuer à se faire irradier tranquillement.
Vous pouvez consulter avec le lien suivant une dizaine de photos aériennes de très bonne définition des différents bâtiment de la centrale de Fukushima. Elles ne sont pas très rassurantes.
( Voir ici. )
Le vendredi 18, quelques camions citerne des pompiers de Tokyo arrivent pour arroser à leur tour les ruines fumantes qui, je vous le rappelle, n’ont officiellement pas explosé. En fait si, c’étaient des énormes explosions vues par la planète entière mais sans gravité. Evidemment. C’était juste des dégazages contrôlés (hydrogène) qui ont sauté, mais rien d’alarmant les réacteurs vont très bien Madame la Marquise. Grâce à cela, la Presse unanime va pouvoir titrer: « Fukushima des progrès encourageants »!
Je vous conseille de regarder le reportage « La bataille de Tchernobyl » qui éclaire d’un jour exhaustif les risques et défis que l’ex empire soviétique a du affronter pour limiter l’ampleur de cette catastrophe nucléaire. Il est important de noter que des centaines d’hélicoptères, des milliers de véhicules blindés et plus de 500 000 hommes ont été utilisés pour construire le sarcophage autour du réacteur endommagé. A Fukushima le problème est multiplié par 6. Comment va t-on faire?
( Voir ici. )
Il y a donc une certitude au moment où j’écris ces lignes. Nous sommes face à un mensonge d’Etat majeur, auquel nous assistons en direct et impuissant. Sauf que, sauf que internet existe aujourd’hui et que nous avons plus de possibilité de nous informer. Nous vivons un vrai Tchernobyl 2.0 !!
De multiples conséquences économiques sous estimées
N’y a t-il plus d’espoir ? Sans doute pas, et étant un optimiste de nature je veux croire que des solutions pourront être trouvées. Néanmoins la pollution radioactive officielle s’étale désormais sur plus de 100 km. La capitale Tokyo est située à moins de 250 km de la centrale de Fukushima. Tout le nord du japon a été fortement endommagé sans oublier toutes les zones qui ont été littéralement rasées de la carte par le double effet du tremblement de terre et du tsunami.
Je vous conseille la lecture instructive du dernier communiqué de la CRIIRAD
( Voir ici. )
Le gouvernement français vient d’activer une cellule spéciale afin d’anticiper au mieux les pénuries de composants qui ne manqueront pas de toucher la France dès le mois d’avril entrainant sans doute certains arrêts de production et vraisemblablement des mesures de chômage technique dans certaines industries.
( Voir ici. )
Au delà des pertes en vie humaine, le coût de cette double catastrophe (naturelle et nucléaire) est très loin d’être établi et certainement à ce jour fortement minoré. Le dernier bilan évoque le nombre de plus de 28 000 morts et disparus. Il y a plus de 350 000 sans abris dans le nord-est du Japon, 70 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 20 km autour de la centrale. Entre 20 et 30 km 136 000 autres personnes attendent d’être évacuées à leur tour puisqu’elles sont depuis plus de 15 jours confinées dans leur domicile.
Le Japon qui est la deuxième économie mondiale (ou la troisième en fonction de la façon dont on classe la Chine) est un maillon essentiel de la mondialisation. Le Japon est fortement touché et fait face à plusieurs défis majeurs :
- Une catastrophe nucléaire absolument pas maitrisée et qui peut éventuellement déboucher sur une drame en cas d’aggravation de la situation sur l’un des 6 réacteurs touchés.
- Un endettement de plus de 200% du PIB (pour comparaison l’endettement de la France est d’environ 80% et celui de la Grèce en « faillite » de 120% du PIB). Lors du tremblement de terre de Kobe l’endettement de l’état japonais n’était que de 85% du PIB environ (c’était en 1995). L’effort de reconstruction risque d’entrainer une augmentation insupportable de la dette de ce pays le précipitant vers des difficultés économiques sans précédent. Dès le 15 mai 2010 la sonnette d’alarme est tirée aussi bien par le FMI que par les agences de notation sur l’insoutenabilité de la dette japonaise à court terme voir l’article ci dessous du figaro à ce sujet.
( Voir ici. )
- Une industrie quasi à l’arrêt. Les Japonais sont les inventeurs des méthodes de flux tendus et de juste à temps qui, si elles ont convaincu le monde entier, montrent leurs limites en cas de catastrophe. L’absence totale de stocks a pour conséquence l’arrêt de nombreuses activités de production ainsi que des pénuries massives dans les rayons des supermarchés toujours vides à l’heure actuelle. Plus d’eau, moins ou pas de nourriture, coupures importantes d’électricité ne permettant plus de gérer des stocks de produits frais ou surgelés.
Concernant les grandes multinationales l’exemple du constructeur aéronautique Boeing est frappant, les industriels nippons construisant 35% de certains modèles d’avions.
( Voir ici. )
( Voir ici. )
- Une valeur de la monnaie qui explose à la hausse. Les achats massifs de yen des Japonais et entreprises, qui liquident leurs actifs à l’étranger pour les rapatrier afin de pouvoir faire face à l’effort national de reconstruction, ont propulsé la valeur du Yen vers son plus haut historique. A ce phénomène « naturel » d’appréciation de la monnaie s’est ajouté une spéculation importante des marchés sur ces anticipations de rapatriements de fonds.
La conséquence est qu’un monnaie trop forte entraine une baisse significative des exportations, une augmentation brutale de la valeur d’une monnaie ne pouvant être rapidement compensée par une hausse de la productivité surtout dans un pays ravagé par une catastrophe naturelle de cette ampleur. Néanmoins sur le moyen terme et compte tenu d’une politique monétaire expansionniste le Yen devrait retrouver un cours plus acceptable. Voir ci-dessous l’analyse de Natixis à ce sujet.
( Voir ici. )
- Le Japon est un pays avec une très forte densité de population. Beaucoup de monde mais peu d’espaces habitables. Les prix de l’immobilier y sont en moyenne parmi les plus élevés au monde. Les banques possèdent donc des encours de crédits immobiliers particulièrement importants. Dans la région de Fukushima ce sont plus de 70 000 personnes qui ont déjà été évacuées. En Ukraine à côté de Tchernobyl la ville de Pripiat est toujours une ville fantôme 25 ans après l’explosion du réacteur. Les banques n’y avaient pas de crédit. Il n’y avait que 45 000 habitants. Qu’adviendra t-il des créances des banques dans ce cas là? comment les pertes (car elles seront importantes) seront gérées? Peut-on se retrouver à nouveau avec une crise bancaire internationale au fur et à mesure que l’ampleur de la catastrophe nucléaire de Fukushima apparaitra? Imaginez l’ampleur de l’impact sur les créances immobilières en cas d’évacuation de Tokyo qui abrite 35 millions de personnes…. une situation tout bonnement inenvisageable financièrement. Le système économique ne pourrait pas ou difficilement s’en relever. C’est peut-être pour cela que la situation à Fukushima n’est plus aussi alarmante à partir du 17 mars 2011.
- le Japon est un pays vieillissant, dont la population actuelle de 127 millions décroit depuis 2005 et devrait être divisée par deux d’ici à la fin du siècle pour atteindre 60 millions d’habitants.
Or comment rembourser des dettes sans croissance économique et démographique. Mécaniquement et mathématiquement moins le nombre d’habitants est important plus la dette totale par tête est importante.
( Voir ici. )
- L’accident nucléaire de Fukushima ravive la peur du nucléaire. Aux Etats-Unis aucun réacteur n’a été construit depuis l’accident de « Three Mile Island » en 1979. Après Tchernobyl aune nouvelle centrale n’a vue le jour en URSS, il en sera de même au Japon après Fukushima. En Allemagne déjà 7 réacteurs ont été arrêtés car jugés plus dangereux.
Les seules énergies de substitutions rapides et crédibles sur le très court terme sont le Gaz et bien sur le Pétrole dont les cours pourraient être propulsés vers des sommets dans les prochaines semaines. Or les économistes s’accordent pour dire qu’un baril de pétrole dont le prix dépasse les 120 dollars entraine l’économie mondiale en récession. Au 4 avril le prix du baril de pétrole monte toujours et semble s’établir durablement au dessus des 110 dollars.
Vers une accélération des changements déjà perceptibles
Il est donc à craindre que l’ensemble des facteurs évoqués cumulés fassent courir un risque systémique global à l’économie mondiale qui pourrait avoir du mal à se remettre de l’après Fukushima et de la lente agonie que ce cataclysme nucléaire fait vivre au Japon. Nous assistons peut-être à la disparition prématurée d’une nation, au lent crépuscule d’un Empire.
Vous avez voulu sauver l’argent sur le court terme au mépris de la vie des hommes, vous perdrez les hommes et vous perdrez l’argent, car il n’est pas de richesses sans hommes.
Au fait, mêmes les huîtres risquent de déserter nos tables de fêtes de fin d’année. Touchées et décimées par une mystérieuse maladie, nos producteurs avaient commandé des naissains d’huîtres au Japon à Sendai. Les producteurs japonais sont portés disparus nos huitres aussi.
Il n’est pas encore tout à fait l’heure du bilan. Cela dit l’accident de Fukushima vient peut être de signer l’acte de décès de l’industrie nucléaire qui est une industrie dangereuse, et pour laquelle nous ne savons ni maitriser les démantèlements ni maitriser la gestion des déchets dont on ne prend pas en compte les coûts dans les prix d’exploitation de cette énergie bien plus couteuse que ce que l’on pense lorsque l’on intègre tous les coûts indirects. On ne parle même pas du prix à payer en cas de catastrophe tout bonnement insupportable aussi bien en termes financiers qu’en souffrances humaines. « L’hommo economicus » va devoir réapprendre une certaine forme de sobriété.
Du Peak Oil à la raréfaction des matières premières, du défi agricole pour nourrir la planète au partage de l’eau (ressource en voie de disparition) le monde change.
Le cataclysme japonais va sans aucun doute hâter ces évolutions.
SOURCE : pauljorion.com
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